<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ATTAC 92</title>
	<link>https://92.site.attac.org/</link>
	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://92.site.attac.org/spip.php?id_mot=62&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>ATTAC 92</title>
		<url>https://92.site.attac.org/local/cache-vignettes/L144xH264/siteon0-3713d.png?1767607396</url>
		<link>https://92.site.attac.org/</link>
		<height>264</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Les issues strat&#233;giques &#224; la crise globale. Le d&#233;bat international et la d&#233;marche du mouvement altermondialiste</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article1803</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article1803</guid>
		<dc:date>2010-06-10T09:10:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>attac92</dc:creator>


		<dc:subject> Attac 92 - groupe local</dc:subject>
		<dc:subject>Association et action internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Attac France</dc:subject>
		<dc:subject>Crise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet expos&#233; a &#233;t&#233; fait pas Gustave Massiah &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'Attac 92 le 5 juin 2010.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir le document joint au format PDF.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique149" rel="directory"&gt;Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot1" rel="tag"&gt; Attac 92 - groupe local&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;Association et action internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Attac France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet expos&#233; a &#233;t&#233; fait pas Gustave Massiah &#224; l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale d'Attac 92 le 5 juin 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir le document joint au format PDF.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://92.site.attac.org/IMG/pdf/Les_issues_strategiques_a_la_crise_globale_v2_mai_2009.pdf" length="208151" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les crises alimentaires. Texte de la conf&#233;rence-d&#233;bat du 19 d&#233;cembre 2008</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article1591</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article1591</guid>
		<dc:date>2008-12-26T09:45:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>attac92</dc:creator>


		<dc:subject>Colombes, Courbevoie, La Garenne Col., Neuilly</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Crise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les crises alimentaires D&#233;bat Attac Colombes Le 19/12/2008 Bernard Kervella &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
L'humanit&#233; est confront&#233;e &#224; plusieurs crises : financi&#232;re, &#233;conomique, alimentaire, &#233;nerg&#233;tique qui entra&#238;nent une crise sociale d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent et qui entra&#238;ne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les &#233;conomies nationales s'effondrent, le ch&#244;mage est end&#233;mique. Des famines se d&#233;clarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique74" rel="directory"&gt;Colombes Courbevoie La Garenne-Colombes Neuilly&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;Colombes, Courbevoie, La Garenne Col., Neuilly&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot62" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les crises alimentaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;bat Attac Colombes &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 19/12/2008 Bernard Kervella&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; est confront&#233;e &#224; plusieurs crises : financi&#232;re, &#233;conomique, alimentaire, &#233;nerg&#233;tique qui entra&#238;nent une crise sociale d'une ampleur sans pr&#233;c&#233;dent et qui entra&#238;ne un appauvrissement rapide de larges secteurs de la population mondiale. Les &#233;conomies nationales s'effondrent, le ch&#244;mage est end&#233;mique. Des famines se d&#233;clarent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans certaines parties de l'Am&#233;rique latine. Cette &#171; mondialisation de la pauvret&#233;, &#187; qui a annul&#233; bon nombre des progr&#232;s de la d&#233;colonisation d'apr&#232;s-guerre, a commenc&#233; dans le tiers-monde avec la crise de la dette du d&#233;but des ann&#233;es 1980 et l'imposition des r&#233;formes &#233;conomiques meurtri&#232;res du Fonds mon&#233;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit de la pauvret&#233; humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la s&#233;gr&#233;gation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et s'attaque aux droits