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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Le Grand Paris et les projets de la D&#233;fense : notes de la conf&#233;rence-d&#233;bat du 26/1/2010 &#224; Courbevoie</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Le-Grand-Paris-et-les-projets-de-la-Defense-notes-de-la-conference-debat-du-26-1753</link>
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		<dc:subject> Attac 92 - groupe local</dc:subject>
		<dc:subject>Ville</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CONFERENCE DEBAT sur Le GRAND PARIS et les projets de La DEFENSE &lt;br class='autobr' /&gt;
Association ATTAC 92 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mardi 26 janvier 2010 &#224; 19h &#224; Courbevoie 6 rue Adam Ledoux &lt;br class='autobr' /&gt;
31 personnes pr&#233;sentes. Conf&#233;renciers ; &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; Michel Laurent PC &lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; Jacques Andr&#233; Lasserre PS &lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; Michel Berger, ancien pr&#233;sident d'ATTAC 92, Urbaniste &lt;br class='autobr' /&gt;
Des habitants de Courbevoie sont menac&#233;s d'expulsion (quartier Les Damiers) pour restructurer un quartier de La D&#233;fense. M. Laurent :le gouvernement a fait une loi pour la...&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CONFERENCE DEBAT sur Le GRAND PARIS et les projets de La DEFENSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Association ATTAC 92&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 26 janvier 2010 &#224; 19h &#224; Courbevoie 6 rue Adam Ledoux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31 personnes pr&#233;sentes. Conf&#233;renciers ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; Michel Laurent PC&lt;br&gt;
2&#176; Jacques Andr&#233; Lasserre PS&lt;br&gt;
3&#176; Michel Berger, ancien pr&#233;sident d'ATTAC 92, Urbaniste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des habitants de Courbevoie sont menac&#233;s d'expulsion (quartier Les Damiers) pour restructurer un quartier de La D&#233;fense. M. Laurent :le gouvernement a fait une loi pour la constitution du Grand Paris en 3 d&#233;partements de la petite couronne. Il y a un projet de suppression de d&#233;partements. Fin 2010 :r&#233;partition des comp&#233;tences. Le Pr&#233;sident veut faire de la r&#233;gion parisienne un test. Ce projet vise &#224; r&#233;duire l'intervention publique, et organiser de grands p&#244;les comme la D&#233;fense. Grand m&#233;tro :le grand 8 ; gare tous les 3 ou 4 kms. Il dit : l'Etat s'&#233;tait d&#233;sengag&#233; ;il doit revenir. Il veut prendre le pouvoir sur cette r&#233;gion : Soci&#233;t&#233; du Grand Paris, o&#249; l'Etat est majoritaire. Ticket d'entr&#233;e : 200 millions. Projet retir&#233; devant le toll&#233;. Organiser des zones de sp&#233;culation autour des gares : moyen de financement pour cette infrastructure. Passe par Roissy, la D&#233;fense, Saclay, mais pas pour les d&#233;placements des travailleurs. Asphyxie la r&#233;gion : 35 milliards. Les &#233;lus ne sont pas consult&#233;s Mixit&#233; de l'Ile de France ni&#233;e : travail, culture... 10 architectes sont consult&#233;s, mais leur parole n'a pas &#233;t&#233; entendue. Il faudra s'opposer aux applications de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Andr&#233; Lasserre : les transports sont satur&#233;s. Le syst&#232;me de financement de la D&#233;fense vit par la finance. Pas de d&#233;bat au Conseil Municipal de Courbevoie sur les projets, m&#234;me le PLU, rien sur la D&#233;fense. Il faut consulter les &#233;lus. C'est un projet risqu&#233; sur le plan financier, surtout avec la crise financi&#232;re. L'EPAD, l'affaire Jean Sarkozy d&#233;voilent aux habitants le monstre qu'on veut nous imposer. Absurdit&#233; impos&#233;e &#224; la r&#233;gion : seuls sont accept&#233;s les bureaux et les logements de standing. Destruction d'immeubles :1300 logements sociaux. Cascades de grands commerces qui tuent le commerce de proximit&#233;. 