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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Sur la &#171; lib&#233;ralisation &#187; du transport ferroviaire</title>
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		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Transport</dc:subject>

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&lt;p&gt;Sur la &#171; lib&#233;ralisation &#187; du transport ferroviaire &lt;br class='autobr' /&gt;
22 avril 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu d'histoire du chemin de fer en France [1] &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s l'origine, le caract&#232;re particulier du chemin de fer a pos&#233; la question de son r&#233;gime &#233;conomique et juridique d'exploitation (d&#233;tention des capitaux et d&#233;termination des r&#232;gles de fonctionnement : services offerts, tarification, s&#233;curit&#233;, r&#233;glementation du travail). D&#233;battu sous le r&#232;gne de Louis-Philippe, qui a vu la naissance du chemin de fer en France, l'enjeu &#233;tait...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur la &#171; lib&#233;ralisation &#187; du transport ferroviaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;22 avril 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu d'histoire du chemin de fer en France&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette partie doit beaucoup &#224; : Georges Ribeill ; Les cheminots ; La...&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D&#232;s l'origine, le caract&#232;re particulier du chemin de fer a pos&#233; la question de son r&#233;gime &#233;conomique et juridique d'exploitation (d&#233;tention des capitaux et d&#233;termination des r&#232;gles de fonctionnement : services offerts, tarification, s&#233;curit&#233;, r&#233;glementation du travail). D&#233;battu sous le r&#232;gne de Louis-Philippe, qui a vu la naissance du chemin de fer en France, l'enjeu &#233;tait consid&#233;rable : fallait-il abandonner l'entreprise &#224; l'initiative priv&#233;e ou bien cr&#233;er un nouveau monopole public, comme pour le t&#233;l&#233;graphe ? L'importance du nouveau mode de transport avait vite &#233;t&#233; reconnue, tant par le capital priv&#233; pour s'accro&#238;tre que par l'Etat pour affirmer son autorit&#233; : d&#232;s 1838, le ministre charg&#233; des Travaux publics, Martin, avait affirm&#233; que les grandes lignes ferroviaires &#233;taient assimilables &#224; des &#171; r&#234;nes de gouvernement &#187;.&lt;br /&gt; Etant donn&#233;e l'ampleur in&#233;dite des investissements &#224; consentir et face &#224; un avenir &#233;conomique &#224; long terme du chemin de fer jug&#233; incertain, ni l'Etat ni les financiers priv&#233;s ne revendiqu&#232;rent l'exclusivit&#233; de l'exploitation et des charges aff&#233;rentes. Le d&#233;bat fut tranch&#233; par la loi du 11 juin 1842 qui d&#233;finissait un r&#233;gime mixte interm&#233;diaire, compromis public/priv&#233; o&#249; chaque partie devait trouver son int&#233;r&#234;t, sous la forme de concessions par l'Etat &#224; des compagnies priv&#233;es du monopole d'exploitation de certaines lignes, chaque compagnie se constituant ainsi un r&#233;seau propre, couvrant une r&#233;gion d&#233;termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'Etat exer&#231;ait une forte tutelle commerciale, en imposant un cahier des charges qui exigeait par exemple un minimum de trains quotidiens sur chaque ligne exploit&#233;e, en fixant les tarifs par nature de trafic et en contr&#244;lant la bonne ex&#233;cution du service ferroviaire par des fonctionnaires sp&#233;ciaux. Il se chargeait des expropriations, qu'il &#233;tait seul &#224; pouvoir mener, de l'achat des terrains n&#233;cessaires et de la construction des infrastructures proprement dites (plates-formes et ouvrages d'art : ponts, viaducs, tunnels), qu'il remettait &#224; la compagnie exploitante pour la dur&#233;e de la concession, l'ensemble devant lui revenir &#224; l'expiration de celle-ci ou en cas de faillite du concessionnaire.&lt;br /&gt; De leur c&#244;t&#233;, les compagnies tir&#232;rent profit de leurs engagements pour au moins deux raisons : le monopole de longue dur&#233;e des lignes conc&#233;d&#233;es, limitant la concurrence et assurant leur ma&#238;trise d'un syst&#232;me ferroviaire int&#233;gr&#233; sur une aire g&#233;ographique ; les garanties financi&#232;res accord&#233;es par l'Etat au rendement du capital investi, puisqu'en cas d'exercice annuel d&#233;ficitaire, l'Etat avan&#231;ait aux actionnaires des compagnies un dividende garanti, remboursable &#224; l'occasion d'un exercice b&#233;n&#233;ficiaire ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Par le jeu des fusions-acquisitions, les compagnies furent vite r&#233;duites au nombre de six : compagnies de l'Est, du Nord, de l'Ouest, du P.O. (Paris &#224; Orl&#233;ans), du P.L.M. (Paris - Lyon - M&#233;diterran&#233;e) et enfin du Midi. Le chemin de fer connut de fait un d&#233;veloppement continu, qui affecta en profondeur et durablement l'&#233;conomie fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Rappelons au passage que le r&#233;gime de retraite des cheminots ne r&#233;sulte pas du paternalisme de la SNCF ou d'un pr&#233;tendu chantage au blocage des transports exerc&#233; sur le gouvernement par des personnels s&#251;rs de leurs emplois et de leur capacit&#233; de nuisance, comme l'a affirm&#233; avec autant d'assurance que d'ignorance Fran&#231;ois de Closets dans son ouvrage &#224; succ&#232;s, Toujours plus (Grasset, 1982). En r&#233;alit&#233;, ce r&#233;gime - notamment l'ouverture des droits &#224; partir de cinquante-cinq ans d'&#226;ge et vingt-cinq ans d'anciennet&#233; - a &#233;t&#233; institu&#233; par les compagnies priv&#233;es d&#232;s le d&#233;but de la seconde moiti&#233; du 19&#232;me si&#232;cle. Il n'a &#233;t&#233; qu'unifi&#233;, et non pas octroy&#233;, par l'Etat en 1909 pour donner naissance au r&#233;gime actuel. La raison de cette institution fut la n&#233;cessit&#233;, t&#244;t reconnue par les compagnies, de s'attacher un personnel nombreux dont la formation tr&#232;s sp&#233;cifique &#233;tait co&#251;teuse, sans &#233;lever ses traitements au-del&#224; de la moyenne malgr&#233; la qualit&#233; et les contraintes des services exig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le r&#233;gime mixte d'exploitation ferroviaire, o&#249; l'Etat a toutefois toujours eu le dernier mot, dura jusqu'en 1937. A partir de 1920, les transports routiers, dont les possibilit&#233;s &#233;taient apparues &#224; la faveur du premier conflit mondial, avaient lamin&#233; inexorablement la part du rail, jusque-l&#224; h&#233;g&#233;monique. De plus, la construction, jusqu'en 1914, de certaines &#171; voies ferr&#233;es d'int&#233;r&#234;t &#233;lectoral &#187;, d'embl&#233;e d&#233;ficitaires, avait contribu&#233; &#224; d&#233;s&#233;quilibrer les comptes des compagnies, car au &#171; Plan Freycinet &#187; de 1879, qui pr&#233;voyait la desserte ferroviaire de toutes les pr&#233;fectures et sous-pr&#233;fectures du territoire, s'&#233;taient ajout&#233;s les raccordements au r&#233;seau de nombreux chefs-lieux de cantons, peu g&#233;n&#233;rateurs de trafics. Etait alors apparu peu &#224; peu un &#233;norme d&#233;ficit cumul&#233; d'exploitation, que la crise &#233;conomique de 1930 et ses suites n'ont fait qu'aggraver, car le trafic ferroviaire accuse, voire amplifie, les variations du mouvement &#233;conomique g&#233;n&#233;ral. En 1936, ce d&#233;ficit cumul&#233; atteignait l'ordre de grandeur du budget de l'Etat, un peu comme si la dette du syst&#232;me ferroviaire d'aujourd'hui, environ 40 milliards d'euros, &#233;tait huit fois plus &#233;lev&#233;e !&lt;br /&gt; Il est utile de rappeler aux id&#233;ologues de la gestion priv&#233;e que ce sont les compagnies elles-m&#234;mes qui demand&#232;rent &#224; &#234;tre nationalis&#233;es, pour &#233;viter une honteuse mise en faillite. Elles profit&#232;rent pour cela du remplacement &#224; la pr&#233;sidence du Conseil du socialiste Blum par le radical Chautemps, lequel obtint du Parlement, le 30 juin 1937, les pleins pouvoirs pour une dur&#233;e de deux mois. Cette vacance du l&#233;gislatif a permis aux compagnies de n&#233;gocier au mieux de leurs int&#233;r&#234;ts, en t&#234;te-&#224;-t&#234;te avec des &#171; hommes mod&#233;r&#233;s &#187;, la refonte du r&#233;gime ferroviaire, finalement institu&#233;e par le d&#233;cret-loi et la convention du 31 ao&#251;t 1937 cr&#233;ant la Soci&#233;t&#233; nationale des chemins de fer fran&#231;ais (SNCF), qui prit en charge l'exploitation du r&#233;seau le 1er janvier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La SNCF a &#233;t&#233; juridiquement constitu&#233;e en soci&#233;t&#233; anonyme au capital mixte, r&#233;parti &#224; raison de 51% pour l'Etat, qui prenait ainsi son contr&#244;le en limitant au plus bas le rachat des parts, et de 49% pour les actionnaires des compagnies. Ces derniers &#233;taient totalement d&#233;sint&#233;ress&#233;s du sort de la soci&#233;t&#233; : minoritaires au Conseil d'administration (CA), leurs actions, bloqu&#233;es, percevaient un int&#233;r&#234;t fixe garanti, quels que soient les r&#233;sultats, m&#234;me d&#233;ficitaires, de la SNCF, et ont &#233;t&#233; progressivement rembours&#233;es jusqu'&#224; leur amortissement total. Cette SNCF mixte a expir&#233;, comme pr&#233;vu, apr&#232;s 45 ans et tout son actif est revenu &#224; l'Etat, qui a mis en place le 1er janvier 1983 une nouvelle SNCF dot&#233;e du statut juridique d'Etablissement public industriel et commercial (EPIC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	Depuis 1938, l'Etat contr&#244;le donc majoritairement le CA de la SNCF. &lt;/i&gt;Ce dernier n'est autre qu'une chambre d'enregistrement de ses d&#233;cisions, sur proposition de la direction de la SNCF, le minist&#232;re charg&#233; des finances tenant les cordons de la bourse&lt;i&gt;. Le dispositif adopt&#233; a constitu&#233; une &lt;/i&gt;&#233;tatisation&lt;i&gt; du chemin de fer, tr&#232;s &#233;loign&#233;e d'une &lt;/i&gt;nationalisation&lt;i&gt; telle qu'on pourrait la concevoir avec une repr&#233;sentation &#224; parts &#233;gales de l'Etat, des usagers et du personnel. Bien que n&#233;e dans le contexte du front populaire, la SNCF a ainsi &#233;chapp&#233; &#224; son esprit social et d&#233;mocratique. D'embl&#233;e, les cheminots ont eu le sentiment de voir se substituer &#224; l'autorit&#233; des &#171; seigneurs du rail &#187; celle, tout aussi unilat&#233;rale, de l'&lt;/i&gt;Etat-patron&lt;i&gt;, qui renon&#231;ait ainsi &#224; sa position ant&#233;rieure d'&lt;/i&gt;Etat-arbitre&lt;i&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Quelle que soit sa couleur politique, cet Etat-patron a toujours &#233;t&#233; un patron aust&#232;re, peu g&#233;n&#233;reux et plut&#244;t malthusien, exigeant et imposant au personnel cheminot sans doute beaucoup plus d'efforts et d'&#233;conomies qu'auparavant. Car le d&#233;ficit chronique de la SNCF apr&#232;s la seconde guerre mondiale a prolong&#233; celui des compagnies, d&#233;cha&#238;nant r&#233;guli&#232;rement les foudres de quelques parlementaires lors du vote des subventions budg&#233;taires allou&#233;es &#224; la soci&#233;t&#233; nationale. En r&#233;ponse, l'Etat n'a jamais cherch&#233; &#224; &#233;quilibrer, par la fiscalit&#233;, les conditions concurrentielles entre le rail et la route, au nom de son id&#233;ologie lib&#233;rale pro-routi&#232;re ainsi que sous la pression du lobby patronal des transporteurs. Par ailleurs, les taxes sur les carburants ont constitu&#233; peu &#224; peu une source de rente fantastique pour l'Etat qui, soucieux de ne pas &#171; tuer la poule aux &#339;ufs d'or &#187;, a toujours choisi de n'agir que sur la SNCF, dans le sens d'une pression &#224; la baisse de ses co&#251;ts.&lt;br /&gt; Devant les accusations r&#233;it&#233;r&#233;es d'&#234;tre &#171; budg&#233;tivore &#187; port&#233;es par les lib&#233;raux contre la SNCF, l'Etat a toujours limit&#233; au plus juste les subventions accord&#233;es au titre du service public ferroviaire. La convention de 1969 et les suivantes ont pr&#233;vu que la SNCF devait &#233;quilibrer ses comptes et &#224; partir de 1974, par une d&#233;cision de l'ancien ministre charg&#233; des Finances devenu Pr&#233;sident de la R&#233;publique, Val&#233;ry Giscard d'Estaing, le budget de l'Etat n'a plus &#233;t&#233; tenu de combler les d&#233;ficits &#233;ventuels des entreprises publiques. Depuis lors, la SNCF a d&#251; financer ses d&#233;ficits par l'emprunt sur le march&#233; financier sans obtenir, pour ses investissements, l'&#233;ligibilit&#233; aux pr&#234;ts bonifi&#233;s par l'Etat (&#224; la diff&#233;rence d'ailleurs, gr&#226;ce &#224; M. Fabius, de Disneyland-Paris en 1986 !), ce qui a d&#233;clench&#233; la spirale de sa dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, la SNCF a v&#233;cu &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt; les ambigu&#239;t&#233;s de son statut originel : ni soci&#233;t&#233; nationalis&#233;e, ni concession, mais soci&#233;t&#233; hybride condamn&#233;e &#224; concilier service public et &#233;quilibre &#233;conomique devant une concurrence croissante et sous la tutelle d'un Etat exigeant, mais toujours avare de ses deniers. Sa transformation en EPIC n'a pas constitu&#233; une rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A partir d'environ 515 000 cheminots &#224; la nationalisation, les effectifs de la SNCF ont vite d&#233;cr&#251; apr&#232;s la reconstruction qui a suivi la guerre, passant de 450 000 agents en 1950 &#224; 300 000 en 1970, 250 000 en 1983 lors de la cr&#233;ation de l'EPIC SNCF puis 171 700 &#224; la fin de 2003&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le budget 2004 de la SNCF planifie une nouvelle baisse de 3 505 salari&#233;s...&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Cette baisse impressionnante a eu lieu sous le triple effet de progr&#232;s technologiques importants, parmi lesquels on doit citer le remplacement, achev&#233; en 1970, de la traction &#224; vapeur par la traction Diesel et surtout &#233;lectrique (90% du trafic aujourd'hui), des gains de productivit&#233; organisationnels et enfin de la diminution du trafic de marchandises. Ce dernier, apr&#232;s avoir atteint un maximum en valeur absolue en 1974 avec 77 milliards de tonnes.kilom&#232;tres, est tomb&#233; &#224; 46,8 milliards de tonnes.kilom&#232;tres en 2003. Cependant, c'est depuis beaucoup plus longtemps que la part de march&#233; &#171; fret &#187; du rail fran&#231;ais est structurellement en baisse sous l'effet de la concurrence routi&#232;re. Elle a &#233;t&#233; divis&#233;e par quatre depuis 1950, par deux depuis 1970, pour se situer aujourd'hui autour de 15%, ce qui laisse toutefois le fret ferroviaire fran&#231;ais dans le peloton de t&#234;te de l'Europe des quinze, parmi les r&#233;seaux de taille comparable.&lt;br /&gt; En revanche, le trafic voyageurs a cr&#251; en valeur absolue (+ 80% depuis 1970), le dernier maximum &#233;tant celui de 2002, avec 73,5 milliards de voyageurs kilom&#232;tres au total (72,2 en 2003) ; la SNCF occupe ainsi le premier rang des transporteurs ferroviaires europ&#233;ens de voyageurs. A cet &#233;gard, le rail fran&#231;ais a r&#233;sist&#233; &#224; la concurrence de la route et de l'avion puisque la part de march&#233; correspondante, qui &#233;tait d'environ 10% toutes distances confondues en 1970, est encore proche de 9% en 2003. Ce r&#233;sultat est surtout d&#251; au succ&#232;s du train &#224; grande vitesse (TGV) qui repr&#233;sente d&#233;sormais pr&#232;s des trois quarts du trafic des grandes lignes de la SNCF et circule sur 7 100 kilom&#232;tres de lignes, dont 1 540 permettent la grande vitesse&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La longueur totale du r&#233;seau exploit&#233; est aujourd'hui de 31 000 kilom&#232;tres,...&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La situation du fret ferroviaire est li&#233;e au fait qu'il n'a pas &#233;t&#233; l'objet d'investissements comparables &#224; ceux effectu&#233;s pour le TGV. Il convient cependant de ne pas en rester &#224; ce constat, qui r&#233;sulte de cet autre fait qu'aucun exploitant ferroviaire, public ou priv&#233;, ne peut esp&#233;rer rentabiliser les investissements pour le fret ferroviaire dans le pr&#233;sent contexte o&#249; le mode routier, le moins r&#233;gul&#233; et donc le plus sujet au dumping social&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notion &#233;conomique, le dumping d&#233;signe au sens strict une pratique...&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;, peut se tailler la part du lion sur le march&#233; des transports de marchandises et servir ainsi de r&#233;f&#233;rence tarifaire... sauf &#224; consid&#233;rer que le rail doit lui aussi entrer dans la course au moins-disant social, ce que le patronat et donc la Commission europ&#233;enne, ainsi qu'on le montre plus loin, s'efforcent d'obtenir par la &#171; lib&#233;ralisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le TGV faillit pourtant ne pas na&#238;tre. En 1945, apr&#232;s les destructions consid&#233;rables du r&#233;seau ferroviaire par la guerre, certains esprits &#171; modernes et visionnaires &#187; proposaient dans les instances gouvernementales de bitumer purement et simplement les voies ferr&#233;es pour lancer plus rapidement le programme autoroutier qui faisait d&#233;faut &#224; la France.&lt;br /&gt; Si la d&#233;cision de reconstruire le r&#233;seau, pour r&#233;tablir rapidement les transports ferroviaires de pond&#233;reux n&#233;cessaires au red&#233;marrage de l'industrie, fut finalement prise, il n'en demeure pas moins que l'id&#233;e que le chemin de fer &#233;tait &#171; un mode de transport du 19&#232;me si&#232;cle &#187;, une sorte de &#171; produit en fin de vie &#187;, resta dominante jusqu'&#224; une date r&#233;cente au sein des milieux &#233;conomiques &#171; en pointe &#187; et parmi les &#171; &#233;lites &#187; de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il fallut la t&#233;nacit&#233; d'une poign&#233;e d'ing&#233;nieurs du service de la recherche de la SNCF cr&#233;&#233; en 1966, soutenus par le Directeur G&#233;n&#233;ral de l'&#233;poque mais tr&#232;s isol&#233;s au sein d'une techno-structure plut&#244;t conservatrice, pour parvenir, apr&#232;s la pr&#233;sentation du projet au gouvernement en 1969 et surtout &#224; la faveur du premier &#171; choc p&#233;trolier &#187; de 1973, &#224; obtenir, en 1974 seulement, la d&#233;cision de construire la premi&#232;re ligne de TGV de Paris &#224; Lyon, finalement mise en service en 1981.&lt;br /&gt; Son succ&#232;s incontestable incita la SNCF &#224; proposer au gouvernement la construction des lignes du r&#233;seau actuel. Il est notable que la SNCF, entreprise publique, a &#233;t&#233; moins bien trait&#233;e par l'Etat que ne l'avaient &#233;t&#233; les compagnies priv&#233;es concessionnaires au 19&#232;me si&#232;cle, puisque &#224; l'exception de 30% du co&#251;t des infrastructures du TGV Atlantique pay&#233;s par l'Etat, ce dernier a laiss&#233; la SNCF emprunter au taux du march&#233; financier pour financer elle-m&#234;me la construction du r&#233;seau &#224; grande vitesse qu'il avait d&#233;cid&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;norme endettement accumul&#233; cons&#233;cutivement par la SNCF l'a plac&#233;e dans une situation d'o&#249; elle ne pouvait sortir seule. Cet aspect a jou&#233; un r&#244;le premier, au moins sur le plan rh&#233;torique, dans le contenu de la r&#233;forme ferroviaire fran&#231;aise de 1997 que nous examinons plus loin, non sans &#233;voquer d'abord le poids du contexte n&#233;o-lib&#233;ral europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe ferroviaire : &#171; revitalisation &#187; ou casse m&#233;thodique des outils publics ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Plus tardive que dans d'autres modes de transport, l'offensive n&#233;o-lib&#233;rale sur le rail est d'autant plus violente qu'il s'agit d'un secteur tr&#232;s r&#233;glement&#233;, parce que soumis &#224; des imp&#233;ratifs de s&#233;curit&#233; de niveau &#233;lev&#233; et aussi parce que son personnel, en majorit&#233; qualifi&#233; et sp&#233;cialis&#233;, a une longue tradition de combativit&#233; sociale.&lt;br /&gt; Pour vaincre ces r&#233;sistances, la Commission europ&#233;enne produit &#224; jet continu depuis 15 ans, en se drapant sous une rh&#233;torique de &#171; revitalisation &#187; du rail, force papier sous forme de &#171; livres verts &#187; ou &#171; blancs &#187;, de directives et de r&#232;glements destin&#233;s &#224; &#233;largir pas &#224; pas la mise en concurrence des entreprises ferroviaires publiques historiques. Celles-ci s'&#233;puisent litt&#233;ralement &#224; modifier sans r&#233;pit leurs organisations internes pour tenter de s'y adapter ; cet &#233;puisement fait aussi partie du but recherch&#233;. Ainsi, par un apparent paradoxe, c'est par la mise en place d'un v&#233;ritable Gosplan que la d&#233;r&#233;glementation est impos&#233;e. En fait, se v&#233;rifie dans l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale du d&#233;veloppement capitaliste : la machine administrative et gouvernementale doit tourner &#224; plein r&#233;gime pour &#171; fabriquer du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le tour de passe-passe de la Commission de l'Union europ&#233;enne a consist&#233; d'abord &#224; affirmer, sans fournir le moindre d&#233;but de d&#233;monstration &#233;conomique, que le &#171; monopole naturel &#187;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion de &#171; monopole naturel &#187; ent&#233;rine les d&#233;faillances du march&#233;...&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; constitu&#233; par un syst&#232;me ferroviaire devait &#234;tre cantonn&#233; &#224; l'infrastructure (les voies ferr&#233;es). Imposer ce nouveau dogme &#233;tait le seul moyen de faire entrer la concurrence dans le mode ferroviaire, en s&#233;parant conceptuellement les services ferroviaires de leurs infrastructures, afin qu'il soit &#171; normal &#187; que des trains exploit&#233;s par des entit&#233;s diff&#233;rentes roulent sur les m&#234;mes lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette s&#233;paration nie les caract&#233;ristiques du chemin de fer, mode de transport guid&#233; o&#249; les circulations doivent &#234;tre rigoureusement planifi&#233;es car elles se d&#233;placent dans un syst&#232;me &#224; une dimension. Un train, en effet, n'a qu'un seul degr&#233; de libert&#233; de d&#233;placement sur une ligne, dans un sens donn&#233;, &#224; la diff&#233;rence d'un v&#233;hicule routier, qui dispose de deux degr&#233;s de libert&#233; dans le plan, et plus encore d'un avion, qui dispose de trois degr&#233;s de libert&#233; dans l'espace. Les interactions extr&#234;mement fortes entre infrastructure et mobiles, sur les plans technique, de la s&#233;curit&#233; et de l'efficacit&#233;, conduisent &#224; appr&#233;hender le chemin de fer comme un syst&#232;me int&#233;gr&#233; pour rechercher en permanence un optimum global.&lt;br /&gt; C'est en assimilant abusivement le rail &#224; la route et l'air - il serait plus r&#233;aliste de comparer le chemin de fer au funiculaire ou au t&#233;l&#233;ph&#233;rique - que les id&#233;ologues bruxellois et leurs soutiens nationaux, en vue d'imposer la concurrence &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du syst&#232;me, ont d&#233;cr&#233;t&#233; qu'il fallait s&#233;parer infrastructures et mobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'int&#233;gration des syst&#232;mes ferroviaires est de fait le r&#233;sultat de plus de 150 ann&#233;es d'histoire technico-&#233;conomique, ni&#233;e sans vergogne par la Commission europ&#233;enne&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce d&#233;ni de l'histoire caract&#233;rise bien la Commission car les syst&#232;mes...&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. Certains se demandent si cette assimilation conceptuelle de trois modes de transport si diff&#233;rents d&#233;note davantage d'incomp&#233;tence ou de na&#239;vet&#233; que d'id&#233;ologie ; question anecdotique dans la mesure o&#249; l'id&#233;ologie a toujours eu recours &#224; l'incomp&#233;tence na&#239;ve de ses propagateurs pour prosp&#233;rer...&lt;br /&gt; On aurait cependant tort de consid&#233;rer que l'attitude de la Commission europ&#233;enne ne rel&#232;ve que de l'id&#233;ologie, car elle correspond au fond &#224; une n&#233;cessit&#233; d&#233;coulant des conditions actuelles du capitalisme, qui le conduisent &#224; vouloir s'approprier les parties jug&#233;es potentiellement rentables de la sph&#232;re publique. En derni&#232;re analyse, la casse du secteur public correspond moins &#224; une id&#233;ologie qu'&#224; une tentative r&#233;it&#233;r&#233;e des propri&#233;taires du capital pour capter ce qu'ils consid&#232;rent comme une &#171; rente &#187; ind&#251;ment publique&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A supposer qu'elle existe, cette &#171; rente &#187; ne serait pas indue, puisqu'elle a...&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. L'id&#233;ologie n'appara&#238;t qu'a posteriori, sous la forme d'une panoplie de justifications factices, converties en ukases par la Commission, dont le but est de permettre aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de d&#233;busquer des profits potentiels au sein m&#234;me du secteur public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La s&#233;paration de l'infrastructure et des services associ&#233;s, comme figure impos&#233;e pr&#233;alable &#224; la mise en concurrence des services, est un processus g&#233;n&#233;ral qui touche aussi bien la distribution de gaz ou d'&#233;lectricit&#233; et les t&#233;l&#233;communications que le transport ferroviaire, l'ensemble &#233;tant d&#233;sign&#233; par les n&#233;o-lib&#233;raux sous le vocable g&#233;n&#233;rique de &#171; services en r&#233;seau &#187;, afin de justifier d'un traitement unique. On doit noter que cette d&#233;nomination a &#233;t&#233; reprise sans aucune analyse critique par les partis de la &#171; Gauche plurielle &#187; et leurs divers &#171; experts &#187;. Ind&#233;pendamment de la critique g&#233;n&#233;rale du processus en tant que tel, ce vocable constitue un amalgame fallacieux qui ignore les sp&#233;cificit&#233;s d'exploitation du rail, o&#249; r&#233;seaux et services sont interd&#233;pendants. En effet, &#224; la diff&#233;rence du r&#233;seau t&#233;l&#233;phonique ou des r&#233;seaux de distribution de gaz ou d'&#233;lectricit&#233;, un r&#233;seau ferroviaire n'est pas un simple &#171; tuyau &#187;, un instrument purement mat&#233;riel et technique faisant figure de &#171; bo&#238;te noire &#187; pour l'utilisateur final. Les voyageurs et les chargeurs de fret utilisent par eux-m&#234;mes les installations ferroviaires et, en particulier, voyageurs et marchandises circulent physiquement sur le r&#233;seau, alors que les consommateurs d'&#233;nergie et les locuteurs t&#233;l&#233;phoniques sont en principe indiff&#233;rents aux r&#233;seaux physiques qui transportent les kilowatts-heures d'&#233;lectricit&#233; et les unit&#233;s de communication sous forme de flux d'&#233;lectrons, ou les m&#232;tres cubes de gaz. Parmi lesdits &#171; services en r&#233;seau &#187;, aucun autre que le chemin de fer ne pr&#233;sente de telles caract&#233;ristiques de syst&#232;me intrins&#232;quement int&#233;gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est permis de faire l'hypoth&#232;se que lorsque la destruction des entreprises publiques historiques de chemin de fer aura &#233;t&#233; men&#233;e &#224; sa fin programm&#233;e, la r&#233;alit&#233; de la n&#233;cessit&#233; d'une int&#233;gration des services et des infrastructures fera retour, au nom m&#234;me d'une rationalit&#233; &#233;conomique et technique qui n'aura &#233;t&#233; que provisoirement maltrait&#233;e, par un efficient d&#233;tour id&#233;ologique. Alors, bien s&#251;r, il ne restera plus grand chose des statuts sociaux en vigueur dans ces entreprises et les monopoles int&#233;gr&#233;s reconstruits seront... priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me ferroviaire en France &#224; partir de 1997&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En France, la loi du 13 f&#233;vrier 1997, vot&#233;e par la Droite et mise en &#339;uvre avec un z&#232;le empress&#233; par la &#171; Gauche plurielle &#187; apr&#232;s son arriv&#233;e au gouvernement, a &#244;t&#233; &#224; la SNCF la gestion des infrastructures ferroviaires et l'a confi&#233;e &#224; une nouvelle entit&#233; cr&#233;&#233;e ex nihilo, R&#233;seau ferr&#233; de France (RFF), d&#233;sormais charg&#233;e de commercialiser les capacit&#233;s du r&#233;seau (les &#171; sillons &#187;). Par cette s&#233;paration &#171; institutionnelle &#187;, c'est-&#224;-dire sous forme de deux &#233;tablissements juridiquement distincts, entre infrastructure et services ferroviaires, la France est all&#233;e au-del&#224; des exigences de Bruxelles, qui ne portaient que sur la s&#233;paration comptable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La transposition de trois directives europ&#233;ennes de 2001, constituant le &#171; premier paquet ferroviaire &#187;, rend th&#233;oriquement possible la concurrence sur le r&#233;seau fran&#231;ais depuis le 7 mars 2003, en commen&#231;ant par les trains de marchandises internationaux. Un second &#171; paquet &#187; est pr&#234;t et un troisi&#232;me est bien avanc&#233;, en vue d'imposer progressivement, par le syst&#232;me &#171; &#224; cliquets &#187; habituel &#224; la Commission, l'ouverture totale du r&#233;seau &#224; tous les trafics, aussi bien le cabotage de fret int&#233;rieur que les transports de voyageurs.&lt;br /&gt; Les plus fermes partisans d'une s&#233;paration pouss&#233;e entre infrastructure et exploitation ferroviaire se trouvent, outre au MEDEF (Mouvement des entreprises de France) et &#224; la Commission de Bruxelles, &#224; l'OCDE (Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques)&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un accord intervenu en 1997 &#224; la r&#233;union du Conseil de l'OCDE au niveau des...&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; et parmi les promoteurs de l'AGCS (Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services), n&#233;goci&#233; dans le cadre de l'OMC (Organisation mondiale du commerce). Ce n'est pas fortuit puisque, comme on l'a vu, cette s&#233;paration est la condition sine qua non d'une marchandisation des r&#233;seaux ferroviaires qui, selon ces instances, ne doit plus faire exception &#224; la marchandisation g&#233;n&#233;rale du monde. Il s'agit en fait de casser des monopoles publics o&#249; l'existence de collectifs de travail combatifs constitue le dernier obstacle &#224; l'instauration du dumping social dans ce secteur. Il n'est donc pas indiff&#233;rent que la r&#233;forme ferroviaire fran&#231;aise ait &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e juste apr&#232;s le mouvement social de 1995...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La cr&#233;ation de RFF acc&#233;l&#232;re le d&#233;mant&#232;lement du syst&#232;me ferroviaire national, qui ne doit pas s'entendre qu'en r&#233;f&#233;rence &#224; la s&#233;paration entre la gestion de l'infrastructure et les services, mais aussi entre les diff&#233;rents types de services assur&#233;s par la SNCF. En effet, conform&#233;ment aux &#171; modes manag&#233;riales &#187; qui, avec un d&#233;calage par rapport aux exp&#233;riences du secteur priv&#233;, font des ravages dans les entreprises publiques &lt;i&gt;m&#234;me quand elles ont &#233;chou&#233; ailleurs&lt;/i&gt;, la SNCF a engag&#233; un processus de segmentation forte de ses &#171; client&#232;les &#187;.&lt;br /&gt; Selon une d&#233;marche progressive mais continue, ce processus a d'abord &#233;t&#233; traduit en termes d'indicateurs de gestion, puis de syst&#232;mes comptables et budg&#233;taires, sous le vocable de &#171; gestion par activit&#233; &#187;, renomm&#233;e ensuite &#171; Cap Clients &#187;. Il sous-tend d&#233;sormais le remaniement de toute l'organisation de la SNCF, depuis les directions centrales et r&#233;gionales jusqu'aux &#233;tablissements op&#233;rationnels et &#224; leurs agents, bient&#244;t d&#233;di&#233;s aux activit&#233;s que sont les Grandes Lignes, le Fret, les Transports Express R&#233;gionaux (TER), ... En parall&#232;le, le mat&#233;riel roulant, notamment les locomotives, a lui aussi fait l'objet d'une &#171; d&#233;dicace &#187; aux activit&#233;s, privant la SNCF du b&#233;n&#233;fice d'une relative banalisation des mat&#233;riels et niant la r&#233;alit&#233;, tr&#232;s pr&#233;sente dans l'&#233;conomie du transport ferroviaire, des ph&#233;nom&#232;nes de productions li&#233;es. &lt;i&gt;Par le cloisonnement cons&#233;cutif, les cheminots acqui&#232;rent peu &#224; peu le sentiment de ne plus travailler tous dans la m&#234;me entreprise.