des femmes et il pr&#233;cipite souvent les pays dans des affrontements destructeurs entre les nationalit&#233;s. Depuis les ann&#233;es 1990, il s'&#233;tend, par l'entremise du &#171; libre march&#233; &#187;, dans toutes les r&#233;gions du monde y compris l'Am&#233;rique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc sovi&#233;tique et les &#171; nouveaux pays industriels &#187; (NPI) de l'Asie du Sud-est et de l'Extr&#234;me-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise plan&#233;taire est encore plus d&#233;vastatrice que la Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1930. Elle a de lourdes cons&#233;quences g&#233;opolitiques ; le d&#233;membrement &#233;conomique donne lieu &#224; des guerres r&#233;gionales, &#224; la fracture des soci&#233;t&#233;s nationales et, dans certains cas, &#224; l'an&#233;antissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise &#233;conomique des temps modernes. (Livre de Michel Chossudovsky intitul&#233; : Mondialisation de la pauvret&#233; et le nouvel ordre mondial).&lt;br&gt;
C'est dans ce contexte g&#233;n&#233;ral que se situent&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les crises alimentaires&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La famine est le r&#233;sultat d'un processus de restructuration en &#171; march&#233; libre &#187; de l'&#233;conomie mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du d&#233;but des ann&#233;es 1980. Ce n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;cent, tel qu'il a &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; par plusieurs reportages des m&#233;dias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et la demande &#224; court terme des produits agricoles de base. La pauvret&#233; et la sous-alimentation chronique sont des conditions qui pr&#233;existaient avant les r&#233;centes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de plein fouet une population appauvrie, qui a &#224; peine les moyens de survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;meutes de la faim ont &#233;clat&#233; presque simultan&#233;ment dans toutes les grandes r&#233;gions du monde : &#171; Les prix des denr&#233;es alimentaires en Ha&#239;ti a augment&#233; en moyenne de 40 % en moins d'un an, avec le co&#251;t des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;e tels que le riz qui a doubl&#233;... Au Bangladesh, [&#224; la fin avril 2008] quelques 20.000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour d&#233;noncer l'augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des salaires plus &#233;lev&#233;s. Le prix du riz dans le pays a doubl&#233; au cours de la derni&#232;re ann&#233;e, mena&#231;ant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de seulement 25 $ et qui ont faim. En &#201;gypte, des protestations de travailleurs concernant les prix des produits alimentaires a secou&#233; le centre industriel du textile de Mahalla al-Kobra, au nord du Caire, pendant deux jours, o&#249; deux personnes ont &#233;t&#233; abattues par les forces de s&#233;curit&#233;. Des centaines de personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et le gouvernement a envoy&#233; des policiers en civil dans les usines pour forcer les travailleurs &#224; travailler. Les prix des denr&#233;es alimentaires ont augment&#233; de 40% en &#201;gypte au cours de la derni&#232;re ann&#233;e... Plus t&#244;t ce mois-ci, en C&#244;te d'Ivoire, des milliers de personnes ont march&#233; vers la maison du pr&#233;sident Laurent Gbagbo, scandant &#171; nous sommes affam&#233;s &#187; et &#171; la vie est trop ch&#232;re, vous allez nous tuer &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des manifestations de m&#234;me nature ainsi que des gr&#232;ves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au P&#233;rou, au Mexique, en Indon&#233;sie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzb&#233;kistan, en Tha&#239;lande, au Y&#233;men, en &#201;thiopie et &#224; travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne. &#187; (Bill Van Auken, Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry, Global Research, April 2008)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec de grands pans de la population mondiale d&#233;j&#224; bien en dessous du seuil de pauvret&#233;, la hausse des prix des denr&#233;es alimentaires de base qui se produit sur une courte p&#233;riode est d&#233;vastatrice. Des millions de personnes dans le monde sont dans l'incapacit&#233; d'acheter de la nourriture pour leur survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces augmentations contribuent d'une mani&#232;re tr&#232;s r&#233;elle &#224; &#171; &#233;liminer les pauvres &#187; &#224; travers &#171; la mort par la famine. &#187; Dit dans les mots de Henry Kissinger : &#171; Contr&#244;lez le p&#233;trole et vous contr&#244;lerez les nations, contr&#244;lez la nourriture et vous contr&#244;lerez la population. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des c&#233;r&#233;ales a augment&#233; de 88% depuis mars 2007. Le prix du bl&#233; a augment&#233; de 181% sur une p&#233;riode de trois ans. Le prix du riz a augment&#233; de 50% dans les trois derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis : &#034;The greatest d&#233;monstration of the historical failure of the capitalist model&#034;, Global Research, April 2008) : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La plus populaire vari&#233;t&#233; de riz de la Tha&#239;lande se vendait il y a 5 ans 198 $ US et &#224; 323 $ la tonne l'an dernier. En avril 2008, le prix a atteint 1000 $. Les augmentations sont encore plus &#233;lev&#233;es sur les march&#233;s locaux ; en Ha&#239;ti, le prix d'un sac de 50 kilos de riz a doubl&#233; en une semaine &#224; la fin mars 2008. Ces augmentations sont catastrophiques pour les 2,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent avec moins de 2 $ US par jour et qui consacrent de 60% &#224; 80% de leurs revenus &#224; l'alimentation. Des centaines de millions de personnes n'ont pas les moyens de manger &#187; Selon les estimations du FAO (Rapport du 9/12/08) qui publie son rapport annuel sur l'ins&#233;curit&#233; alimentaire, 963 millions de personnes souffrent de la faim en 2008, soit 40 millions de plus qu'en 2007. Le bilan s'est surtout alourdi du fait de l'envol&#233;e des prix alimentaires, et la crise &#233;conomique pourrait aggraver la situation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cette crise &#224; Deux dimensions interd&#233;pendantes :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux dimensions interd&#233;pendantes dans la crise alimentaire mondiale en cours, qui plonge des millions de personnes &#224; travers le monde dans la famine et la privation chronique, une situation o&#249; des populations enti&#232;res n'ont plus les moyens d'acheter de la nourriture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, il y a un processus historique &#224; long terme de politiques de r&#233;forme macro&#233;conomiques et de restructuration &#233;conomique mondiale, qui a contribu&#233; &#224; baisser le niveau de vie partout dans le monde, autant dans les pays d&#233;velopp&#233;s que dans les pays en d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, ces conditions historiques pr&#233;existantes de pauvret&#233; de masse ont &#233;t&#233; exacerb&#233;es et aggrav&#233;es par la r&#233;cente flamb&#233;e des prix des c&#233;r&#233;ales, qui a entra&#238;n&#233; dans certains cas, le doublement du prix de d&#233;tail des denr&#233;es alimentaires de base. Ces hausses de prix sont en grande partie le r&#233;sultat de la sp&#233;culation boursi&#232;re sur les denr&#233;es alimentaires de base. Les m&#233;dias ont induit en erreur l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant presque exclusivement sur la question des co&#251;ts de production, le climat et d'autres facteurs qui ont pour effet de r&#233;duire l'offre et qui pourraient contribuer &#224; gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs puissent entrer en jeu, ils ne peuvent expliquer &#224; eux seuls l'impressionnante et spectaculaire hausse des prix des produits de base&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les causes : En r&#233;alit&#233; que s'est-il pass&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un premier temps :&lt;/strong&gt; Les pays en d&#233;veloppement ont renonc&#233; aux protections douani&#232;res qui permettaient de mettre les paysans locaux &#224; l'abri de la concurrence des producteurs agricoles &#233;trangers, principalement les grandes firmes d'agro-exportation nord-am&#233;ricaines et europ&#233;ennes. Celles-ci ont envahi les march&#233;s locaux avec des produits agricoles vendus en dessous du co&#251;t de production des agriculteurs et &#233;leveurs locaux, ce qui a provoqu&#233; leur faillite (nombre d'entre eux ont &#233;migr&#233; vers les grandes villes de leurs pays ou vers les pays les plus industrialis&#233;s). Selon l'OMC, les subsides vers&#233;s par les gouvernements du Nord &#224; leurs grandes entreprises agricoles sur le march&#233; int&#233;rieur ne constituent pas une infraction aux r&#232;gles anti-dumping. Comme l'&#233;crit Jacques Berthelot : &#171; alors que, pour l'homme de la rue, il y a dumping si on exporte &#224; un prix inf&#233;rieur au co&#251;t moyen de production du pays exportateur, pour l'OMC, il n'y a pas de dumping tant qu'on exporte au prix int&#233;rieur, m&#234;me s'il est inf&#233;rieur au co&#251;t moyen de production . &#187; Bref, les pays de l'Union europ&#233;enne, les Etats-Unis ou