500 hectares pris sur La Garenne, Nanterre, Puteaux. Cela am&#232;nera des revenus pour alimenter l'EPAD, et am&#232;nera une augmentation du prix des terrains, du Foncier. Depuis 1993 pas de constructions sociales : &#233;viction de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Berger : Tant qu'on n'aura pas am&#233;lior&#233; la soci&#233;t&#233;,on n'aura pas de progr&#232;s r&#233;el. Il a travaill&#233; sur le principe des villes nouvelles Pour accueillir les populations nouvelles il faut des fonctionnements modernes. Au lieu d'amener les populations au centre de Paris, il faut am&#233;nager la banlieue, l'emploi. Actuellement la dur&#233;e de transport est de 1h30 par jour(AR), pour certains 3 h. On r&#234;vait que les villes nouvelles allaient bien marcher : mixit&#233;, habitat, emploi. Mais les difficult&#233;s vinrent des groupes industriels, des bureaux ; difficult&#233; d'envoyer l'emploi plus loin. Maintenant on change souvent de lieu d'emploi, donc les logements sont &#233;loign&#233;s du travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
Abandon des droits de la commune sur les terrains. Les villes nouvelles donnent peu de r&#233;sultats. Pour le Grand Paris cela va &#234;tre pareil . 53 &#176;/&#176; des logements sont habit&#233;s par des propri&#233;taires, comme l'a conseill&#233; Sarkozy. On a donn&#233; le pouvoir aux promoteurs. Le sol urbain a &#233;t&#233; de plus en plus donn&#233; &#224; des interm&#233;diaires : espaces commerciaux, parkings. L'abandon de l'espace public refl&#232;te l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233;. Les rapports sociaux se r&#233;sument &#224; la consommation. La Caisse des D&#233;p&#244;ts a &#233;t&#233; mise en sommeil dans les ann&#233;es 90 ; elle servait &#224; la maitrise fonci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame El Ayoubi d&#233;fend le groupe de logements des Damiers o&#249; elle r&#233;side : 240 familles y habitent, et sont menac&#233;es d'expulsion. Les habitants sont trait&#233;s avec m&#233;pris. Rien n'appara&#238;t sur les plans de la Mairie. Des gens se relogent ailleurs, mais tout le monde pr&#233;f&#232;re rester dans son quartier. AXA est propri&#233;taire, a vendu &#224; Logitrans, qui a sign&#233; une promesse de vente &#224; une soci&#233;t&#233; russe sur conseil de l'EPAD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Laurent : le projet ressemble &#224; ce qui se passe dans la soci&#233;t&#233;. Mettre en concurrence Paris et Londres . Le d&#233;partement de la Seine Saint Denis est abandonn&#233;. Pour faire une ville moderne aujourd'hui il faut une concertation. Les collectivit&#233;s voudraient traiter ensemble les probl&#232;mes du Grand Paris, mais Sarkozy veut les court-circuiter. La reforme va affaiblir, faire dispara&#238;tre les communes, les d&#233;partements. Des contre pouvoirs sont n&#233;cessaires. Il faut aussi avoir le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Paul Van Hoove : il faut s'organiser autour de l'humain contre la concurrence du capitalisme. Pour le lib&#233;ralisme tout ira bien si on recherche du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Andr&#233; Lasserre : les &#233;lus ont cette responsabilit&#233;. Certains se font &#233;lire pour ne pas d&#233;cider. A Courbevoie des &#233;lus disent qu'ils ne peuvent rien faire. Leurs dossiers d'affichage se heurtent contre la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ville (la) : reflet du corps social</title>
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		<dc:subject> Attac 92 - groupe local</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;LA VILLE : REFLET DU CORPS SOCIAL &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique de la ville fait r&#233;guli&#232;rement l'objet de grandes envol&#233;es, consultation d'architectes m&#233;diatiques, lancement d'&#233;tudes, &#171; Banlieue 89 &#187;, &#171; Grand Paris &#187;, etc qui tombent quelques mois plus tard dans un oubli &#224; peu pr&#232;s total, sans avoir r&#233;solu les vraies difficult&#233;s de nos villes. Si les politiques et les urbanistes ont un r&#244;le dans l'organisation et le d&#233;veloppement des villes, ce r&#244;le est limit&#233; par notre d&#233;pendance &#224; un mod&#232;le social et...