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On peut consid&#233;rer que la s&#233;paration de l'infrastructure - cette derni&#232;re, utilis&#233;e par tous les types de trains, constituait la v&#233;ritable &#171; colonne vert&#233;brale &#187; de l'entit&#233; SNCF - a permis d'abattre le dernier rempart contre le d&#233;membrement. On peut donc craindre, &#224; l'instar des cheminots, que la gestion, puis l'organisation par activit&#233;, ne correspondent au trac&#233; des pointill&#233;s suivant lesquels il ne restera plus bient&#244;t qu'&#224; proc&#233;der au d&#233;coupage effectif et &#224; la vente &#171; par appartement &#187; de l'&#233;tablissement public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Malgr&#233; les d&#233;n&#233;gations du pr&#233;sident de la SNCF, les appels r&#233;it&#233;r&#233;s des...&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La dynamique propre du dispositif de 1997 permettra ainsi &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de s'approprier les morceaux les plus &#171; juteux &#187; du transport ferroviaire, en b&#233;n&#233;ficiant des investissements publics pass&#233;s et en laissant &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; &#224; l'Etat la gestion des parties non rentables, r&#233;duites &#224; la portion congrue du &#171; service universel &#187;, selon la m&#233;thode pr&#233;datrice habituelle du capitalisme qui consiste &#224; privatiser les profits et &#224; socialiser les pertes.&lt;br /&gt; Dans ce processus, le nouvel &#233;tablissement public RFF, qui appara&#238;t &#233;conomiquement et techniquement comme &lt;i&gt;un v&#233;ritable parasite du syst&#232;me ferroviaire&lt;/i&gt; vu les co&#251;ts de transactions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En th&#233;orie &#233;conomique (Cf. les travaux de Ronald H. Coase et Oliver E....&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consid&#233;rables que sa cr&#233;ation a suscit&#233;s, est en r&#233;alit&#233; l'instrument &#224; la fran&#231;aise de la &#171; lib&#233;ralisation &#187; &#224; marche forc&#233;e du mode ferroviaire. Conform&#233;ment au dogme lib&#233;ral, la mise en concurrence intra-modale des services ferroviaires s'accompagne de l'interdiction par Bruxelles de toute p&#233;r&#233;quation tarifaire g&#233;ographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La gestion par deux &#233;tablissements distincts de l'infrastructure ferroviaire et des services de transport, sans instance d'arbitrage interne au mode ferroviaire, a logiquement conduit &#224; des conflits r&#233;currents de comp&#233;tences, de financements et de strat&#233;gies entre RFF et la SNCF, dont le caract&#232;re feutr&#233; vis-&#224;-vis du public n'&#244;te rien &#224; la violence. Ces conflits s'ajoutent &#224; ceux qui, classiquement dans l'industrie, existent entre donneur d'ordre et sous-traitant, puisque les auteurs de la r&#233;forme de 1997, soucieux d'afficher un pseudo maintien de l'unit&#233; du syst&#232;me, ont conserv&#233; &#224; la SNCF l'entretien et l'exploitation des infrastructures pour le compte et sous les directives de RFF, dans le cadre d'une &#171; Convention de gestion &#187;, contrat n&#233;goci&#233; chaque ann&#233;e entre les deux &#233;tablissements par lequel RFF r&#233;mun&#232;re la SNCF pour ses missions de &#171; gestionnaire d'infrastructure d&#233;l&#233;gu&#233; &#187;. De fait, si RFF a int&#233;r&#234;t &#224; maximiser le rendement marchand du r&#233;seau par l'augmentation des p&#233;ages et &#224; faire pression pour obtenir la r&#233;duction progressive du montant de la &#171; Convention de gestion &#187;, la SNCF a &#233;videmment des int&#233;r&#234;ts exactement contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	A cela s'ajoutent des conflits sur le partage du patrimoine ferroviaire de l'Etat, ant&#233;rieurement affect&#233; &#224; la seule SNCF et dont RFF est devenu propri&#233;taire de la majeure partie sans qu'e&#251;t &#233;t&#233; fix&#233;, en 1997, une r&#233;partition fine et indiscutable. Cette derni&#232;re aurait certes constitu&#233; un travail titanesque ; le l&#233;gislateur a jug&#233; pr&#233;f&#233;rable de l'&#233;luder, ce qui alimente encore, 6 ans apr&#232;s la r&#233;forme, des contentieux &#224; r&#233;p&#233;tition. Ceux-ci devraient toutefois se clore au d&#233;triment syst&#233;matique de la SNCF puisque son pr&#233;sident a re&#231;u du ministre charg&#233; des Transports l'ordre de renoncer &#224; tout recours administratif contre RFF&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'hebdomadaire Le Point du 25 juillet 2003.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; Dans la d&#233;nomination de la nature juridique d'Etablissement public industriel et commercial (EPIC) qui caract&#233;rise RFF et la SNCF, c'est, comme d'habitude, l'aspect commercial qui l'emporte sur l'aspect public, et la n&#233;cessit&#233; corr&#233;lative pour les deux &#233;tablissements de tenter d'&#233;quilibrer leurs comptes d'exploitation respectifs. L'organisation ferroviaire fran&#231;aise issue de la r&#233;forme de 1997 conduit donc &#224; des pertes d'efficacit&#233; fort &#233;loign&#233;es de l'int&#233;r&#234;t des usagers et de la promotion du service public ferroviaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les promoteurs de la r&#233;forme de 1997 nient bien entendu l'existence des co&#251;ts de transaction qu'elle a introduits. Il est certes tr&#232;s difficile, voire impossible, de les chiffrer tous avec pr&#233;cision, mais on peut en donner qualitativement l'id&#233;e, en citant par exemple :&lt;br /&gt;
Les frais g&#233;n&#233;raux de RFF et la r&#233;mun&#233;ration de son personnel (521 agents, de haut niveau moyen, &#224; la fin de 2003 ; 35,4 millions d'euros de masse salariale) ;&lt;br /&gt;
Les frais de personnel cr&#233;&#233;s &#224; la SNCF, o&#249; un nombre &#233;quivalent d'agents a quasiment pour seul t&#226;che de g&#233;rer les relations avec RFF ;&lt;br /&gt;
Les co&#251;ts des transformations lourdes de l'organisation SNCF, selon une valse ininterrompue des organigrammes visant &#224; s'adapter aux conditions de la r&#233;forme et aux exigences de RFF, avec cons&#233;cutivement des pertes d'efficacit&#233; et la d&#233;mobilisation du personnel soumis &#224; cette valse ou brutalement &#171; placardis&#233; &#187; ;&lt;br /&gt;
Le co&#251;t des syst&#232;mes d'information extr&#234;mement d&#233;taill&#233;s, b&#226;tis de toute pi&#232;ce sans autre utilit&#233; que de permettre les facturations r&#233;ciproques RFF-SNCF ;&lt;br /&gt;
Les co&#251;ts d'instruction des dossiers de travaux, car le moindre investissement ferroviaire doit maintenant comporter une partition d&#233;taill&#233;e entre l'infrastructure et l'exploitation, sans compter les innombrables contr&#244;les internes et externes dont ces dossiers font l'objet et les navettes qu'ils effectuent entre les entit&#233;s concern&#233;es ;&lt;br /&gt;
Les pertes de chiffre d'affaires dus au retardement, voire au blocage, de projets ferroviaires n&#233;cessaires pour la collectivit&#233;, &#233;ventuellement rentables pour l'exploitant mais pas assez pour le propri&#233;taire des infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En d&#233;pit de ce qui pr&#233;c&#232;de, la techno-structure qui dirige la SNCF souscrit le plus souvent aux vis&#233;es n&#233;o-lib&#233;rales, comme d'ailleurs la plupart des &#171; &#233;lites &#187; issues des grands corps de l'Etat qui ont m&#234;me fortement tendance &#224; en rajouter. Elle a donc fort peu d&#233;fendu l'int&#233;gration du syst&#232;me ferroviaire. Il est vrai qu'&#224; l'exception notable du TGV, tropisme technicien oblige, ces dirigeants n'ont souvent gu&#232;re brill&#233; dans la d&#233;fense de l'outil ferroviaire, si l'on songe par exemple au r&#233;tr&#233;cissement continuel du r&#233;seau ferroviaire&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 1981 &#224; 2002 inclus, 4 580 kilom&#232;tres de lignes ferroviaires ont &#233;t&#233;...&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; ou au blocage permanent du dialogue social interne, qui constitue le sympt&#244;me le plus visible des insuffisances &#171; manag&#233;riales &#187; &#224; la SNCF.&lt;br /&gt; Par ailleurs, l'attitude souvent hautaine, voire parfois m&#233;prisante, de certains dirigeants de la SNCF vis-&#224;-vis des citoyens et de leurs &#233;lus, a conduit nombre de ceux-ci &#224; soutenir la r&#233;forme de 1997, se m&#233;prenant ainsi sur son sens et sur ses effets r&#233;els. On peut consid&#233;rer que cette r&#233;forme a consist&#233; &#224; jeter le b&#233;b&#233; du syst&#232;me ferroviaire int&#233;gr&#233; avec l'eau du bain constitu&#233;e par les dysfonctionnements r&#233;els de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les cons&#233;quences de la r&#233;forme ferroviaire de 1997 risquent cependant d'&#234;tre tr&#232;s graves &#224; terme. Le but d'un r&#233;seau de chemin de fer ne r&#233;side en effet que dans les services de transport qu'il permet de mettre &#224; la disposition de la collectivit&#233;, c'est-&#224;-dire dans les trains qui circulent, l'infrastructure &#233;tant un moyen et non un but en soi. Or, non seulement la qualit&#233; des services ferroviaires d&#233;pend au moins autant de l'infrastructure que du producteur de services et des mat&#233;riels roulants qu'il utilise, mais au-del&#224; m&#234;me, dans un syst&#232;me ferroviaire, celui qui ma&#238;trise l'infrastructure ma&#238;trise l'ensemble du syst&#232;me.&lt;br /&gt; C'est pr&#233;cis&#233;ment cette ma&#238;trise qui a permis &#224; la SNCF de concevoir et de mettre en &#339;uvre le TGV, qui n'existe que parce que le mat&#233;riel roulant apte &#224; la vitesse de 300 kilom&#232;tres par heure et l'infrastructure qu'il utilise pour cela, c'est-&#224;-dire les lignes nouvelles &#224; grande vitesse, ont &#233;t&#233; &#171; pens&#233;es &#187; ensemble et que leur cr&#233;ation &#224; &#233;t&#233; port&#233;e par de m&#234;mes mains. Tous les techniciens concern&#233;s s'accordent pour estimer que le TGV n'aurait sans doute pas vu le jour si deux entit&#233;s s&#233;par&#233;es, comme c'est le cas aujourd'hui, avaient eu la charge du syst&#232;me ferroviaire dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Du fait de la carence de l'Etat, la SNCF avait souvent et abusivement, par le pass&#233;, d&#233;fini elle-m&#234;me la consistance du service public ferroviaire, qui n'aurait d&#251; relever que de la d&#233;cision politique. A cette &#171; captation du r&#233;gulateur par l'op&#233;rateur &#187;, reproche commun&#233;ment adress&#233; &#224; la SNCF par les n&#233;o-lib&#233;raux, la r&#233;forme ferroviaire de 1997 a d&#233;sormais substitu&#233; la &#171; captation du r&#233;gulateur par le propri&#233;taire-gestionnaire de l'infrastructure &#187;, RFF, en lui conf&#233;rant de facto la ma&#238;trise du syst&#232;me global, en tant que pilote de la qualit&#233; du r&#233;seau, charg&#233; de la commercialisation de ses capacit&#233;s. La situation est donc bien pire qu'auparavant en termes de services rendus, puisque RFF n'est pas en contact direct avec les r&#233;els destinataires-utilisateurs de son r&#233;seau, c'est-&#224;-dire les usagers des services de transports.&lt;br /&gt; L'erreur fondamentale, et potentiellement dangereuse, de la r&#233;forme fran&#231;aise de 1997 consiste &#224; avoir donn&#233; la haute main sur le syst&#232;me ferroviaire &#224; une entit&#233; s&#233;par&#233;e de l'exploitation ferroviaire&lt;i&gt;. RFF peut d&#233;sormais, au nom de crit&#232;res de gestion dict&#233;s par sa seule tutelle effective, le minist&#232;re charg&#233; des Finances, faire passer l'exploitation ferroviaire, sa qualit&#233; et sa fiabilit&#233; &lt;/i&gt;au second plan&lt;i&gt;, en l'absence de la &#171; force de rappel &#187; que constitue &lt;/i&gt;la sanction directe des usagers du train&lt;i&gt;, qui ont en face d'eux la SNCF et non pas RFF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nombre d'exemples illustrent ces consid&#233;rations, qui ne constituent en aucun...&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La situation financi&#232;re de la SNCF apr&#232;s 1995 comme &#233;pouvantail et comme pr&#233;texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La r&#233;forme ferroviaire de 1997 a &#233;t&#233; &#171; vendue &#187; par ses concepteurs en brossant d'abord un tableau apocalyptique de la situation de la SNCF en termes de r&#233;sultat et de dette. Cette m&#233;thode, usuelle lorsque l'on ne veut pas de d&#233;bat public, a &#233;t&#233; la m&#234;me que celle suivie r&#233;cemment &#224; propos de la r&#233;forme des retraites.&lt;br /&gt; L'Etat n'a pas assum&#233; ses responsabilit&#233;s, qui auraient consist&#233; &#224; reprendre la dette de la SNCF, comme le demandaient les instances europ&#233;ennes et comme l'ont fait certains Etats voisins, notamment l'Allemagne. L'influente technocratie du minist&#232;re charg&#233; des Finances a pr&#233;f&#233;r&#233; b&#226;tir une &#171; usine &#224; gaz ferroviaire &#187; pour tenter, en cr&#233;ant RFF, de cacher une dette publique sous le tapis. L'obsession de Bercy a toujours &#233;t&#233;, en effet, non pas d'apurer la dette ferroviaire mais d'&#233;viter qu'elle n'endosse le statut de dette publique vis-&#224;-vis des sacro-saints crit&#232;res de Maastricht. On verra plus loin ce qu'il est advenu de cette brillante strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour comparer la situation financi&#232;re du rail fran&#231;ais en 1996, derni&#232;re ann&#233;e avant la r&#233;forme, avec son &#233;volution ult&#233;rieure, il ne faut pas se contenter des comptes s&#233;par&#233;s publi&#233;s par la SNCF et RFF. Seuls les comptes consolid&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les donn&#233;es consolid&#233;es qui suivent proviennent des rapports du Conseil...&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du syst&#232;me ferroviaire global permettent une vision correcte, gr&#226;ce &#224; la neutralisation des jeux comptables &#224; somme nulle introduits par la r&#233;forme de 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il convient d'abord d'examiner le r&#233;sultat courant, c'est-&#224;-dire avant prise en compte des &#233;l&#233;ments exceptionnels, notamment les importantes cessions d'actifs &#233;voqu&#233;es infra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Evolution du r&#233;sultat courant du syst&#232;me ferroviaire RFF + SNCF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;En millions d'euros courants&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1996&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1997&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1998&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1999&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2000&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2001&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2002&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2003&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;RFF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;-&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 2 159&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 2 115&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 1 581&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 1 744&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 1 674&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 1 665&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 1 492&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;SNCF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 2 470&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 129&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;70&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;86&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;100&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 176&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 183&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;- 204&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;RFF + SNCF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 2 470&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 2 288&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 2 045&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 1 495&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 1 644&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 1 850&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 1 848&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;- 1 696&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;	Si la r&#233;forme permet &#224; la SNCF d'afficher des r&#233;sultats moins &#233;loign&#233;s de l'&#233;quilibre, au prix de la cr&#233;ation d'une entit&#233; qui reprend l'essentiel du d&#233;ficit dans ses comptes, le r&#233;sultat global du syst&#232;me ferroviaire demeure toujours dramatiquement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La dette ferroviaire ayant &#233;t&#233;, en 1997, la principale justification avanc&#233;e pour s&#233;parer institutionnellement l'infrastructure de l'exploitation, l'examen de l'&#233;volution de la dette nette consolid&#233;e du syst&#232;me ferroviaire est encore plus int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Evolution de la dette nette du syst&#232;me ferroviaire RFF + SNCF + SAAD&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le SAAD (Service annexe d'amortissement de la dette ferroviaire) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;...&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;(Somme des dettes &#224; long et &#224; court terme, y compris cession-bail, hors int&#233;r&#234;ts courus non &#233;chus)&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;En milliards d'euros courants&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/96&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
1/01/97&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transfert au 1er janvier 1997 de 20,46 milliards d'euros (134,2 milliards de...&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/97&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/98&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/99&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Transfert au 1er janvier 1999 de 0,61 milliards d'euros (4 milliards de...&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/00&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/01&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/02&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Au&lt;br class='autobr' /&gt;
31/12/03&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;RFF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;-&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;20,46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21,89&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22,45&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;22,56&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23,20&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25,08&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25,45&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26,52&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;SNCF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31,71&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,89&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,73&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,30&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;6,49&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,10&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7,00&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;RFF + SNCF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31,71&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;27,35&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29,51&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;30,18&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29,86&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;29,69&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32,40&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32,55&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33,52&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;SAAD&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4,36&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,72&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,54&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,42&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,95&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,93&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,93&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,80&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;8,77&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;TOTAL&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;36,07&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;36,07&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;38,05&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;38,60&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;38,81&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;38,62&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;41,33&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;41,35&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;42,29&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;	Il est &#233;vident que la r&#233;forme de 1997 n'a en rien r&#233;solu le probl&#232;me de la dette du syst&#232;me ferroviaire public.&lt;br /&gt; La relative stabilisation de la dette propre de la SNCF r&#233;sulte, outre des transferts au SAAD, de la limitation de ses investissements et de ses autres d&#233;penses, notamment de personnel (ce que les cheminots savent bien), mais aussi d'une &lt;i&gt;politique extr&#233;miste&lt;/i&gt; de cessions d'actifs. Ainsi, aujourd'hui, elle n'est plus que locataire dans la quasi-totalit&#233; des b&#226;timents occup&#233;s par ses directions centrales parisiennes. Il lui reste certes les gares mais pour peu de temps, puisque RFF r&#234;ve de se les voir affecter et obtiendra certainement satisfaction &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les instances europ&#233;ennes, lorsque des op&#233;rateurs autres que la SNCF feront circuler des trains de voyageurs sur le r&#233;seau. Comment en effet, sous la loi d'airain de la &#171; concurrence &#233;quitable &#187; entre op&#233;rateurs ferroviaires, justifier que l'un d'eux poss&#232;de des installations n&#233;cessaires &#224; tous, alors que les &#171; gestionnaires d'infrastructures &#187;, comme RFF, ont pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s pour &#171; marchandiser &#187; les biens ferroviaires utilisables en commun par des prestataires de service concurrents ?&lt;br /&gt; Si l'on ajoute que la SNCF ach&#232;te depuis longtemps son mat&#233;riel roulant en cr&#233;dit-bail, notamment les locomotives et les rames TGV, qui appartiennent ainsi &#224; des institutions financi&#232;res am&#233;ricaines ; que le mat&#233;riel &#224; voyageurs r&#233;gional, d&#233;centralisation oblige, est la propri&#233;t&#233; des r&#233;gions ; enfin que le mat&#233;riel remorqu&#233; pour le fret est soit la propri&#233;t&#233; des chargeurs, soit celle de filiales o&#249; la SNCF n'est pas toujours majoritaire, on peut penser que, le moment venu, &lt;i&gt;la sortie de la SNCF du paysage ferroviaire fran&#231;ais sera assez facile &#224; r&#233;aliser&lt;/i&gt;, exception faite du cas des cheminots, dont les comp&#233;tences professionnelles sp&#233;cifiques sont peu pr&#233;sentes sur le &#171; march&#233; de l'emploi &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quant &#224; la dette de RFF, si elle ne cro&#238;t pas encore davantage, c'est d'une part parce que les investissements en infrastructures ferroviaires ont &#233;t&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es relativement faibles, ce qui augure mal du d&#233;veloppement du rail et du report modal depuis la route, d'autre part parce que l'Etat a vers&#233; &#224; RFF, entre 1997 et 2002, pr&#232;s de 8,4 milliards d'euros de dotations en capital. Les technocrates de Bercy ont estim&#233; qu'en proc&#233;dant ainsi plut&#244;t qu'en reprenant d'embl&#233;e la dette ferroviaire &lt;i&gt;de l'Etat&lt;/i&gt;, cette derni&#232;re &#233;chapperait &#224; la qualification honteuse de &#171; Maastrichtienne &#187;. Malheureusement pour ces gestionnaires avis&#233;s, l'agence europ&#233;enne des statistiques Eurostat a d&#233;cid&#233; le 17 mars 2003 que les dotations en capital de l'Etat &#224; RFF devaient &#234;tre comptabilis&#233;es en d&#233;penses publiques ... &lt;i&gt;et voil&#224; la dette ferroviaire qui sort de sous le tapis !&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Les d&#233;ficits fran&#231;ais officiels ont ainsi &#233;t&#233; revus &#224; la hausse &#224; partir de 1999, pour des parts comprises selon les ann&#233;es entre 0,08% et 0,14% du PIB, ce qui explique que le d&#233;ficit de 2002, qui devait tout juste friser la &#171; barre &#187; des 3% du PIB du pacte europ&#233;en de stabilit&#233; et de croissance qui fixe les &#171; r&#232;gles du jeu de la zone euro &#187;, est finalement remont&#233; &#224; 3,1%, d&#233;clenchant les foudres des gardiens du dogme mon&#233;tariste &#224; Bruxelles. Tr&#232;s logiquement, c'est &lt;i&gt;l'ensemble de la dette de RFF&lt;/i&gt; qui, d&#233;sormais, sera comptabilis&#233;e par les instances europ&#233;ennes en tant que dette de l'Etat fran&#231;ais, et donc partie int&#233;grante au respect du crit&#232;re &#171; Maastrichtien &#187; d'une dette publique ne devant pas exc&#233;der 60% du PIB national.&lt;br /&gt; La principale justification de la r&#233;forme ferroviaire de 1997, destin&#233;e &#224; camoufler l'irresponsabilit&#233; des pouvoirs publics, n'aura donc mis que 6 ans &#224; voler en &#233;clats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les auteurs et les propagandistes de la r&#233;forme de 1997 ont aussi en grande partie justifi&#233; leurs options par un discours selon lequel la reprise par RFF des deux tiers de la dette ancienne de la SNCF permettrait &#224; cette derni&#232;re, gr&#226;ce &#224; l'all&#232;gement cons&#233;cutif de ses frais financiers, de se lancer r&#233;solument dans le d&#233;veloppement des services ferroviaires. Il est donc hautement instructif, afin d'appr&#233;hender la r&#233;alit&#233; de cet all&#232;gement, de rapprocher, avant et apr&#232;s la r&#233;forme, les charges financi&#232;res nettes de la SNCF des p&#233;ages d'infrastructure qu'elle doit verser &#224; RFF depuis que ce dernier existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Evolution des charges financi&#232;res nettes et des p&#233;ages de la SNCF&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;i&gt;En milliards d'euros courants&lt;/i&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1996&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1997&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1998&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;1999&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2000&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2001&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;2002&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;&lt;strong&gt;2003&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Charges financi&#232;res nettes de la SNCF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,97&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,29&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,23&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,16&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,15&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,11&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,17&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;0,10&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;P&#233;age d'infrastructure de la SNCF &#224; RFF&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;-&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,92&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;0,95&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,52&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,56&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,69&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,95&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;1,95&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;TOTAL&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,97&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,21&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,18&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,68&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,71&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1,80&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2,12&lt;/td&gt;
