<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ATTAC 92</title>
	<link>https://92.site.attac.org/</link>
	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://92.site.attac.org/spip.php?id_mot=38&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>ATTAC 92</title>
		<url>https://92.site.attac.org/local/cache-vignettes/L144xH264/siteon0-3713d.png?1790273347</url>
		<link>https://92.site.attac.org/</link>
		<height>264</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Vie et mort &#224; flux tendu</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Vie-et-mort-a-flux-tendu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Vie-et-mort-a-flux-tendu</guid>
		<dc:date>2004-12-02T17:22:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#034;Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre de Ronsard (1524 - 1585) - Pi&#232;ces retranch&#233;es des Amours &lt;br class='autobr' /&gt;
Cronos est fils d'Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre. Il d&#233;vorait ses enfants d&#232;s leur naissance pour d&#233;jouer la pr&#233;diction d'&#234;tre par eux d&#233;tr&#244;n&#233;. De m&#234;me aujourd'hui le culte de l'urgence d&#233;vore ceux qui ont la chance d'&#234;tre inclus par le travail dans la Cit&#233;. La vie &#224; flux tendu que le capitalisme nous impose ne nous laisse...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/-Asnieres-Clichy-Gennevilliers-Bois-Colombes-Levallois-Villeneuve-la-Garenne-" rel="directory"&gt;Asni&#232;res,Clichy,Gennevilliers,Bois-Colombes,Levallois,Villeneuve la Garenne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Asnieres-Bois-Col-Clichy-Genevilliers-Levallois-Villeneuve-la-Gar-+" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Philosophie-+" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame ;&lt;br&gt;
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
Pierre de Ronsard (1524 - 1585) - Pi&#232;ces retranch&#233;es des Amours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cronos est fils d'Ouranos, le Ciel, et de Gaia, la Terre. Il d&#233;vorait ses enfants d&#232;s leur naissance pour d&#233;jouer la pr&#233;diction d'&#234;tre par eux d&#233;tr&#244;n&#233;. De m&#234;me aujourd'hui le culte de l'urgence d&#233;vore ceux qui ont la chance d'&#234;tre inclus par le travail dans la Cit&#233;. La vie &#224; flux tendu que le capitalisme nous impose ne nous laisse que deux voies : l'agitation de la performance, l'engluement de la fuite. Pour l'&#234;tre humain, l'inexorable irr&#233;versibilit&#233; du temps est source d'impuissance et d'angoisse. Il cherche &#224; conjurer le temps des astres et des horloges (&lt;i&gt;chronos&lt;/i&gt;) par le temps subjectif (&lt;i&gt;tempus&lt;/i&gt;). &#034;&lt;i&gt;Pour moi, c'est pass&#233; comme un &#233;clair&lt;/i&gt;&#034;, &#034;&lt;i&gt;Cela m'a paru interminable&lt;/i&gt;&#034;.&lt;br&gt;
La figure du Temps fut d'abord comprise comme un &#233;coulement avec le c&#233;l&#232;bre &#034;On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve&#034; d'H&#233;raclite. Mais cet &#233;coulement ne tarit pas nos interrogations :&#034;Par rapport &#224; quoi le Temps s'&#233;coule-t-il ?&#034;&lt;br&gt;
Dans sa forme moderne, le capitalisme se saisit de la formule de Franklin : &#034;&lt;i&gt;Le temps, c'est de l'argent&lt;/i&gt;&#034;. Alors le temps devient une marchandise, en quelque sorte s&#233;par&#233;e de nous, que nous achetons, poss&#233;dons, vendons. En la vendant, le travailleur n'ali&#232;ne pas seulement sa force de travail, mais son temps ; autant dire sa vie m&#234;me !&lt;br&gt;
L'ordinateur, le t&#233;l&#233;phone portable, l'Internet ainsi que les innombrables proth&#232;ses de la technoscience renversent la formule. Maintenant, pour les inclus des pays riches, &lt;i&gt;l'argent, c'est du temps&lt;/i&gt;. Le temps libre n'est pas l'&lt;i&gt;otium&lt;/i&gt;, le temps de la libert&#233; et de la cr&#233;ation ; les nouveaux nomades post-modernes ne savent plus &lt;i&gt;la recherche du temps perdu&lt;/i&gt;. Le temps est consomm&#233;, consum&#233;.&lt;br&gt;
Commun&#233;ment appel&#233;e mondialisation, la globalisation actuelle est autant et plus l'imposition du temps contract&#233;, acc&#233;l&#233;r&#233; et multipli&#233; que l'appropriation par les &lt;i&gt;ma&#238;tres du monde&lt;/i&gt; de tout l'espace de notre plan&#232;te. L'&#233;treinte spatiale n&#233;glige les &lt;i&gt;terra incognita&lt;/i&gt;, zones blanches non rentables de la carte du monde ; l'&#233;treinte temporelle est totale : elle ne laisse aucun d&#233;chet. Ainsi sommes-nous tous enjoints de nous r&#233;jouir parce que le grand myst&#232;re de la philosophie vieux de deux mille cinq cents ans est enfin r&#233;solu, dissip&#233;, n&#233;antis&#233; : nous vivons en &lt;i&gt;temps r&#233;el&lt;/i&gt;. Le Temps est r&#233;el !&lt;br&gt;
En fait, nous vivons dans une illusion mortelle : celle de la ma&#238;trise du temps. Nous sommes devenus prisonniers de cette &#034; lib&#233;ration &#034;, plus incapables que jamais de distinguer l'important de l'urgent. Le sommeil, le travail, la vie familiale, affective et amoureuse, les activit&#233;s culturelles et sportives, la vie citoyenne, le &lt;i&gt;bricolage cr&#233;atif&lt;/i&gt; &#233;taient des cat&#233;gories largement s&#233;par&#233;es, des temps diff&#233;rents. La R&#233;volution capitaliste convoque tous ces temps. L'&#234;tre humain &#224; flux tendu est somm&#233; de leur substituer un &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;temps globalis&#233;&lt;/i&gt; dans un &lt;i&gt;zapping&lt;/i&gt; sans fin et de le g&#233;rer comme un actif en Bourse. Croyant an&#233;antir la mort en domptant le temps, l'&#234;tre humain &#224; flux tendu s'y pr&#233;cipite. Il a devant lui deux impasses : l'agitation maniaque et la d&#233;pression. Il oscille en fait entre l'illusion de sa puissance et la d&#233;r&#233;liction du noir absolu. Assi&#233;g&#233;, enferm&#233; par le &lt;i&gt;fast&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;clip&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;spot&lt;/i&gt;, il est scotch&#233; au pr&#233;sent, &#224; la fois d&#233;connect&#233; d'un pass&#233; encombrant et d'un futur effrayant. Cette imm&#233;diatet&#233; doit &#234;tre comprise dans deux acceptions : &#233;crasement dans le &lt;i&gt;pr&#233;sent-&#233;v&#233;nement&lt;/i&gt; et disparition de la m&#233;diation (&lt;i&gt;im-m&#233;diat&lt;/i&gt;), donc du lien social. Sans pass&#233;, ni futur, dans l'&#233;ternit&#233; du pr&#233;sent, l'&#234;tre humain &#224; flux tendu est seul &#224; huis clos.&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Le temps nouveau&lt;/i&gt; est abolissement du Temps et solitude de l'Etre. Voulant &#234;tre performants, nous sommes tant&#244;t agit&#233;s, tant&#244;t englu&#233;s. La vie &#224; flux tendu n'est qu'une mort qui avance masqu&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