&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA VILLE : REFLET DU CORPS SOCIAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de la ville fait r&#233;guli&#232;rement l'objet de grandes envol&#233;es, consultation d'architectes m&#233;diatiques, lancement d'&#233;tudes, &#171; Banlieue 89 &#187;, &#171; Grand Paris &#187;, etc qui tombent quelques mois plus tard dans un oubli &#224; peu pr&#232;s total, sans avoir r&#233;solu les vraies difficult&#233;s de nos villes. Si les politiques et les urbanistes ont un r&#244;le dans l'organisation et le d&#233;veloppement des villes, ce r&#244;le est limit&#233; par notre d&#233;pendance &#224; un mod&#232;le social et &#233;conomique dominant. Je tenterai ici de montrer que les dysfonctionnements que l'on vit quotidiennement dans notre vie urbaine sont l'image de ceux du syst&#232;me lib&#233;ral qui nous est impos&#233;. La ville n'est que le reflet du corps social, et il est un peu vain de vouloir changer la soci&#233;t&#233; en changeant la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'URBANISATION DANS LE MONDE ET EN FRANCE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'expansion urbaine est g&#233;n&#233;rale. La moiti&#233; de la population mondiale habite en ville et cette proportion s'&#233;l&#232;ve &#224; 80% dans les pays d&#233;velopp&#233;s. Les villes concentrent la grande majorit&#233; des pouvoirs &#233;conomiques :&lt;br class='autobr' /&gt;
Le PIB de la seule ville de Tokyo (pour environ 35 millions d'habitants) est &#233;quivalent &#224; celui de la France enti&#232;re. Celui de New-York &#224; celui de la Chine et celui de Paris &#224; celui de l'Inde. Ce qui montre &#224; la fois l'importance capitale des villes dans le monde moderne, leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du syst&#232;me &#233;conomique dominant et les disparit&#233;s consid&#233;rables entre les pays dits d&#233;velopp&#233;s et les pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, la population urbaine a absorb&#233; depuis le milieu du XXe si&#232;cle la totalit&#233; de la croissance d&#233;mographique. Elle est pass&#233;e en cinquante ans de 40 &#224; 60 millions d'habitants, et si la population rurale est &#224; peu pr&#232;s rest&#233;e stable, les 20 millions suppl&#233;mentaires se sont tous r&#233;partis dans les villes. Celles-ci sont donc en majeure partie de construction r&#233;cente, et elles mat&#233;rialisent dans l'espace tous les dysfonctionnements de notre vie sociale, et en particulier les in&#233;galit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Situation que l'on retrouve dans les pays &#233;mergents, o&#249; les distorsions sont flagrantes entre les plus riches qui vivent dans des quartiers relativement bien &#233;quip&#233;s et les pauvres dans des bidonvilles. Ceux-ci occupent dans ces pays la plus grande partie du territoire urbain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les pays d&#233;velopp&#233;s cette situation n'est pas nouvelle, mais elle a explos&#233; &#224; l'&#233;poque industrielle avec le d&#233;veloppement du salariat. &#192; Paris, la riche bourgeoisie s'est install&#233;e dans les quartiers centraux, en particulier dans les quartiers neufs Haussmanniens, et la population ouvri&#232;re dans les banlieues industrielles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette s&#233;gr&#233;gation s'est poursuivie de nos jours, sous une forme un peu diff&#233;rente, la d&#233;sindustrialisation progressive des banlieues a permis de r&#233;cup&#233;rer des terrains au b&#233;n&#233;fice des classes moyennes, les plus favoris&#233;es restant dans les centres. De m&#234;me la d&#233;saffection pour l'habitat collectif m&#233;diocre des ann&#233;es 70 a g&#233;n&#233;r&#233; une demande massive d'habitat individuel modeste r&#233;pandu sans mesure autour des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mixit&#233; sociale est une ambition g&#233;n&#233;reuse souvent mise en avant par les politiques et les urbanistes, mais elle est toujours d&#233;jou&#233;e par le jeu du march&#233; (celui des valeurs fonci&#232;res).&lt;br&gt;
Par les pratiques aussi : La r&#233;pugnance des classes favoris&#233;es &#224; c&#244;toyer les moins ais&#233;es, mais aussi les enjeux &#233;lectoraux qui conduisent les &#233;lus locaux &#224; favoriser tel ou tel type d'&#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; de r&#233;partir l'habitat dit &#171; social &#187; sur toutes les communes, et en particulier sur les plus ais&#233;es est explicable, mais elle se heurte &#224; de nombreuses r&#233;alit&#233;s. En particulier la difficult&#233; de faire un choix parmi les demandeurs de logements sociaux dans les communes les plus favoris&#233;es, alors que dans celles-ci plus qu'ailleurs, la demande exc&#232;de largement l'offre.&lt;br&gt;