&lt;td class='numeric virgule'&gt;2,05&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;	La morale de cette fable n'&#233;chappe &#224; personne : &lt;/i&gt;&#171; Chassez les frais financiers par la porte d'un transfert de dette, ils reviennent par la fen&#234;tre des p&#233;ages d'infrastructure. &#187;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;	La r&#233;forme n'a en rien r&#233;solu le probl&#232;me des charges li&#233;es aux lignes nouvelles d&#233;cid&#233;es par l'Etat et financ&#233;es par la SNCF, qui plombent ses comptes et ob&#232;rent le d&#233;veloppement des services ferroviaires. De fait, sous la houlette de Bercy, grand ma&#238;tre de cette petite cuisine, toute la contribution qui r&#233;sulte du travail des cheminots est int&#233;gralement &#171; siphonn&#233;e &#187; par les p&#233;ages d'infrastructure vers&#233;s &#224; RFF, en augmentation continuelle. On peut se demander comment peuvent faire les dirigeants de la SNCF pour motiver les cheminots afin qu'ils fassent toujours plus d'efforts de productivit&#233;. La r&#233;ponse est simple : ils ne le peuvent pas.&lt;br /&gt; Avant 1997, les cheminots &#171; travaillaient pour rembourser les banques &#187;, selon une expression parlante de leurs syndicats ; depuis, ils travaillent pour payer RFF qui est charg&#233; de rembourser les banques et cela co&#251;te plus cher du fait de cet interm&#233;diaire suppl&#233;mentaire : on mesure ainsi les progr&#232;s accomplis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour en finir avec les finances, pr&#233;cisons que la SNCF recevait de l'Etat, jusqu'en 1996, une contribution &#224; ses charges d'infrastructure, cens&#233;e compenser en partie les distorsions de concurrence avec le mode routier qui paie tr&#232;s peu les infrastructures qu'il utilise, financ&#233;es pour l'essentiel par l'Etat. Cette contribution, qui s'&#233;levait &#224; 1,91 milliards d'euros en 1996 a &#233;t&#233;, &#224; partir de 1997, vers&#233;e &#224; RFF puis progressivement rogn&#233;e sans justification ; elle n'&#233;tait plus que de 1,39 milliards d'euros en 2003. Depuis 1997, la SNCF re&#231;oit de RFF, comme il a &#233;t&#233; expos&#233;, une somme correspondant &#224; la Convention de gestion d&#233;l&#233;gu&#233;e de l'infrastructure, soit 2,65 milliards d'euros en 2003. Sur ce seul plan, la SNCF serait donc encore &#171; gagnante &#187; par rapport &#224; la situation qui pr&#233;valait avant la r&#233;forme.&lt;br /&gt; Cela ne durera pas, car le minist&#232;re charg&#233; des Transports a fait savoir le 25 septembre 2003, lors de la pr&#233;sentation &#224; la presse de son budget 2004, que les p&#233;ages d'infrastructure vers&#233;s par la SNCF augmenteront de 514 millions d'euros d'ici 2008&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette augmentation se r&#233;partira entre 214 millions d'euros d&#232;s 2004 &#224; la...&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui les portera alors au niveau de la convention de gestion vers&#233;e par RFF, qui devrait diminuer de son c&#244;t&#233;. D&#232;s lors, la SNCF sera exactement ramen&#233;e &#224; la situation pr&#233;c&#233;dente, celle qui avait soi-disant rendu n&#233;cessaires les modalit&#233;s de cette r&#233;forme, &lt;i&gt;mais avec les co&#251;ts de transaction en plus&lt;/i&gt;. Cette hausse des p&#233;ages ne devrait cependant en rien accro&#238;tre les ressources de RFF, puisque, selon le pr&#233;sident de cet &#233;tablissement s'adressant &#224; la presse le 1er octobre 2003, la contribution aux charges d'infrastructures que lui verse l'Etat devrait &#234;tre diminu&#233;e d'autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;i&gt;&#171; Alors, &#224; quoi bon ? &#187;&lt;/i&gt;, direz-vous. Mais si le montage de 1997 et sa dynamique devaient ouvrir la voie au d&#233;mant&#232;lement de l'&#233;tablissement public SNCF, pr&#233;parer la privatisation de ses activit&#233;s profitables et contribuer &#224; mater la r&#233;sistance sociale de cheminots d&#233;cid&#233;ment trop turbulents (Cf. 1986-87, puis 1995), une forme de &#171; logique &#187; de domination, &#224; d&#233;faut de rationalit&#233; &#233;conomique, pourrait &#234;tre d&#233;cel&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le processus lib&#233;ralisation - d&#233;mant&#232;lement - d&#233;centralisation - privatisation &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; L'op&#233;ration conduite &#224; grand renfort de directives et de r&#232;glements par la Commission europ&#233;enne vise en r&#233;alit&#233; &#224; contourner, en se donnant le temps n&#233;cessaire, l'article 295 du trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui stipule : &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sent trait&#233; ne pr&#233;juge en rien du r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; dans les Etats membres &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;cente affaire (septembre 2003) du sauvetage par l'Etat d'Alstom, menac&#233;...&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit de parvenir par des voies d&#233;tourn&#233;es &#224; imposer tout de m&#234;me la privatisation des anciens monopoles publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La menace de l'arriv&#233;e de la concurrence dans un secteur conduit les dirigeants des entreprises publiques de ce secteur, id&#233;ologiquement d&#233;j&#224; acquis aux dogmes lib&#233;raux, &#224; proc&#233;der &#224; des achats dans les autres pays pour tenter de compenser la diminution de leurs march&#233;s nationaux. Pour cela, ils s'endettent, parfois de mani&#232;re d&#233;lirante (Cf. France-T&#233;l&#233;com et EdF).&lt;br /&gt; Deux cons&#233;quences s'ensuivent &lt;i&gt;quasi&lt;/i&gt; imm&#233;diatement.&lt;br /&gt; Premi&#232;rement, cette attitude conduit les Etats europ&#233;ens &#224; r&#233;clamer la r&#233;ciprocit&#233; et en fait ainsi les meilleurs alli&#233;s de la Commission pour pousser &#224; marche forc&#233;e vers l'ouverture totale du march&#233; anciennement r&#233;serv&#233; aux monopoles publics. La SNCF en est l&#224;.&lt;br /&gt; Deuxi&#232;mement, une fois endett&#233;es, les entreprises publiques n'ont plus les moyens d'investir, y compris dans la modernisation de leur outil national. L'Etat &#233;tant par ailleurs appauvri par les baisses d'imp&#244;ts suscit&#233;es, elles aussi, par la &lt;i&gt;doxa&lt;/i&gt; lib&#233;rale, les dirigeants de ces entreprises publiques menac&#233;es de paup&#233;risation r&#233;clament &#224; cor et &#224; cri l'ouverture de leur capital, afin d'acc&#233;der au march&#233; boursier des capitaux. La privatisation devient ainsi &#171; in&#233;luctable &#187;, apr&#232;s le passage par la fiction de &#171; l'ouverture du capital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un projet de r&#232;glement de la Commission, &lt;i&gt;soutenu au Parlement europ&#233;en aussi bien par les Socialistes et les Verts que par la Droite lib&#233;rale&lt;/i&gt;,pr&#233;voit de soumettre obligatoirement &#224; appel d'offre les services r&#233;gionaux de transport ferroviaire d'ici quelques ann&#233;es. Ainsi, en France, les Conseils r&#233;gionaux ne seront plus tenus de faire assurer ces services par la SNCF, comme le pr&#233;voit encore la loi relative &#224; la solidarit&#233; et au renouvellement urbains (loi &#171; SRU &#187;), mais pourront avoir recours &#224; Connex-Vivendi ou &#224; d'autres d&#233;fenseurs du service public de la m&#234;me farine. A l'&#233;vidence, toute entreprise r&#233;pondant &#224; un appel d'offres sera pouss&#233;e par la concurrence &#224; utiliser le personnel dans les conditions minimales de chaque pays, &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social qui aura en outre in&#233;vitablement des r&#233;percussions sur la s&#233;curit&#233; des circulations.&lt;br /&gt; Comme les propositions des entreprises publiques historiques devraient &#234;tre plus ch&#232;res lors des appels d'offres dans leur pays d'appartenance, vu le statut plus favorable de leur personnel, il est probable que le m&#233;canisme fonctionnera ainsi : la SNCF perdra des appels d'offres en France contre les entreprises priv&#233;es utilisant le personnel aux conditions minimales du code du travail fran&#231;ais ; elle utilisera alors ses comp&#233;tences techniques &#224; l'&#233;tranger pour remporter des appels d'offres locaux gr&#226;ce &#224; l'utilisation de personnels &#171; nationaux &#187;.&lt;br /&gt; L'&#233;tablissement public SNCF verra son activit&#233; diminuer en France et la prolongera &#224; l'&#233;tranger sous statut priv&#233;, par l'interm&#233;diaire d'une filiale. Cependant, comme il dispose de moins de marge de man&#339;uvre qu'une entreprise priv&#233;e (endettement, absence d'autonomie), il perdra progressivement sa substance en d&#233;croissant plus vite en France qu'il ne cro&#238;tra &#224; l'&#233;tranger et le nivellement des statuts des cheminots europ&#233;ens se fera par le bas. C.Q.F.D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au plan int&#233;rieur, les &lt;i&gt;ukases&lt;/i&gt; de la Commission n'ont cependant pas &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour commencer la &#171; privatisation rampante &#187; de la SNCF, comme de toutes les autres entreprises publiques de services, gr&#226;ce &#224; l'embauche de contractuels et au recours syst&#233;matis&#233; &#224; la sous-traitance. Ce ph&#233;nom&#232;ne a connu une forte acc&#233;l&#233;ration ces derni&#232;res ann&#233;es et l'existence de soci&#233;t&#233;s filiales de la SNCF comme Effia, charg&#233;e de l'accueil dans les gares, ainsi que de soci&#233;t&#233;s d&#233;di&#233;es &#224; la commercialisation, &#224; la logistique et &#224; l'accompagnement des trains de voyageurs internationaux (Eurostar, Thalys, Lyria, Art&#233;sia, etc.) aboutissent d&#233;j&#224; &#224; ce qu'un voyageur puisse effectuer un trajet ferroviaire sans avoir rencontr&#233; un seul cheminot &#224; statut public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce qui concerne le fret ferroviaire, en perte pour la SNCF de 451 millions d'euros en 2003, les grandes lignes d'un &#171; plan d'assainissement 2004-2006 &#187; ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es par sa direction en novembre 2003. Outre des mesures drastiques de productivit&#233;, il est question, conform&#233;ment aux souhaits exprim&#233;s &#224; plusieurs reprises par le gouvernement, que les clients du fret soient pass&#233;s au peigne fin et que la SNCF renonce aux trafics trop d&#233;ficitaires&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que la direction des Ressources humaines de la SNCF a propos&#233; aux...&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;. C'en est bien fini des incantations &#171; Gayssotiennes &#187; au doublement du fret ferroviaire d'ici 2010, pour lequel modalit&#233;s pratiques et moyens &#233;taient d'ailleurs demeur&#233;s myst&#233;rieux ! Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre grand clerc pour pr&#233;voir que, face &#224; cet &#233;chec programm&#233; du secteur public, le gouvernement sera tent&#233; de confier tout ou partie du fret ferroviaire au secteur priv&#233;, dont le personnel serait aussi priv&#233; de statut, comme le MEDEF ne cesse de le revendiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; mod&#232;le &#187; encore et toujours reconnu des chemins de fer britanniques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le cas du d&#233;mant&#232;lement et de la privatisation des chemins de fer britanniques &#224; partir de 1994-1995, illustr&#233; avec talent en 2001, pour ce qui concerne le personnel d'entretien des voies, par le film de Ken Loach &lt;i&gt;&#171; The Navigators &#187;&lt;/i&gt;, m&#233;rite une mention particuli&#232;re. Ses r&#233;sultats sont sous nos yeux et plus encore sous ceux des usagers britanniques ; ils se passent de commentaires. Les pr&#233;suppos&#233;s id&#233;ologiques qui ont sous-tendu cette r&#233;forme sont encore plus instructifs, de m&#234;me que le caract&#232;re exemplaire qu'elle conserve pour les n&#233;o-lib&#233;raux, en d&#233;pit pr&#233;cis&#233;ment de ses r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Lors d'une conf&#233;rence donn&#233;e &#224; l'Ecole nationale des Ponts et Chauss&#233;es en 1997, le professeur Stephen Glaister, de la &lt;i&gt;London School of Economics&lt;/i&gt;, a donn&#233; avec candeur la &#171; recette &#187; appliqu&#233;e dans la privatisation des services publics de transport au Royaume-Uni :&lt;br /&gt;
Afficher l'objectif de r&#233;duire &#224; terme les subventions publiques (&lt;i&gt;elles ont en r&#233;alit&#233; plus que doubl&#233; !&lt;/i&gt;) ;&lt;br /&gt;
Au pr&#233;alable, briser menu les r&#233;seaux pour &#171; casser &#187; l'influence des syndicats ;&lt;br /&gt;
Lib&#233;raliser r&#233;ellement le seul &#171; march&#233; du travail &#187; ;&lt;br /&gt;
R&#233;duire le nombre de salari&#233;s ;&lt;br /&gt;
Augmenter les tarifs, toujours sous le pr&#233;texte vertueux d'&#233;viter les subventions de l'Etat (l'int&#233;r&#234;t des usagers &#233;tant en r&#233;alit&#233; parfaitement secondaire) ;&lt;br /&gt;
Augmenter les revenus des seuls dirigeants des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es exploitantes... et ceux des nombreux conseillers juridiques qui vivent de la r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est int&#233;ressant de noter que le syst&#232;me issu de la r&#233;forme britannique ne correspond pas aux directives europ&#233;ennes sur la &#171; lib&#233;ralisation &#187; ferroviaire, puisque le d&#233;coupage des services ferroviaires y a &#233;t&#233; effectu&#233; sur une base g&#233;ographique, &#224; travers des franchises accord&#233;es &#224; des op&#233;rateurs priv&#233;s pour des dur&#233;es de cinq &#224; dix ans. Une franchise donne &#224; l'op&#233;rateur retenu par la &lt;i&gt;Strategic Rail Authority&lt;/i&gt;, pour la dur&#233;e convenue, le monopole de l'exploitation des services ferroviaires sur le territoire concern&#233; par la franchise, contrairement au principe de l'ouverture &#224; la concurrence sur toutes les lignes.&lt;br /&gt; Cependant, ni cette divergence apparente avec les directives, ni les accidents &#224; r&#233;p&#233;tition sur le r&#233;seau ferr&#233; britannique, ni l'augmentation des prix pour l'usager, ni la faillite du gestionnaire priv&#233; des infrastructures (&lt;i&gt;Railtrack&lt;/i&gt;, devenu &lt;i&gt;Network Rail&lt;/i&gt; apr&#232;s sa re-nationalisation de fait fin 2001&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d&#233;sormais officiellement d'une &#171; soci&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; but non lucratif...&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), ni le co&#251;t pour le contribuable beaucoup plus &#233;lev&#233; que du temps de la compagnie nationale &lt;i&gt;British Rail&lt;/i&gt;, n'ont conduit la Commission europ&#233;enne &#224; exprimer une quelconque critique de la r&#233;forme britannique. Au contraire m&#234;me, il saute aux yeux que le projet de r&#232;glement de la Commission mentionn&#233; ci-avant et qui pr&#233;voit d'imposer des appels d'offres p&#233;riodiques pour l'exploitation concurrentielle des services r&#233;gionaux de transport ferroviaire, s'inspire tr&#232;s directement du &#171; mod&#232;le &#187; britannique des franchises, qui a &#171; si bien r&#233;ussi &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La Commission pr&#233;f&#232;re de beaucoup r&#233;server ses critiques les plus acerbes &#224; l'outil ferroviaire public fran&#231;ais, sans consid&#233;rer qu'il a permis la mise en &#339;uvre du TGV, qu'il dispose encore de l'une des plus fortes parts du march&#233; des transports ferroviaires en Europe, que son niveau de qualit&#233; en fait l'un des meilleurs du monde et qu'enfin les cheminots fran&#231;ais font partie du peloton de t&#234;te des entreprises ferroviaires europ&#233;ennes en terme de productivit&#233; par agent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette croissance de la productivit&#233; de la SNCF est ni&#233;e, sans &#233;l&#233;ment...&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, laquelle a augment&#233; par exemple de 16% de 1996 &#224; 2002 malgr&#233; les &#171; 35 heures &#187; et la mauvaise conjoncture &#233;conomique depuis 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion provisoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me s'ils ont des motifs l&#233;gitimes de se plaindre parfois de leur service public de transport ferroviaire, soumis depuis fort longtemps au &lt;i&gt;talon de fer&lt;/i&gt; de la rentabilit&#233; marchande, il est important, avant qu'il ne soit trop tard pour r&#233;agir, que les citoyens fran&#231;ais ne tombent pas dans le pi&#232;ge qui consiste &#224; accepter le sacrifice de l'outil public de chemin de fer sur l'autel de l'int&#233;gration europ&#233;enne, au motif que le &#171; march&#233; &#187; saura corriger ses dysfonctionnements. &lt;i&gt;Cette &#171; correction &#187; n'a &#233;t&#233; constat&#233;e nulle part, bien au contraire&lt;/i&gt;. C'est sans doute pourquoi la Commission europ&#233;enne s'est toujours d&#233;rob&#233;e &#224; toute &#233;valuation d&#233;mocratique des effets r&#233;els des politiques n&#233;o-lib&#233;rales des transports qu'elle promeut dans l'Union europ&#233;enne depuis une quinzaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il appara&#238;t clairement, en revanche, que pour les promoteurs de la &#171; lib&#233;ralisation &#187; du rail fran&#231;ais, son p&#233;ch&#233; impardonnable n'est pas tant la qualit&#233; insuffisante ou le co&#251;t trop &#233;lev&#233; du service, que le fait qu'il soit rendu par un monopole public, avec du personnel dot&#233; d'un statut conquis de haute lutte et qui n'entend pas se soumettre sans r&#233;agir au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social programm&#233; par les &lt;i&gt;Ayatollah&lt;/i&gt; du march&#233;, sous le pr&#233;texte fallacieux de &#171; revitaliser &#187;, selon la formule consacr&#233;e, le mode ferroviaire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une v&#233;ritable efficacit&#233; sociale et environnementale du transport ferroviaire n&#233;cessite la mise en &#339;uvre d'un processus de coordination au plan national et de coop&#233;ration au plan europ&#233;en, et non pas davantage de concurrence. Cela suppose des politiques publiques, actuellement priv&#233;es de leurs indispensables moyens du fait des options des gouvernements fran&#231;ais successifs et de la Commission europ&#233;enne. Ce sont donc ces options qu'il convient de mettre radicalement en cause et ces moyens qu'il faut exiger, afin de mettre progressivement en &#339;uvre un service public europ&#233;en de transport ferroviaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Attac - Conseil scientifique&lt;br /&gt;
Groupe de travail &#171; Transports &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette partie doit beaucoup &#224; : Georges Ribeill ; Les cheminots ; La D&#233;couverte ; Paris ; 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le budget 2004 de la SNCF planifie une nouvelle baisse de 3 505 salari&#233;s entre d&#233;cembre 2003 et d&#233;cembre 2004, ce qui ram&#232;nera alors l'effectif &#224; environ 168 000 agents (diminution d'un tiers en 20 ans !).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La longueur totale du r&#233;seau exploit&#233; est aujourd'hui de 31 000 kilom&#232;tres, dont 24 300 sont ouverts au trafic voyageurs, contre 42 700 kilom&#232;tres lors de la nationalisation de 1938 (hors lignes secondaires &#224; voie &#233;troite).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Notion &#233;conomique, le dumping d&#233;signe au sens strict une pratique anti-concurrentielle punie par la loi et consistant &#224; vendre un produit moins cher que ce qu'il a co&#251;t&#233; &#224; fabriquer, afin d'&#233;liminer des concurrents qui ne peuvent pratiquer des tarifs aussi bas, sachant qu'ensuite on disposera d'un monopole permettant de pratiquer des tarifs plus r&#233;mun&#233;rateurs qu'en situation de concurrence. Le dumping social d&#233;signe l'avantage concurrentiel conf&#233;r&#233; &#224; une entreprise mettant en pratique, voire ne respectant m&#234;me pas, une l&#233;gislation sociale minimale ou peu avanc&#233;e (salaires et garanties sociales, conditions de travail, etc.), ce qui lui permet de remporter la comp&#233;tition &#233;conomique contre des entreprises offrant une meilleure protection sociale, &#233;videmment plus co&#251;teuse. On &#233;voque &#233;galement le dumping social d'un pays vis-&#224; vis d'un ou plusieurs autres, lorsque les l&#233;gislations sociales sont moins protectrices pour les travailleurs dans ce pays que dans les autres, ce qui lui conf&#232;re un avantage comp&#233;titif. On parle aussi de dumping fiscal pour d&#233;signer les avantages dont dispose un Etat o&#249; les imp&#244;ts sont plus faibles pour attirer les investissements &#233;trangers et les emplois, et de dumping environnemental pour d&#233;signer ces avantages dans les cas o&#249; c'est la l&#233;gislation de protection de l'environnement qui est moins exigeante.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La notion de &#171; monopole naturel &#187; ent&#233;rine les d&#233;faillances du march&#233; capitaliste, lorsqu'un service co&#251;te plus cher &#224; fournir par des entreprises priv&#233;es en concurrence que par une entit&#233; unique, en d&#233;pit de la compression des prix cens&#233;e r&#233;sulter de la concurrence. Rel&#232;vent du &#171; monopole naturel &#187; les secteurs &#224; rendements croissants (importantes &#233;conomies d'&#233;chelle) o&#249; les investissements, lourds, prennent sens selon une vision &#224; long terme qui les place hors de l'horizon de rentabilit&#233; des acteurs priv&#233;s, et ceux dont les activit&#233;s pr&#233;sentent de forts effets sur les autres secteurs &#233;conomiques et la collectivit&#233; (&#171; effets externes &#187;), que ceux-ci soient positifs (am&#233;nagement du territoire dans le cas des transports) ou n&#233;gatifs (impacts sur l'environnement), effets que le march&#233; capitaliste ne prend pas en compte. Les secteurs du transport ferroviaire, pris globalement, mais aussi de la distribution du gaz et de l'&#233;lectricit&#233;, des t&#233;l&#233;communications, etc. poss&#232;dent ces caract&#233;ristiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce d&#233;ni de l'histoire caract&#233;rise bien la Commission car les syst&#232;mes ferroviaires les plus performants au monde sur un plan strictement &#233;conomique, celui des Etats-Unis pour le fret et celui du Japon pour les voyageurs, sont certes privatis&#233;s mais demeurent int&#233;gr&#233;s. Ce maintien r&#233;sulte d'un choix affirm&#233; par leurs dirigeants, qui proclament ouvertement que la s&#233;paration de l'infrastructure et son ouverture forc&#233;e &#224; des services en concurrence sont des absurdit&#233;s techniques et &#233;conomiques. Cela n'emp&#234;che pas la Commission de saluer volontiers leur r&#233;ussite... tout en persistant dans son dogme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A supposer qu'elle existe, cette &#171; rente &#187; ne serait pas indue, puisqu'elle a pour source l'investissement public donc, plus ou moins, l'argent du contribuable. En outre, dans un service public, la contribution des services b&#233;n&#233;ficiaires n'est pas une &#171; rente &#187; car elle contribue &#224; assurer la p&#233;r&#233;quation tarifaire (Cf. le prix unique du timbre-poste) et &#224; cr&#233;er, ou &#224; maintenir, des services peu ou pas &#171; rentables &#187; en termes strictement &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un accord intervenu en 1997 &#224; la r&#233;union du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres [C/MIN(97)10] visait &#224; &#171; r&#233;former la r&#233;glementation &#233;conomique dans tous les secteurs afin de stimuler la concurrence &#187; et recommandait en particulier de :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; (i)	s&#233;parer les activit&#233;s potentiellement concurrentielles des r&#233;seaux de service d'utilit&#233; publique r&#233;glement&#233;s, et proc&#233;der par ailleurs aux restructurations requises pour r&#233;duire la puissance sur le march&#233; des entreprises en place ;&lt;br class='autobr' /&gt; (ii)	garantir l'acc&#232;s aux r&#233;seaux essentiels &#224; tous les entrants sur le march&#233; dans des conditions de transparence et de non-discrimination &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La France s'est ici, une fois de plus, montr&#233;e particuli&#232;rement bon &#233;l&#232;ve de l'OCDE, nonobstant les ritournelles des gouvernements successifs sur la pr&#233;tendue &#171; d&#233;fense du service public &#224; la fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Malgr&#233; les d&#233;n&#233;gations du pr&#233;sident de la SNCF, les appels r&#233;it&#233;r&#233;s des forces &#233;conomiques et de certains &#233;lus, voire d&#233;sormais de membres du gouvernement, &#224; la privatisation du fret ferroviaire, mat&#233;rialisent ces craintes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En th&#233;orie &#233;conomique (Cf. les travaux de Ronald H. Coase et Oliver E. Williamson), les co&#251;ts de transactions d&#233;signent les frais entra&#238;n&#233;s par le recours au march&#233;, qui viennent s'ajouter au prix que supporte l'acheteur ou se retrancher du profit du vendeur. Ces frais proviennent simplement du fait que les agents, avant d'aboutir &#224; une transaction, doivent prendre le temps et la peine de s'informer, de n&#233;gocier, de r&#233;diger &#233;ventuellement des contrats, de pr&#233;voir des v&#233;rifications, de s'entendre sur une m&#233;thode d'arbitrage des diff&#233;rents, etc. Ces co&#251;ts sont supprim&#233;s lorsque les &#233;changes n'ont plus lieu entre des agents ind&#233;pendants se rencontrant sur un march&#233;, mais au sein d'une m&#234;me entreprise, ce qui explique les processus de fusions et de concentrations industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon l'hebdomadaire Le Point du 25 juillet 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De 1981 &#224; 2002 inclus, 4 580 kilom&#232;tres de lignes ferroviaires ont &#233;t&#233; d&#233;finitivement ferm&#233;s (13% du r&#233;seau) et le nombre de points du territoire desservis a &#233;t&#233; quasiment divis&#233; par deux, tant pour les voyageurs que pour les marchandises. Toutefois, sur la m&#234;me p&#233;riode, 1 540 kilom&#232;tres de lignes &#224; grande vitesse ont &#233;t&#233; mis en service,... ainsi qu'environ 6 000 kilom&#232;tres d'autoroutes, soit un quasi doublement du r&#233;seau autoroutier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nombre d'exemples illustrent ces consid&#233;rations, qui ne constituent en aucun cas une vue de l'esprit. On peut citer parmi eux la d&#233;mission, en 1999, du directeur g&#233;n&#233;ral d&#233;l&#233;gu&#233; aux infrastructures de la SNCF devant la volont&#233; de RFF d' &#171; &#233;conomiser &#187; sur un investissement de s&#233;curit&#233; ; les incidents d'exploitation et les retards du TGV Paris-Lyon, dus au fait que RFF s'est refus&#233; &#224; payer la consolidation des cat&#233;naires (fils de contact d'alimentation &#233;lectrique) avant la mise en circulation du TGV M&#233;diterran&#233;e &#224; 300 km/heure ; la vente par RFF d'&#233;l&#233;ments du patrimoine ferroviaire, sans consid&#233;ration d'une possible reprise future de l'exploitation...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les donn&#233;es consolid&#233;es qui suivent proviennent des rapports du Conseil sup&#233;rieur du service public ferroviaire (CSSPF), notamment le rapport : &#171; Situation &#233;conomique et financi&#232;re du syst&#232;me ferroviaire fran&#231;ais &#187; (septembre 2001), &#233;labor&#233; par un groupe de travail pr&#233;sid&#233; par Mme Nicole Questiaux, ancienne ministre d'Etat, ainsi que le rapport : CSSPF, Evaluation de la r&#233;forme du secteur du transport ferroviaire, La documentation fran&#231;aise, Paris, d&#233;cembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le SAAD (Service annexe d'amortissement de la dette ferroviaire) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; le 1er janvier 1991. L'Etat s'est engag&#233; &#224; couvrir durablement les int&#233;r&#234;ts de la dette transf&#233;r&#233;e de la SNCF au SAAD, moyennant un versement annuel mod&#233;r&#233; de la SNCF au SAAD (compris entre 15 millions d'euros en 1991 et 18 millions d'euros en 2002), et &#224; rembourser progressivement le capital. Le SAAD est juridiquement rattach&#233; &#224; la SNCF, mais il est dot&#233; d'une comptabilit&#233; distincte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Transfert au 1er janvier 1997 de 20,46 milliards d'euros (134,2 milliards de francs) de la dette de la SNCF &#224; RFF et de 4,36 milliards d'euros (28,6 milliards de francs) de la dette de la SNCF au SAAD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Transfert au 1er janvier 1999 de 0,61 milliards d'euros (4 milliards de francs) de la dette de la SNCF au SAAD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette augmentation se r&#233;partira entre 214 millions d'euros d&#232;s 2004 &#224; la charge des R&#233;gions par l'augmentation des p&#233;ages des TER, qui leur sera compens&#233;e par une dotation suppl&#233;mentaire de l'Etat, et 300 millions &#224; la charge de la SNCF, sous forme de cinq augmentations cumulatives de 60 millions d'euros par an de 2004 &#224; 2008. Le pr&#233;sident de RFF, Jean-Pierre Duport, a fait part &#224; la presse le 1er octobre 2003 de sa proposition de r&#233;partir l'augmentation pour la SNCF par moiti&#233; sur les trains de grandes lignes et par moiti&#233; sur les trains de fret, pour lesquels cette hausse de 150 millions d'euros en 5 ans repr&#233;sentera un quasi doublement des p&#233;ages. A cette occasion, M. Duport s'est d&#233;fendu de compromettre le redressement du fret ferroviaire puisque &#171; m&#234;me avec des p&#233;ages &#224; z&#233;ro, cette activit&#233; resterait lourdement d&#233;ficitaire &#187;, argument qui laisse pantois...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La r&#233;cente affaire (septembre 2003) du sauvetage par l'Etat d'Alstom, menac&#233; de faillite, a montr&#233; le peu de port&#233;e de cette disposition en g&#233;n&#233;ral. En fait, le premier plan de sauvetage pr&#233;sent&#233; &#224; Bruxelles par la France a surtout &#233;t&#233; refus&#233; parce qu'il comportait une prise de participation imm&#233;diate de l'Etat au capital d'Alstom (31%), clause que le second plan, accept&#233;, ne comporte plus, alors qu'il pr&#233;voit des aides d'Etat sup&#233;rieures. Ce sont donc moins les aides &#171; anti-concurrentielles &#187; que la perte partielle du contr&#244;le du capital par les int&#233;r&#234;ts qu'il supporte qui h&#233;risse le vertueux Commissaire bruxellois &#224; la Concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alors que la direction des Ressources humaines de la SNCF a propos&#233; aux syndicats de discuter de &#171; l'accompagnement social &#187; d'un &#171; Plan fret &#187; dont le contenu pr&#233;cis &#233;tait encore tenu secret (!) d&#233;but 2004, ils s'attendent &#224; ce qu'environ 10 000 emplois soient progressivement supprim&#233;s, notamment &#224; la Traction, au Mat&#233;riel et dans les gares de triage, ainsi qu'&#224; une baisse programm&#233;e d'environ 20% du trafic de fret ferroviaire, qui &#233;tait de 46,8 milliards de tonnes-kilom&#232;tres en 2003 (en face d'environ 280 milliards de tonnes-kilom&#232;tres sur route). La pr&#233;sentation du budget 2004 de la SNCF &#224; son Comit&#233; central d'entreprise, le 26 janvier 2004, a donn&#233; cr&#233;dit &#224; ces craintes : sur les 3505 emplois qu'il est pr&#233;vu de supprimer en 2004, environ 2 500 sont cons&#233;cutifs &#224; la premi&#232;re ann&#233;e de mise en &#339;uvre du &#171; Plan fret &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit d&#233;sormais officiellement d'une &#171; soci&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; but non lucratif sans actionnaire et contr&#244;l&#233;e par l'Etat &#187;... mais il est &#171; incorrect &#187; (sic) d'&#233;voquer une re-nationalisation. Pourtant et au surplus, &#224; la demande du gouvernement, Network Rail a d&#233;cid&#233; en octobre 2003 de reprendre &#224; son compte les op&#233;rations de maintenance du r&#233;seau ferroviaire, qui &#233;taient confi&#233;es &#224; des sous-traitants priv&#233;s depuis la r&#233;forme de 1994. L'humour britannique permet de motiver cette d&#233;cision par des raisons de s&#233;curit&#233; et des raisons financi&#232;res (selon Network Rail, une maintenance publique devrait permettre d'&#233;conomiser environ 20%, sur une enveloppe totale pr&#233;vue pour 2004 de 1,85 milliards d'euros), alors que la privatisation avait &#233;t&#233; men&#233;e au pr&#233;texte que les services d'entreprises priv&#233;es seraient plus efficaces et co&#251;teraient beaucoup moins cher au contribuable...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette croissance de la productivit&#233; de la SNCF est ni&#233;e, sans &#233;l&#233;ment probant, par des assertions r&#233;it&#233;r&#233;es de l'officine n&#233;o-lib&#233;rale qu'est devenu le Commissariat g&#233;n&#233;ral du Plan (ceux qui croient encore que plan et march&#233; s'opposent, retardent...) Le Plan s'est adjoint les services du Laboratoire d'&#233;conomie des transports (L.E.T.) de l'universit&#233; de Lyon, dont le directeur est devenu pr&#233;pos&#233; pour applaudir la r&#233;forme de 1997 et stigmatiser l'inefficacit&#233; des cheminots dans les m&#233;dia, tout comme, pour la m&#234;me raison alimentaire, les &#171; acad&#233;miciens &#187; de m&#233;decine et de pharmacie applaudissent les OGM et stigmatisent les alter-mondialistes...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire M&#252;hlstein : La r&#233;glementation Barrot, le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) ou la concurrence pour le march&#233;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Muhlstein-La-reglementation-Barrot-le-projet-de-reglementation</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Argumentaire-Muhlstein-La-reglementation-Barrot-le-projet-de-reglementation</guid>
		<dc:date>2005-04-28T16:08:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe M&#252;hlstein</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Transport</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;glementation Barrot &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) &lt;br class='autobr' /&gt;
dans les transports publics &lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;br class='autobr' /&gt;
la concurrence pour le march&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
13 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Version provisoire &lt;br class='autobr' /&gt;
Les projets de la Commission europ&#233;enne concernant les transports publics de voyageurs par route et par voie ferr&#233;e ne sont pas nouveaux et ne sortent pas du cerveau tumultueux du &#171; petit nouveau &#187; Jacques Barrot. Il s'agit d'une nouvelle mouture (pr&#234;te sous cette derni&#232;re forme depuis plus d'un an) d'un projet qui...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La r&#233;glementation Barrot &#187;&lt;br /&gt;
Le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) &lt;br /&gt;
dans les transports publics&lt;br /&gt;
ou &lt;br /&gt;
