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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Novembre 2006 : La directive Bolkestein : LA CAPITULATION !</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Novembre-2006-La-directive-Bolkestein-LA-CAPITULATION</link>
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		<dc:date>2006-12-03T15:07:16Z</dc:date>
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		<dc:subject> Attac 92 - groupe local</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LA DIRECTIVE BOLKESTEIN : &lt;br class='autobr' /&gt; LA CAPITULATION ! 1 Rappel de la proc&#233;dure de co-d&#233;cision. &lt;br class='autobr' /&gt; Cette directive entre dans le cadre de la proc&#233;dure dite de co-d&#233;cision qui n&#233;cessite un accord entre le Conseil des ministres europ&#233;en et la Commission europ&#233;enne d'une part et le Parlement europ&#233;en d'autre part. Le Parlement s'est prononc&#233;, en session pl&#233;ni&#232;re, en premi&#232;re lecture, le 16 f&#233;vrier 2006 : une majorit&#233; sociale d&#233;mocrate, chr&#233;tienne d&#233;mocrate, lib&#233;raux, adopte un texte assez largement...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2006-Bolkestein-le-retour-" rel="directory"&gt;2006 - Bolkestein, le retour&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA DIRECTIVE BOLKESTEIN :&lt;br /&gt; LA CAPITULATION !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;1 Rappel de la proc&#233;dure de co-d&#233;cision.&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;Cette directive entre dans le cadre de la proc&#233;dure dite de co-d&#233;cision qui n&#233;cessite un accord entre le Conseil des ministres europ&#233;en et la Commission europ&#233;enne d'une part et le Parlement europ&#233;en d'autre part. Le Parlement s'est prononc&#233;, en session pl&#233;ni&#232;re, en premi&#232;re lecture, le 16 f&#233;vrier 2006 : une majorit&#233; sociale d&#233;mocrate, chr&#233;tienne d&#233;mocrate, lib&#233;raux, adopte un texte assez largement modifi&#233; qui programme n&#233;anmoins une d&#233;r&#233;gulation massive du secteur des services et n'emp&#234;che pas l'application du principe du pays d'origine (PPO). Un amendement de la gauche unitaire europ&#233;enne (la GUE) visant &#224; pr&#233;ciser que c'est le droit du pays d'accueil qui s'applique est rejet&#233;. Le 4 avril, la Commission europ&#233;enne pr&#233;sente un texte r&#233;vis&#233; de sa proposition initiale qui reproduit tr&#232;s largement le texte adopt&#233; par le Parlement europ&#233;en. Le Conseil des ministres adopte, le 24 juillet, une version modifi&#233;e de la proposition de directive : elle s'&#233;carte, dans un certain nombre de cas, du texte initial adopt&#233; par le Parlement et introduit des dispositions nouvelles accept&#233;es par la Commission europ&#233;enne. C'est ce qu'on appelle &#034;la position commune du Conseil, qui refl&#232;te la position adopt&#233;e par les 25 gouvernements de l'Union&#034; (Raoul Marc Jennar, URFIG).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Le Conseil des ministres, en r&#233;introduisant des points du texte initial, rejet&#233;s par les d&#233;put&#233;s lors du vote du 16 f&#233;vrier 2006, va &#224; l'encontre de la volont&#233; populaire exprim&#233;e avec force, dans la rue &#224; Strasbourg les 11 et 14 f&#233;vrier derniers et parie sur la faiblesse de la combattivit&#233; du Parlement, majoritairement lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;2 La Capitulation du Parlement.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Cette premi&#232;re phase de la co-d&#233;cision n'ayant pas d&#233;bouch&#233; sur un accord entre le Conseil des ministres et le Parlement europ&#233;en, on &#233;tait reparti pour un second tour, vite interrompu puisque la directive a &#233;t&#233; finalement adopt&#233;e, en 2&#232; lecture, au Parlement europ&#233;en, lors de sa s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re du 13 au 16 novembre 2006.&lt;br /&gt;