On peut aussi se demander si l'habitat social n'est pas une r&#233;ponse au scandale d'une soci&#233;t&#233; de plus en plus in&#233;galitaire. On traite ainsi les effets et non les causes. Dans une soci&#233;t&#233; id&#233;ale, le logement social devrait &#234;tre inutile. R&#233;clamer la mixit&#233; sociale revient dans un certain sens &#224; accepter les in&#233;galit&#233;s. On se heurte &#224; l'&#233;ternel conflit entre les besoins &#224; court terme, &#233;videmment &#224; satisfaire, mais dont le traitement retarde parfois les transformations n&#233;cessaires du long terme.&lt;br&gt;
L'uniformit&#233; de l'habitat social a aussi &#233;t&#233; trop longtemps une marque sinon infamante, au moins d&#233;valorisante par le d&#233;ni d'un droit trop n&#233;glig&#233; et qui fait cependant partie de la libert&#233; des individus : le droit &#224; la diff&#233;rence. Uniformit&#233; d&#233;senchant&#233;e qui touche aussi les classes moyennes, soumises &#224; la pression des promoteurs, victime d'un bombardement publicitaire qui n'a d'autre but que d'unifier les comportements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES CORR&#201;LATIONS ENTRE LA VILLE ET LA SOCI&#201;T&#201; &lt;br class='autobr' /&gt;
On observe dans l'histoire des villes un certain nombre d'invariants, comme la pr&#233;sence partout et &#224; toutes les &#233;poques, &#224; la fois d'espaces collectifs accessibles &#224; tous, et d'espaces priv&#233;s dans lesquels chacun peut revendiquer une certaine libert&#233;. La ville est l'expression spatiale d'une vie sociale &#224; la fois collective et individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est une dialectique entre l'espace public constitu&#233; de rues, de places, d'&#233;quipements publics, lieux d'&#233;lection des relations sociales, et l'espace individuel, celui de l'habitat ou du travail. Cette dialectique est g&#233;r&#233;e par la loi qui trouve dans la ville une de ses manifestations les plus universelle.&lt;br&gt;
Dans nos soci&#233;t&#233;s complexes, cette distinction entre espaces priv&#233;s et publics n'est plus aussi tranch&#233;e. Des espaces semi-publics son apparus, correspondant au r&#244;le croissant des interm&#233;diaires dominants de la sph&#232;re &#233;conomique : promoteurs, soci&#233;t&#233;s de construction, grande distribution commerciale. Ils se mat&#233;rialisent dans les copropri&#233;t&#233;s, les lotissements, les centres commerciaux. Ces espaces semi-publics, de statut priv&#233; mais de fr&#233;quentation publique, vont de pair avec la privatisation progressive des services publics dont ils sont le reflet....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville cet abandon progressif des espaces publics s'accompagne d'une sp&#233;cialisation outranci&#232;re de ceux qui demeurent, pour l'essentiel limit&#233;s &#224; un usage appauvri et strictement monofonctionnel : celui de la voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re commerciale, les distributeurs se sont impos&#233; entre les producteurs et les consommateurs. Situation qui a pour corollaire dans la ville l'expansion exacerb&#233;e des grandes surfaces de distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la sph&#232;re &#233;conomique c'est l'accroissement du r&#244;le des agents financiers, banques, sp&#233;culateurs, fonds de pension, etc.&lt;br&gt;
Dans la ville c'est la mainmise des promoteurs, des agents immobiliers, des grandes entreprises monopolistiques &#224; la source des nouveaux lotissements ou des grands ensembles immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plans d'urbanisme ne d&#233;finissent plus les m&#234;mes objets.&lt;br&gt;
Autrefois on dessinait des espaces de relations, avenues, places, perspectives urbaines. Aujourd'hui ce sont des p&#233;rim&#232;tres d'op&#233;rations immobili&#232;res correspondant &#224; l'influence croissante des interm&#233;diaires urbains. &lt;br class='autobr' /&gt;
La ville est devenue une accumulation d'objets, mis seulement en relation les uns avec les autres par des r&#233;seaux routiers, au prix d'une d&#233;gradation des rapports sociaux, autrefois apanages de la vie urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;paration des fonctions urbaines a &#233;t&#233; th&#233;oris&#233;e par toute une &#233;cole d'urbanistes dans la mouvance de Le Corbusier. &#201;cole qui a fait flor&#232;s au milieu du XXe si&#232;cle.&lt;br&gt;