la concurrence pour le march&#233; &lt;br /&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;13 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version provisoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets de la Commission europ&#233;enne concernant les transports publics de voyageurs par route et par voie ferr&#233;e ne sont pas nouveaux et ne sortent pas du cerveau tumultueux du &#171; petit nouveau &#187; Jacques Barrot. Il s'agit d'une nouvelle mouture (pr&#234;te sous cette derni&#232;re forme depuis plus d'un an) d'un projet qui remonte &#224; 2001 de r&#232;glement europ&#233;en relatif aux obligations de service public (OSP) dans les transports terrestres, raison pour laquelle on l'appelle parfois encore &#171; projet de r&#232;glement OSP &#187;. Il s'agit d'imposer la mise en appel d'offre des transports publics de proximit&#233; (sur le territoire d'une r&#233;gion administrative ou d'une ville) afin de pouvoir en confier l'exploitation pour une dur&#233;e de 5 &#224; 10 ans &#224; des entreprises priv&#233;es (genre Vivendi-Veolia-Connex) et non plus aux seuls op&#233;rateurs historiques publics comme c'est encore le cas aujourd'hui en France.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Dans le domaine ferroviaire, le texte que j'avais envoy&#233; &#224; la liste du CS en 2003, qui a fait l'objet d'une session &#224; notre universit&#233; d'&#233;t&#233; 2004 et qui figure depuis sur notre site (&#171; Sur la lib&#233;ralisation du transport ferroviaire &#187;) y faisait explicitement mention (page 15). Je vous joins &#224; nouveau ce texte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
A la diff&#233;rence de la mise en concurrence de plusieurs &#171; op&#233;rateurs ferroviaires &#187; faisant circuler des trains d'entreprises diff&#233;rentes sur une m&#234;me ligne (concurrence dite &#171; sur le march&#233; &#187;), comme dans les premier, second et troisi&#232;me paquets ferroviaires, il s'agit ici pour ces op&#233;rateurs ferroviaires de remporter la comp&#233;tition pour obtenir, pour 5 &#224; 10 ans, un monopole d'exploitation des transports ferroviaires sur le territoire d'une autorit&#233; organisatrice de transports, ville ou r&#233;gion (concurrence dite &#171; pour le march&#233; &#187;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
C'est le mod&#232;le mis en &#339;uvre lors de la r&#233;forme ferroviaire britannique de 1994, que la Commission veut g&#233;n&#233;raliser &#224; tous les transports locaux et r&#233;gionaux. Vous connaissez le r&#233;sultat. La Commission peut proc&#233;der par r&#232;glement (&#171; loi europ&#233;enne &#187; dans le TCE) et pas par directive (&#171; loi-cadre &#187; dans le TCE) puisqu'il s'agit de march&#233; et de concurrence, donc d'une &#171; comp&#233;tence exclusive &#187; de l'Union, m&#234;me si le march&#233; &#224; &#233;tablir est ici celui des transports (ceux-ci relevant, en tant que secteur, d'une &#171; comp&#233;tence partag&#233;e &#187;).&lt;br /&gt;
Dans son premier projet de &#171; r&#232;glement OSP &#187;, la Commission avait m&#234;me trouv&#233; le moyen d'exclure la SNCF de la candidature aux appels d'offres, en imposant que ne puissent soumissionner que les entreprises ferroviaires assurant moins de 25% du transport ferroviaire sur le territoire de l'autorit&#233; organisatrice &#233;mettrice de l'appel d'offre. Cette disposition, qui imposait la privatisation &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; de tous les transports ferroviaires r&#233;gionaux (TER), a disparu dans le dernier projet que Jacques Barrot est charg&#233; de promouvoir. Le d&#233;put&#233; PS europ&#233;en Gilles Savary n'avait trouv&#233; qu'une chose &#224; redire au premier projet de la Commission, c'est qu'il emp&#234;chait &#224; un baronnet local comme lui de garder ses transports en commun par autobus en r&#233;gie municipale. Il s'est battu sur ce seul point et a obtenu satisfaction. Quant au mode ferroviaire, il s'en tamponne et ne conna&#238;t rien aux conditions de son fonctionnement, du reste comme la plupart de ses coreligionnaires du PS et comme les Verts europ&#233;ens, qui ont tous soutenu ce projet de r&#232;glement (&#171; La concurrence, &#231;a fera baisser les prix du train, gnin, gnin, gnin, ... &#187;, &#226;nonnent tous ces &#171; Ravis de la cr&#232;che &#187;).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Il est &#224; noter que le mat&#233;riel roulant des TER est actuellement entretenu par la SNCF dans ses ateliers, et que les contr&#244;leurs et les conducteurs des TER sont aussi des cheminots. Selon le projet de r&#232;glement, l'entreprise qui remporterait un appel d'offre r&#233;gional devrait r&#233;embaucher le personnel SNCF. Mais alors, ne faudrait-il pas que celui-ci renonce &#224; son statut actuel ? Le projet de r&#232;glement est muet sur ce genre de d&#233;tail pittoresque, auquel des Barrot ne pensent s&#251;rement pas... La direction de la SNCF est muette &#233;galement : il y a bien longtemps que Louis Gallois et ses sbires ont d&#233;cid&#233; de jouer &#224; fond le &#171; jeu du march&#233; &#187;. (&#171; A la SNCF, on ne fait pas de politique &#187;, ce qui veut dire que l'on se soumet &#224; tout ce qui advient... m&#234;me &#224; la destruction progressive de la SNCF).&lt;br /&gt;
En Grande-Bretagne, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; des entreprises priv&#233;es de location de mat&#233;riel ferroviaire, d'autres pour son entretien, afin que les exploitants priv&#233;s qui ont remport&#233; les appels d'offres puissent y avoir recours. Comment fera-t-on en France ? Faudra-t-il finir de briser la SNCF en menus morceaux et de tous privatiser, comme John Major l'a fait l&#224;-bas et comme Jean-Claude Gayssot l'a commenc&#233; ici en 1997 en confiant l'infrastructure &#224; RFF ? V&#233;tilles pour les Chevaliers de la concurrence forc&#233;e &#224; la Commission ! L&#224; non plus, Barrot n'a s&#251;rement pas r&#233;fl&#233;chi &#224; la question.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Les n&#233;olib&#233;raux affectent de savoir ce qu'ils veulent, mais il est absolument certain qu'ils ignorent tout de ce qu'ils cassent. Outre Manche, les cons&#233;quences ont &#233;t&#233; dramatiques, et pas seulement socialement pour les cheminots : les prix des transports pour les voyageurs ont consid&#233;rablement augment&#233; et le d&#233;mant&#232;lement a &#233;t&#233;, au sens propre, sanglant. Mais la Commission et les n&#233;o-lib&#233;raux &#171; bien de chez nous &#187; n'ont jamais critiqu&#233; la r&#233;forme britannique, sauf depuis que Tony Blair lui-m&#234;me a men&#233; cette critique et redonn&#233; le contr&#244;le r&#233;el du rail &#224; l'Etat, parce que son gouvernement allait finir par sauter... En France, on continue &#224; aller droit dans le mur ... et les &#171; &#233;lites &#187; appuient sur l'acc&#233;l&#233;rateur et klaxonnent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J'ai montr&#233; dans un message r&#233;cent sur la liste, accompagn&#233; d'un article de Lib&#233;ration, que ce projet de r&#232;glement avait aussi &#233;t&#233; planqu&#233; sous le tapis, o&#249; il a rejoint le projet Bolkestein, bien au chaud jusqu'au 30 mai. Seul un vote &#171; NON &#187; le 29 mai pourrait emp&#234;cher ces joyeuset&#233;s de re-sortir, qu'on se le dise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Philippe M&#252;hlstein&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire M&#252;hlstein : &#034;La politique europ&#233;enne des transports et le Trait&#233; constitutionnel&#034;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Muhlstein-La-politique-europeenne-des-transports-et-le-Traite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Argumentaire-Muhlstein-La-politique-europeenne-des-transports-et-le-Traite</guid>
		<dc:date>2005-04-13T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe M&#252;hlstein</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Transport</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Version 30/3/2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique europ&#233;enne des transports &lt;br class='autobr' /&gt; et le trait&#233; constitutionnel &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; En attendant, qu'on ne me demande pas de reconna&#238;tre quoi que ce soit &#224; un monde o&#249; je ne cherche plus que des traces de vie insoumise. D'autres, j'en suis s&#251;re, ont encore cette passion. Quant &#224; ceux qui ne l'ont pas comme &#224; ce dont ils se r&#233;clament, c'est par tous les moyens que je me propose de leur dire non, non, non, non, non, non, non. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Le Brun &lt;br class='autobr' /&gt;
(Du trop de r&#233;alit&#233; ; Stock ; 2000)...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Version 30/3/2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;dig&#233; par Philippe M&#252;hlstein, du Conseil scientifique d'Attac-France.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique europ&#233;enne des transports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;et le trait&#233; constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En attendant, qu'on ne me demande pas de reconna&#238;tre quoi que ce soit &#224; un monde o&#249; je ne cherche plus que des traces de vie insoumise. D'autres, j'en suis s&#251;re, ont encore cette passion. Quant &#224; ceux qui ne l'ont pas comme &#224; ce dont ils se r&#233;clament, c'est par tous les moyens que je me propose de leur dire non, non, non, non, non, non, non. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Annie Le Brun&lt;br /&gt;
(&lt;i&gt;Du trop de r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; ; Stock ; 2000)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Une lib&#233;ralisation tardive des transports... puis un rattrapage &#224; marche forc&#233;e&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon la Commission europ&#233;enne, le secteur des transports produit 10% de la richesse communautaire mesur&#233;e par le produit int&#233;rieur brut (PIB) europ&#233;en, soit environ 1 000 milliards d'euros par an, et g&#233;n&#232;re plus de 10 millions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le trait&#233; de Rome de 1957, fondateur de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE), ou &#171; March&#233; commun &#187;, a d'embl&#233;e pr&#233;vu d'instaurer une politique commune des transports, &#224; l'origine pour les seuls transports de surface, con&#231;ue sous l'angle de dispositions devant permettre d'&#233;viter les entraves &#224; la libert&#233; de circulation et &#224; la concurrence. Cette politique n'a pas eu de r&#233;elle consistance durant presque trois d&#233;cennies, jusqu'&#224; ce qu'en mai 1985, la Cour de justice des communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) &#233;mette officiellement un constat de carence des &#201;tats membres, assorti d'une injonction &#224; la Commission de mettre en &#339;uvre la lib&#233;ralisation du cabotage, c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; pour une entreprise d'un pays de la CEE d'effectuer du transport int&#233;rieur dans un autre de ces pays.&lt;br /&gt; Au m&#234;me moment, les chefs d'Etat r&#233;unis &#224; Milan puis &#224; Bruxelles ont lanc&#233;, par &#171; l'Acte unique &#187;, le projet de march&#233; unique &#224; r&#233;aliser le 1er janvier 1993, pour lequel la mise en place d'un &#171; march&#233; libre &#187; des transports, c'est-&#224;-dire de la concurrence dans tous les modes de transport, &#233;tait cit&#233;e comme la premi&#232;re condition du succ&#232;s. Les choses se sont alors pr&#233;cipit&#233;es vers un d&#233;mant&#232;lement &#224; marche forc&#233;e des r&#233;glementations nationales. Il a pris la forme de v&#233;ritables rafales de r&#232;glements et de directives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un r&#232;glement europ&#233;en est directement applicable dans le droit national et...&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'illustrer, rappelons que depuis 1985, &lt;i&gt;environ cinq cents &lt;/i&gt;textes europ&#233;ens concernant les transports sont parus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport maritime &#233;tait pour l'essentiel lib&#233;ralis&#233; depuis longtemps, avec la disparition progressive des pavillons nationaux o&#249; les droits sociaux nationaux s'appliquaient aux marins, remplac&#233;s par des pavillons-bis, comme celui des &#238;les Kerguelen pour la France, sortes de pavillons de complaisance l&#233;gaux, et surtout par les pavillons de complaisance reconnus comme tels, qui rel&#232;vent d'Etats ne respectant m&#234;me pas les conventions internationales maritimes (Panama, Lib&#233;ria, Malte,...). Les navires portant ces pavillons constituent environ &lt;i&gt;les deux tiers&lt;/i&gt; de la flotte mondiale et sont responsables de plus de &lt;i&gt;90%&lt;/i&gt; des catastrophes maritimes. Notons que la France se propose de cr&#233;er un nouveau pavillon de complaisance l&#233;gal, le RIF (Registre international fran&#231;ais), avec lequel les garanties sociales des marins se situeraient entre celles des pavillons-bis et celles des pavillons de complaisance.&lt;br /&gt; Le transport maritime a toutefois fait l'objet en 1986 d'un r&#232;glement (4056/86) relatif aux r&#232;gles de concurrence dans ce secteur, qui ent&#233;rine pour l'essentiel les &#171; conf&#233;rences maritimes &#187;, formes d'ententes entre armateurs pour le transport du fret. L'Europe ne s'en est &#224; nouveau pr&#233;occup&#233;e qu'avec la publication d'un Livre vert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Livres vert et blanc sont des rapports europ&#233;ens visant &#224; pr&#233;parer des...&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en d&#233;cembre 1997, qui concernait la politique portuaire. Il a conduit, en f&#233;vrier 2001, &#224; un projet de directive de lib&#233;ralisation des activit&#233;s portuaires sur lequel nous reviendrons dans le point 2 ci-apr&#232;s. En octobre 2004, sous la pression des chargeurs, la Commission a annonc&#233; un Livre blanc qui envisage la lib&#233;ralisation totale du secteur de la ligne r&#233;guli&#232;re dans le &lt;i&gt;shipping&lt;/i&gt;, c'est &#224; dire l'abrogation de tout ou partie du dispositif du r&#232;glement de 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport a&#233;rien a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; progressivement et totalement entre 1987 et 1997 par plusieurs &#171; paquets &#187; de mesures successifs. Le point de d&#233;part a &#233;t&#233; un Arr&#234;t d'avril 1986 de la CJCE (Arr&#234;t &#171; Nouvelles fronti&#232;res &#187;) rendant applicable au transport a&#233;rien les r&#232;gles de concurrence du trait&#233; europ&#233;en.&lt;br /&gt; A la fin de 1987, un premier &#171; paquet &#187; concr&#233;tisait les d&#233;cisions de l'Arr&#234;t pr&#233;c&#233;dent et fixait des conditions de tarification &#171; non discriminatoires &#187; et d'acc&#232;s au march&#233;.&lt;br /&gt; Puis, en juin 1990, un deuxi&#232;me &#171; paquet &#187; reprenait les dispositions du premier en renfor&#231;ant la lib&#233;ralisation, notamment l'acc&#232;s aux a&#233;roports pour toutes les compagnies a&#233;riennes de l'Union.&lt;br /&gt; Le &#171; troisi&#232;me et dernier paquet &#187;, adopt&#233; en juillet 1992, compl&#233;tait ou rempla&#231;ait les textes ant&#233;rieurs pour parvenir &#224; :&lt;br /&gt;
La libre fixation des prix par les compagnies a&#233;riennes ;&lt;br /&gt;
La certification des personnels navigants selon des crit&#232;res europ&#233;ens permettant la desserte de l'ensemble du territoire de l'Union ;&lt;br /&gt;
La libert&#233; totale du cabotage a&#233;rien dans les Etats membres.&lt;br /&gt; Ainsi, en quelques ann&#233;es, a &#233;t&#233; balay&#233; le principe de pleine souverainet&#233; des Etats sur leur espace a&#233;rien, principe pourtant reconnu d&#232;s 1919 par la Convention de Paris et r&#233;affirm&#233; en 1944 par celle de Chicago.&lt;br /&gt; Le &#171; dernier paquet &#187; a en fait &#233;t&#233; suivi, apr&#232;s les plaintes de compagnies a&#233;riennes priv&#233;es aupr&#232;s de la Commission en 1994, d'une directive adopt&#233;e en 1996 qui a impos&#233; la concurrence par appels d'offres pour les prestations d'assistance en escale, rendue effective entre 1999 et 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport routier est pratiquement lib&#233;ralis&#233; depuis qu'il existe, du fait de conditions d'acc&#232;s et de dispositions sociales d'embl&#233;e peu contraignantes.&lt;br /&gt; Toutefois existait en France, jusqu'en 1985, le dispositif de la TRO (Tarification routi&#232;re obligatoire), qui fixait des tarifs minima de transport afin d'emp&#234;cher les artisans routiers, constituant l'essentiel de la profession et connaissant tr&#232;s mal leurs co&#251;ts r&#233;els, de &#171; s'&#233;trangler &#187; eux-m&#234;mes par de trop bas tarifs. Cette garantie a &#233;t&#233; supprim&#233;e d&#232;s 1986 par une directive europ&#233;enne instaurant la libert&#233; totale des prix du transport des marchandises.&lt;br /&gt; Par la suite, le cabotage routier a &#233;t&#233; totalement lib&#233;ralis&#233; &#224; partir de 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport fluvial a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; progressivement par la l&#233;gislation europ&#233;enne &#224; partir de 1994, pour aboutir &#224; une lib&#233;ralisation totale du march&#233; dans l'Union depuis le 1er janvier 2000. C'est &#224; cette date que la France, apr&#232;s 57 ans de &#171; gestion administrative &#187;, a rejoint l'Allemagne, qui avait lib&#233;ralis&#233; ses transports fluviaux d&#232;s 1993, ainsi que la Belgique et les Pays-Bas, qui l'avaient imit&#233;e en 1998. Cela s'est traduit par l'abandon du syst&#232;me d'affr&#232;tement &#171; au tour de r&#244;le &#187; - le client-chargeur ne choisissait pas son bateau car le fret &#233;tait attribu&#233; aux bateliers &#224; tour de r&#244;le, les prix &#233;tant fix&#233;s par l'Etat - et par la fermeture des 33 bourses d'affr&#232;tement fluvial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport ferroviaire a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; tardivement et l&#224; aussi par rafales de textes, accompagn&#233;es par la Commission de l'affichage d'un simple objectif, la &#171; revitalisation &#187; du rail, et d'un moyen unique pour l'atteindre, favoriser toujours plus son ouverture &#224; la concurrence.&lt;br /&gt; Quatre s&#233;ries de mesures successives ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es, de plus en plus rapproch&#233;es :&lt;br /&gt;
La directive 91/440 de juillet 1991 a impos&#233; la s&#233;paration comptable entre gestion de l'infrastructure et services de transport. Elle a ouvert les r&#233;seaux &#224; la concurrence des regroupements internationaux d'EF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La l&#233;gislation europ&#233;enne a impos&#233; que l'infrastructure ferroviaire (les...&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des Etats membres et pour le transport combin&#233; international ; elle a &#233;t&#233; suivie en 1995 de deux directives relatives aux licences d'EF et &#224; la r&#233;partition des capacit&#233;s de l'infrastructure.&lt;br /&gt;
Le &#171; Premier paquet ferroviaire &#187; de f&#233;vrier 2001 (trois directives) a ouvert &#224; la concurrence le trafic de fret, pour toute EF titulaire d'une licence et d'un certificat de s&#233;curit&#233;, sur les lignes importantes des r&#233;seaux (&#171; R&#233;seau trans-europ&#233;en de fret ferroviaire &#187;), avec &#233;largissement &#224; leur totalit&#233; en 2008. Il a impos&#233; des modalit&#233;s de r&#233;partition des capacit&#233;s d'infrastructure, de tarification et de certification de s&#233;curit&#233;, &lt;i&gt;y compris pour les trafics nationaux&lt;/i&gt;. Enfin, il a donn&#233; un fort pouvoir aux GI (Cf. note 4), tr&#232;s int&#233;ress&#233;s &#224; la mise en concurrence des EF historiques afin de rench&#233;rir les p&#233;ages d'infrastructures qui sont leurs revenus principaux.&lt;br /&gt;
Le &#171; Deuxi&#232;me paquet &#187; d'avril 2004 (un r&#232;glement et trois directives) a cr&#233;&#233; une agence ferroviaire europ&#233;enne, pr&#233;cis&#233; la r&#233;partition des capacit&#233;s d'infrastructure, la tarification et la certification de s&#233;curit&#233;, et fix&#233; des exigences d'interop&#233;rabilit&#233; (dispositifs techniques communs dans toute l'Union). Il impose l'ouverture totale du fret international en 2006 au lieu de 2008 et celle du cabotage de fret en 2007.&lt;br /&gt;
Le &#171; Troisi&#232;me paquet &#187; (deux directives et deux r&#232;glements) a &#233;t&#233; propos&#233; en mars 2004 et est encore en discussion. Il pr&#233;voit l'ouverture &#224; la concurrence du trafic international de voyageurs et du cabotage au passage en 2010, un certificat europ&#233;en de conducteur, des engagements de qualit&#233; pour le fret assortis de p&#233;nalit&#233;s et enfin des droits pour les passagers internationaux (responsabilit&#233; des EF concernant l'information, les r&#233;clamations et les compensations).&lt;br /&gt; Il ne restera donc qu'&#224; finir d'ouvrir le cabotage des voyageurs &#224; la concurrence pour que la lib&#233;ralisation soit totale. Cependant, il convient d'ajouter &#224; cela un projet de r&#232;glement de la Commission qui porte sur les transports r&#233;gionaux de voyageurs par rail (TER) et par route, qui vise &#224; imposer la concurrence &lt;i&gt;pour le march&#233;&lt;/i&gt; et que nous &#233;voquons au point 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans tous les cas, on constate que la Commission propose &#224; jet continu des &#171; paquets &#187; de directives et de r&#232;glements successifs, avant m&#234;me que les pr&#233;c&#233;dents aient seulement pu &#234;tre mis en application et encore moins &#233;valu&#233;s. Ces &#171; paquets &#187; &#233;largissent toujours plus les obligations de mise en concurrence du secteur des transports par un syst&#232;me &#171; &#224; cliquets &#187; : la lib&#233;ralisation est accrue pas &#224; pas et ne recule jamais. De ce fait, les entreprises publiques historiques s'&#233;puisent litt&#233;ralement &#224; modifier sans r&#233;pit leurs organisations internes pour s'adapter aux nouvelles dispositions ; cet &#233;puisement fait aussi partie du but recherch&#233; par la Commission, pour laquelle elles constituent des ennemis &#224; abattre. Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, c'est par la mise en place d'un v&#233;ritable Gosplan que la d&#233;r&#233;glementation est impos&#233;e. En v&#233;rit&#233;, se v&#233;rifie dans l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale du d&#233;veloppement capitaliste : la machine administrative et gouvernementale doit tourner &#224; plein r&#233;gime pour &#171; fabriquer du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La politique des transports de l'Union europ&#233;enne selon les trait&#233;s : libre-&#233;changisme d&#233;brid&#233; et &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dumping &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;social g&#233;n&#233;ralis&#233;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; L'ouverture mondiale des march&#233;s pr&#233;sente pour les possesseurs du capital le double int&#233;r&#234;t de diminuer les co&#251;ts de production, donc d'accro&#238;tre les profits, et de placer la main-d'&#339;uvre des pays riches en concurrence avec celle des pays pauvres, donc de mater sa r&#233;sistance sociale. Encore faut-il pouvoir transporter au plus bas prix possible, vers les march&#233;s de consommation, les produits fabriqu&#233;s dans les pays qui pratiquent le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social, fiscal et environnemental, afin que la plus-value tir&#233;e des exploit&#233;s de ces pays ne se perde pas - c'est le cas de le dire - en route. C'est pourquoi la politique des transports qui inspire le trait&#233; constitutionnel vise avant tout &#224; poursuivre, renforcer et &#171; graver dans le marbre &#187; la lib&#233;ralisation des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce but qu'agit depuis 15 ans cette efficace &lt;i&gt;agence r&#233;gionale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)&lt;/i&gt; qu'est la Commission de l'Union europ&#233;enne, sous la banni&#232;re &#233;toil&#233;e du trait&#233; de Rome modifi&#233; par l'Acte unique puis les trait&#233;s de Maastricht, Amsterdam, Nice et maintenant le trait&#233; constitutionnel.&lt;br /&gt; La politique des transports est certes d&#233;finie dans le trait&#233;, comme auparavant, en tant que &lt;i&gt;comp&#233;tence partag&#233;e&lt;/i&gt; entre l'Union et les Etats membres (article I-14). A la diff&#233;rence, par exemple, de l'&#233;tablissement des r&#232;gles relatives &#224; la concurrence et au march&#233; int&#233;rieur, qui rel&#232;ve d'une &lt;i&gt;comp&#233;tence exclusive&lt;/i&gt; de l'Union (article I-13), les Etats membres peuvent aussi l&#233;gif&#233;rer en mati&#232;re de transports, mais seulement &lt;i&gt;&#171; dans la mesure o&#249; l'Union n'a pas exerc&#233; &lt;/i&gt;[sa comp&#233;tence]&lt;i&gt; ou a d&#233;cid&#233; de cesser de l'exercer &#187;&lt;/i&gt; (article I-12). Il s'agit donc clairement d'un domaine o&#249; pr&#233;dominent l'Union... et la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En mati&#232;re de transports, le trait&#233; constitutionnel se contente de reprendre, dans ses articles III-236 &#224; III-245, le contenu des trait&#233;s ant&#233;rieurs ; il n'introduit donc pas de rupture avec la (d&#233;)-construction n&#233;o-lib&#233;rale en cours.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; Il lui donne, mais c'est &#233;norme, une valeur constitutionnelle et rend tr&#232;s difficile toute modification ult&#233;rieure de la politique actuelle.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La politique des transports de l'Union concr&#232;tement mise en &#339;uvre consiste, selon une logique inavou&#233;e mais claire, &#224; g&#233;n&#233;raliser le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social dans tous les modes de transport, afin d'en contenir les tarifs. La libre circulation des marchandises, n&#233;cessaire au libre &#233;change et aux d&#233;localisations, est jug&#233;e beaucoup plus importante que ses effets sur les garanties sociales et sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mod&#232;le sous-jacent de cette politique est celui des transports maritimes qui, ces trente derni&#232;res ann&#233;es, ont enregistr&#233; mondialement une progression de trafic de 430% et une baisse des co&#251;ts de 30%, essentiellement par le recours aux &#171; navires poubelles &#187; et &#224; la baisse des revenus des marins. A pr&#233;sent, des soci&#233;t&#233;s de &lt;i&gt;manning&lt;/i&gt;, v&#233;ritables marchands d'esclaves des temps modernes, fournissent aux armateurs des &#233;quipages recrut&#233;s dans les pays du tiers-monde, sous-pay&#233;s pour des dur&#233;es de travail non limit&#233;es et condamn&#233;s &#224; tout accepter pour ne pas &#234;tre inscrits sur les &#171; listes noires &#187; desdites soci&#233;t&#233;s. Les bilans des r&#233;centes &#171; mar&#233;es noires &#187; de l'&lt;i&gt;Erika&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Prestige&lt;/i&gt; se passent de commentaire quant aux cons&#233;quences.&lt;br /&gt; La Commission entend d&#233;sormais, apr&#232;s son &#233;chec de 2003 du fait de la combativit&#233; sociale des dockers, d&#233;molir leur statut en imposant la mise en concurrence des services portuaires par une directive. Au nom de la &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt; ch&#232;re au trait&#233; constitutionnel, pilotage, remorquage, amarrage, manutention et transbordement devront faire l'objet d'appels d'offres et de contrats n&#233;goci&#233;s. Les soci&#233;t&#233;s de transport maritime, si soucieuses comme on le sait des conditions sociales, pourront m&#234;me cr&#233;er leurs propres filiales de service ou confier une partie des op&#233;rations aux marins du bord. Il s'agit de diffuser dans les ports le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social qui existe d&#233;j&#224; en mer sous une forme impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports a&#233;riens ont connu, apr&#232;s leur d&#233;r&#233;glementation, les privatisations en s&#233;rie des compagnies nationales, la concentration, la g&#233;n&#233;ralisation de la sous-traitance et le d&#233;veloppement sans frein des compagnies dites &#171; &#224; bas co&#251;t &#187; (&lt;i&gt;low cost)&lt;/i&gt;, qui diminuent leurs tarifs notamment en pressurant leurs salari&#233;s (le syndicalisme y est &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; interdit). Ce d&#233;veloppement est soutenu par la Commission de Bruxelles en d&#233;pit de l'aberration environnementale que constitue le transport a&#233;rien &#224; courte distance, comme on le verra au point 4. A titre d'illustration, la Commission a r&#233;cemment autoris&#233; &lt;i&gt;les trois quarts&lt;/i&gt; des aides publiques vers&#233;es &#224; la compagnie &#224; bas co&#251;ts &lt;i&gt;Ryanair&lt;/i&gt; pour son implantation sur l'a&#233;roport belge de Charleroi. Elle veut g&#233;n&#233;raliser cette autorisation &#224; toute compagnie cr&#233;ant des dessertes au d&#233;part d'a&#233;roports r&#233;gionaux, durant les cinq ann&#233;es de d&#233;marrage. La vertueuse indignation affich&#233;e par la Commission contre les aides d'&#201;tat ne vaut donc que lorsque les fonds sont destin&#233;s &#224; des entreprises publiques ; les primes publiques au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social vers&#233;es aux compagnies &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; ont droit &#224; sa b&#233;n&#233;diction.&lt;br /&gt; Tout comme les marins, les salari&#233;s des transports a&#233;riens sont d&#233;j&#224; soumis &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; au projet de directive dite &#171; Bolkestein &#187; qui affirme le &#171; principe du pays d'origine &#187;, selon lequel le prestataire d'un service est soumis uniquement &#224; la loi du pays dans lequel il est &#233;tabli. En effet, les compagnies a&#233;riennes &#233;trang&#232;res op&#233;rant en France, non concern&#233;es &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; par ce projet, sont autoris&#233;es &#224; employer sous contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &lt;i&gt;de leur pays d'origine&lt;/i&gt; des &#233;quipages bas&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La d&#233;r&#233;glementation des transports routiers a particuli&#232;rement soumis au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social une profession tr&#232;s atomis&#233;e, qui regroupe 452 500 salari&#233;s et comprend beaucoup d'entrepreneurs individuels sans tradition de lutte sociale (plus de 80% des entreprises fran&#231;aises de transport routier ont moins de 10 salari&#233;s). Peu &#224; peu, les chauffeurs sont devenus des esclaves de la route, qui s'imposent du reste &#224; eux-m&#234;mes l'esclavage lorsqu'ils sont artisans, propri&#233;taires d'un seul camion achet&#233; en cr&#233;dit-bail. Contrairement au discours du lobby patronal routier (&lt;i&gt;&#171; Je roule pour vous ! &#187;&lt;/i&gt;), c'est beaucoup plus au profit des industriels chargeurs que des consommateurs que le prix des transports a baiss&#233;.&lt;br /&gt; Cette baisse avait atteint un palier en France, par l'application de cosm&#233;tiques sociaux comme le &#171; Contrat de progr&#232;s &#187; qui ont en r&#233;alit&#233; ent&#233;rin&#233; &lt;i&gt;des dispositions d&#233;rogatoires&lt;/i&gt; au droit commun du travail. Cependant, le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social routier reprend de plus belle avec l'&#233;largissement de l'Union aux pays d'Europe de l'Est. Les instances europ&#233;ennes, en d&#233;pit de d&#233;clarations l&#233;nifiantes et de Livres blancs p&#233;tris de bonnes intentions, n'ont jamais voulu mettre en place une l&#233;gislation sociale digne de ce nom. Pour conna&#238;tre l'esprit du trait&#233; constitutionnel &#224; ce sujet, il suffit d'examiner les directives de l'Union (2000-34 et 2002-15), qui permettent de faire travailler les chauffeurs &lt;i&gt;60 heures par semaine&lt;/i&gt; pour peu qu'une dur&#233;e moyenne hebdomadaire de travail de 48 heures, &lt;i&gt;calcul&#233;e sur 4 mois&lt;/i&gt;, ne soit pas d&#233;pass&#233;e.&lt;br /&gt; Les salaires journaliers des chauffeurs routiers dans l'Europe des 25 sont actuellement compris entre un maximum de 230 euros et un minimum de 50 euros, &lt;i&gt;soit 4,5 fois moins&lt;/i&gt;. Les temps de conduite maxima observ&#233;s varient quant &#224; eux entre 1 670 heures et 2 100 heures. &lt;i&gt;Le trait&#233; constitutionnel ne permet en rien l'harmonisation par le haut&lt;/i&gt;. Il est au contraire con&#231;u pour encourager le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social entre pays d'Europe et ne laisser d'autre choix aux moins mal lotis socialement que d'accepter le nivellement par le bas ou de voir d&#233;cliner leur pavillon national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports fluviaux, lib&#233;ralis&#233;s depuis 2000 en France, y connaissent une embellie, avec une hausse de leur trafic de 25% depuis 1997. Alors que la lib&#233;ralisation avait provoqu&#233; en Belgique une baisse des prix de 30%, ce ne fut pas le cas en France, o&#249; les revenus pouvaient difficilement descendre plus bas. La raison en est l'impressionnante saign&#233;e qu'avait connue la profession d'artisan batelier, dont les effectifs &#233;taient pass&#233;s de 7 500 en 1973 &#224; moins de 1 000 en 2000, avec la mise &#224; la casse corr&#233;lative de milliers de p&#233;niches.&lt;br /&gt; La p&#233;nurie de &#171; cale &#187; (p&#233;niches disponibles pour charger du fret) qui s'est ensuivie a permis aux artisans survivants de contrecarrer l'abandon de l'affr&#232;tement r&#233;glement&#233; au &#171; tour de r&#244;le &#187; en s'organisant collectivement. La tradition de solidarit&#233; corporative de la profession a suscit&#233; la collecte et la mise &#224; disposition des artisans (entre 10 et 15% du transport fluvial), via des moyens de t&#233;l&#233;communication performants, d'information relatives &#224; la &#171; cale &#187; et aux offres de fret, ce qui a sauvegard&#233; un certain niveau de tarification et de partage du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'ouverture forc&#233;e &#224; la concurrence des r&#233;seaux ferroviaires en Europe a impos&#233; la s&#233;paration artificielle des infrastructures et des services de transport en tant que condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; d'une marchandisation du rail qui, dans l'esprit des trait&#233;s europ&#233;ens successifs, ne devait plus faire exception &#224; la marchandisation g&#233;n&#233;rale du monde. L'OCDE (Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques) a &#233;t&#233; un ma&#238;tre &#224; penser pour l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale, comme l'illustre l'accord intervenu en 1997 &#224; une r&#233;union du Conseil de l'OCDE au niveau minist&#233;riel (C/MIN(97)10) qui visait &#224; &lt;i&gt;&#171; r&#233;former la r&#233;glementation &#233;conomique dans tous les secteurs afin de stimuler la concurrence &#187;&lt;/i&gt; et recommandait en particulier de :&lt;br /&gt;