d'autres pays exportateurs peuvent envahir les march&#233;s des autres avec des produits agricoles qui b&#233;n&#233;ficient de tr&#232;s importantes subventions internes. Le ma&#239;s export&#233; au Mexique par les Etats-Unis est un cas embl&#233;matique. A cause du trait&#233; de libre commerce (TLC) sign&#233; entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, ce dernier a abandonn&#233; ses protections douani&#232;res face &#224; ses voisins du Nord. Les exportations de ma&#239;s des Etats-Unis au Mexique ont &#233;t&#233; multipli&#233;es par neuf entre 1993 (derni&#232;re ann&#233;e avant l'entr&#233;e en vigueur du TLC) et 2006. Des centaines de milliers de familles mexicaines ont d&#251; renoncer &#224; produire du ma&#239;s car celui-ci co&#251;tait plus cher que le ma&#239;s provenant des Etats-Unis (produit avec une technologie industrielle et fortement subventionn&#233;). Cela n'a pas seulement constitu&#233; un drame &#233;conomique, il s'est agi aussi d'une perte d'identit&#233; car le ma&#239;s est le symbole de la vie dans la culture mexicaine, notamment chez les peuples d'origine maya. Une grande partie des cultivateurs de ma&#239;s ont abandonn&#233; leur champ et sont partis chercher du travail dans les villes industrielles du Mexique ou aux Etats-Unis. Le Mexique qui d&#233;pend dor&#233;navant pour nourrir sa population du ma&#239;s des Etats-Unis est confront&#233; &#224; une augmentation brutale du prix de cette c&#233;r&#233;ale provoqu&#233;e, d'une part, par la sp&#233;culation sur les Bourses de Chicago, de Kansas City, de Minneapolis et, d'autre part, par la production chez le voisin du Nord d'&#233;thanol de ma&#239;s. Les producteurs mexicains de ma&#239;s ne sont plus l&#224; pour satisfaire &#224; la demande interne et les consommateurs mexicains sont confront&#233;s &#224; une explosion du prix de leur nourriture de base, la tortilla, cette cr&#234;pe de ma&#239;s qui remplace le pain ou le bol de riz consomm&#233; sous d'autres latitudes. En 2007, d'&#233;normes protestations populaires ont secou&#233; le Mexique. Dans des conditions sp&#233;cifiques, les m&#234;mes causes ont produit grosso modo les m&#234;mes effets. L'interconnexion des march&#233;s alimentaires &#224; l'&#233;chelle mondiale a &#233;t&#233; pouss&#233;e &#224; un niveau jamais connu auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un second temps :&lt;/strong&gt; L'escalade des prix des produits alimentaires est en grande par le r&#233;sultat d'une manipulation du march&#233;. Elle est en grande partie attribuable &#224; la sp&#233;culation boursi&#232;re sur les march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res. Les prix des c&#233;r&#233;ales sont artificiellement gonfl&#233;s par la sp&#233;culation &#224; grande &#233;chelle sur les op&#233;rations des march&#233;s boursiers de New York et de Chicago. Il est int&#233;ressant de noter qu'en 2007, le Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionn&#233; avec le Chicago Mercantile Exchange, formant la plus importante entit&#233; au monde traitant dans le commerce des produits de base et comptant un large &#233;ventail d'instruments sp&#233;culatifs (les options, les options sur contrat &#224; terme, les fonds indiciels, etc.) Des transactions sp&#233;culatives sur le bl&#233;, le riz ou le ma&#239;s, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions r&#233;elles de ces produits. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les institutions, qui actuellement sp&#233;culent sur le march&#233; des c&#233;r&#233;ales, ne sont pas n&#233;cessairement impliqu&#233;es dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en g&#233;n&#233;ral de la variation des prix des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; option de vente &#187; est un pari que les prix vont baisser, une &#171; option d'achat &#187; est un pari que les prix vont augmenter. Gr&#226;ce &#224; la manipulation concert&#233;e, les op&#233;rateurs institutionnels et les institutions financi&#232;res font augmenter les prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d'un produit en particulier. La sp&#233;culation g&#233;n&#232;re la volatilit&#233; du march&#233;. &#192; son tour, l'instabilit&#233; qui en r&#233;sulte encourage la poursuite de l'activit&#233; sp&#233;culative. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les b&#233;n&#233;fices sont r&#233;alis&#233;s lorsque le prix monte. En revanche, si le sp&#233;culateur est un short-selling , le b&#233;n&#233;fice sera r&#233;alis&#233; lorsque le prix diminuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;cente flamb&#233;e sp&#233;culative des prix des denr&#233;es alimentaires a engendr&#233; un processus mondial de cr&#233;ation de la famine &#224; une &#233;chelle sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces op&#233;rations sp&#233;culatives ne devraient pas pouvoir engendrer d&#233;lib&#233;r&#233;ment la famine. Ce qui cause la famine est l'absence de proc&#233;dures r&#232;glementaires relatives au commerce sp&#233;culatif (les options, les options sur contrat &#224; terme, les fonds indiciels). Dans le contexte actuel, un gel des transactions sp&#233;culatives sur les produits alimentaires de base, d&#233;cr&#233;t&#233; par d&#233;cision politique, contribuerait imm&#233;diatement &#224; faire baisser les prix des produits alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'emp&#234;che que ces op&#233;rations soient neutralis&#233;es et d&#233;samorc&#233;es par un ensemble soigneusement &#233;labor&#233; de mesures r&#232;glementaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Visiblement, ce n'est pas ce qui est propos&#233; par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international (FMI).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le du FMI et de la Banque mondiale dans cette crise :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Banque mondiale et le FMI ont pr&#233;sent&#233; un plan d'urgence, afin d'accro&#238;tre l'agriculture en r&#233;ponse &#224; la &#171; crise alimentaire. &#187; Cependant, les causes de cette crise ne sont pas prises en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; m&#233;decine &#233;conomique &#187; du FMI et de la Banque mondiale n'est pas la &#171; solution, &#187; elle est plut&#244;t en grande partie la &#171; cause &#187; de la famine dans les pays en d&#233;veloppement. Plus le FMI et la Banque mondiale pr&#234;tent &#171; pour accro&#238;tre l'agriculture &#187; et plus ils augmenteront les niveaux d'endettement. &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; politique de pr&#234;ts &#187; de la Banque mondiale consiste &#224; accorder des pr&#234;ts &#224; la condition que les pays se conforment &#224; l'agenda politique n&#233;olib&#233;rale qui, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, a &#233;t&#233; propice &#224; l'effondrement de l'agriculture alimentaire locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; stabilisation macro-&#233;conomique &#187; et les programmes d'ajustement structurel impos&#233;s par le FMI et la Banque mondiale aux pays en d&#233;veloppement (comme condition de ren&#233;gociation de leur dette ext&#233;rieure) ont conduit &#224; l'appauvrissement de centaines de millions de personnes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les dures r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques et sociales derri&#232;res les interventions du FMI sont les causes de l'augmentation d&#233;mesur&#233;e des prix des produits alimentaires, des famines au niveau local, des licenciements massifs de travailleurs urbains et de fonctionnaires et de la destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d'achat interne s'est effondr&#233;, les cliniques de sant&#233; contre la famine et les &#233;coles ont &#233;t&#233; ferm&#233;es, des centaines de millions d'enfants ont &#233;t&#233; priv&#233;s du droit &#224; l'enseignement primaire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;r&#232;glementation des march&#233;s c&#233;r&#233;aliers : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1980, les march&#233;s c&#233;r&#233;aliers ont &#233;t&#233; d&#233;r&#232;glement&#233;s sous la supervision de la Banque mondiale et des surplus c&#233;r&#233;aliers des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne ont syst&#233;matiquement &#233;t&#233; utilis&#233;s pour d&#233;truire la paysannerie et pour d&#233;stabiliser l'agriculture alimentaire nationale. &#192; cet &#233;gard, les pr&#234;ts de la Banque mondiale exigent la lev&#233;e des barri&#232;res commerciales sur les importations de produits agricoles de base, conduisant au dumping des surplus c&#233;r&#233;aliers des &#201;tats-Unis et de l'Union europ&#233;enne sur le march&#233; local. Ces mesures, ainsi que d'autres mesures, ont men&#233; les producteurs agricoles locaux &#224; la faillite. Un &#171; march&#233; c&#233;r&#233;alier libre &#187;, impos&#233; par le FMI et la Banque mondiale, d&#233;truit l'&#233;conomie paysanne et affaibli la &#171; s&#233;curit&#233; alimentaire. &#187; Le Malawi et le Zimbabwe &#233;taient auparavant des pays prosp&#232;res en exc&#233;dent c&#233;r&#233;alier, le Rwanda &#233;tait pratiquement autosuffisant en mati&#232;re alimentaire jusqu'&#224; 1990, date &#224; laquelle le FMI a ordonn&#233; le dumping des exc&#233;dents c&#233;r&#233;aliers de l'Union europ&#233;enne et des &#201;tats-Unis sur le march&#233; int&#233;rieur, pr&#233;cipitant ainsi les petits agriculteurs en faillite. En 1991-1992, la famine a frapp&#233; le Kenya, un pays