La Charte d'Ath&#232;nes r&#233;sumait les actions humaines &#224; quelques arch&#233;types tr&#232;s simplistes :&lt;br&gt;
&#171; Habiter, Travailler, se r&#233;cr&#233;er et se d&#233;placer &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Th&#233;orie qui a justifi&#233; l'urbanisme du zonage, dans lequel s'est engouffr&#233;e notre &#233;conomie :&lt;br&gt;
Le zonage simplifiait le r&#244;le des promoteurs, n'obligeait pas &#224; s'occuper des nuisances industrielles, satisfaisait le lobby automobile &#224; la source de la croissance &#233;conomique de la fin du XXe si&#232;cle.&lt;br&gt;
La substitution des formes nouvelles d'urbanisme &#224; celle des villes anciennes a donn&#233; lieu &#224; des projets souvent irr&#233;alistes, parce que trop ignorant des possibilit&#233;s &#233;conomiques et oublieux de la valeur symbolique des villes anciennes. Cette substitution a toutefois &#233;t&#233; effective dans les quartiers nouveaux parce qu'elle repr&#233;sentait une ad&#233;quation entre la sph&#232;re &#233;conomique et ces nouvelles formes urbaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut bien s&#251;r des tentatives pour &#233;chapper &#224; la pression du zonage et &#224; la d&#233;valuation des espaces publics. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut le cas par exemple des villes nouvelles de la r&#233;gion Parisienne. On y avait tent&#233; une mixit&#233; sociale et fonctionnelle, et un traitement des espaces publics non d&#233;volus &#224; la seule automobile. Avec en prime l'accent mis sur la facilit&#233; des dessertes en transports en commun. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ces tentatives se sont heurt&#233;es &#224; plusieurs difficult&#233;s :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle de faire venir des activit&#233;s dans des espaces inachev&#233;s.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La diff&#233;rence de mobilit&#233; entre l'habitat et l'activit&#233;. L'objectif qui consistait &#224; &#233;quilibrer les emplois et les logements afin de r&#233;duire les migrations domicile-travail s'est vite r&#233;v&#233;l&#233; impossible &#224; atteindre. Les actifs dans le syst&#232;me &#233;conomique qui est le n&#244;tre se trouvant contraints de changer beaucoup plus fr&#233;quemment d'emploi que de logement, les migrations alternantes sont vite devenues la r&#232;gle. On peut noter &#224; cet &#233;gard la contradiction du discours politique qui clame la n&#233;cessit&#233; de la mobilit&#233; du travail tout en favorisant la propri&#233;t&#233; individuelle et donc la p&#233;rennit&#233; du lieu d'habitat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi SRU, avec l'obligation de r&#233;partir l'habitat social sur toutes les communes, traduit la m&#234;me volont&#233; de mixit&#233;, mais elle se r&#233;v&#232;le difficile &#224; respecter, car elle ne tient pas compte de la disparit&#233; des valeurs fonci&#232;res, et de la difficult&#233; pour les communes les plus denses de trouver des terrains libres. Comme on l'a signal&#233; ci-dessus, elle s'attaque aux effets des in&#233;galit&#233;s sociales et non &#224; leurs causes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA VILLE DANS LA CRISE &lt;br class='autobr' /&gt;
La ville moderne issue de l'&#232;re lib&#233;rale est totalement inadapt&#233;e &#224; un monde oblig&#233; de r&#233;duire sa consommation &#233;nerg&#233;tique.&lt;br&gt;
Ceci pour plusieurs raisons bien connues :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La diffusion dans la p&#233;riph&#233;rie des villes de lotissements individuels interdit toutes les dessertes en transports en commun au profit de l'automobile beaucoup plus consommatrice d'&#233;nergie. Cette diffusion se traduit par la tr&#232;s faible densit&#233; des extensions du XXe si&#232;cle par rapport &#224; celle des villes anciennes. &#192; titre d'exemple, la densit&#233; de la ville de Paris intra-muros s'&#233;l&#232;ve &#224; 20.000 hab/km2 (2.150.000 habitants sur 105 km2).Pour le reste de l'agglom&#233;ration dont l'essentiel est de construction r&#233;cente, elle ne d&#233;passe pas1600 hab/Km2 ( 9.800.000 habitants sur 6100 Km2). Soit un facteur de 1 &#224; 12 !