&#171; (i)	s&#233;parer les activit&#233;s potentiellement concurrentielles des r&#233;seaux de service d'utilit&#233; publique r&#233;glement&#233;s, et proc&#233;der par ailleurs aux restructurations requises pour r&#233;duire la puissance sur le march&#233; des entreprises en place ;&lt;br /&gt;
(ii)	garantir l'acc&#232;s aux r&#233;seaux essentiels &#224; tous les entrants sur le march&#233; dans des conditions de transparence et de non-discrimination &#187;.&lt;br /&gt; On comprend bien qu'il s'agit l&#224; aussi de casser des monopoles publics o&#249; l'existence de collectifs de travail combatifs constitue un obstacle au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social. La s&#233;paration forc&#233;e, dont l'instrument n&#233;o-lib&#233;ral est en France RFF (R&#233;seau ferr&#233; de France), institution parasitaire pour le d&#233;veloppement ferroviaire, a lieu au d&#233;triment de l'efficacit&#233; technique et &#233;conomique du rail, mais aussi de la s&#233;curit&#233; des circulations, comme l'illustre le cas de la Grande-Bretagne depuis 10 ans.&lt;br /&gt; Il est notable que les statuts sociaux ayant &#233;t&#233; bris&#233;s et les syndicats affaiblis, la compagnie nationale britannique ayant &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;e puis vendue &#224; l'encan &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &lt;i&gt;et incomp&#233;tents&lt;/i&gt;, aucune critique de la privatisation du rail en Grande Bretagne n'est cependant venue de la part de la Commission, &#171; gardienne du trait&#233; &#187;. Elle pr&#233;f&#232;re diriger ses foudres vers la SNCF, plus efficace mais dont le tort impardonnable pour elle est d'&#234;tre encore publique et de mettre en &#339;uvre un statut qu'elle juge trop protecteur pour le personnel. Les effectifs de la SNCF ont pourtant d&#233;j&#224; &lt;i&gt;diminu&#233; d'un tiers&lt;/i&gt; depuis 25 ans (- 85 000 emplois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quiconque appr&#233;cie le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social et tient &#224; sa g&#233;n&#233;ralisation ne peut que voter &#171; Oui &#187; d'enthousiasme au trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. De la mise en concurrence &#224; la privatisation, un processus implacable&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les instruments mis en &#339;uvre par l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale, dont le trait&#233; constitutionnel doit parachever l'&#339;uvre, permettent &#224; la Commission d'imposer &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; la privatisation des anciens monopoles publics, selon un processus assez simple.&lt;br /&gt; L'arriv&#233;e de la concurrence dans un secteur appauvrit les &#171; op&#233;rateurs historiques &#187; publics, du fait que leurs concurrents priv&#233;s se limitent aux parties les plus rentables. Les dirigeants des entreprises publiques de ce secteur, id&#233;ologiquement d&#233;j&#224; acquis aux dogmes lib&#233;raux, sont conduits &#224; proc&#233;der &#224; des achats dans les autres pays pour tenter de compenser la diminution de leurs march&#233;s nationaux. Pour cela, ils s'endettent, parfois de mani&#232;re d&#233;lirante, comme l'illustrent les cas de France T&#233;l&#233;com et d'EDF.&lt;br /&gt; Les cons&#233;quences s'encha&#238;nent imm&#233;diatement :&lt;br /&gt;
Les &#201;tats europ&#233;ens r&#233;clament la r&#233;ciprocit&#233; et se font ainsi les meilleurs alli&#233;s de la Commission pour pousser &#224; l'ouverture totale du march&#233; anciennement r&#233;serv&#233; aux monopoles publics, avec un discours l&#233;gitime : &lt;i&gt;&#171; Pas de monopole &#224; l'int&#233;rieur et de monopoly &#224; l'ext&#233;rieur ! &#187;&lt;/i&gt; ;&lt;br /&gt;
Les entreprises publiques appauvries et endett&#233;es n'ont plus les moyens d'investir dans la modernisation de leur outil national ;&lt;br /&gt;
Les gouvernements constatent l'inefficacit&#233; des services publics et appellent &#224; leur privatisation, rejoignant la volont&#233; de leurs technocraties dirigeantes qu'elles justifient par la n&#233;cessit&#233; (non d&#233;montr&#233;e) d'acc&#233;der au march&#233; boursier des capitaux et par celle de conclure des alliances internationales (pour lesquelles la n&#233;cessit&#233; de la privatisation n'est pas plus d&#233;montr&#233;e) ;&lt;br /&gt;
La privatisation devient &#171; in&#233;luctable &#187; apr&#232;s le passage par la fiction de &#171; l'ouverture du capital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un autre instrument puissant de privatisation forc&#233;e et de laminage des garanties sociales est la concurrence pour le march&#233;, inspir&#233;e de ce qui a (si bien !) r&#233;ussi aux chemins de fer britanniques. Voici de quoi il s'agit dans l'exemple des transports.&lt;br /&gt; La Commission propose depuis trois ans un r&#232;glement qui porte sur les services de transports de voyageurs par chemin de fer et par route. Il s'agit de soumettre obligatoirement &#224; appel d'offre les services r&#233;gionaux de transport, donc d'imposer la mise en concurrence. Au Parlement europ&#233;en, ce projet a re&#231;u le soutien des Socialistes et des Verts aussi bien que celui, logique, de la Droite lib&#233;rale. Il pourrait fort bien &#234;tre adopt&#233; d&#232;s juin 2005, sauf si...&lt;br /&gt; Ainsi, en France, les Conseils r&#233;gionaux ne seront, par exemple, plus tenus de faire assurer les services TER par la SNCF, comme le pr&#233;voit encore la loi relative &#224; la solidarit&#233; et au renouvellement urbains (loi &#171; SRU &#187;), mais pourront avoir recours &#224; Connex-Vivendi ou &#224; d'autres d&#233;fenseurs du service public de la m&#234;me farine.&lt;br /&gt; A l'&#233;vidence, toute entreprise r&#233;pondant &#224; un appel d'offres sera pouss&#233;e par la concurrence &#224; utiliser le personnel dans les conditions minimales de chaque pays, ce qui aura des r&#233;percussions sur la s&#233;curit&#233; des circulations. Comme les propositions des entreprises publiques historiques devraient &#234;tre plus ch&#232;res lors des appels d'offres dans leur pays d'appartenance, vu le statut plus favorable de leur personnel, il est probable que le m&#233;canisme fonctionnera ainsi : la SNCF perdra des appels d'offres en France contre les entreprises priv&#233;es utilisant le personnel aux conditions minimales du Code du travail fran&#231;ais ; elle utilisera alors ses comp&#233;tences techniques &#224; l'&#233;tranger pour remporter des appels d'offres locaux gr&#226;ce &#224; l'utilisation de personnels &#171; nationaux &#187;.&lt;br /&gt; L'&#233;tablissement public SNCF verra son activit&#233; diminuer en France et la prolongera &#224; l'&#233;tranger sous statut priv&#233; par l'interm&#233;diaire d'une filiale. Cependant, comme il dispose de moins de marge de man&#339;uvre qu'une entreprise priv&#233;e (endettement, absence d'autonomie), il perdra progressivement sa substance en d&#233;croissant plus vite en France qu'il ne cro&#238;tra &#224; l'&#233;tranger et le nivellement des statuts des cheminots europ&#233;ens se fera par le bas. C.Q.F.D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4. Les enjeux &#233;nerg&#233;tiques et &#233;cologiques de la politique europ&#233;enne des transports&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports sont le deuxi&#232;me secteur le plus consommateur d'&#233;nergie en France, derri&#232;re le r&#233;sidentiel-tertiaire et devant l'industrie. Ils ont repr&#233;sent&#233; 32% de la consommation totale d'&#233;nergie finale en 2003 et, au sein de celle-ci, 67% de la consommation finale de produits p&#233;troliers, ce qui les place de loin au premier rang des secteurs d&#233;pendants du p&#233;trole, le deuxi&#232;me &#233;tant occup&#233; par l'ensemble r&#233;sidentiel-tertiaire (21%).&lt;br /&gt; Les modes de transport ont des rendements &#233;nerg&#233;tiques tr&#232;s diff&#233;renci&#233;s. Compte tenu des taux r&#233;els d'occupation, une m&#234;me d&#233;pense d'&#233;nergie permet &#224; un voyageur de parcourir en TGV une distance 4,5 plus grande qu'en voiture et 9,5 plus grande qu'en avion. Pour les d&#233;placements urbains, la distance possible est 11 fois plus importante en tramway et 2,5 fois plus importante en bus qu'en voiture. Quant &#224; la tonne de fret, elle parcourt avec la m&#234;me consommation d'&#233;nergie 5 fois plus de distance par cabotage maritime, 4 fois plus par train entier et 2 fois plus par voie fluviale, qu'en poids lourd. Ce dernier est cependant 20 fois meilleur que l'avion cargo en trafic int&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vade-mecum de l'&#233;valuation des efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et environnementales...&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le transport a&#233;rien pour de courts trajets int&#233;rieurs constitue donc, pour les voyageurs et le fret, une aberration &#233;nerg&#233;tique et environnementale... que la politique des transports europ&#233;enne incite &#224; d&#233;velopper, comme l'illustre le soutien aux compagnies &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;. La Direction g&#233;n&#233;rale des transports de la Commission se f&#233;licite que le nombre de lignes exploit&#233;es ait doubl&#233; depuis 1992. Il en est de m&#234;me pour l'augmentation du transport routier, dont la r&#233;gulation sociale d&#233;faillante est tr&#232;s pris&#233;e des &#171; forces du march&#233; &#187;, malgr&#233; ses effets d&#233;l&#233;t&#232;res sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a la politique europ&#233;enne des transports &lt;i&gt;affich&#233;e&lt;/i&gt; par la Commission sur son site Internet et dans ses diverses publications, comme son dernier Livre blanc de septembre 2001, farci d'incantations au d&#233;veloppement durable et au report de trafic routier vers le rail... Et puis il y a sa politique &lt;i&gt;r&#233;ellement existante&lt;/i&gt;, celle que le trait&#233; constitutionnel va permettre de poursuivre ind&#233;finiment et qui a pour cons&#233;quence la baisse du transport ferroviaire et l'explosion du transport routier. Le transport de fret dans l'union se r&#233;partit d&#233;sormais ainsi : 44% par la route, 41% par le cabotage maritime, 8% par le rail et 4% par la voie fluviale. Quant au transport de voyageurs, la route s'en accapare 79% contre 6% pour le rail et 5% pour l'avion. L'augmentation des trafics routiers a &#233;t&#233; sup&#233;rieure &#224; 20% pour les voyageurs et &#224; 30% pour les marchandises entre 1990 et 2001, faisant plus qu'annuler les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s sur les moteurs des v&#233;hicules en termes de consommation et d'&#233;missions de gaz carbonique (CO2). Cons&#233;cutivement, les rejets de gaz &#224; effet de serre (GES) des transports en Europe ont augment&#233; de pr&#232;s de 25% durant cette p&#233;riode et repr&#233;sentent d&#233;sormais 28% du total, dont 84% sont dus au transport routier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En France m&#234;me, les transports constituent le premier secteur de l'&#233;conomie pour les &#233;missions humaines de GES, avec 27% d'un total de 554 millions de tonnes d'&#233;quivalent CO2 (la route repr&#233;sente 92% des rejets des transports, soit 25% du total), loin devant le second secteur qui est l'industrie manufacturi&#232;re (21% du total). Il s'agit du secteur o&#249; les &#233;missions croissent le plus vite (+ 23% de 1990 &#224; 2002), celles du r&#233;sidentiel-tertiaire occupant la seconde place (+ 9%) et celles de l'industrie ayant d&#233;cru de 19% sur la m&#234;me p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport d'inventaire national des &#233;missions de polluants atmosph&#233;riques en...&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Corr&#233;lativement aux efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques, les rejets de CO2 sont tr&#232;s variables selon les modes de transports : en France, un voyageur rejette 180 grammes de CO2 par kilom&#232;tre en avion (trajet int&#233;rieur), 112 grammes en voiture et 6 grammes en train ; une tonne de marchandise rejette 133 grammes de CO2 par kilom&#232;tre en poids lourd, 38 grammes par la voie d'eau et 6 grammes en train&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : ADEME (Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie).&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importance de l'enjeu du report de trafics vers les modes moins nuisants par une politique des transports rationnelle appara&#238;t clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Enfin, les pollutions locales d'origine routi&#232;re ont d&#233;j&#224; des impacts sanitaires consid&#233;rables ; elles seraient, en France, directement responsables, en moyenne annuelle, de 17 600 d&#233;c&#232;s pr&#233;matur&#233;s - bien plus que l'ins&#233;curit&#233; routi&#232;re - et de 13,7 millions de journ&#233;es d'incapacit&#233; de travail, pour un &#171; co&#251;t &#233;conomique &#187; &#233;quivalant &#224; 1,7% du PIB national&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) publi&#233;e en septembre 2000...&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le trait&#233; constitutionnel, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, rejette sur la collectivit&#233; les co&#251;ts de la politique n&#233;o-lib&#233;rale europ&#233;enne des transports&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports fa&#231;onnent les territoires, l'urbanisme, les modes de vie... et sont fa&#231;onn&#233;s par eux. Le discours dominant repris par le trait&#233; constitutionnel pose comme axiome, pour se dispenser de toute d&#233;monstration, que la libre circulation des marchandises et donc l'augmentation corr&#233;lative des transports sont indispensables &#224; la croissance &#233;conomique, sans remettre d'ailleurs en question cette derni&#232;re en tant que condition suffisante au bien-&#234;tre (article III-130 sur le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;alit&#233;, &lt;i&gt;l'accroissement des d&#233;placements de marchandises n'est pas un fait in&#233;luctable, mais une caract&#233;ristique du capitalisme et notamment de son stade actuel n&#233;o-lib&#233;ral&lt;/i&gt;. Il s'agit de l'un des piliers sur lesquels reposent les gains de productivit&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies dans l'industrie et la grande distribution. Les m&#233;thodes modernes de gestion (&#171; z&#233;ro stock &#187;, &#171; flux tendu &#187; ou &#171; juste &#224; temps &#187;) conduisent &#224; multiplier les transports pour suivre au plus pr&#232;s l'utilisation des marchandises, qu'il s'agisse de production ou de commercialisation, plut&#244;t qu'&#224; massifier le transport par du stockage. Les &#233;conomies de gestion des stocks d&#233;coulent ainsi de la circulation d'un flux ininterrompu de v&#233;ritables &#171; stocks roulants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La possibilit&#233; de multiplier sans limite les flux conf&#232;re aussi un aspect secondaire &#224; la localisation de la production ; elle permet de scinder la cha&#238;ne de production en autant de maillons que n&#233;cessaire pour les localiser, au cas par cas, en des lieux judicieusement choisis afin de minimiser les charges sociales, fiscales ou environnementales de production. En 1993, un rapport de l'Institut allemand de Wuppertal a montr&#233; que les diff&#233;rents ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la fabrication d'un simple pot de yaourt aux fraises parcouraient un cumul de 3 500 kilom&#232;tres avant d'&#234;tre r&#233;unis. On conna&#238;t aussi l'histoire de cet industriel allemand qui envoie ses pommes de terre se faire laver et d&#233;couper en Italie pour les rapatrier ensuite et les revendre en Allemagne, ou encore l'aberrant p&#233;riple des crevettes danoises, achemin&#233;es &#224; travers les Pyr&#233;n&#233;es jusqu'au Maroc o&#249; elles seront d&#233;cortiqu&#233;es &#224; bas prix, puis renvoy&#233;es au Danemark d'o&#249; elles repartiront vers leurs lieux de commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette &#171; optimisation &#233;conomique &#187; est rendue possible par la sous tarification du transport due &#224; un exc&#233;dent global de l'offre, qui fait de celui-ci une variable d'ajustement de d&#233;cisions &#233;conomiques prises dans la production et la commercialisation, dont le transport est charg&#233; d'assumer les tensions et les contradictions. Cette offre surabondante d&#233;coule, comme on l'a montr&#233;, de la d&#233;r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du secteur, mais aussi de la quasi-gratuit&#233;, pour les industriels chargeurs, des impacts consid&#233;rables des transports sur l'environnement et la vie des populations. C'est ce que le trait&#233; constitutionnel entend poursuivre de plus belle. &lt;i&gt;Les transports resteront ainsi un moyen privil&#233;gi&#233; de transf&#233;rer des co&#251;ts priv&#233;s vers l'ensemble de la collectivit&#233;&lt;/i&gt; car parmi les activit&#233;s suscit&#233;es par la primaut&#233; de l'&#233;conomie dans le capitalisme, ils constituent la seule &#224; se d&#233;ployer en totalit&#233; dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon une &#233;tude r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude r&#233;alis&#233;e conjointement par deux instituts de recherche ind&#233;pendants,...&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les effets des transports sur l'homme et l'environnement - effets dits &#171; externes &#187;, car non pris en compte par le march&#233; - dans l'Union europ&#233;enne &#224; 15 plus la Suisse et la Norv&#232;ge, repr&#233;sentent un co&#251;t pour la collectivit&#233; &#233;quivalent &#224; 7,3% du PIB de cet ensemble de pays, soit l'ordre de grandeur de la contribution des transports au PIB europ&#233;en (10%). Ce co&#251;t a augment&#233; de plus de 12% en monnaie constante depuis 1995 sous l'effet de la croissance des volumes transport&#233;s par la route et l'avion, car la route est &#224; elle seule responsable de 83,7% de ces co&#251;ts et l'avion de 14%, alors que 1,9% sont attribuables au rail et 0,4% &#224; la voie navigable. A prestation comparable, c'est-&#224;-dire en rapportant ces co&#251;ts au trafic de chaque mode de transport, on constate par exemple que les co&#251;ts externes relatifs au rail sont 3,3 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux de la voiture particuli&#232;re pour le transport des passagers et 4 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux du poids lourd pour le transport de fret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6. La politique des transports que nous voulons est interdite par le trait&#233; constitutionnel&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le cadre europ&#233;en serait tout &#224; fait pertinent pour d&#233;finir et mettre en &#339;uvre des politiques publiques des transports volontaristes, comportant par exemple :&lt;br /&gt;
L'organisation d'un service public europ&#233;en des transports multimodal efficace, d&#233;mocratiquement contr&#244;l&#233; et accessible aux plus modestes ;&lt;br /&gt;
La solidarit&#233; entre les territoires et entre les populations par la p&#233;r&#233;quation ;&lt;br /&gt;
Le contr&#244;le technique et social des transports maritimes, a&#233;riens et routiers ;&lt;br /&gt;
La r&#233;duction de la consommation d'&#233;nergie par les transports en g&#233;n&#233;ral et tout particuli&#232;rement d'&#233;nergie d'origine fossile ;&lt;br /&gt;
La r&#233;duction des pollutions et nuisances r&#233;gionales et locales des transports ;&lt;br /&gt;
La pr&#233;vention vis-&#224;-vis du r&#233;chauffement climatique d&#251; aux transports par une diminution forte de leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, notamment le CO2 ;&lt;br /&gt;
L'&#233;limination des d&#233;placements inutiles, tant pour les voyageurs que pour le fret ;&lt;br /&gt;
Le report des d&#233;placements n&#233;cessaires sur les modes les moins nuisants ;&lt;br /&gt;
La r&#233;alisation de r&#233;seaux transeurop&#233;ens de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien entendu, le cadre europ&#233;en s'imposerait en particulier pour financer ces politiques publiques. L'article III-246 du trait&#233; constitutionnel pr&#233;voit certes, &#224; l'instar de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, que &lt;i&gt;&#171; l'Union contribue &#224; l'&#233;tablissement et au d&#233;veloppement de r&#233;seaux transeurop&#233;ens dans les secteurs des infrastructures du transport, des t&#233;l&#233;communications et de l'&#233;nergie &#187;&lt;/i&gt;. C'est toutefois seulement &lt;i&gt;&#171; dans le cadre d'un syst&#232;me de march&#233;s ouverts et concurrentiels &#187;&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;&#171; l'action de l'Union&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vise &#224; favoriser l'interconnexion et l'interop&#233;rabilit&#233; des r&#233;seaux nationaux ainsi que l'acc&#232;s &#224; ces r&#233;seaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; En vue de r&#233;aliser le r&#233;seau transeurop&#233;en de transport (RTE-T), une liste de 30 projets &#224; r&#233;aliser en priorit&#233; d'ici 2020 a &#233;t&#233; fix&#233;e en avril 2004, repr&#233;sentant 225 milliards d'euros d'investissements. Elle a succ&#233;d&#233; &#224; la &#171; liste d'Essen &#187; de 1994 qui comportait 14 projets prioritaires, de plus grande ampleur, pour l'essentiel non r&#233;alis&#233;s. Les investissements n&#233;cessaires pour l'ensemble du RTE-T s'&#233;l&#232;vent d&#233;sormais &#224; 600 milliards d'euros en incluant les projets non prioritaires, dont 100 milliards dans les 10 pays nouveaux entrants de 2004. L'Union propose de consacrer 20,35 milliards d'euros au RTE-T pour la p&#233;riode 2007-2013, soit un financement communautaire moyen de seulement 14,5% par projet, alors que le maximum autoris&#233; est de 20%, pouvant &#234;tre port&#233; &#224; 50% pour certains projets transfrontaliers. Au regard des besoins, &lt;i&gt;ce montant est tr&#232;s insuffisant&lt;/i&gt; pour contribuer significativement &#224; financer les infrastructures et l'interop&#233;rabilit&#233; des r&#233;seaux, comme l'envisage l'article III-247 du trait&#233;. De plus, une telle participation supposerait d&#233;j&#224; un budget de l'Union s'&#233;levant &#224; 1,14% de son PIB, alors que la France et l'Allemagne, notamment, s'arc-boutent sur le taux de 1% fix&#233; depuis 2004, contre 1,27% auparavant. Cette d&#233;cision &#233;tant de nature fiscale, elle requiert, selon le trait&#233; constitutionnel comme ant&#233;rieurement, l'unanimit&#233; des 25 pour &#234;tre modifi&#233;e. On peut donc, &#224; l'instar de nombreux d&#233;put&#233;s europ&#233;ens de diverses tendances, estimer que la plupart des projets du RTE-T resteront virtuels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce qui concerne les privatisations des &#233;tablissements publics de transport, on croyait savoir que : &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sent trait&#233; ne pr&#233;juge en rien le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; dans les &#201;tats membres &#187;&lt;/i&gt; (article 222 du trait&#233; de Maastricht, repris comme article 295 du trait&#233; d'Amsterdam puis comme article III-425 du trait&#233; constitutionnel). Mais la &#171; gardienne du trait&#233; &#187; illustre sa gestion id&#233;ologique des autorisations d'aides publiques en n'autorisant le versement par l'&#201;tat &#224; la SNCF de 800 millions d'euros d'aide pour la restructuration de sa branche Fret que si les comptes de cette activit&#233; sont totalement s&#233;par&#233;s de ceux de la SNCF et si est nomm&#233; &#224; sa t&#234;te un &#171; directeur autonome &#187;, donc &#224; condition que le fret SNCF soit d&#251;ment filialis&#233;. Pour avoir droit aux aides d'&#201;tat, il ne faut pas &#234;tre sous statut public ; c'est ainsi que la Commission con&#231;oit l'indiff&#233;rence au r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;.&lt;br /&gt; Le &#171; Plan fret 2004-2006 &#187; s'inscrit pourtant bien dans la politique n&#233;o-lib&#233;rale des transports. Il consiste en effet pour la SNCF &#224; se d&#233;faire de la plus grande partie du trafic ferroviaire local, au prix de &lt;i&gt;la mise sur route de plus d'un million de poids lourds suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt; depuis le d&#233;but de la mise en &#339;uvre du Plan, afin de se sp&#233;cialiser sur les trains massifs de grands parcours qui empruntent les grands corridors internationaux. Il s'agit de privil&#233;gier les trains utiles aux industriels qui entendent profiter de l'&#233;largissement de l'Union vers l'Est pour d&#233;localiser tout ou partie de leur production vers des pays &#224; bas co&#251;t de main-d'&#339;uvre. Si ces chargeurs, le moment venu, sont pr&#234;ts &#224; payer au prix fort les p&#233;ages demand&#233;s par les &#171; gestionnaires d'infrastructures ferroviaires &#187; europ&#233;ens sur les lignes tr&#232;s charg&#233;es, il fait peu de doute que les trains de voyageurs du service public seront convi&#233;s &#224; s'effacer devant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et les &#171; lois du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une mani&#232;re efficace d'enrayer l'explosion du trafic des poids lourds en Europe tout en assurant de meilleures conditions sociales aux chauffeurs consisterait &#224; harmoniser par le haut la l&#233;gislation sociale dans ce secteur. D'une part, de telles dispositions supprimeraient les avantages actuellement conf&#233;r&#233;s aux Etats les moins-disants socialement et, d'autre part, le rench&#233;rissement corr&#233;latif des transports serait une incitation &#224; limiter les d&#233;placements inutiles. De m&#234;me, la mise en &#339;uvre d'un statut europ&#233;en des travailleurs du rail pourrait emp&#234;cher le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social dans le mode ferroviaire, encourag&#233; pour l'instant par la mise en concurrence forc&#233;e des op&#233;rateurs historiques publics. Des dispositifs analogues, porteurs des m&#234;mes effets positifs sur la r&#233;duction des d&#233;placements, sont urgents dans les transports maritimes et de plus en plus n&#233;cessaires dans l'a&#233;rien. L'article III-210 (paragraphe 2, point a) du trait&#233; constitutionnel, relatif &#224; la politique sociale dans l'Union, r&#233;sout radicalement la question : &lt;i&gt;l'harmonisation sociale est interdite&lt;/i&gt;. En effet, la l&#233;gislation europ&#233;enne peut &lt;i&gt;&#171; encourager la coop&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; en vue d'&lt;i&gt;&#171; am&#233;liorer les connaissances &#187;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#171; &#233;changer des informations &#187;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;&#171; promouvoir des approches novatrices &#187;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#171; &#233;valuer des exp&#233;riences &#187;&lt;/i&gt; mais tout cela &lt;i&gt;&#171; &#224; l'exclusion de toute harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires des Etats membres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les divergences de l&#233;gislation sociale entre Etats de l'Union constituent en r&#233;alit&#233; autant de distorsions de concurrence en faveur des Etats les moins-disants socialement. Il appara&#238;t &#224; l'&#233;vidence que dans le trait&#233; constitutionnel, non seulement ces distorsions-l&#224; ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme portant atteinte &#224; la sacro-sainte &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, mais pire encore que &lt;strong&gt;le caract&#232;re &#171; libre et non fauss&#233; &#187; de la concurrence ne sert &#224; influer sur la l&#233;gislation europ&#233;enne que dans le sens d'un nivellement par le bas des garanties sociales des travailleurs europ&#233;ens.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On peut aussi consid&#233;rer que l'Europe serait le cadre ad&#233;quat pour harmoniser les taxes sur les carburants, afin d'encourager le recours aux modes de d&#233;placements les moins polluants ou les moins &#233;metteurs de CO2. Cela pourrait notamment s'appliquer &#224; la mise en place d'une taxation du k&#233;ros&#232;ne a&#233;rien, actuellement d&#233;tax&#233; alors que la contribution des avions &#224; l'effet de serre devient significative. Dans la mesure o&#249; il s'agit, l&#224; aussi, de dispositions fiscales, pour lesquelles l'unanimit&#233; des 25 Etats europ&#233;ens est requise par le trait&#233; constitutionnel, on peut toujours r&#234;ver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On a mis en &#233;vidence l'incompatibilit&#233; de la protection de l'environnement avec la multiplication des transports qui r&#233;sulte du libre-&#233;changisme d&#233;brid&#233; et des d&#233;localisations. Pour conna&#238;tre la priorit&#233; que fixe le trait&#233; constitutionnel entre ces deux aspects, il suffit de se r&#233;f&#233;rer au pr&#233;ambule de sa partie II, la &#171; Charte des droits fondamentaux &#187; qui stipule : &lt;i&gt;&#171; elle &lt;/i&gt;[l'Union]&lt;i&gt; cherche &#224; promouvoir un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/i&gt; Si l'on sait lire, les expressions &#171; chercher &#224; promouvoir &#187; et &#171; assurer &#187; n'ont pas du tout la m&#234;me force ni les m&#234;mes cons&#233;quences sur l'action r&#233;elle de l'Union europ&#233;enne !