qui connaissait un succ&#232;s pour ses surplus c&#233;r&#233;aliers. Le gouvernement de Nairobi avait pr&#233;c&#233;demment &#233;t&#233; mis sur une liste noire pour ne pas avoir ob&#233;i &#224; des recommandations du FMI. La d&#233;r&#233;glementation du march&#233; des c&#233;r&#233;ales a &#233;t&#233; exig&#233;e comme une des conditions pour le r&#233;&#233;chelonnement de la dette ext&#233;rieure de Nairobi avec les cr&#233;anciers officiels du Club de Paris. (Livre de Michel Chossudovsky, Mondialisation de la pauvret&#233; et le nouvel ordre mondial)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute l'Afrique, ainsi qu'en Asie du Sud-est et en Am&#233;rique latine, le mod&#232;le des &#171; ajustements structurels &#187; dans l'agriculture sous la tutelle des institutions de Bretton Woods a servi de mani&#232;re sans &#233;quivoque &#224; la disparition de la s&#233;curit&#233; alimentaire. La d&#233;pendance vis-&#224;-vis du march&#233; mondial a &#233;t&#233; renforc&#233;e, entra&#238;nant une augmentation des importations de c&#233;r&#233;ales commerciales, ainsi qu'une augmentation de l'afflux &#171; d'aide alimentaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les producteurs agricoles ont &#233;t&#233; encourag&#233;s &#224; abandonner l'agriculture alimentaire et &#224; se convertir dans des cultures de &#171; haute valeur &#187; &#224; des fins d'exportation, souvent au d&#233;triment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi que les cultures &#224; des fins d'exportation ont &#233;t&#233; soutenus par des pr&#234;ts de la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les famines &#224; l'&#232;re de la mondialisation sont le r&#233;sultat de ces politiques. La famine n'est pas la cons&#233;quence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire : les surplus alimentaires mondiaux sont utilis&#233;s pour d&#233;stabiliser la production agricole dans les pays en d&#233;veloppement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Strictement r&#232;glement&#233;e et contr&#244;l&#233;e par l'industrie agroalimentaire internationale, cette offre exc&#233;dentaire est finalement propice &#224; la stagnation de la production et de la consommation des produits alimentaires de base essentiels et &#224; l'appauvrissement des agriculteurs dans le monde. En outre, en cette &#233;poque de mondialisation, les programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale ont un lien direct sur le processus de d&#233;veloppement de la famine, car ils affaiblissent syst&#233;matiquement toutes les cat&#233;gories d'activit&#233;s &#233;conomiques urbaines ou rurales, qui ne servent pas directement les int&#233;r&#234;ts du march&#233; mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus des agriculteurs dans les pays riches et dans les pays pauvres sont r&#233;duits par une poign&#233;e d'industriels du secteur de l'agroalimentaire mondial qui en m&#234;me temps contr&#244;lent les march&#233;s des c&#233;r&#233;ales, les intrants agricoles, les semences et la transformation des aliments. La g&#233;ante soci&#233;t&#233; Cargill Inc avec plus de 140 filiales et soci&#233;t&#233;s affili&#233;es &#224; travers le monde contr&#244;le une part importante du commerce international des c&#233;r&#233;ales. Depuis les ann&#233;es 1950, Cargill est devenue le principal contractant pour &#171; l'aide alimentaire &#187; des &#201;tats-Unis financ&#233;e par la Loi Publique 480 (1954). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'agriculture mondiale a pour la premi&#232;re fois de l'histoire, la capacit&#233; de satisfaire les besoins alimentaires de toute la plan&#232;te, mais la nature m&#234;me du march&#233; mondial de ce syst&#232;me ne permet pas que &#231;a se r&#233;alise. La capacit&#233; de produire de la nourriture est immense, mais les niveaux de consommation alimentaire restent extr&#234;mement faibles, car une grande partie de la population mondiale vit dans des conditions d'extr&#234;me pauvret&#233; et de privation. En outre, le processus de &#171; modernisation &#187; de l'agriculture a conduit &#224; la d&#233;possession des paysans et &#224; l'augmentation du niveau de d&#233;gradation des terres et de l'environnement. Autrement dit, les forces m&#234;mes qui encouragent la production alimentaire mondiale &#224; se d&#233;velopper favorisent &#233;galement une diminution du niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;ncidant avec la cr&#233;ation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre du contrat de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)), les g&#233;ants de l'agroalimentaire ont une enti&#232;re libert&#233; d'entrer dans les march&#233;s c&#233;r&#233;aliers des pays en d&#233;veloppement. L'acquisition de &#171; droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle &#187; exclusifs sur les vari&#233;t&#233;s v&#233;g&#233;tales par des int&#233;r&#234;ts agroindustriels favorise aussi la destruction de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agissant au nom d'une poign&#233;e de conglom&#233;rats de biotechnologie, des semences OGM ont &#233;t&#233; impos&#233;es aux agriculteurs, souvent dans le cadre de &#171; programmes d'aide alimentaire. &#187; Par exemple, en &#201;thiopie des trousses de semences OGM ont &#233;t&#233; remis aux agriculteurs pauvres afin de r&#233;tablir la production agricole &#224; la suite d'une grande s&#233;cheresse. Les semences OGM ont &#233;t&#233; plant&#233;es, donnant une seule r&#233;colte. Mais apr&#232;s, les agriculteurs ont r&#233;alis&#233; que les semences OGM ne pourraient pas &#234;tre replant&#233;es sans payer de redevances &#224; Monsanto, Arch Daniel Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont d&#233;couvert que les graines ne pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles soit, les engrais, les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribu&#233;s par les entreprises agroalimentaires de biotechnologie. Toute l'&#233;conomie paysanne est dor&#233;navant enferm&#233;e entre les mains des conglom&#233;rats de l'agro-industrie. Avec l'adoption g&#233;n&#233;ralis&#233;e de semences OGM, une transition majeure a eu lieu dans la structure et dans l'histoire de l'agriculture depuis sa cr&#233;ation il y a 10.000 ans. La reproduction de semences au niveau des villages et chez les producteurs de semences a &#233;t&#233; perturb&#233;e par l'utilisation de semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es. Le cycle agricole, qui permet aux agriculteurs de stocker leurs semences biologiques et de les semer pour en tirer la prochaine r&#233;colte a &#233;t&#233; bris&#233;. Ce concept destructeur, produisant invariablement la famine, est reproduit partout, pays apr&#232;s pays, conduisant &#224; la disparition de l'&#233;conomie paysanne mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle est la part de responsabilit&#233; des agro carburants dans cette hausse ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce ne sont pas les volumes actuels de produits agricoles destin&#233;s aux agro carburants qui expliquent la hausse des prix, sauf localement chez les fournisseurs de ma&#239;s des Etats-Unis, principaux producteurs de ces carburants. D'apr&#232;s les estimations d'Agrimonde, projet de prospective men&#233; par le Cirad et l'Inra, sur le total des calories v&#233;g&#233;tales produites dans le monde, moins de 5 % sont destin&#233;es aux usages non alimentaires dont font partie les agro carburants. L'alimentation humaine repr&#233;sente 55 % de ce total et l'alimentation animale 30 %. En outre, les volumes destin&#233;s aux agro carburants sont, pour le moment, faibles. Ainsi, selon l'Agence internationale de l'&#233;nergie, en 2005, 1 % des terres cultiv&#233;es servaient &#224; produire des agro carburants rempla&#231;ant 1 % de notre consommation mondiale de carburants fossiles. En revanche, la hausse annonc&#233;e de l'utilisation des c&#233;r&#233;ales pour des agro carburants accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t du march&#233; des produits agricoles pour les sp&#233;culateurs financiers. C'est donc plus l'anticipation de cette hausse de la demande qu'une hausse r&#233;elle qui contribue &#224; expliquer la flamb&#233;e des prix.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le probl&#232;me se situe-t-il uniquement au niveau de la production agricole ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le secteur vivrier ne se limite pas aux producteurs agricoles. On l'oublie trop souvent. Il concerne &#233;galement un tr&#232;s grand nombre d'activit&#233;s permettant d'assurer la connexion entre les producteurs et le march&#233; : activit&#233;s de transformation agroalimentaire (extraction d'huile, broyage des c&#233;r&#233;ales ou des racines et tubercules, s&#233;chage du poisson, etc.), de commercialisation et de distribution, ou encore de restauration. C'est, d'une part, gr&#226;ce &#224; ce secteur que les produits circulent, sont achemin&#233;s vers des march&#233;s, sont stock&#233;s, adapt&#233;s &#224; la demande des consommateurs et leur sont distribu&#233;s. C'est, d'autre part, par l'interm&#233;diaire de ces activit&#233;s que les incitations du march&#233; sont transmises aux producteurs, en termes de quantit&#233;, de qualit&#233; et de prix requis. Ce secteur est dans une situation paradoxale : il joue un r&#244;le crucial de courroie d'entra&#238;nement du secteur agricole par le d&#233;veloppement des march&#233;s domestiques et il est pourtant presque partout n&#233;glig&#233; dans les