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'habitat dispers&#233; est difficile &#224; isoler thermiquement, en raison des surfaces d'&#233;change beaucoup plus importantes avec le milieu ext&#233;rieur.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le mode de distribution commerciale r&#233;pandu dans les 30 derni&#232;res ann&#233;es, fond&#233; sur la fr&#233;quentation exclusivement automobile d'&#233;quipements de plus en plus gigantesque est dispendieux en &#233;nergie. (Pour 200 m&#233;nages, &#224; raison d'un panier de 30 Kg par unit&#233;, la consommation &#233;nerg&#233;tique s'&#233;l&#232;ve &#224; 4KEP (Kilo-Equivalent-P&#233;trole) en magasin de proximit&#233;, 19KEP en livraison &#224; domicile et 251 KEP dans les grandes surfaces p&#233;riph&#233;riques. Soit un facteur multiplicateur de plus de 60 fois.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais la sph&#232;re &#233;conomique et lib&#233;rale est plus rapide &#224; r&#233;agir que la sph&#232;re politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemples :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les promoteurs de surfaces de bureau anticipent l'&#233;volution des localisations d'activit&#233;s en s'installant de plus en plus en p&#233;riph&#233;rie imm&#233;diate autour des stations de transports en commun
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les grands groupes de distribution commencent &#224; se replier dans les centres villes dans des surfaces commerciales plus r&#233;duites et plus accessibles &#224; une fr&#233;quentation pi&#233;tonni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUE FAIRE ?&lt;br&gt;
Tenter d'agir sur la forme de la ville n'est pas totalement inutile, mais cela restera vain si les op&#233;rateurs priv&#233;s continuent de s'approprier les territoires urbains alors que la puissance publique abandonne ses responsabilit&#233;s et se borne &#224; quelques arbitrages sans port&#233;e v&#233;ritable. Dans la dialectique &#233;voqu&#233;e ci-dessus entre espaces publics et propri&#233;t&#233;s priv&#233;es, les premiers sont des biens communs dont l'usage doit &#234;tre garanti &#224; tous. Cela signifie en particulier que le secteur public, Etat et surtout collectivit&#233;s locales reprennent un pouvoir sur la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Comme les derni&#232;res d&#233;cennies ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par une explosion de la sp&#233;culation financi&#232;re, il en a &#233;t&#233; de m&#234;me pour la sp&#233;culation fonci&#232;re. Si la premi&#232;re est une source d'enrichissement sans cause, le syst&#232;me foncier ne lui c&#232;de en rien. Comment justifier qu'un propri&#233;taire voit la valeur de son bien doubler ou tripler, simplement parce que la collectivit&#233; installe une ligne de transport en commun &#224; proximit&#233;, ou cr&#233;e des &#233;quipements publics de qualit&#233;.&lt;br&gt;
Il faut donc remettre en vigueur les outils fonciers dont la l&#233;gislation fran&#231;aise dispose. A la fois pour cr&#233;er de nouveaux espaces et &#233;quipements publics, et pour s'atteler avec vigueur &#224; la r&#233;sorption de la sp&#233;culation fonci&#232;re et &#224; la r&#233;cup&#233;ration progressive des espaces dilapid&#233;s par la dispersion de l'habitat individuel.&lt;br&gt;
Il faut en effet redensifier la ville. (Actuellement pour la r&#233;gion parisienne, la distance moyenne entre le centre et la p&#233;riph&#233;rie est de 40 km. En quadruplant la densit&#233;, on divise la surface par 4, et on r&#233;duit cette distance par 2, au b&#233;n&#233;fice de desserte en transport en moyenne deux fois moins longue. De plus, l'am&#233;nagement des r&#233;seaux urbains serait beaucoup moins co&#251;teux.&lt;br&gt;