&lt;br /&gt; Dans le trait&#233; constitutionnel, le r&#232;gne de la &#171; libre circulation des marchandises &#187; est instaur&#233; en particulier (car il en beaucoup question dans l'ensemble du texte) par les articles III-151 &#224; III-155. L'article III-153 stipule : &lt;i&gt;&#171; Les restrictions quantitatives tant &#224; l'importation qu'&#224; l'exportation, ainsi que toutes mesures d'effet &#233;quivalent, sont interdites entre les Etats membres. &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; qui est clair et net, mais l'article III-154 para&#238;t att&#233;nuer la rudesse du pr&#233;c&#233;dent en ce qui concerne la protection des personnes et de l'environnement : &lt;i&gt;&#171; L'article III-153 ne fait pas obstacle aux interdictions ou restrictions d'importation, d'exportation ou de transit justifi&#233;es par des raisons (...) de s&#233;curit&#233; publique, de protection de la sant&#233; et de la vie des personnes et des animaux ou de pr&#233;servation des v&#233;g&#233;taux (...). &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s bien, mais il ne faut pas oublier de lire la phrase suivante : &lt;i&gt;&#171; Toutefois, ces interdictions ou restrictions ne doivent constituer ni un moyen de discrimination arbitraire ni une restriction d&#233;guis&#233;e dans le commerce entre les Etats membres. &#187;&lt;/i&gt; Qui d&#233;cide si une mesure de protection de la vie et de l'environnement constitue une telle &#171; restriction d&#233;guis&#233;e au commerce &#187; ? R&#233;ponse : la Commission, puisque l'Union poss&#232;de cette &#171; comp&#233;tence exclusive &#187;. Alors que les cons&#233;quences de la circulation des marchandises sur la qualit&#233; des vie des citoyens sont consid&#233;rables, la &#171; gardienne du trait&#233; &#187;, si ind&#233;pendante comme on le sait des int&#233;r&#234;ts financiers et industriels, permet finalement &#224; ceux-ci de d&#233;terminer, sur la base de la bonne volont&#233; spontan&#233;e de leurs mandants, l'environnement dans lequel les populations ont le droit de (sur)vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne s'agit pas l&#224; d'un proc&#232;s d'intention, car le choix explicite du trait&#233; est par exemple d&#233;j&#224; bien illustr&#233; par le cas de l'Autriche. Celle-ci, lors de son entr&#233;e dans l'Union en 1995, avait born&#233; le transit des poids lourds sur son territoire &#224; 1,7 millions de v&#233;hicules par an, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup mais lui permettait de limiter un peu la pollution dans ses vall&#233;es alpines sensibles. La Commission n'a eu de cesse que d'abattre cette entrave sacril&#232;ge au r&#232;gne de la &#171; libre circulation des marchandises &#187; et a fini par imposer la suppression de tout plafond en 2003. N'a &#233;t&#233; maintenu qu'un syst&#232;me tr&#232;s assoupli et provisoire d'&#171; &#233;copoints &#187; (quotas d'&#233;missions de gaz polluants distribu&#233;s aux transporteurs routiers) qui, selon les autorit&#233;s autrichiennes, &lt;i&gt;&#171; n'apporte rien sur le plan &#233;cologique tout en &#233;tant tr&#232;s co&#251;teux &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; n'incite pas les transporteurs routiers &#224; quitter la route pour prendre le rail &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; Il ne faut surtout pas oublier que l'une des raisons principales qui dissuade toujours les Suisses d'entrer dans l'Union europ&#233;enne est leur volont&#233; de conserver le droit de prot&#233;ger leurs montagnes contre le d&#233;ferlement des poids lourds...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Des possibilit&#233;s existent pour inciter &#224; moins polluer tout en collectant des fonds pour d&#233;velopper des transports propres et en amenant les chargeurs &#224; y recourir. C'est le cas de la taxe pour l'utilisation des autoroutes par les poids lourds mise en place en Allemagne le 1er janvier 2005 (&lt;i&gt;Lkw-Maut&lt;/i&gt;). Elle tient compte des parcours r&#233;ellement effectu&#233;s et de la motorisation plus ou moins polluante des v&#233;hicules, gr&#226;ce &#224; un bo&#238;tier &#233;lectronique embarqu&#233; qui enregistre les d&#233;placements, les transmets par radio et permet une facturation directe aux transporteurs. Il serait tout &#224; fait pertinent de la g&#233;n&#233;raliser en Europe. Mais la forte sensibilit&#233; de la Commission au lobby patronal routier sur-repr&#233;sent&#233; &#224; Bruxelles, facilit&#233;e par le caract&#232;re non d&#233;mocratique et l'opacit&#233; de ses d&#233;cisions, n'a pas permis jusqu'&#224; pr&#233;sent d'&#233;laborer une directive &#171; Eurovignette &#187; digne de ce nom, susceptible de fournir un cadre europ&#233;en au syst&#232;me allemand. Le trait&#233; constitutionnel, obs&#233;d&#233; par la libre circulation des marchandises, ne risque pas de faciliter cette g&#233;n&#233;ralisation, des voix s'&#233;levant m&#234;me d&#233;j&#224; &#224; la Commission pour condamner ce syst&#232;me au nom de la libre circulation des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Concernant la pollution plan&#233;taire, l'Europe du trait&#233; constitutionnel veut bien lutter contre le changement climatique, mais &#224; condition que le sacro-saint &#171; March&#233; &#187; m&#232;ne la danse. La Commission a cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces un march&#233; des permis d'&#233;missions de CO2 par pays, qui ne sont autres que des droits &#224; polluer (quotas) attribu&#233;s au d&#233;part. Un pollueur pourra en acheter s'il lui en manque pour atteindre ses objectifs, ou bien en vendre s'il n'utilise pas tous les siens parce qu'il sera parvenu, par des dispositions ad&#233;quates, &#224; faire mieux que pr&#233;vu. Dans ce cadre, une &#171; bourse &#187; europ&#233;enne d'&#233;change &#224; terme des quotas d'&#233;mission a &#233;t&#233; mise en place, avant m&#234;me que ceux-ci n'aient &#233;t&#233; attribu&#233;s. Le syst&#232;me est tr&#232;s complexe et s'accompagne d'une consid&#233;rable inflation administrative qui le rend totalement opaque et incontr&#244;lable par les citoyens. Au surplus, seules les installations industrielles, d&#233;clar&#233;es par chaque &#201;tat, sont concern&#233;es par ce syst&#232;me et &lt;i&gt;pas le secteur des transports&lt;/i&gt;, responsable de 28% des rejets. La libre circulation des marchandises n'a vraiment pas de prix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transfert &#224; la collectivit&#233; de la charge des co&#251;ts externes des transports sur l'environnement, &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, constitue aussi &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; une distorsion de concurrence entre modes de transport, qui favorise les plus polluants. Mais pas davantage que les &#233;carts de conditions sociales entre Etats, le trait&#233; constitutionnel ne consid&#232;re cela comme contraire &#224; la fameuse &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;. Le Livre blanc de la Commission de septembre 2001 sur la politique des transports dans l'Union &#224; l'horizon 2010 a bien pu chanter la messe du report du trafic routier vers le cabotage maritime, le rail et la voie fluviale, on ne trouve rien d'op&#233;ratoire &#224; cet &#233;gard dans le trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'article III-172 du trait&#233; constitue une belle anthologie de ce qu'il emp&#234;che en mati&#232;re de protection des personnes et de l'environnement, aussi bien que de ce qu'il permet aux merveilleuses &#171; forces du march&#233; &#187;. D'abord, le principe de base : la l&#233;gislation europ&#233;enne vise &lt;i&gt;&#171; au rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres qui ont pour objet l'&#233;tablissement ou le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt; Ensuite, l'incantation pieuse : &lt;i&gt;&#171; La Commission, dans ses propositions (...) en mati&#232;re de sant&#233;, de protection de l'environnement et de protection des consommateurs, prend pour base un niveau de protection &#233;lev&#233; en tenant compte notamment de toute nouvelle &#233;volution fond&#233;e sur des faits scientifiques. &#187;&lt;/i&gt; Puis, ce qui se passe si les textes europ&#233;ens sont contradictoires avec une telle protection : &lt;i&gt;&#171; si (...) un Etat membre estime n&#233;cessaire d'introduire des dispositions nationales fond&#233;es sur des preuves scientifiques nouvelles &lt;/i&gt;[soulign&#233; par nous]&lt;i&gt; relatives &#224; la protection de l'environnement ou du milieu de travail (...), il notifie &#224; la Commission les dispositions envisag&#233;es ainsi que leur motivation. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, qui d&#233;cide finalement : &lt;i&gt;&#171; Dans un d&#233;lai de six mois apr&#232;s les notifications (...), la Commission adopte une d&#233;cision europ&#233;enne approuvant ou rejetant les dispositions nationales en cause apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; si elles sont ou non un moyen de discrimination arbitraire ou une restriction d&#233;guis&#233;e dans le commerce entre Etats membres &lt;/i&gt;[encore !]&lt;i&gt; et si elles constituent ou non une entrave au fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; On a bien lu ; m&#234;me si sont produites des preuves scientifiques que le &#171; fonctionnement libre du march&#233; &#187; est mortel, la souverainet&#233; irresponsable de la Commission l'autorise &#224; juger qu'il ne faut pas en tenir compte car le commerce et le march&#233; priment sur tout le reste. La volont&#233; politique l'emporte sur la v&#233;rit&#233; scientifique et Socrate doit boire la cigu&#235; ! Cela porte un nom : le totalitarisme. Voil&#224; comment le trait&#233; constitutionnel peut vous obliger &#224; respirer le fumet des gaz d'&#233;chappement des camions et aussi pourquoi, par exemple, il peut permettre &#224; Novartis de vous faire ingurgiter des OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dire &#171; Non &#187; au trait&#233; constitutionnel pour pouvoir &#233;laborer une autre politique europ&#233;enne des transports&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me s'ils ont des motifs l&#233;gitimes de se plaindre de leurs services publics de transport, soumis depuis fort longtemps au &lt;i&gt;talon de fer&lt;/i&gt; de la rentabilit&#233; marchande, il est important, avant qu'il ne soit trop tard pour r&#233;agir, que les citoyens fran&#231;ais ne tombent pas dans le pi&#232;ge qui consiste &#224; accepter le sacrifice des outils publics sur l'autel de l'int&#233;gration europ&#233;enne, au motif que le &#171; march&#233; &#187; saura corriger leurs dysfonctionnements. &lt;i&gt;Cette &#171; correction &#187; n'a &#233;t&#233; constat&#233;e nulle part, bien au contraire&lt;/i&gt;. C'est sans doute pourquoi la Commission s'est toujours d&#233;rob&#233;e &#224; toute &#233;valuation d&#233;mocratique des effets r&#233;els de la politique n&#233;o-lib&#233;rale des transports qu'elle promeut dans l'Union depuis une vingtaine d'ann&#233;es et que le trait&#233; constitutionnel veut d&#233;sormais rendre intangible. Ce dernier, en effet, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, n'impose rien en mati&#232;re d'&#233;valuation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante des politiques de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon le trait&#233;, la &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, cit&#233;e plusieurs dizaines de fois, constitue &#171; l'alpha et l'om&#233;ga &#187; de la politique europ&#233;enne, alors que l'efficacit&#233; sociale et environnementale des transports n&#233;cessite la mise en &#339;uvre d'un processus de coordination au plan national et de coop&#233;ration au plan europ&#233;en, et non pas davantage de concurrence. Cela suppose des politiques publiques, actuellement priv&#233;es de leurs indispensables moyens du fait des options des gouvernements successifs et de la Commission. Ce sont donc ces options qu'il convient de mettre radicalement en cause et ces moyens qu'il faut exiger, afin de mettre progressivement en &#339;uvre &lt;i&gt;un service public europ&#233;en des transports&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me s'il ne garantit rien en soi, seul le &#171; Non &#187; peut permettre d'interrompre l'avanc&#233;e inexorable du &lt;i&gt;bulldozer&lt;/i&gt; n&#233;o-lib&#233;ral et de d&#233;battre d&#233;mocratiquement d'une autre politique des transports.&lt;br /&gt; Entre un possible retour de l'Histoire et sa glaciation certaine pour des d&#233;cennies au profit de ceux qui manipulent les pr&#233;tendues &#171; forces du march&#233; &#187; - le patronat europ&#233;en et ses serviteurs &#233;tatiques ou &#224; la Commission europ&#233;enne - et au d&#233;triment de nos conditions de vie, il n'y a pas &#224; h&#233;siter &#224; choisir le premier terme de l'alternative : c'est &#171; Non &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;dig&#233; par Philippe M&#252;hlstein, du Conseil scientifique d'Attac-France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un r&#232;glement europ&#233;en est directement applicable dans le droit national et obligatoire dans tous ses aspects, alors qu'une directive n&#233;cessite un ou des textes l&#233;gislatifs nationaux de transposition ; ces textes prennent respectivement les noms de &#171; loi &#187; et de &#171; loi-cadre &#187; dans le trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Livres vert et blanc sont des rapports europ&#233;ens visant &#224; pr&#233;parer des d&#233;cisions l&#233;gislatives, mais alors qu'un Livre vert est soumis &#224; consultation des parties int&#233;ress&#233;es et peut &#234;tre amend&#233; (selon le bon vouloir de la Commission), un Livre blanc n'est qu'un rapport d'information, non amendable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La l&#233;gislation europ&#233;enne a impos&#233; que l'infrastructure ferroviaire (les rails) soit plac&#233;e sous la responsabilit&#233; d'un gestionnaire d'infrastructure, dit GI, dans chaque pays ; de fa&#231;on distincte, les activit&#233;s ferroviaires (les services de transport) sont assur&#233;es par des entreprises ferroviaires, dites EF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vade-mecum de l'&#233;valuation des efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et environnementales du secteur des transports en 2000, Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie (ADEME), d&#233;cembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport d'inventaire national des &#233;missions de polluants atmosph&#233;riques en France (format SECTEN), Centre interprofessionnel technique d'&#233;tude de la pollution atmosph&#233;rique (CITEPA), f&#233;vrier 2004. Cet inventaire ne tient pas compte des transports internationaux a&#233;riens et maritimes, bien que les rejets du transport a&#233;rien puissent &#234;tre estim&#233;s &#224; 3% du total et &#224; 13% de ceux de l'ensemble des transports. On estime par ailleurs que l'impact &#171; effet de serre &#187; des rejets de CO2 par un avion &#224; haute altitude est 2,5 fois plus &#233;lev&#233; qu'au sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : ADEME (Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) publi&#233;e en septembre 2000 par la revue scientifique m&#233;dicale britannique The Lancet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude r&#233;alis&#233;e conjointement par deux instituts de recherche ind&#233;pendants, l'un allemand (IWW, Universit&#233; de Karlsruhe) et l'autre suisse (INFRAS, Z&#252;rich), et pr&#233;sent&#233;e le 6 octobre 2004 &#224; la Commission et au Parlement europ&#233;ens. Cette &#233;tude porte sur l'ann&#233;e 2000 et actualise une &#233;tude ant&#233;rieure des deux m&#234;mes instituts qui portait sur l'ann&#233;e 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>La marine marchande</title>
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&lt;p&gt;Les politiques sectorielles de l'Union europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt; LA MARINE MARCHANDE &lt;br class='autobr' /&gt;
29 f&#233;vrier 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
INTRODUCTION- &lt;br class='autobr' /&gt;
Si la quasi totalit&#233; des secteurs marchands d&#233;pend &#224; un moment ou &#224; un autre du domaine maritime, l'importance donn&#233;e par les politiques nationales successives &#224; ce domaine n'est en rien proportionnelle &#224; son implication commerciale. Pour exemple, les d&#233;penses de l'Etat fran&#231;ais en infrastructures entre 1980 et 2003, pour le maritime et l'a&#233;rien cumul&#233;s, repr&#233;sentent 7,5 % des d&#233;penses...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Autres-groupes-+" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les politiques sectorielles de l'Union europ&#233;enne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;LA MARINE MARCHANDE&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;29 f&#233;vrier 2005&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;INTRODUCTION-&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la quasi totalit&#233; des secteurs marchands d&#233;pend &#224; un moment ou &#224; un autre du domaine maritime, l'importance donn&#233;e par les politiques nationales successives &#224; ce domaine n'est en rien proportionnelle &#224; son implication commerciale. Pour exemple, les d&#233;penses de l'Etat fran&#231;ais en infrastructures entre 1980 et 2003, pour le maritime et l'a&#233;rien cumul&#233;s, repr&#233;sentent 7,5 % des d&#233;penses en infrastructures pour l'ensemble des transports (contre 67,2 % pour la route, 17,1 % pour les chemins de fer et 8,3 % pour les transports en commun urbains). Ces chiffres sont en proportion inverse des volumes transport&#233;s. Nous allons donc, &#224; travers le &lt;strong&gt; &lt;i&gt;fonctionnement des ports (I)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;donner une approche du gigantisme qui y r&#232;gne. &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les marins (II)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;sont des acteurs tr&#232;s sp&#233;cifiques par leur mode de vie et par les t&#226;ches qu'ils ont &#224; accomplir en dehors de toute aide ext&#233;rieure la plupart du temps, indissociables &lt;strong&gt; &lt;i&gt;des&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;navires (III)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;qu'ils m&#232;nent, v&#233;ritables usines flottantes. La situation internationale offre &#224; la politique, tant au niveau national qu'au niveau europ&#233;en, une opportunit&#233; sans de v&#233;ritables contraintes pour appliquer une id&#233;ologie ultra-lib&#233;rale. &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les directives europ&#233;ennes, v&#233;ritable serpent de mer (IV)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;en est une illustration h&#233;las toujours vivante. Cette id&#233;ologie est tout aussi pr&#233;sente dans&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;la formation des gens de mer (V) &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;notamment en France, mais aussi dans les autres contr&#233;es maritimes&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Elle trouve son aboutissement dans les tentatives plus ou moins abouties de mise en place de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;pavillons de complaisance (VI) &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;nationaux (TAAF, Wallis et Futuna, RIF), ou dans les armements de navires sous pavillons les plus complaisants (Bahamas, Panama, Malte, Chypre, Iles Anglo-saxones...). A croire que le domaine de la marine marchande est un laboratoire fructueux pour tous les essais de d&#233;r&#233;glementations aboutissant &#224; une jungle &#233;conomique dont finalement personne ne sort gagnant : les armements des pays occidentaux se font une concurrence sans merci qui aboutit &#224; une normalisation des conditions de travail, de s&#233;curit&#233; et de protection de l'environnement toujours en baisse. S'il n'est pas certain que ces armements sortent toujours gagnants d'une telle concurrence, ils se retrouvent in&#233;vitablement sur le march&#233; face &#224; d'autres armateurs beaucoup moins contraints par l'application de lois internationales car d&#233;pendant de pays qui n'ont pas forc&#233;ment ratifi&#233; toutes les conventions en vigueur. N&#233;anmoins, il existe certainement des &lt;strong&gt; &lt;i&gt;pistes vers des solutions viables pour tous (VII)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;. Il devient urgent de les explorer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;I - FONCTIONNEMENT DES PORTS -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;90 % du commerce (en volume) entre l'Union Europ&#233;enne et les pays tiers passent par bateaux : c'est &#233;norme. Presque tout le p&#233;trole import&#233; par l'UE, transite par mer (soit 80 % du p&#233;trole consomm&#233;). 35 % du commerce int&#233;rieur se fait par voie maritime. Trois chiffres qui, &#224; eux seuls, suffisent &#224; montrer l'importance des services portuaires car dans un port il faut pouvoir accueillir des navires : c'est fait pour &#231;a, sauf qu'on n'accoste pas un porte-conteneur de 8000 EVP (c'est-&#224;-dire l'&#233;quivalent de 4000 camions de 35 tonnes) comme on gare son automobile. Il faut donc : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des infrastructures ad&#233;quates : ports, digues, quais ... &lt;br /&gt;
un service pour guider les bateaux : le pilotage, &lt;br /&gt;
un service pour les aider &#224; accoster : le remorquage,&lt;br /&gt;
un service pour les amarrer : le lamanage, &lt;br /&gt;
un service pour les r&#233;approvisionner : le soutage et les shipchandlers, &lt;br /&gt;
un service pour les contr&#244;ler : les officiers de port, la douane, la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ensuite : &lt;br /&gt;
pouvoir d&#233;charger et recharger les marchandises transport&#233;es : cela concerne les dockers, les transitaires, les agents, les consignataires, &lt;br /&gt;
puis acheminer les marchandises (parfois les passagers) et qu'elles soient distribu&#233;es : par camions, par trains. Il faut donc des routes et des chemins de fer &#224; proximit&#233;, voire des a&#233;roports. &lt;br /&gt;
Bref, les activit&#233;s d'un port sont multiples, vari&#233;es, tr&#232;s sp&#233;cifiques et absolument incontournables d'un point de vue strat&#233;gique : imaginez un port bloqu&#233; (un grain de sable quelconque venu se faufiler dans ces rouages si complexes) et c'est &lt;strong&gt;tout de suite&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;l'arr&#234;t du commerce ext&#233;rieur,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;une quasi-impossibilit&#233; de se ravitailler en p&#233;trole donc plus de v&#233;hicules, p&#233;nurie de nourriture et autres biens de consommation&lt;/i&gt;. L'&#233;conomie est bloqu&#233;e mais entendons-nous bien : &lt;i&gt;c'est toute l'activit&#233; humaine qui est paralys&#233;e&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;
L'impact humain ne serait absolument pas le m&#234;me pour une gare ou un a&#233;roport. &lt;br /&gt;
D'o&#249; l'importance de ne pas prendre &#224; la l&#233;g&#232;re toute modification de l'organisation du domaine portuaire dont les interf&#233;rences d&#233;passent largement la zone g&#233;ographique.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;II - LES MARINS -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons parl&#233; des ports, mais comme il n'y a pas de port sans navires, parlons des marins qui les m&#232;nent et qui sont si malmen&#233;s depuis quelques temps.&lt;br /&gt;
Les marins sont au mieux connus gr&#226;ce &#224; Cousteau ou &#171; Thalassa &#187; : c'est dire si on est loin de la r&#233;alit&#233;. &lt;br /&gt;
Il y avait 9740 marins de commerce fran&#231;ais au 31 d&#233;cembre 2003 : rien en comparaison du nombre d'enseignants ou d'employ&#233;s de la SNCF. Et comme par d&#233;finition ils naviguent et travaillent de 10 &#224; 16 heures par jour (l&#233;galement 14 heures), se regrouper pour d&#233;fendre leurs statuts leur est tr&#232;s difficile : embarqu&#233;s, ils n'ont pas le temps ; en cong&#233;s, qui songe &#224; donner encore de son temps pour la d&#233;fense de son m&#233;tier, alors que le lieu de r&#233;sidence est fr&#233;quemment &#224; des centaines de kilom&#232;tres des ports d'armement et qu'une bonne semaine de cong&#233;s est employ&#233;e &#224; se r&#233;adapter au rythme de vie &#224; terre ? Ce sont les deux handicaps majeurs de ce secteur sur le plan social, offrant une voie royale &#224; une politique dict&#233;e par les r&#232;gles de la concurrence. De plus, une proportion non n&#233;gligeable (mais difficilement quantifiable compte tenu de la mobilit&#233; des embarquements) de ces marins naviguent pour des soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises, sous conditions fran&#231;aises ou non, mais sur des navires battant pavillon &#233;tranger. Ils sont une minorit&#233; de fran&#231;ais &#224; bord (souvent 1 ou 2) et le quotidien les marginalise naturellement par rapport &#224; l'ensemble du m&#233;tier. &lt;br /&gt;
Parmi ces gens de mer, on distingue commun&#233;ment les officiers pont (qui sont charg&#233;s de la navigation, du chargement et d&#233;chargement des marchandises) ; les officiers machine (charg&#233;s de la maintenance et de la conduite des moteurs) ; puis les &#233;quipages qui font la manutention et l'entretien au pont et ceux qui font la maintenance et l'entretien &#224; la machine. Sur les 9740 marins de commerce, 2983 sont officiers et 6757 personnels d'ex&#233;cution.&lt;br /&gt;
Pour former un officier au brevet complet de O1NM, le rendant &#171; &lt;i&gt;apte toutes fonctions, toutes navigations &#187;&lt;/i&gt;, il faut 4 ann&#233;es d'&#233;cole entrecoup&#233;es de 5 ann&#233;es de navigation, soit 9 ans au mieux. N&#233;anmoins, il existe d'autres formations plus courtes, mais aux pr&#233;rogatives plus restreintes. Or, la commission du Parlement europ&#233;en est tr&#232;s claire : il manquerait aujourd'hui 13 000 officiers en Europe, 36 000 d'ici l'an 2006. Nous allons voir dans les chapitres suivants de quelle fa&#231;on elle pense r&#233;soudre le probl&#232;me.&lt;br /&gt;
Notons au passage la disparition compl&#232;te de l'officier &#233;lectronicien radio &#224; partir de 1995, alors que d&#233;s le d&#233;but des ann&#233;es 90 justement, les appareils &#233;lectroniques et l'automatisation se sont de plus en plus sophistiqu&#233;s : c'est un non-sens pass&#233; compl&#232;tement inaper&#231;u ! Cette charge et cette responsabilit&#233; n'ont fait que s'ajouter aux t&#226;ches des officiers pont. De la m&#234;me mani&#232;re qu'&#224; l'issue d'un stage de quinze jours renouvelable tout les 5 ans, le m&#234;me officier s'est vu octroyer la responsabilit&#233; des soins &#224; bord ! Par soins, il faut comprendre tout ce qui peut arriver dans un milieu clos et &#224; risque : du simple rhume &#224; la fracture ouverte, du pansement &#224; l'intraveineuse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quotidien du marin est tr&#232;s vari&#233;. Il se trouve confront&#233; &#224; toutes sortes de situations qu'il doit r&#233;soudre. Parfois, cette r&#233;solution rev&#234;t un caract&#232;re vital. Il doit &#234;tre capable d'embarquer dans des contr&#233;es les plus recul&#233;es, de d&#233;couvrir un nouveau bateau le plus rapidement possible (les embarquements en double pour passer &#171; la suite &#187; se font de plus en plus rares), de g&#233;rer un &#233;quipage cosmopolite et pas toujours commode, de r&#233;parer une panne en pleine nuit, lorsque la temp&#234;te fait rage et que le mal de mer pas n'est pas forc&#233;ment tr&#232;s loin, de faire face &#224; des autorit&#233;s qui n'h&#233;sitent pas &#224; faire planer la menace de l'amende, de la saisie ou de l'enfermement pour des r&#232;gles pas toujours &#233;tablies, d'imaginer un syst&#232;me pour saisir efficacement un chargement des plus vari&#233;s, de confectionner une pi&#232;ce vitale pour la machine alors que le navire est &#224; la d&#233;rive, proche de la terre et que les autorit&#233;s s'inqui&#232;tent, bref toutes sortes de situations des plus inattendues. Forc&#233;ment, la formation est indispensable &#224; la gestion quotidienne de la vie &#224; bord. L'exp&#233;rience, la transmission du savoir et la conscience professionnelle sont tout aussi importantes. Les cons&#233;quences environnementales et humaines suite &#224; un manquement, m&#234;me s'il est occasionnel et pardonnable, sont tr&#232;s vite colossales. Le principe de pr&#233;caution, s'il est omnipr&#233;sent dans la t&#234;te du marin (&#171; Trop fort n'a jamais manqu&#233; parce que trop faible a souvent fait d&#233;faut &#187;), devrait &#234;tre la base de toute l&#233;gislation, qu'elle soit nationale, europ&#233;enne ou internationale. Ce n'est que rarement le cas, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;III - LES NAVIRES -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Qu'est-ce qu'un navire ? &lt;br /&gt;
La question para&#238;t presque inopportune. Pourtant il n'est pas inutile de conna&#238;tre la sp&#233;cificit&#233; de ce mode de transports pour comprendre &#224; quel point ce secteur est sensible aux choix politiques, &#233;conomiques et sociaux. Les impacts de ces choix ainsi que leurs cons&#233;quences sur les littoraux et le d&#233;veloppement des points cl&#233;s que sont les ports, sont primordiaux.&lt;br /&gt; Les types de navires sont vari&#233;s suivant le fret qu'ils transportent. On distingue, parmi les plus courants : &lt;br /&gt;
Les p&#233;troliers pouvant commun&#233;ment transporter 350 000 tonnes de p&#233;trole, soit le plein de 10000 voitures. &lt;br /&gt;
Les vraquiers (transports de bl&#233;, minerais, sel, bois, t&#244;les, colis lourds, nourritures, ciment, b&#233;tail, huiles, vins, eau ...) dont les capacit&#233;s varient du simple hangar &#224; bl&#233; au troupeau de vaches, en passant par la colline de minerais ou l'usine &#034;cl&#233;s en main&#034;. &lt;br /&gt;
Les RoRos : ce sont les transporteurs de v&#233;hicules. Un navire de taille moyenne de cette cat&#233;gorie charge environ l'&#233;quivalent de 3 kms de bouchons de route. &lt;br /&gt;
Les porte-conteneurs : il faut 4 000 camions de taille maximale pour vider compl&#232;tement un de ces porte-conteneurs de derni&#232;re g&#233;n&#233;ration. &lt;br /&gt;
Les ferries pour les passagers : un navire reliant la Corse au continent transporte l'&#233;quivalent des passagers d'une centaine de cars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La flotte sous pavillon fran&#231;ais (1er ou second registre) a oscill&#233; pendant les ann&#233;es 1990-2005 entre 205 et 215 navires de commerce, transportant en permanence 6 &#224; 7 millions de tonnes de fret. Au 1er janvier 2004, cette flotte se r&#233;partit ainsi : 54 p&#233;troliers de capacit&#233; totale de 4,35 millions de tonnes de port en lourd (capacit&#233; de transport), 65 navires &#224; passagers offrant 45 000 places et 17 000 voitures accompagnatrices pour la m&#233;tropole, 88 cargos de capacit&#233; totale de 1,84 million de port en lourd, ainsi qu'une multitude de &#034;petits&#034; navires comme les remorqueurs portuaires (plus de 70 en m&#233;tropole dont le prix d'achat neuf est d'environ 5 millions d'euros chacun), des navires &#224; passager, etc.&lt;br /&gt;
Un navire, c'est donc un v&#233;hicule aux capacit&#233;s gigantesques qui a la particularit&#233; d'&#234;tre soumis aux &#233;l&#233;ments eau et air (et parfois feu ou terre...), fondamentalement al&#233;atoires et capricieux, et de plus assez difficilement ma&#238;trisables. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rative de renforcer les principes de pr&#233;cautions et de s&#233;curit&#233; (dont l'acc&#232;s fiable aux renseignements m&#233;t&#233;orologiques devrait faire partie).&lt;br /&gt;
100 camions-citernes (l'&#233;quivalent d'un petit caboteur) renvers&#233;s sur la chauss&#233;e, cela provoquerait &#224; coup s&#251;r un impact m&#233;diatique et une tr&#232;s grande &#233;motion. Pourtant cet incident &#233;norme arrive souvent dans l'indiff&#233;rence voire l'ignorance la plus totale, car il ne nous touche que lorsque les d&#233;g&#226;ts sont bien visibles sur nos c&#244;tes ou dans nos ports. Jamais lorsqu'ils ont lieu au large. De fait 70 p&#233;troliers ont sombr&#233; pour la seule ann&#233;e 96, provoquant 70 mar&#233;es noires &#224; plus ou moins longue &#233;ch&#233;ance : &lt;i&gt;qui en parle ? Devons-nous nous pr&#233;occuper uniquement de ce qui ce passe sous nos yeux ? Dans l'instant ? Et dans l'&#233;normit&#233; ?&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;IV - LES DIRECTIVES EUROPEENNES, VERITABLE SERPENT DE MER -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La commission europ&#233;enne, tr&#232;s consciente de l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique vital et disons aussi lucratif pour les entreprises, du secteur maritime, a d&#233;cid&#233; en 1996, de mettre en place &#171; une nouvelle strat&#233;gie en vue d'accro&#238;tre la comp&#233;titivit&#233; de la navigation communautaire &#187; (cf. l'Avis de la section Transports, ...). Dans cet objectif, une directive &#034;&lt;i&gt;concernant l'acc&#232;s aux march&#233;s des services portuaires&lt;/i&gt;&#034; (initialement en date du 14 f&#233;vrier 2001) tente d'&#233;merger malgr&#233; les risques encourus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les cinq points fondamentaux de cette directive, qui changent radicalement l'organisation portuaire et maritime en g&#233;n&#233;ral, parce qu'ils remettent en question les structures m&#234;me de ce domaine sans garantir que leur mise en place pr&#233;servera au minimum les conditions sociales, environnementales et de s&#233;curit&#233; actuelles, alors qu'elles demanderaient &#224; &#234;tre am&#233;lior&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1 La comp&#233;titivit&#233; au sein des services portuaires est-elle le moyen cl&#233; de &#171; garantir l'efficacit&#233; globale des ports &#187; ? &lt;/strong&gt;C'est pourtant l'objectif majeur et prioritaire de la directive. Notons tout d'abord qu'il n'est dit nulle part pour quels motifs clairement d&#233;finis il y a lieu d'accro&#238;tre cette comp&#233;titivit&#233;. Les services de remorquage, de lamanage et de manutention, bien qu'incontournables, constituent des co&#251;ts mineurs pour un navire (en comparaison de leur combustible, par exemple). Instaurer une concurrence au sein de ces secteurs d'int&#233;r&#234;t public ne diminuerait pas sensiblement les co&#251;ts des armateurs : les frais portuaires ne repr&#233;sentent que 5% des frais d'exploitation au maximum. En revanche, lorsque les co&#251;ts de main d'&#339;uvre seront r&#233;duits pour soutenir la concurrence, en employant des marins non form&#233;s et meilleur march&#233; par exemple, il y aura tout lieu de craindre une diminution sensible de la qualit&#233; des services et infailliblement de la s&#233;curit&#233;. &lt;br /&gt;