En effet, le Parlement europ&#233;en a accept&#233; de retirer la plupart des amendements qu'il avait lui-m&#234;me propos&#233;s en 1&#232;re lecture (et qui limitaient la lib&#233;ralisation), afin de s'aligner sur la &#034;position commune du Conseil&#034;.&lt;br /&gt;
De plus, le Parlement a ent&#233;rin&#233; un abandon de souverainet&#233; des Etats membres ; en effet, la Commission europ&#233;enne pourra d&#233;sormais contr&#244;ler les l&#233;gislations des 25 Etats pour v&#233;rifier l'application de cette directive.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;En r&#233;alit&#233;, malgr&#233; le &#034;non&#034; au r&#233;f&#233;rendum et la certitude de nos gouvernants de voir rejet&#233;e cette directive ,celle-ci n'a &#233;t&#233; ni retir&#233;e ni m&#234;me remise &#224; plat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Le terme de PPO a &#233;t&#233; supprim&#233; du texte mais le principe du pays d'accueil a &#233;t&#233; rejet&#233; : le droit du travail applicable par les entreprises &#233;trang&#232;res sera donc du ressort de la Cour de Justice europ&#233;enne dont le jurisprudence est lib&#233;rale. Ce flou risque aussi de favoriser la transformation des salari&#233;s d'entreprises en &#034;faux travailleurs ind&#233;pendants&#034;, d&#233;pendant en fait d'entreprises qui les sous traitent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La lib&#233;ralisation des services est presque totale puisque seuls les SIG non &#233;conomiques en sont exclus (s&#233;curit&#233;, police, justice) tout le reste y compris les services sociaux, la protection des consommateurs et le d&#233;tachement des travailleurs est soumis au &#034;droit communautaire&#034; donc aux r&#232;gles de la concurrence, ou renvoy&#233; devant la Cour de Justice.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;De plus, d&#232;s que cette directive sera appliqu&#233;e dans les Etats membres (le d&#233;lai est de 2 &#224; 3 ans), la Commission europ&#233;enne pourra acc&#233;l&#233;rer le processus de lib&#233;ralisation globale des services, dans le cadre de l'AGCS, puisqu'elle sera seule a intervenir au nom des 25 Etats europ&#233;ens et pourra, en leurs noms , faire pression sur les pays non europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Le groupe Europe d'Attac 92 : A. B., G. B., M.C. D., J.C. L., C. P.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Novembre 2006. Directive Bolkestein : Urgent : &#233;crivez &#224; votre d&#233;put&#233; europ&#233;en !</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Novembre-2006-Directive-Bolkestein-Urgent-ecrivez-a-votre-depute-europeen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Novembre-2006-Directive-Bolkestein-Urgent-ecrivez-a-votre-depute-europeen</guid>
		<dc:date>2006-11-06T14:23:25Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>attac92</dc:creator>


		<dc:subject> Attac 92 - groupe local</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a urgence au sujet de la directive Bolkestein car celle-ci va &#234;tre vot&#233;e (en 2&#232; lecture) par le Parlement europ&#233;en &#224; la mi-Novembre et risque bien d'&#234;tre adopt&#233;e, alors que la version actuelle est presque aussi mauvaise que le point de d&#233;part. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vous demandons donc d'envoyer d'urgence aux d&#233;put&#233;(e)s europ&#233;en(ne)s d'Ile de France des mels ou courriers leur demandant de voter contre selon le mod&#232;le de lettre joint. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;put&#233;e europ&#233;enne pr&#233;sente &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac nous...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il y a urgence au sujet de la directive &lt;strong&gt;Bolkestein&lt;/strong&gt; car celle-ci va &#234;tre vot&#233;e (en 2&#232; lecture) par le Parlement europ&#233;en &#224; la mi-Novembre et risque bien d'&#234;tre adopt&#233;e, alors que la version actuelle est presque aussi&lt;br class='autobr' /&gt;
mauvaise que le point de d&#233;part.&lt;br&gt;