Mais la densification ne se traduirait pas forc&#233;ment sous forme de tours. M&#234;me l'habitat individuel permettrait d'y parvenir. Le d&#233;bat entre tours et immeubles bas est un faux d&#233;bat si on le relie &#224; la densit&#233; urbaine. Il s'agit de mesure d'art urbain plus que de politique. La tour est avant tout un &#233;l&#233;ment symbolique destin&#233; &#224; montrer la puissance de son propri&#233;taire. Ce n'est pas nouveau, mais de San G&#233;miniano &#224; Manhattan les motivations sont sensiblement les m&#234;mes : t&#233;moigner de la force militaire ou de la vigueur &#233;conomique. Apr&#232;s tout la tour de Babel n'a pas &#233;t&#233; autre chose qu'un d&#233;fi lanc&#233; au ciel !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;cup&#233;ration des terrains actuellement dilapid&#233;s permettrait de r&#233;introduire une agriculture de proximit&#233;. Voire m&#234;me une r&#233;industrialisation que le co&#251;t croissant des transports de biens, li&#233; au co&#251;t tout aussi croissant de la main d'&#339;uvre des pays &#233;mergents, risque de rendre indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La redensification ne suffira pas, il faut remettre en cause toutes les structures de production, et en particulier nos rapports au travail. Retrouver une stabilit&#233; des emplois pour la rendre comparable &#224; celle des logements. En m&#234;me temps introduire de nouvelles formes d'exercice pour des emplois de plus en plus tertiaris&#233;s, fond&#233;s davantage sur des transferts d'informations que sur des &#233;changes mat&#233;riels.&lt;br&gt;
Ces nouvelles formes sont compatibles avec le t&#233;l&#233;travail ou l'usage d'h&#244;tels d'entreprises r&#233;partis dans le milieu r&#233;sidentiel.&lt;br&gt;
Avant de penser &#224; r&#233;former la ville il faut donc revoir en profondeur tout notre syst&#232;me social et &#233;conomique, car parmi d'autres d&#233;g&#226;ts, le syst&#232;me lib&#233;ral a tu&#233; la ville, et elle ne ressuscitera pas sous son r&#232;gne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COMMENT LE FAIRE ?&lt;br&gt;
Il faut une volont&#233; politique forte. Et surtout des outils d'am&#233;nagement qu'il faut remettre en marche. Certains ont en effet exist&#233; au moment des grandes crises du logement des ann&#233;es d'apr&#232;s-guerre. Ce fut le cas par exemple des filiales de la Caisse des D&#233;p&#244;ts et Consignation qui existent toujours mais sont de plus en plus soumises aux exigences du march&#233;.&lt;br&gt;
Or le march&#233; concurrentiel et le souci de rentabilit&#233; &#224; court terme ne peuvent qu'exacerber la sp&#233;culation fonci&#232;re, et donc p&#233;naliser toutes les formes publiques d'am&#233;nagement urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin Il faudra mieux utiliser les outils fonciers qui existent mais qui sont de plus en plus n&#233;glig&#233;s. C'est le cas des proc&#233;dures d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233; ou du droit de pr&#233;emption urbain.&lt;br&gt;
Ce dernier, trop peu utilis&#233;, permet &#224; la fois :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De ma&#238;triser bien mieux la sp&#233;culation fonci&#232;re.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De faire b&#233;n&#233;ficier la collectivit&#233; de surfaces construites qui pourraient &#234;tre utilis&#233;es au b&#233;n&#233;fice de tous.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De mettre en place des am&#233;nagements nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un financement mis entre les mains d'un outil public permettrait de g&#233;rer plus facilement le r&#233;investissement par la collectivit&#233; des espaces publics qui font partie de notre bien commun. Des outils de ce type existent d&#233;j&#224;, comme en r&#233;gion parisienne l'Agence Fonci&#232;re et Technique, ou d'une mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale la Caisse des D&#233;p&#244;ts et Consignation, demeur&#233;e encore une banque publique. Mais leurs moyens et leurs objectifs sont trop limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en valeur de la ville ne peut s'accomplir sans une reprise en main du syst&#232;me foncier, lui-m&#234;me d&#233;pendant des moyens de financement public. Il ne s'agit pas n&#233;cessairement d'une augmentation de la fiscalit&#233;, mais d'une intervention volontaire sur le syst&#232;me financier et bancaire. La crise &#233;conomique aurait pu en &#234;tre une occasion, malheureusement perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intervention volontaire pourrait &#234;tre une des revendications d'ATTAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Michel BERGER	D&#233;cembre 2009&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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