politiques. Celles-ci se limitent bien souvent &#224; consid&#233;rer d'un c&#244;t&#233; des producteurs agricoles ruraux et de l'autre des consommateurs urbains, faisant fi de tout ce secteur qui fait le lien entre eux et r&#233;gule ainsi offre et la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une marge de man&#339;uvre de taille se situe donc dans ces activit&#233;s de transformation et de commercialisation, dans la cr&#233;ation d'un environnement plus favorable &#224; leur d&#233;veloppement, dans la cr&#233;ation d'infrastructures de transport, de stockage, dans les technologies de transformation des produits agricoles. Ce secteur est essentiellement tenu par les femmes et une grande partie de la marge de man&#339;uvre est entre leurs mains. Mais sa forte croissance depuis une vingtaine d'ann&#233;es a attir&#233; quelques gros op&#233;rateurs qui sp&#233;culent et r&#233;percutent mal aux producteurs la hausse des prix &#224; la consommation. Il faut donc des politiques qui permettent au march&#233; de mieux fonctionner et non pas un total laisser-faire qui laisse les plus puissants profiter de positions avantageuses et accro&#238;t davantage les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelles pistes pour g&#233;rer la crise et en sortir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A court terme, des mesures d'urgence s'imposent : la crise risque d'avoir des cons&#233;quences dramatiques sur la situation nutritionnelle des plus vuln&#233;rables. Cependant, une aide alimentaire d'urgence ne r&#232;glera pas le probl&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#233;galement n&#233;cessaire de lib&#233;rer les marges de productivit&#233; dans le secteur du vivrier marchand, tant au niveau de la production que de la transformation et de la commercialisation. Sans qu'il y ait de solution miracle, il suffit d&#233;j&#224;, pour faire r&#233;agir le vivrier marchand, de pouvoir garantir l'acc&#232;s pour les paysans &#224; un peu plus d'engrais, de produits phytosanitaires, de routes en bon &#233;tat, de moyens de transformation, de cr&#233;dit, de conseils, d'assurance, d'informations sur les prix, de r&#233;duire les taxations polici&#232;res sur les routes, le prix du gas-oil. Par ailleurs, les paysans sont appauvris par des ann&#233;es d'abandon du secteur agricole par les politiques. C'est donc tout un soutien &#224; l'agriculture des pays &#224; vuln&#233;rabilit&#233; alimentaire qu'il faut relancer et non pas poursuivre une politique de lib&#233;ralisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de ce secteur, lui faisant subir les al&#233;as des march&#233;s internationaux. Le d&#233;veloppement agricole doit donc devenir une priorit&#233; dans l'agenda international.&lt;br class='autobr' /&gt;
A plus long terme, il sera sans doute difficile de s'affranchir de la question d'une meilleure r&#233;partition des ressources. Car c'est bien parce que certains grands pays, tr&#232;s peupl&#233;s, se mettent &#224; consommer comme les pays les plus industrialis&#233;s que l'on se rend compte des limites du syst&#232;me. Ceux qui souffrent aujourd'hui sont bien peu responsables de ce qui les fait souffrir. Il ne s'agit plus de transf&#233;rer le mod&#232;le agro-industriel pour le g&#233;n&#233;raliser &#224; l'ensemble de la plan&#232;te, mais bien d'inventer ensemble un syst&#232;me plus durablement &#233;quitable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; :&lt;br&gt;
La crise alimentaire mondiale met &#224; nu le moteur de la soci&#233;t&#233; capitaliste : la recherche du profit priv&#233; maximum &#224; court terme. Pour les capitalistes, les aliments ne sont qu'une marchandise qu'il faut vendre avec le plus de profit possible. L'aliment, &#233;l&#233;ment essentiel du maintien en vie des &#234;tres humains, est transform&#233; en pur instrument de profit. Il faut mettre fin &#224; cette logique mortif&#232;re. Il faut abolir le contr&#244;le du capital sur les grands moyens de production et de commercialisation et donner la priorit&#233; &#224; une politique de souverainet&#233; alimentaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise climatique. Les effets du changement climatique ont momentan&#233;ment disparu de la une de l'actualit&#233;, supplant&#233;s par la crise financi&#232;re. N&#233;anmoins le processus est en cours &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te et ici aussi l'interconnexion est &#233;vidente. Certes les populations des pays &#171; pauvres &#187; seront plus fortement touch&#233;es que celles des pays &#171; riches &#187; mais personne n'en sortira indemne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://92.site.attac.org/IMG/pdf/Les_crises_alimentaires_Attac_92.pdf" length="62293" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