Nous vous demandons donc d'&lt;strong&gt;envoyer d'urgence aux d&#233;put&#233;(e)s europ&#233;en(ne)s d'Ile de France des mels ou courriers leur&lt;br class='autobr' /&gt;
demandant de voter contre&lt;/strong&gt; selon le mod&#232;le de lettre joint.&lt;br&gt;
Une d&#233;put&#233;e europ&#233;enne pr&#233;sente &#224; l'Universit&#233; d'&#233;t&#233; d'Attac nous a dit que c'est la seule d&#233;marche dont tiennent compte les d&#233;put&#233;(e)s).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LA SITUATION EST GRAVE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'approbation par la commission europ&#233;enne de la &#034;proposition de directive relative aux services dans le march&#233; int&#233;rieur&#034; le 13 janvier 2004, la directive dite Bolkestein suit son petit bonhomme de chemin. Malgr&#233; les affirmations p&#233;remptoires, aucun gouvernement n'a demand&#233; son retrait jusqu'&#224; maintenant, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1- PROCEDURE D'ADOPTION DE LA DIRECTIVE : OU EN SOMMES NOUS ?&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Cette directive entre dans le cadre de la proc&#233;dure dite de cod&#233;cision qui n&#233;cessite un accord entre le Conseil des ministres Europ&#233;ens et la Commission Europ&#233;enne d'une part, et le Parlement Europ&#233;en d'autre part. Le Parlement s'est prononc&#233; en session pl&#233;ni&#232;re en premi&#232;re lecture le 16 f&#233;vrier 2006 : &#034;une majorit&#233; chr&#233;tienne d&#233;mocrate - sociale d&#233;mocrate - lib&#233;raux adopte un texte assez largement modifi&#233; qui programme n&#233;anmoins une d&#233;r&#233;gulation massive du secteur des services et n'emp&#234;che pas l'application du principe d'origine ; un amendement de la Gauche Unitaire Europ&#233;enne pr&#233;cisant que c'est le droit du pays d'accueil qui s'applique est rejet&#233;.&lt;br /&gt;
Le 4 avril 2006, la Commission europ&#233;enne pr&#233;sente un texte r&#233;vis&#233; de sa proposition initiale qui reproduit tr&#232;s largement le texte adopt&#233; par le Parlement europ&#233;en ;&lt;br /&gt;
Seconde branche du pouvoir l&#233;gislatif europ&#233;en, le Conseil des Ministres adopte, le 24 juillet 2006, une version modifi&#233;e de la proposition de directive. Elle s'&#233;carte dans un certain nombre de cas du texte adopt&#233; par le Parlement europ&#233;en et introduit des dispositions nouvelles accept&#233;es par la Commission europ&#233;enne. C'est ce qu'on appelle la &#034;position commune du Conseil&#034; qui refl&#232;te donc la position adopt&#233;e par les 25 gouvernements de l'Union.&#034; (RM Jennar, URFIG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil des Ministres en r&#233;introduisant des points du texte initial rejet&#233;s par les d&#233;put&#233;s lors du vote du 16 f&#233;vrier 2006, va &#224; l'encontre de la volont&#233; populaire exprim&#233;e dans la rue avec force le 11 f&#233;vrier et parie sur la faiblesse de la combativit&#233; du Parlement majoritairement de droite et lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re phase de la cod&#233;cision n'ayant pas d&#233;bouch&#233; sur un accord entre le Conseil des Ministres et le Parlement Europ&#233;en, on se dirige donc vers un second tour : examen et vote de la directive en deuxi&#232;me lecture au Parlement lors de la session pl&#233;ni&#232;re du 13 au 16 novembre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2- RETOUR A LA CASE DEPART.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Afin de guider le vote des d&#233;put&#233;s lors de cette session pl&#233;ni&#232;re, la commission March&#233; Int&#233;rieur du Parlement Europ&#233;en, qui regroupe des d&#233;put&#233;s de toutes tendances, a approuv&#233; la position commune du Conseil et de la Commission Europ&#233;enne le 23 octobre dernier. Ceci n'augure rien de bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte expose d'avantage les services sociaux &#224; la lib&#233;ralisation, revenant ainsi sur les am&#233;liorations apport&#233;es ant&#233;rieurement par le Parlement Europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ambigu&#239;t&#233;s