Car les probl&#232;mes de langue donc de communication entre les membres des &#233;quipages, n'ont rien d'anecdotique : faut-il rappeler le cas du naufrage caus&#233; par le Bow Eagle ? Pourra-t-on v&#233;rifier qu'un chef d'&#233;quipage italien comprenne les ordres de son second capitaine fran&#231;ais, afin de les transmettre &#224; ses matelots polonais ? &lt;br /&gt;
Tout marin ayant navigu&#233; sous conditions internationales, donc avec de nombreuses nationalit&#233;s &#224; bord, touche quotidiennement du doigt, surtout en situations p&#233;rilleuses, combien la langue peut &#234;tre une barri&#232;re pour g&#233;rer une situation au quotidien et &#224; plus forte raison dans l'urgence.&lt;br /&gt;
En fait, cette fameuse strat&#233;gie de comp&#233;titivit&#233; ne semble &#234;tre qu'un postulat uniquement dict&#233; &#224; la fois par une morale du profit et de lobbying, mais aussi par une crainte de perdre un pouvoir momentan&#233; et ponctuel et non par un souci r&#233;el d'harmonisation &#233;conomique. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;N'y a-t-il pas d'autres strat&#233;gies possibles&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&#224; mettre en place ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 Que va apporter la d&#233;localisation ? &lt;/strong&gt;C'est le deuxi&#232;me point &lt;strong&gt;capital&lt;/strong&gt; de cette directive qui consiste &#224; autoriser toute entreprise &#233;trang&#232;re faisant partie de l'UE, &#224; venir s'implanter et exercer son activit&#233; dans un pays, &lt;strong&gt;selon les lois de son&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;propre&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;pays.&lt;/strong&gt; Soulignons que la directive est tr&#232;s explicite sur ce point puisqu'il est mentionn&#233; &#224; l'article 2.4 que &lt;i&gt;&#171; les Etats membres &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;peuvent&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; exiger que les fournisseurs de services portuaires soient &#233;tablis dans la communaut&#233; et que les navires utilis&#233;s exclusivement pour la fourniture de services portuaires soient enregistr&#233;s dans un Etat membre et battent pavillon d'un Etat membre &#187;&lt;/i&gt;.&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Prenons donc pour exemple la France, dont le Code du Travail et les lois sociales figurent parmi les plus &#233;lev&#233;s, et prenons l'Espagne, aux r&#233;glementations beaucoup moins strictes sur le plan social, ou bien Malte (qui est un des paradis fiscaux les plus connus et des plus complaisants). On peut facilement augurer qu'aucune entreprise maltaise ne viendra exercer en France en se pliant &#224; la r&#233;glementation fran&#231;aise, pour elle tr&#232;s d&#233;favorable. Car cela voudrait dire, pour aller vite : &lt;br /&gt;
cotiser au r&#233;gime de s&#233;curit&#233; sociale donnant droit aux soins et cong&#233;s de maladies,&lt;br /&gt;
cotiser aux r&#233;gimes de retraite, &lt;br /&gt;
devoir un salaire minimum garanti, aujourd'hui de 1100 euros, et se plier &#224; une grille des salaires par niveau de qualifications, &lt;br /&gt;
devoir employer une main d'&#339;uvre qualifi&#233;e sortant d'&#233;coles reconnues comme l'Ecole Nationale de la Marine Marchande, qui auront d&#233;livr&#233; des dipl&#244;mes reconnus pour leur niveau de comp&#233;tence (c'est le cas de l'E.N.M.M. en France), et d&#251;ment valid&#233;s par l'administration des Affaires Maritimes,&lt;br /&gt;
entre 17 et 2O jours de cong&#233;s par mois d'embarquement selon les conventions collectives propres &#224; chaque secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, une entreprise fran&#231;aise sera naturellement attir&#233;e par des pays permettant les all&#233;gements fiscaux et sociaux d'un pays tiers. A moins qu'elle puisse employer, sur son territoire, par le biais d'une filiale internationale, un chinois ou un roumain qui sont les marins les moins chers du march&#233;, ceci en vertu du mode 4 des AGCS. Concr&#232;tement, on pourrait trouver sur un navire pour le m&#234;me poste, un matelot fran&#231;ais et un autre polonais, l'un pay&#233; 1200 euros avec les avantages sociaux fran&#231;ais, et l'autre &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;800 $ US par mois d'embarquement (y compris les cong&#233;s, les heures suppl&#233;mentaires, la nourriture, les primes et allocations diverses)&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187;, comme le stipule le protocole d'accord en discussion entre les armateurs et les organisations syndicales. N'est-ce pas purement discriminatoire ? Et d&#232;s lors, comment garder des fran&#231;ais &#224; bord ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que depuis le 1er janvier 2001, la l&#233;gislation communautaire permet &#224; chaque pays membre de l'UE d'employer un quota important de marins &#233;trangers (non form&#233;s et sans possibilit&#233; r&#233;elle de contr&#244;le donc moins &#171; chers &#187;) sur les navires. Les r&#233;cents naufrages mettant en cause des navires occidentaux (Erika : italien ; Bow Eagle : norv&#233;gien ; Jolly Rubino : italien ; Ievoli Sun : italien ; Tricolore : su&#233;dois ...) ont tous fait suite &#224; une l&#233;gislation permettant la d&#233;localisation du personnel. D&#232;s lors, on peut craindre que la directive am&#232;ne jusque dans les ports les m&#234;mes incidents tragiques.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3 En quoi l'auto assistance permet &#224; toute entreprise d'utiliser la l&#233;gislation du pays le plus avantageux pour exercer sur le lieu de son choix.&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Son principe est d&#233;fini comme suit : Art. 4 - &#171; situation o&#249; un utilisateur d'un port se fournit &#224; lui-m&#234;me, &lt;strong&gt;en utilisant son personnel et ses &#233;quipements propres&lt;/strong&gt;, une ou plusieurs cat&#233;gories de services portuaires &lt;strong&gt;conform&#233;ment aux crit&#232;res fix&#233;s dans la pr&#233;sente directive &#187;&lt;/strong&gt;. Ce qui veut dire que toute entreprise, quelle que soit sa nationalit&#233;, aura acc&#232;s aux march&#233;s des services portuaires avec son propre personnel soumis aux conditions sociales du pays d'origine : donc, une entreprise chypriote pourra s'installer au Havre avec sa communaut&#233; et ses lois chypriotes, faisant une concurrence absolument d&#233;loyale, ne laissant aux entreprises autochtones d'autre choix que de se d&#233;localiser.&lt;br /&gt;
De plus la directive pr&#233;vient qu' &#171; &lt;strong&gt;elle ne peut accepter que le droit &#224; l'auto assistance soit r&#233;serv&#233; aux navires battant pavillon d'un &#233;tat membre car cela ne serait pas conforme aux r&#232;gles et obligations internationales&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#187;. &lt;/i&gt;Nous sommes donc pr&#233;venus que ce principe est &#233;tendu &#224; tous les pays, &lt;i&gt;quel que soit leur niveau de r&#233;glementation.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
L'auto assistance renvoie en outre au m&#233;lange des fonctions : un matelot sera appel&#233; &#224; d&#233;charger lui-m&#234;me son propre navire et sera donc docker ; un capitaine, parce qu'il touche &#171; r&#233;guli&#232;rement &#187; le m&#234;me port, sera aussi pilote ; un m&#233;canicien pourra &#234;tre appel&#233; &#224; entretenir les moyens de manutention portuaires ... Et puisque nous sommes dans une logique de rentabilit&#233;, le but imm&#233;diat est de supprimer des emplois, voire des m&#233;tiers, en m&#234;me temps qu'on impose une surcharge de travail &#224; une corporation qui n'en a nullement besoin. Un navire qui reprend la mer dans de telles conditions est un navire men&#233; par un &#233;quipage d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233; par la fatigue avant m&#234;me le premier coup de vent. On con&#231;oit difficilement de prendre sa voiture apr&#232;s 15 heures de travail physique, c'est pourtant ce qu'on demande aux marins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4 Comment la directive d&#233;r&#233;glemente plut&#244;t qu'elle n'organise.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#167; 8- &#171; ... l'objectif de l'action propos&#233;e, qui est d'assurer l'acc&#232;s, pour toute personne physique ou morale &#233;tablie dans la Communaut&#233;, au march&#233; des services portuaires, peut &#234;tre mieux r&#233;alis&#233; par la d&#233;finition de principes communs &#224; tous les Etats membres. La pr&#233;sente directive&lt;strong&gt; se limite au minimum requis pour atteindre ces objectifs et n'exc&#232;de pas ce qui est n&#233;cessaire &#224; cette fin &#187;&lt;/strong&gt; : en fait de limites, celles qui sont donn&#233;es aux entreprises sont tellement t&#233;nues qu'on peut se demander si elles existent encore, sachant qu'il est pr&#233;cis&#233; au &#167; 5 que &#171; Le fait de faciliter l'acc&#232;s au march&#233; des services portuaires ... devrait se traduire par la suppression des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e du march&#233; pour les fournisseurs de services portuaires..., une r&#233;duction des co&#251;ts ... &#187;&lt;br /&gt;
&#167; 13- &#171; les fournisseurs de services &lt;strong&gt;devraient avoir le droit&lt;/strong&gt; d'employer le personnel de leur choix. &#187; Bien que se pr&#233;valant du souci de respecter les r&#233;glementations relatives &#224; la formation et aux conditions de travail, la directive trahit bien ici sa v&#233;ritable volont&#233; de laisser les entreprises libres de faire n'importe quoi ...&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Art. 15- &#171; les normes sociales ne doivent pas &#234;tre moins strictes que celles d&#233;finies par &lt;strong&gt;la l&#233;gislation communautaire applicable&lt;/strong&gt; &#187;. Mais existe-t-elle, au moins ? On la cherche encore dans la proposition de la nouvelle convention europ&#233;enne. Quelles sont les normes communautaires en termes de pavillon ? La libre concurrence n'autorise-t-elle pas le pavillon communautaire le plus &#171; avantageux &#187; (Malte, Chypre) de primer sur les autres ? Bref, de qui se moque-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est bel et bien de contourner les l&#233;gislations de chaque Etat (voire d'inciter chaque pays &#224; modifier sa propre l&#233;gislation) pour faire primer une l&#233;gislation communautaire &#224; peine &#233;bauch&#233;e et donc peu contraignante. Limiter les r&#232;gles, c'est donner une libert&#233; accrue aux entreprises. Sommes-nous certains que c'est le bon choix pour garantir la protection de l'environnement, de la s&#233;curit&#233; et des conditions sociales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5 D'autant que le r&#244;le de l'Etat (qui est le repr&#233;sentant des int&#233;r&#234;ts de la collectivit&#233; dans son ensemble) est surtout r&#233;duit aux r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Art. 13.1 - Recours- &#171; les Etats membres veillent &#224; ce que toute partie justifiant d'un int&#233;r&#234;t l&#233;gitime dispose d'un droit de recours contre les d&#233;cisions ou les mesures individuelles prises en vertu de la pr&#233;sente directive par les autorit&#233;s comp&#233;tentes ou l'organisme gestionnaire du port. &#187; : ceci est un pouvoir suppl&#233;mentaire octroy&#233; aux entreprises pour outrepasser les d&#233;cisions de &#171; l'autorit&#233; comp&#233;tente &#187; qui ne leur conviendraient pas. Ce droit de recours n'est pas sans rappeler l'ORD (Organe des R&#232;glements des Diff&#233;rends) qui finit toujours par donner raison &#224; l'OMC contre les Etats. &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Art. 28 &lt;/i&gt; : L'Etat se voit pris dans la double contrainte de devoir jouer le r&#244;le tout &#224; fait l&#233;gitime de responsable de &#171; l'ordre public, de la s&#251;ret&#233; et de la s&#233;curit&#233; dans les ports ainsi qu'en mati&#232;re de protection de l'environnement &#187; alors que son autorit&#233; est de fait limit&#233;e par le pouvoir octroy&#233; aux entreprises : mais en cas de catastrophe, qui sera responsable ? Les &#233;lus ont une responsabilit&#233; d&#233;terminante dans les choix et les d&#233;cisions politiques qu'ils auront affich&#233;s, mais pourront-ils payer les d&#233;g&#226;ts d'une mar&#233;e noire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Art. 17 - Compensations&lt;/i&gt; : L'Etat vend purement et simplement des secteurs financ&#233;s par tous les contribuables, &#224; l'image de ce qui est d&#233;j&#224; en cours pour le terminal conteneurs ou m&#233;thanier (avec en prime la privatisation de G.D.F.) de Fos. Dans quelle mesure est-ce acceptable ? Les citoyens ont-ils &#233;t&#233; inform&#233;s ? A-t-on sollicit&#233; leur avis ? Quand, ce qui m'appartient en propre est vendu &#224; un quidam sans que j'en sois inform&#233;, m&#234;me dans mon int&#233;r&#234;t personnel, cela ne rel&#232;ve-t-il pas de la spoliation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Art. 5 - Autorit&#233; comp&#233;tente&lt;/i&gt; : Qui ? Concr&#232;tement. Elle n'est pas plus d&#233;finie que dans l'article 4. Sera-t-elle repr&#233;sent&#233;e par des fonctionnaires d'Etat, ce qui serait la meilleure garantie de la neutralit&#233; qu'on est en droit de lui demander ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Art. 4- D&#233;finition de la notion de &#171; syst&#232;me portuaire &#187;&lt;/i&gt; : Pour quelles applications les commissaires europ&#233;ens se voient-ils oblig&#233;s de d&#233;finir, en plus de la notion g&#233;ographique de port, celle de &#171; syst&#232;me portuaire &#187; ? Cette question est une invitation &#224; la transparence. L'Etat n'a-t-il plus le droit de jouer un r&#244;le commercial, alors qu'il a investi dans cette optique, en &#233;quipant les ports de grues, stations de pompage, quais ... ? Y aurait-il une interf&#233;rence entre les notions d'autoroutes de la mer, la d&#233;r&#233;glementation portuaire et la &#034;jungle du large&#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats doivent &#234;tre souverains au sein des institutions europ&#233;ennes par rapport &#224; leurs choix &#233;conomiques dont il leur incombe de donner des voies d'exercice aux entreprises &lt;strong&gt;et non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UNE CONTRADICTION FLAGRANTE ENTRE LES CONSTATS ET LES OBJECTIFS DE LA DIRECTIVE-&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	&lt;/strong&gt;Forts de tous ces constats, ne sommes-nous pas en mesure de r&#233;aliser pourquoi un autre Erika est probable d&#232;s que la Communaut&#233; s'engagera dans la voie ouverte par la directive, et si les Etats membres refusent de prendre les mesures qui leur sont encore possibles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	D'un c&#244;t&#233;, une &#233;tude command&#233;e par la commission elle-m&#234;me pour pr&#233;parer cette directive, a fait &#233;tat le 23 avril 2001 que&lt;i&gt; &#171; 80 % des accidents maritimes sont dus &#224; des erreurs humaines &#187;&lt;/i&gt;. Elle ne peut en outre ignorer : &lt;br /&gt;
que 2 navires sur 5 ne respectent pas les normes internationales ; &lt;br /&gt;
que 40 % des p&#233;troliers naviguant dans le monde ont plus de 25 ans (c'est &#233;norme pour un bateau) ; &lt;br /&gt;
que plus de 2/3 de la flotte p&#233;troli&#232;re mondiale navigue sous pavillons de complaisance ; &lt;br /&gt;
que l'apport massif de personnel &#233;tranger sous-qualifi&#233; pose le probl&#232;me des contr&#244;les : &#224; ce sujet, chaque pays europ&#233;en s'est engag&#233; &#224; contr&#244;ler 25 % des navires faisant escale dans les ports et la France a &#233;t&#233; &#233;pingl&#233;e en 2002 pour son incapacit&#233; &#224; respecter son engagement, compte tenu du manque d'inspecteurs form&#233;s, et ceci malgr&#233; les effets d'annonce qui ont pu &#234;tre fait par les gouvernements successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, conscient que l'application minimum de cette directive est susceptible d'entra&#238;ner in&#233;vitablement des catastrophes, le Parlement Europ&#233;en laisse &#224; chacun des Etats la responsabilit&#233; de mettre en place les d&#233;crets d'application, ayant pris soin au pr&#233;alable de ne leur donner qu'une marge de man&#339;uvre restreinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La proposition de directive europ&#233;enne du 14 f&#233;vrier 2001, amend&#233;e (&#224; raison de 140 amendements) au 19 f&#233;vrier 2002 a finalement &#233;t&#233; repouss&#233;e &#224; la session de novembre 2003 (par 231 voix contre, 209 pour et 19 abstentions). Cependant, la commissaire europ&#233;enne au transport de l'&#233;poque, Madame Loyola de Palacio ayant une vue tr&#232;s personnelle de la d&#233;mocratie, a d&#233;cid&#233; de proposer &#224; nouveau l'&#233;tude de ce sujet au sein de la commission juste avant de laisser son poste &#224; ses successeurs, le commissaire fran&#231;ais Jacques BARROT charg&#233; des transports et le commissaire maltais (sic !) M. Joe BORG, charg&#233; de la p&#234;che et des affaires maritimes. L'id&#233;ologie d&#233;voil&#233;e au cours de cette proposition de directive est le r&#233;v&#233;lateur des propositions toujours r&#233;p&#233;t&#233;es par une bande d'inconscients en mal d'id&#233;es originales, peu soucieux de prot&#233;ger &#224; la fois l'&#233;conomie, l'environnement, le social et de respecter la dignit&#233; humaine.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important d'avoir &#224; l'esprit que les directives qui ont &#233;t&#233; propos&#233;es par le Parlement et le Conseil europ&#233;en, ne sont pas le fruit d'une politique &#233;trang&#232;re appliqu&#233;e &#224; chaque Etat, mais bien la concr&#233;tisation des politiques communes, toutes responsables des effets qu'elles entra&#238;neront. La probabilit&#233; d'autres Erika, Prestige, Bow Eagle, Tricolore... n'est h&#233;las pas une fiction, et le risque d'une mar&#233;e noire s'&#233;tend largement &#224; l'ensemble des ports. La responsabilit&#233; de chacun des citoyens fran&#231;ais est d'imposer aux &#171; repr&#233;sentants du peuple &#187; d'appliquer la politique pour laquelle ils ont &#233;t&#233; &#233;lus et de ne pas accepter le d&#233;calage qu'il existe entre d'une part les directives parachut&#233;es d'on ne sait quelle commission d'&#233;tude et d'autre part l'int&#233;r&#234;t de la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; |&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TOUCHER N'EST PAS COULER -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La solution d'urgence, et elle est imp&#233;rative si l'on est conscient de la situation, est d'imposer que les entreprises soient soumises &lt;strong&gt;aux r&#232;gles du pays d'accueil&lt;/strong&gt; : c'est-&#224;-dire pour la France, maintien du SMIC, des cotisations &#224; la S&#233;curit&#233; Sociale et aux r&#233;gimes de retraite, des cong&#233;s pay&#233;s, du respect des niveaux de formation et des diff&#233;rentes normes existantes ... &lt;i&gt;pour tout salari&#233; de ces entreprises d'o&#249; qu'elles viennent&lt;/i&gt;. D'autant plus que cette solution cadre parfaitement avec les objectifs officiel de la directive.&lt;br class='autobr' /&gt; |&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V - LA FORMATION DES GENS DE MER -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais attention ! Une passerelle toute trouv&#233;e pour l'application des r&#232;gles minimum pr&#233;conis&#233;es par la directive, existe d&#233;j&#224; en France : la VAEP.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le choix de la politique de formation maritime en France refl&#232;te parfaitement celui de l'application des r&#232;gles minimum de cette directive par la mise en place syst&#233;matique de la Validation des Acquis et de l'Exp&#233;rience Professionnels (VAEP), sans se donner les moyens d'en &#233;valuer toutes les cons&#233;quences (sociales, &#233;conomiques et &#233;cologiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'application de la VAEP, comment se pr&#233;sente-t-elle ?&lt;br /&gt;
Par exemple, actuellement, un brevet de commandant qui a demand&#233; 9 ans de formation d'Etat, peut &#234;tre mis en concurrence selon les circonstances, avec le certificat qu'aura re&#231;u un matelot, repr&#233;sentant 6 mois d'&#233;tudes dispens&#233;es dans une &#233;cole priv&#233;e et 12 mois de navigation. Cela ne tombe-t-il pas &#224; point nomm&#233;, lorsqu'il manque officiellement 13 000 officiers en Europe ? Et m&#234;me si la Direction des Affaires Maritimes au Minist&#232;re reconna&#238;t que le nombre des &#233;tudiants serait suffisant pour r&#233;sorber &#224; moyenne &#233;ch&#233;ance ce manque, si ceux-l&#224; ne faisaient &#224; la sortie de l'&#233;cole le choix d'une autre carri&#232;re compte tenu de la d&#233;gradation patente des conditions de travail. &lt;br /&gt;
Notons au passage, toujours selon les chiffres de la Commission europ&#233;enne, qu'&lt;i&gt;&#171; Entre 1992 et 1999, le salaire moyen des gens de mer qualifi&#233;s a chut&#233; de 53 % pour les Allemands, de 51 % pour les Belges, de 49 % pour les N&#233;erlandais, de 26 % pour les Portugais, et de 14 % pour les Fran&#231;ais. &#187;&lt;/i&gt; Et rajoutons que la crise de la marine marchande en France a eu lieu dans les ann&#233;es 80 : c'est d&#232;s cette &#233;poque que les salaires ont commenc&#233; &#224; baisser contrairement aux autres pays de la communaut&#233; europ&#233;enne ce qui explique le &#171; petit &#187; 14% fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les questions qu'on peut se poser sont : quelle formation ? Avec quelle s&#233;curit&#233; ? Quelles &#233;conomies ? Et surtout pour quelle finalit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La formation des navigants ne peut &#234;tre envisag&#233;e que dans le cadre d'un projet politique et &#233;conomique de la marine marchande. Ce projet existe-t-il d&#233;j&#224; ? Et/ou ne n&#233;cessite-t-il pas une d&#233;finition voire ne serait-ce qu'une refonte pour resituer la place qu'on veut bien accorder &#224; ce secteur en fonction des &#233;volutions de l'&#233;conomie (volume des marchandises &#224; transporter donc celui de la flotte de commerce ; leur nature donc celui des types de navires ; diversit&#233; et limites des autres moyens de transport d'o&#249; le &#171; short sea shipping &#187; ou autoroute de la mer ...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La question n'est pas aussi saugrenue qu'il y para&#238;t : la Marine Marchande a rarement b&#233;n&#233;fici&#233;, dans les derniers gouvernements, d'un Minist&#232;re &#224; part enti&#232;re, ou d'un Secr&#233;tariat d'Etat, mais plut&#244;t d'une Direction tant&#244;t assimil&#233;e &#224; l'agriculture et &#224; la p&#234;che, tant&#244;t aux transports et &#224; l'&#233;quipement. Pourtant, le seul fait que, ne serait-ce qu'au sein de l'Europe 80% des marchandises transitent par voie maritime, pourrait justifier un traitement sp&#233;cifique de ce secteur. Une Direction G&#233;n&#233;rale qui ressemble beaucoup &#224; un Secr&#233;tariat d'Etat, est &#233;pisodiquement &#224; l'&#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe bien encore des Ecoles Nationales de la Marine Marchande (ENMM), pour former du personnel tr&#232;s qualifi&#233; et d&#233;livrant des brevets d'Etat reconnus internationalement. Pourtant on est en droit de s'interroger sur leur p&#233;rennit&#233; depuis la parution des normes STCW 78 amend&#233;es en 95 et le type d'&#233;volution qu'ils ont subi. La &#034;r&#233;gionalisation&#034; a frapp&#233; en premier ce secteur, ajoutant des barri&#232;res &#224; une unit&#233; &#233;ducative dont nous avons tant besoin. La formation par modules (et &#224; validation quinquennale pour certains) impos&#233;e par ces nouvelles normes, non dispens&#233;s dans chacune des &#233;coles impose aux &#233;l&#232;ves des stages co&#251;teux et dont le prix de revient est largement augment&#233; par les frais d'h&#233;bergements et de nourritures dont l'Etat a donn&#233; la gestion &#224; des organismes semi priv&#233;s ou priv&#233;s. Quant au demandeur d'emploi qui doit revalider ses modules, il n'aura pas la chance d'avoir un armateur pour prendre en charge ces frais : il devra payer avant de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappel :&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
1978 : une Convention Internationale &#233;tablit des d&#233;crets (STCW 78) sur les conditions de formation des personnels navigants. La France ratifie cette convention.&lt;br /&gt;
1995 : il y a modification de la Convention Internationale et la France s'accorde de nouveau, les d&#233;crets STCW 95 prenant m&#234;me un effet r&#233;troactif s'appliquant &#224; tous les brevets existants. La principale modification est la mise en place de modules payants et soumis &#224; revalidations quinquennales.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;2001/2002 : r&#233;forme en cours de la fili&#232;re O2MM.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Rentr&#233;e scolaire 2003 : application de la r&#233;forme&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Rentr&#233;e scolaire 2004 : 2&#232;me rentr&#233;e scolaire sans que les pr&#233;rogatives pour ce nouveau brevet ne soient encore d&#233;finies !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Questions centrales &lt;strong&gt; : qu'est-ce qui justifie cette r&#233;forme &#233;tant donn&#233;e les contradictions aussi dramatiques qu'incoh&#233;rentes qui en ont r&#233;sult&#233; ? Et quelles solutions leur apporter ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Ce qu'on constate : &lt;br /&gt;
Les restaurants des ENMM ont &#233;t&#233; confi&#233;s &#224; des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es (de m&#234;me que pour l'internat de certaines &#233;coles). &lt;br /&gt;
La formation tend &#224; s'appauvrir dans sa qualit&#233; (la suppression du navire &#233;cole, la baisse effective du temps de navigation pour la validation du brevet complet, le recours massif aux d&#233;rogations, la validation des acquis professionnels en tous genres et la tentative de r&#233;forme en cours des cursus de formation...). C'est tr&#232;s dommage car nous estimons que la France poss&#232;de encore par ailleurs le mat&#233;riel (locaux, machines, radars ...) et le potentiel pour produire un enseignement de grande qualit&#233;, et donc une main d'&#339;uvre et des services de qualit&#233;. La r&#233;gionalisation l&#224; aussi joue son r&#244;le dans l'&#233;ventuelle diff&#233;rentiation des enseignements : aussi bien en terme de programmes d'enseignement (Marseille s'investit plus vers l'internationalisation, alors que Saint-Malo vers les brevets de niveau 2) qu'en terme de moyens.&lt;br /&gt;
Les modules rendus obligatoires par le d&#233;cret STCW 95 sont en France payants et instaurent de fait une discrimination extr&#234;mement pr&#233;judiciable aux navigants. Rappelons que ces modules sont sujets &#224; revalidation quinquennale. D'autant plus que les ENMM dirigent elles-m&#234;mes le personnel en demande de formation, vers des &#233;coles priv&#233;es dont le co&#251;t est multipli&#233; par 10 (selon l'exp&#233;rience faite par des marins de commerce pour revalider leurs modules internes aux brevets). &lt;br /&gt;
Il s'ensuit souvent une injustice et un non-sens dans le fait que les mieux plac&#233;s pour passer ces modules sont les cadres recycl&#233;s &#224; terre (et soucieux bien entendu de ne pas perdre les pr&#233;rogatives de leur brevet), alors que les navigants y sont compl&#232;tement assujettis sous peine de ne plus pouvoir embarquer. &lt;br /&gt;
Ces modules &#224; plusieurs niveaux (M&#233;dical 1, 2 et 3 par exemple) sont soumis au choix de l'armateur selon ses besoins, instaurant des choix discriminatoires au sein d'une m&#234;me entreprise. &lt;br /&gt;
D'autant que nous pouvons avancer que ces modules n'ont aucune incidence sensible sur la comp&#233;tence des marins, dont certains ont une exp&#233;rience de vingt ans : ces stages th&#233;oriques de quelques jours ne doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s tout au plus que comme des stages d'information comme le Brevet d'Aptitude &#224; l'Exploitation des Embarcations et Radeaux de Sauvetage -BAEERS- ou le Certificat d'Aptitude &#224; la Pratique du Radar -CAPR- : merci ! nous n'avions pas attendu STCW 95 et ses modules pour nous servir quotidiennement du radar ou mener des embarcations l&#233;g&#232;res ... &lt;br /&gt;
Par le biais des nouvelles formations discut&#233;es actuellement, on peut trouver en &#233;coles priv&#233;es une formation en 6 mois (PPN ou PCMM puis chef de quart) dont l'acc&#232;s n'est soumis &#224; aucun concours et qui permet, par la suite, par le biais de passerelles douteuses, l'acc&#232;s aux pr&#233;rogatives de capitaine. Ce qui constitue un moyen facile de baisser les salaires en instaurant une concurrence sur le march&#233; de ce type de personnel d'&#233;vidence moins qualifi&#233;. &lt;br /&gt;
Le co&#251;t exorbitant de ces formations en &#233;coles priv&#233;es est financ&#233; par diff&#233;rents fonds publics, ce qui est une mani&#232;re de faire payer au contribuable fran&#231;ais des entreprises priv&#233;es, cela au d&#233;triment du service public. Donc si l'Etat est sollicit&#233; financi&#232;rement, le plus &#233;conomique est d'&#233;vidence l'Ecole Nationale de la Marine Marchande, si on se place du point de vue de la collectivit&#233; : la somme des aides publiques toujours croissante dont disposent les &#233;coles priv&#233;es ne d&#233;passent-elles pas largement le budget destin&#233; au fonctionnement des Ecoles Nationales de la Marine Marchande toujours revu &#224; la baisse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la mise en place de modules et de formations payantes ne semblent &#234;tre qu'un pr&#233;texte pour supprimer les pr&#233;rogatives d'un brevet d'Etat (polyvalent, rendant &#171; Apte toutes fonctions, toutes navigations &#187;) en permettant au secteur priv&#233;, &#224; court terme, d'&#233;liminer du march&#233; le personnel pourtant tr&#232;s qualifi&#233;, en instaurant une concurrence avec un personnel moins qualifi&#233; mais meilleur march&#233; pour les armateurs. Alors qu'actuellement, il y a d&#233;j&#224; un manque av&#233;r&#233; de main-d'&#339;uvre qualifi&#233;e. Par le financement &#233;ventuel de ces formations par l'armateur, le choix du niveau et du type de module lui est r&#233;serv&#233; : c'est l'employeur qui g&#232;re totalement le niveau des brevets et le plan de carri&#232;re de ses employ&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative de r&#233;forme en cours n'est que la suite logique d'une politique (ou plut&#244;t d'un manque de politique) maritime entam&#233;e d&#233;j&#224; depuis de nombreuses ann&#233;es. A l'&#233;poque o&#249; la s&#233;curit&#233;, l'environnement et la qualit&#233; du marin font l'objet de tant de d&#233;clarations publiques de la part des repr&#233;sentants politiques, nous pensons qu'il est temps d'avoir le courage d'inverser la tendance ; d'autant plus que les moyens financiers existent mais sont distribu&#233;s &#224; quelques privil&#233;gi&#233;s (&#233;coles priv&#233;es) au d&#233;triment de la communaut&#233;. En effet, il est int&#233;ressant de noter qu'un &#171; pr&#233;sident &#187; d'&#233;cole priv&#233;e peut &#234;tre aussi secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral d'un syndicat et membre tr&#232;s actif de commissions allouant les aides publiques aux salari&#233;s demandeurs de formation pour revalider leur brevet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'instauration d'une taxe au tonnage et non pas au toucher est un exemple de cette distribution mal r&#233;partie. L'utilisation massive par les armateurs nationaux de pavillons lib&#233;raux en tous genres en est un autre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VI - LES PAVILLONS DE COMPLAISANCES -&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Qu'est-ce qu'un pavillon de complaisance ? De l'anglais &#171; &lt;i&gt;Flag of convenience&lt;/i&gt; &#187;. Convenience &#233;tant l'&#233;quivalent de &#171; commode &#187;, &#171; pratique &#187;. C'est donc un pavillon pratique, commode. Pour qui ? Pour quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Commen&#231;ons par les pays qui sont r&#233;put&#233;s &#171; pavillons de complaisance &#187; :&lt;br /&gt;