voulues sur le principe du pays d'origine, les services publics ou la protection des consommateurs, laissent &#224; la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes (CJCE) le pouvoir exorbitant d'interpr&#233;ter des textes fondamentaux, et l'exp&#233;rience nous montre qu'elle tranche toujours dans le sens de plus d'ouverture des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- PLAN DE BATAILLE&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'&#233;preuve de force est de nouveau engag&#233;e, et cette fois-ci, il n'y a pas de r&#233;f&#233;rendum qui menace. Il va donc falloir dire &#224; nouveau &#224; nos d&#233;put&#233;s europ&#233;ens ce que nous attendons d'eux. La meilleure arme imm&#233;diatement disponible dont nous disposons c'est le courrier &#233;lectronique et la poste. Un arrivage important de courrier manifestant la volont&#233; des &#233;lecteurs peut leur donner une impulsion salvatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; envoyez une lettre (texte ci-joint) par d&#233;put&#233;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ne pas faire d'envoi group&#233; sinon le courrier sera rejet&#233;,&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; faire circuler cet appel avec le texte de la lettre le plus possible avant la session pl&#233;ni&#232;re de novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est &#224; la mobilisation, nous avons peu de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Groupe Europe Attac 92.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liens :&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/bolkestein-pt.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.urfig.org/bolkestein-pt.htm&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europeus.org/archive/2006/10/11/au-secours-bolkestein-revient.html#more&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.europeus.org/archive/2006/10/11/au-secours-bolkestein-revient.html#more&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-10-26/2006-10-26-839311&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-10-26/2006-10-26-839311&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Argumentaire Lecourieux : &#034;campagne d'Attac : Rocard et pas Bolkestein&#034;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Lecourieux-campagne-d-Attac-Rocard-et-pas-Bolkestein</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Argumentaire-Lecourieux-campagne-d-Attac-Rocard-et-pas-Bolkestein</guid>
		<dc:date>2005-03-26T09:06:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le projet de directive sur les services de Frits Bolkestein a de grandes vertus pour notre campagne, mais comporte aussi un grand risque : passer &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel. la directive montre que l'UE et ses lois (ou projets de loi) ont des cons&#233;quences directes, concr&#232;tes, indiscutables sur la vie quotidienne de tous les habitants de l'Union qu'ils soient citoyens, r&#233;sidents, &#233;trangers, r&#233;sidents ill&#233;gaux, r&#233;sidents temporaires, etc. elle montre, en bref, que l'Union n'est en aucun cas une...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Asnieres-Bois-Col-Clichy-Genevilliers-Levallois-Villeneuve-la-Gar-+" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Capitalisme-+" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le projet de directive sur les services de Frits Bolkestein a de grandes vertus pour notre campagne, mais comporte aussi un grand risque : passer &#224; c&#244;t&#233; de l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive montre que l'UE et ses lois (ou projets de loi) ont des cons&#233;quences directes, concr&#232;tes, indiscutables sur la vie quotidienne de tous les habitants de l'Union qu'ils soient citoyens, r&#233;sidents, &#233;trangers, r&#233;sidents ill&#233;gaux, r&#233;sidents temporaires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle montre, en bref, que l'Union n'est en aucun cas une question de politique ext&#233;rieure ou semi-ext&#233;rieure, mais bel