Le PANAMA : Etat d'Am&#233;rique central. 75000 Km2 et 2 900 000 habitants. Langue parl&#233;e : l'espagnol. Capitale : Panama, 450 000 habitants.&lt;br /&gt;
Le LIBERIA : Etat d'Afrique occidental cal&#233; entre Le Sierra Leone et la C&#244;te d'Ivoire. 111 370 Km2 et 2 900 000 habitants. Langue parl&#233;e : l'anglais. Capitale : Monrovia, 500 000 habitants.&lt;br /&gt;
MALTE : Ile de M&#233;diterran&#233;e, anciennement du Commonwealth. 246 Km2 et 380 000 habitants. Langues parl&#233;es : l'anglais et le maltais. Capitale : La Valette, 9500 habitants.&lt;br /&gt;
Les BAHAMAS : Ile cal&#233;e entre La Floride et Cuba, faisant partie du Commonwealth. 11 405 Km2 et 300 000 habitants. Langue parl&#233;e : l'anglais. Capitale : Nassau, 175 000 habitants.&lt;br /&gt;
CHYPRE : Ile de m&#233;diterran&#233;e. 9251 Km2 et 700 000 habitants. Langue parl&#233;e : le grec. Capitale : Nicosie, 220 000 habitants (et port principal : Limassol, 145 000 habitants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cinq pays repr&#233;sentent l'armement de 10 438 navires de commerce de plus de 300 tonneaux sur les 35 048 navires immatricul&#233;s par les 50 pays maritimes existant (au 1er janvier 2004), soit pr&#233;s de 30 % de la flotte mondiale. Ils totalisent 7 000 000 d'habitants, soit &#224; peine plus de 1&#176;/oo de la population mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ont de commun ces pays ? Outre que la langue officielle de chacun de ces pays est la langue d'un &#171; pays ami proche &#233;conomiquement &#187;, le nombre de ressortissants du pays est toujours inf&#233;rieur &#224; une r&#233;gion comme la Bretagne, celui de sa capitale inf&#233;rieur &#224; une ville comme Nice. Leurs lois nationales acceptent que n'importe quelle entreprise de n'importe quel pays vienne y &#233;tablir son si&#232;ge social moyennant des formalit&#233;s administratives simplifi&#233;es. La fiscalit&#233; est quasi inexistante. De m&#234;me que les lois sociales et les contraintes environnementales et de s&#233;curit&#233; sont r&#233;duites &#224; leur plus simple expression. De toutes mani&#232;res, compte tenu de leur population (nombre et niveau de vie des plus bas), ces pays n'ont aucun moyen de contr&#244;ler au niveau international, ni l'envie d'ailleurs. Pour trois d'entre eux (Lib&#233;ria, Panama et Bahamas), l'&#233;conomie est contr&#244;l&#233;e directement par les grandes firmes des Etats-Unis. Les deux derniers (Malte et Chypre) sont plus la chasse gard&#233;e d'une Europe en mal de concurrence, dans un secteur o&#249; l'on peut exp&#233;rimenter la suppression de toutes les contraintes pouvant freiner le commerce international. &lt;br /&gt;
On comprend ais&#233;ment que ce n'est pas l'autochtone du Lib&#233;ria ou des autres contr&#233;es d&#233;sign&#233;es ici, qui profite des retomb&#233;es &#233;conomiques occasionn&#233;es par les &#171; commodit&#233;s &#187; du pavillon &#233;tabli par son pays : il n'a ni les moyens d'&#234;tre armateur, ni l'envie ; son quotidien se r&#233;sumant souvent &#224; sa survie.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Mais alors, tant de complaisances en tous genres ... pour complaire &#224; qui, &#224; part aux armateurs de nos pays occidentaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt; Prenons les quelques compagnies de navigation connues :&lt;br /&gt;
La Compagnie Marseillaise d'Affr&#232;tement (C.M.A.) : compagnie &#224; capitaux fran&#231;ais dont 95 navires environ sont immatricul&#233;s &#224; Panama ou aux Bahamas et 15 environ sous pavillon Kerguelen (pour ce cas, nous y revenons ci-apr&#232;s) ; plus quelques navires immatricul&#233;s sous pavillons &#224; la fois complaisants mais aussi int&#233;ressants en fonction de l'affr&#232;tement du moment (Londres, Hambourg...). A noter : l'impossibilit&#233; de fixer le nombre exact de navires sous tel pavillon en raison du changement quasi mensuel d'immatriculation en fonction de l'&#233;volution des lois et des march&#233;s.&lt;br /&gt;
La M&#233;diterran&#233;an Shipping Company (M.S.C.) : compagnie &#224; capitaux italiens, bas&#233;e en Suisse et dont la quasi totalit&#233; des navires sont immatricul&#233;s &#224; Panama.&lt;br /&gt;
Rappelons les tristes cas de l'Erika, immatricul&#233; &#224; Malte et dont l'armateur &#233;tait italien avec un si&#232;ge social en Suisse : 20 000 tonnes de fioul d&#233;vers&#233;s &#224; la mer le 12 d&#233;cembre 1999. Du Prestige, immatricul&#233; au Lib&#233;ria et dont l'armateur a son si&#232;ge social bas&#233; en Gr&#232;ce : 50 000 t d&#233;vers&#233;es en 2001. Du San Jorge (Panama) : 53 000 t d&#233;vers&#233;es le 08/02/97. Du Sea Empress (Lib&#233;ria) : 73 000 t d&#233;vers&#233;es le 15/02/96. Du Seki (Panama) : 16 000 t d&#233;vers&#233;es le 31/03/94. Du Baers (Lib&#233;ria) : 84 000 t d&#233;vers&#233;es le 05/01/93. Du Haven (Chypre) : 144 000 t d&#233;vers&#233;es en m&#233;diterran&#233;e le 10/04/91. De l'Exon Valdez (Bahamas) : 40 000 t d&#233;vers&#233;es le 24/03/89. Du Carson (Panama) : 5000 f&#251;ts de produit chimique partis &#224; la mer, 23 marins tu&#233;s et 1500 personnes &#233;vacu&#233;es en Bretagne le 05/12/87. De l'Amoco Cadiz (Lib&#233;ria) : 223 000 t d&#233;vers&#233;es le 16/03/78. Du Torrey Canyon (Lib&#233;ria) : 119 000 t d&#233;vers&#233;es le 18/03/67. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements de mer sont &#224; rapprocher des chiffres donn&#233;s par le Lloyd en fin d'ann&#233;e : 60 000 &#224; 100 000 conteneurs sont perdus en mer chaque ann&#233;e ; 46% des pertes de navires sont attribu&#233;es &#224; 8 pavillons de complaisances sur les 27 identifi&#233;s par le syndicat international I.T.F.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, en 2001, les r&#233;sultats officiels nationaux donnent : &lt;br /&gt;
1176 p&#233;troliers ont fait escale &#224; Fos - Marseille&lt;br /&gt; 823 au Havre&lt;br /&gt; 658 &#224; Donges&lt;br /&gt; 540 &#224; Dunkerque&lt;br /&gt; 165 &#224; la Rochelle&lt;br /&gt; 63 &#224; S&#232;te&lt;br /&gt; 18 &#224; Brest &lt;br /&gt;
95% de ces navires sont immatricul&#233;s sous pavillons tr&#232;s commodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les catastrophes de l'Erika et du Prestige devaient influer sur les politiques maritimes des pays occidentaux et notamment de l'Europe. Or &#224; partir de cette &#233;poque, les &#233;v&#233;nements de mer ont chang&#233; de nationalit&#233; ! Ayons en m&#233;moire les catastrophes des naufrages du I&#233;voli Sun, ce chimiquier sous pavillon italien, du Bow Eagle sous pavillon norv&#233;gien qui a envoy&#233; par le fond un chalutier avec son &#233;quipage, ou du Tricolore ce transporteur de voitures de luxe sous pavillon norv&#233;gien lui aussi. Que s'est-il pass&#233; entre temps ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le pr&#233;sident fran&#231;ais J. Chirac, peu apr&#232;s le naufrage du Prestige, s'est &#233;lev&#233; contre &#171; &lt;i&gt;les voyous de la mer&lt;/i&gt; &#187;, puis 15 jours apr&#232;s cette d&#233;claration &#224; l'occasion du 1er janvier 2002, a d&#233;cor&#233; de la l&#233;gion d'honneur l'armateur fran&#231;ais M. Tristan Vielgeux, celui-l&#224; m&#234;me qui a arm&#233; le Kalinga, le navire sous pavillon Panam&#233;en qui a abord&#233; et coul&#233; le Tricolore ! Certes, ce n'est certainement pas pour avoir fait un abordage en mer du Nord que cet armateur a &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;, mais pour les services &#233;conomiques rendus &#224; la nation ! Plus s&#233;rieusement, les navires arm&#233;s par les compagnies sous capitaux europ&#233;ens passent petit &#224; petit sous pavillons nationaux car ... les lois r&#233;gissant ces pavillons dits fiables sont toutes en train d'&#233;voluer pour se calquer sur les pavillons de complaisance ! Ainsi en France, est-il largement question de l'instauration de &#171; &lt;i&gt;REGISTRE INTERNATIONAL FRAN&#199;AIS &#187;. &lt;/i&gt;En Allemagne, le Registre Maritime International Allemand est-il d&#233;j&#224; comptabilis&#233; comme un pavillon complaisant ? Les p&#233;troliers grecs sont-ils d&#233;j&#224; tous sur ce m&#234;me sch&#233;ma ? Et les autres nations europ&#233;ennes sont-elles toutes dans la m&#234;me logique de d&#233;r&#233;glementation sociale et environnementale ... ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les cons&#233;quences directes, visibles et quantifiables ne se sont pas faites attendre. En effet, nous assistons depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000 &#224; des naufrages tristement c&#233;l&#232;bres parce que proches de nos c&#244;tes et qui sont tous sous pavillons de nations europ&#233;ennes ou proches : I&#233;voli Sun, italien ; Tricolore, norv&#233;gien ; Erika, maltais (Malte, maintenant membre de l'Europe avec tout ce que cela implique vis-&#224;-vis des autres nations voisines selon le principe de concurrence, base des accords commerciaux europ&#233;ens) ; Bow Eagle, norv&#233;gien ... H&#233;las, compte tenu de l'&#233;volution de la l&#233;gislation de nations comme la Grande Bretagne, la Gr&#232;ce, l'Allemagne, la France, l'Estonie, la Su&#232;de, nous pouvons nous attendre &#224; d'autres catastrophes dramatiques telles qu'on les fr&#244;le tous les jours dans des ports comme &#224; Fos/mer en raison de l'&#233;tat des navires et du manque de formation &#233;vidente des navigants. Compte tenu du syst&#232;me de recrutement et de r&#233;mun&#233;ration, le syndicat international I.T.F. intervient aupr&#232;s de l'O.N.U. pour d&#233;noncer des &#171; &lt;i&gt;conditions de travail en dessous du seuil de l'esclavage selon les normes &#233;dit&#233;es par le Bureau International du Travail &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt; Localement, la France n'est pas en reste. Apr&#232;s avoir instaur&#233; le pavillon &#171; Kerguelen &#187; r&#233;gi par le Code du travail d'outre-mer beaucoup plus &#171; souple &#187; mais constitutionnellement incorrect et donc sujet &#224; protestation, le gouvernement actuel &#233;tudie la possibilit&#233; de rendre ce pavillon &#171; europ&#233;en &#187; en instaurant le &#171; Registre International Fran&#231;ais &#187;, v&#233;ritable pav&#233; dans la mare du Code du travail fran&#231;ais. Il permettrait aux armateurs fran&#231;ais de recruter des &#233;quipages &#233;trangers par l'interm&#233;diaire de &#171; marchands d'hommes &#187; (soci&#233;t&#233; de &#171; maning &#187; en terme juridique, tel qu'il appara&#238;t dans le texte de loi), aux conditions du pays d'origine du marin. La continuit&#233; directe de ce genre de man&#339;uvre consisterait &#224; recruter dans les h&#244;pitaux des m&#233;decins roumains aux conditions roumaines, des professeurs d'&#233;coles ukrainiens aux conditions ukrainiennes ou des juges chinois aux conditions chinoises. Bien entendu, les modifications du Code du travail ne s'arr&#234;tent pas l&#224; : le personnel fran&#231;ais embarqu&#233; &#224; bord de ces navires cosmopolites se voit proposer toute une s&#233;rie &#171; d'am&#233;nagements &#187; dans son contrat de travail de sorte que seule la l&#233;gislation internationale peut alors &#234;tre respect&#233;e au d&#233;triment des r&#232;gles nationales (cong&#233;s maternit&#233; r&#233;duits de moiti&#233; ; possibilit&#233; de ne pas cotiser &#224; la S&#233;curit&#233; Sociale, histoire d'achever une caisse qui n'est d&#233;j&#224; plus aliment&#233;e par la part patronale.) Fiscalit&#233; salariale et armatoriale hyper attractive avec aides &#224; la construction et d&#233;fiscalisation pour l'armement et l'armateur sur le compte des caisses publiques. Recrutement des personnes embarqu&#233;es par le biais de soci&#233;t&#233;s &#233;crans afin d'&#233;viter toute possibilit&#233; de recours en cas de litige ... Ce sch&#233;ma est conforme &#224; la &#171; lib&#233;ralisation &#187; &#233;frein&#233;e qui s&#233;vit dans la marine marchande mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais alors, que proposer comme alternatives ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;VII - DES PISTES VERS DES SOLUTIONS VIABLES POUR TOUS ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	La marge de man&#339;uvre pour trouver une solution viable &#233;conomiquement et respectueuse de la protection de l'environnement sans faire l'impasse sur la dignit&#233; humaine est bien mince. Il n'en reste pas moins r&#233;el qu'il est urgent d'inventer d'autres organisations maritimes compte tenu des nombreux points &#224; probl&#232;mes que nous avons pu identifier. Deux voies possibles paraissent envisageables, chacune d'elle avec son lot de &#171; progr&#232;s &#187; et de &#171; recul &#187;. Si la solution miracle existait, cela se saurait certainement ! Mais explorons donc ces nouvelles &#171; voies maritimes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII - I - OSER POUSSER LA LOGIQUE ACTUELLE VERS SES LIMITES :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certes, cela peut para&#238;tre surprenant, apr&#232;s tout ce que nous venons de d&#233;velopper, de persister dans une voie de lib&#233;ralisation. Mais s'il est vrai que le but recherch&#233; est de r&#233;duire les co&#251;ts pour augmenter les profits, alors deux secteurs particuli&#232;rement on&#233;reux n'ont pas &#233;t&#233; encore touch&#233;s par la vague des &#233;conomies potentielles. Vingt ann&#233;es de restrictions r&#233;guli&#232;res nous ont apprit qu'aucun secteur, m&#234;me s'il s'est cru &#224; l'abri un moment, n'a pu se pr&#233;server de toute remise en question. Donc, plus qu'une proposition, c'est une logique in&#233;vitable que nous proposons de mettre au grand jour.&lt;br /&gt; La premi&#232;re lueur de solution se situe au niveau fiscal. Comment r&#233;duire les d&#233;penses fiscales des entreprises et des salari&#233;s afin de laisser plus de liquidit&#233; disponible &#224; l'&#233;conomie internationale ? En r&#233;duisant les d&#233;penses d'Etat (l'id&#233;e n'est ni neuve, ni originale aujourd'hui). Et si dans quasiment tous les pays, elles ont &#233;t&#233; &#171; contr&#244;l&#233;es &#187; ces derni&#232;res d&#233;cennies, une d&#233;pense n'a cess&#233; d'augmenter de mani&#232;re r&#233;guli&#232;re : celle aff&#233;rente &#224; la r&#233;mun&#233;ration, aux d&#233;placements, aux conditions de travail toujours plus sophistiqu&#233;es et &#224; la multiplication de nos dirigeants politiques. Qui a pu voir son salaire augmenter de 70% d'un seul coup ? Quel est le corps de fonctionnaires qui a vu ses effectifs s'accro&#238;tre r&#233;guli&#232;rement ces quinze derni&#232;res ann&#233;es ? Quel secteur peut se vanter de voir son organigramme se multiplier r&#233;guli&#232;rement (communes, communaut&#233;s des communes, pays, d&#233;partements, r&#233;gions, nations, groupement de nations...) ?&lt;br /&gt; Certes, la soci&#233;t&#233; se perfectionne, se complique, s'organise. Il y aurait donc besoin de plus de &#171; d&#233;cideurs &#187;. Mais n'importe quelle campagne politique est le constat de l'incapacit&#233; de trouver des solutions, de la part m&#234;me des &#171; professionnels &#187; en place ou esp&#233;rant l'&#234;tre. Rarement dans une profession les acteurs n'ont une telle v&#233;h&#233;mence pour d&#233;noncer les erreurs des &#171; coll&#232;gues &#187; dont ils briguent la place. La m&#234;me attitude chez les m&#233;decins, les ma&#231;ons ou les marins serait choquante. Et cet &#233;tat d'esprit n'est pas la caract&#233;ristique d'un pays particulier : c'est un constat universel qu'on peut faire. A croire que le d&#233;put&#233; fran&#231;ais n'est pas meilleur (ni plus form&#233;) que celui qui si&#232;ge au Mexique, en Angola ou aux Philippines. &lt;br /&gt; La proposition (qui, je le rappelle, est plus une logique incontournable t&#244;t ou tard et nous pend au nez, plut&#244;t qu'une proposition) serait donc, conform&#233;ment &#224; ce qui se passe particuli&#232;rement dans la marine marchande mais aussi ailleurs, de d&#233;localiser aussi le secteur politique. Le S&#233;nat sous pavillon de complaisance, c'est le pr&#233;sident du S&#233;nat et son adjoint &#233;ventuellement, fran&#231;ais (&#224; des conditions &#171; am&#233;nag&#233;es &#187; c'est-&#224;-dire sans retraite ni indemnit&#233;s trop on&#233;reuses) et le reste des s&#233;nateurs, ressortissants de pays dont les conditions de travail sont &#171; moins co&#251;teuses &#187;. Cette logique, renouvel&#233;e &#224; toutes les assembl&#233;es politiques de notre pays permettrait une &#171; vrai &#233;conomie &#187; qui baisserait d'autant la charge fiscale &lt;strong&gt;des entreprises et des citoyens.&lt;/strong&gt; Et puisque, selon les dires des hommes politiques eux-m&#234;mes pendant les campagnes, nos dirigeants successifs ont &#233;labor&#233; tant de programmes qui se sont av&#233;r&#233;s de r&#233;els &#233;checs, le r&#233;sultat sur le terrain ne pourrait pas &#234;tre pire. Alors que les &#233;conomies seraient, elles, quantifiables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La deuxi&#232;me lueur d'espoir se situe au niveau &#233;conomique. Le m&#234;me raisonnement que nous venons de suivre, nous pouvons l'appliquer au conseil d'administration, de surveillance de gestion des grandes firmes nationales et internationales. En effet, quelles grandes soci&#233;t&#233;s ont plus de vingt ann&#233;es d'existence avec la m&#234;me direction et un avenir serein ? Combien de choix &#233;conomiques au sein de grandes firmes se sont av&#233;r&#233;s catastrophiques pour la soci&#233;t&#233; m&#232;re et ses filiales ? Cependant, il est important de diff&#233;rencier les grandes firmes d'Etat et les soci&#233;t&#233;s priv&#233;es.&lt;br /&gt; Les grandes firmes d'Etat ont &#224; leur t&#234;te une direction nomm&#233;e par le conseil des ministres sur proposition du ministre de tutelle. Nous sommes donc dans la configuration pr&#233;c&#233;dente mais avec un impact &#224; la fois fiscal et &#233;conomique : c'est le citoyen contribuable et le citoyen utilisateur qui sont touch&#233;s. S'ils sont de plus employ&#233;s par la soci&#233;t&#233; incrimin&#233;e, ils gagneront trois fois (imp&#244;t, service et salaire) dans l'&#233;conomie r&#233;alis&#233;e par la d&#233;localisation de la direction de leur entreprise. &lt;br /&gt; Les d&#233;penses des grandes firmes priv&#233;es sont largement influenc&#233;es par les d&#233;penses des frais, salaires et autres avantages en tous genres du personnel dirigeant. Normal, direz-vous ? Oui, si les r&#233;sultats sont &#224; la hauteur des investissements. Mais que constatons-nous, notamment dans le domaine de la marine marchande ? Quasiment toutes les grandes compagnies de navigation ont disparu ces vingt derni&#232;res ann&#233;es : Chargeur R&#233;unis, Morbihannaise de Navigation, Nantaise de Navigation, Paquet, Gazocean, Compagnie Maritime Transatlantique, L&#233;on et Praume, Rodrigue Ely, Soci&#233;t&#233; Maritime Lary... A force de ventes de secteurs entiers (technique, achats, r&#233;parations, gestion du recrutement...) dans le seul but d'obtenir &#171; des r&#233;sultats tr&#232;s positifs &#224; la fin de l'ann&#233;e &#187; combien de fossoyeurs d'entreprise sont-ils partis avec des primes dor&#233;es lors des fermetures d'entreprises ? Seules des soci&#233;t&#233;s comme la C.M.A., Dreyfus, Delmas et une infime poign&#233;e subsistent. A quel prix ? Au prix de la complaisance toujours accrue. Et si un jour, les actionnaires d&#233;cidaient et for&#231;aient la complaisance dans les bureaux, mais en commen&#231;ant par la direction ? Pouvons-nous &#234;tre certains que les choix &#233;conomiques des &#233;quipes en place seront moins judicieux ? Non, la seule chose dont nous pouvons &#234;tre s&#251;rs, c'est que les frais seront r&#233;duits dans des proportions non n&#233;gligeables.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certes, c'est parce qu'on ne peut pas se r&#233;jouir de la mise au ban de la soci&#233;t&#233; d'une classe d'individus, quelle qu'elle soit, qu'il est urgent de renverser la vapeur et de proposer des amorces de solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;VII - II - RENVERSER LA VAPEUR, C'EST AUSSI OSER INOVER :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&lt;br /&gt;
Beaucoup plus s&#233;rieusement, des propositions peuvent &#234;tre faites &#224; diff&#233;rents niveaux. L'homme de terrain (de la mer) vit au quotidien la probl&#233;matique de sonm&#233;tier. Il a certainement une vue qui, si elle est partielle, n'en reste pas moins souvent pertinente. Le bon sens populaire en quelque sorte. Que se propose-t-il donc dans les carr&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trafic maritime important existe entre les pays voisins, que ce soit en Europe du nord, en M&#233;diterran&#233;e, ou dans des r&#233;gions plus lointaines. Ce genre de navigation est connu sous le vocable de &#171; m&#233;routage &#187; (l'&#233;quivalent de ferroutage sur mer) ou de short shipping, bref de navigation de courte distance. Ce sont des lignes r&#233;guli&#232;res entre deux ports de pays voisins qui permettent de transporter des camions pour d&#233;sengorger les routes, passer des obstacles naturels (montagnes, voies d'eau...) et &#234;tre &#233;conomiquement rentable. Des &#233;tudes de faisabilit&#233; (entendons &#233;conomie pour les uns et rentabilit&#233; pour les autres) ont &#233;t&#233; financ&#233;es par les diff&#233;rents Etats int&#233;ress&#233;s. Le r&#233;sultat, on l'imagine, c'est pavillons de complaisance et autres solutions &#233;quivalentes. Mais les lignes peinent &#224; s'ouvrir et les camions continuent de franchir les Alpes, les Pyr&#233;n&#233;es... Quelques bateaux poubelles comme ceux de la compagnie Suardiaz fr&#244;lent nos c&#244;tes pour acheminer les voitures Peugeot d'une usine &#224; une autre. &lt;br /&gt;
Et si nous faisions le pari d'un service public europ&#233;en ?&lt;br /&gt;
Sous quelle forme ? Un service public europ&#233;en, c'est une infrastructure commune entre deux Etats qui la mettent au service des utilisateurs et qui en retirent satisfaction. L'infrastructure ici serait les navires. Les Etats prendraient &#224; leur charge la construction des navires (en s&#233;rie, donc &#224; moindre co&#251;t), les armeraient avec un personnel qualifi&#233;, r&#233;mun&#233;r&#233; selon les normes occidentales. En contre partie, le personnel pourrait &#234;tre peu nombreux mais organis&#233; sur une base de rotation d'&#233;quipes, ce qui g&#233;n&#232;rerait du temps libre dont les marins sont si friands. L'&#233;quilibre &#233;conomique est &#224; rechercher en prenant en compte l'&#233;conomie en terme de protection environnementale (usure des routes, pollutions...) mais aussi le facteur humain (embauche, repos du chauffeur routier pendant la travers&#233;e, fluidit&#233; des routes, baisses des accidents...). Certes, ces crit&#232;res sont difficilement quantifiables, et c'est pour cette raison que ce choix est si difficile &#224; faire. Les lignes Fos - Savonne ou S&#232;te - Barcelone sont pr&#234;tes &#224; fonctionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces lignes pourraient &#234;tre aussi exploit&#233;es par des armements priv&#233;s, &#224; condition qu'ils aient la m&#234;me r&#232;gle du jeu, en terme social notamment. Mais se poserait le probl&#232;me du financement de la construction des navires pour &#233;quilibrer le budget. Il pourrait &#234;tre envisag&#233; un affr&#232;tement du navire en coque nue dont le propri&#233;taire serait l'Etat, et en contre partie, l'armement priv&#233; se verrait dans l'obligation d'armer des navires sur d'autres contrats avec la m&#234;me r&#232;gle sociale. Les Etats deviendraient donc gestionnaires d'une flotte importante qu'ils sont &#224; m&#234;me de constituer compte tenu de l'effet de &#171; s&#233;rie &#187; qui baisse le co&#251;t de la construction. Ils pourraient aussi r&#233;guler la construction navale, secteur chroniquement en crise et consommatrice d'aides fr&#233;quentes. Les armateurs retrouveraient leur vrai m&#233;tier et exploiteraient des navires en s'affranchissant d'une partie des charges aff&#233;rentes &#224; la construction. Il ne serait plus alors question de montage financier li&#233; aux constructions neuves de navires : car pour les armateurs, ces montages sont plus souvent sources de revenus que de charges, effectu&#233;s sur le compte du contribuable. Ce sch&#233;ma d'organisation du travail pourrait &#234;tre appliqu&#233; &#224; des lignes moins r&#233;guli&#232;res mais tout aussi rapides dans les rotations. Le marin est toujours pr&#234;t &#224; donner beaucoup de lui-m&#234;me &#224; bord pourvu que les cong&#233;s et le salaire soient attractifs. Les heures de travail, si elles n'impliquent pas une fatigue mettant en danger autrui, n'ont jamais &#233;t&#233; refus&#233;es. Comment le seraient-elles ? L'&#233;quilibre vis-&#224;-vis du &#171; co&#251;t social &#187; pourrait &#234;tre trouv&#233; dans cette direction. Le marin y trouverait son compte car il naviguerait sous un r&#233;gime socialement acceptable, il serait alors tenu &#224; un r&#233;sultat qui implique que l'armateur y trouve aussi son compte. Quant &#224; l'Etat, il aurait jou&#233; son r&#244;le de l&#233;gislateur, mais aussi contribu&#233; r&#233;ellement &#224; &#339;uvrer en faveur de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire qu'il est souhaitable de se diriger vers une politique nationaliste ? Non, bien entendu. A aucun moment, il n'est question de nationalit&#233; du marin, mais de niveau de formation et de r&#232;gles sociales. &lt;strong&gt;Se sont les r&#232;gles du pays d'accueil qui doivent &#234;tre prises et non pas les r&#232;gles du pays de naissance ou d'adoption des marins concern&#233;s.&lt;/strong&gt; Et c'est parce qu'il est logique et sain d'appliquer les r&#232;gles du pays d'accueil (qui s'appliquent pour les aides aux investissements et autres facilit&#233;s patronales), qu'il est urgent de commencer &#224; organiser un service public europ&#233;en bas&#233; non pas sur les r&#232;gles sociales les plus basses au sein de l'Europe (donc celles des pavillons de complaisance Malte et Chypre ou des paradis fiscaux tels que le Luxembourg, Andorre ou Monaco), mais sur des r&#232;gles qui restent &#224; inventer et qui prennent en consid&#233;ration les sp&#233;cificit&#233;s de chacune des nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce propos et en sortant aussi des fronti&#232;res &#233;conomiques de l'Europe, les marins peuvent constater tous les jours que cette notion de particularit&#233; n'est pas qu'une vue de l'esprit. Sur les paquebots immatricul&#233;s &#224; la complaisance, un grand classique est que le service de la blanchisserie (secteur important par le nombre d'employ&#233;s, la masse de travail et l'importance du r&#233;sultat) soit tenu par... des Chinois. Comme dans Lucky Luke ! Sur les cargos, &#224; la machine, les Marocains excelleront pour les r&#233;parations et les interventions dans l'urgence, les Fran&#231;ais pour la pr&#233;vention et l'entretien, les Philippins pour leur discipline, les Allemands pour leur capacit&#233; &#224; mener les hommes en toute rigueur, alors que les qualit&#233;s nautiques des anglais sont connues depuis bien avant Nelson et perdurent toujours. Est-ce &#224; dire que ces crit&#232;res sont exclusifs ? Non, mais ils se reproduisent suffisamment pour &#234;tre pris en consid&#233;ration par les armateurs aujourd'hui. Une &#233;tude sociologique s&#233;rieuse pourrait &#234;tre d'une grande utilit&#233; pour tous. Et tous ces hommes ont bien le droit de vivre, d'avoir une famille et un m&#233;tier. Le m&#233;lange des nationalit&#233;s peut donc bien avoir sa raison d'&#234;tre si elle n'est pas exploit&#233;e outrageusement. C'est au service public europ&#233;en que revient le devoir d'inventer les r&#232;gles sociales pour faire cohabiter tout ce beau monde sans l&#233;ser quiconque. Alors seulement, il est envisageable d'employer &#224; bord des usines flottantes que constituent les navires d'aujourd'hui, plusieurs nationalit&#233;s qui s'enrichiront mutuellement sans mettre en p&#233;ril le sacro-saint &#233;quilibre &#233;conomique. Y compris des ressortissants de pays ext&#233;rieurs &#224; la communaut&#233; europ&#233;enne. &lt;strong&gt;Mais, n'en d&#233;plaise aux champions de la lib&#233;ralisation sans limite, toujours aux conditions sociales du pays d'accueil. &lt;/strong&gt;Apr&#232;s tout, un armateur de quelque nationalit&#233; qu'il soit, est bien content de trouver du personnel qui va r&#233;parer la machine de son navire dans l'urgence, mener l'exp&#233;dition maritime avec rigueur, charger son navire correctement ou saisir la marchandise en toute s&#233;curit&#233;. Et si le salaire du matelot est &#233;quivalent &#224; celui du ministre dans son pays d'accueil, et bien ce sera tant mieux et cela contribuera certainement &#224; responsabiliser, dans un m&#233;tier qui, comme nous avons pu le voir, est un m&#233;tier &#224; risque humainement, &#233;cologiquement et &#233;conomiquement. De plus, il pourra &#234;tre r&#233;ellement question de fid&#233;lisation du personnel, gros soucis actuel des armateurs et des marins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concurrence ? Il pourrait &#234;tre question l&#224; encore, de service public europ&#233;en qui a sa raison d'&#234;tre. Une loi fran&#231;aise stipule (pour combien de temps encore ?) que le trafic maritime &#224; l'int&#233;rieur des eaux nationales doit &#234;tre fait sous pavillon fran&#231;ais. Lors de discussions vives au parlement europ&#233;en, les pays m&#233;diterran&#233;ens ont d&#233;fendu cette notion qui existe chez chacun d'eux. Les pays du nord de l'Europe voulaient la remettre en question car ils avaient une vue commerciale sur les &#238;les grecques entre autres. Le sud a eu gain de cause, prouvant que m&#234;me en pleine logique lib&#233;rale, cette option protectionniste est d&#233;fendable. Etendons cette logique au service europ&#233;en : une fois les r&#232;gles du service public commun &#233;tablies, imposons-les au trafic intercommunautaire. C'est une question de choix. Et de volont&#233;, bien au-del&#224; de tous les discours. La zone &#233;conomique europ&#233;enne &#233;tant suffisamment large, on peut se mettre &#224; r&#234;ver d'un recul significatif du pavillon de complaisance et de son lot de catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CONCLUSION :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;	Ce texte est loin d'&#234;tre parfait, et il n'est que le fruit de la r&#233;flexion de femmes et d'hommes du m&#233;tier. Il a pour but de favoriser la r&#233;flexion, m&#234;me si elle peut prendre des directions bien diff&#233;rentes de celles explor&#233;es ici. La probl&#233;matique maritime, si elle est tr&#232;s sp&#233;cifique, n'en reste pas moins li&#233;e &#224; tous les autres secteurs de la vie &#233;conomiques qui interf&#232;rent sur notre quotidien &#224; tous. C'est la raison pour laquelle il appara&#238;t crucial de se pencher sur ce secteur. Compte tenu du volume des marchandises transport&#233;es (de l'ordre de 80% de la totalit&#233;) il est impossible de faire l'impasse sur l'organisation et la r&#233;glementation car un grain de sable dans le rouage fragile pourrait facilement mettre toute l'organisation sociale mondiale en p&#233;ril. Et nous en sommes peut-&#234;tre l&#224;. La commission europ&#233;enne ne constate-t-elle pas qu'il y a une p&#233;nurie de 13000 officiers dans le monde aujourd'hui ? Pourquoi ? Qui irait naviguer de nombreux mois (5, 6, 10, plus ?...) dans des conditions physiques difficiles sans protections sociales r&#233;elles pour 800 $ par mois (tout compris, sans cong&#233;s ni retraite ni s&#233;curit&#233; sociale) ? A ce tarif, mieux vaut &#234;tre d&#233;put&#233; ou s&#233;nateur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Bord, le dimanche 29 f&#233;vrier 2005 &lt;br /&gt; Le sous commandant Marmarpopoulos.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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