et bien une question de politique int&#233;rieure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive montre que la situation politique - la nature m&#234;me de l'Union - a profond&#233;ment chang&#233; depuis l'&#233;largissement (15 &#224; 25) d'avril 2004 et qu'elle continuera &#224; changer profond&#233;ment encore quand nous serons 30 ou 35 en 2015 ; l'&#233;largissement est, de loin, l'&#233;v&#233;nement le plus important de l'Union depuis l'euro parce qu'il a &#233;t&#233; tr&#232;s mal pr&#233;par&#233; compte tenu de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; &#233;conomique, sociale, environnementale, d&#233;mocratique (la dur&#233;e de la tradition d&#233;mocratique &#034;formelle&#034; des les 15 versus les 10 entrants).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;largissement (donc la question des fronti&#232;res de l'Union) pose donc une question politique redoutable qui est comme enfouie et resurgit &#224; l'occasion de la directive Bolkestein ; l'opposition &#224; la directive ne serait pas la m&#234;me si nous &#233;tions encore &#224; 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;largissement &#224; 25, puis &#224; 35, est une question politique dont l'importance d&#233;passe - de loin - celle de la Constitution. Il conviendrait de parler ici du biais am&#233;ricain des gouvernements des 8 PECO (pays d'Europe centrale et orientale). La directive - de ce point de vue - montre le changement de nature de l'Union engag&#233; avec l'entr&#233;e du Royaume-Uni et parachev&#233; avec le passage &#224; 25. Comprenez-moi bien : je ne suis pas hostile &#224; l'&#233;largissement, mais je suis hostile &#224; l'&#233;largissement tel qu'il a &#233;t&#233; conduit - sans solidarit&#233;, sans argent, sans projet politique... L'Europe risque de devenir (est dans une certaine mesure) une Grande Suisse impotente, un OVNI apolitique post-moderne (cf. infra) &#224; la solde de l'&#201;tat-nation-patrie-melting-pot-souverain-h&#233;g&#233;monique-unilat&#233;ral-employant-la-force (m&#234;me si cette h&#233;g&#233;monie, unilat&#233;ralisme et autres caract&#233;ristiques ont montr&#233; leurs limites) : les &#201;tats Unis d'Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie donc aux questions comme le budget de l'Union : si ce budget avait &#233;t&#233; port&#233; progressivement, disons entre 1990 et 2004, &#224; 5% du RNB ou du PIB pour pr&#233;parer la mise en oeuvre l'&#233;largissement ; la directive Bolkestein serait vue autrement. C'est le manque de solidarit&#233; vis-&#224;-vis des entrants que la directive d&#233;voile en quelque sorte. Il ne faut donc pas que notre critique de la directive soit franco-fran&#231;aise et &#233;go&#239;ste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie aux budgets des &#201;tats membres et au Pacte de stabilit&#233; et de croissance ; les contraintes que ce Pacte impose aux &#201;tats membres les emp&#234;chent de prendre les d&#233;cisions politiques, financi&#232;res, &#233;conomiques, sociales, environnementales qui leur permettraient de lutter &#224; armes &#233;gales avec les pays &#224; faible co&#251;t du travail. Elles emp&#234;chent les &#201;tats membres de prot&#233;ger et surtout de d&#233;velopper leurs services publics en qualit&#233;, emprise, modalit&#233;s nouvelles, secteurs nouveaux (Internet et le savoir, par exemple)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie aussi &#224; la monnaie (euro) il est tr&#232;s vraisemblable que nombre des 10 entreront dans la zone euro entre 2007 et 2015 ; alors dispara&#238;tra dans &#034;le march&#233; int&#233;rieur &#224; monnaie unique &#233;tendue&#034; la m&#233;diation du change ; la contrainte sur les services, avec (ou sans) la directive, sera plus directe, plus forte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie au capitalisme patrimonial, au 12 &#224; 15% de rentabilit&#233; sur fonds propres (return on equity) qui est devenu depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 le standard du capitalisme ; le trait&#233; actuel - et plus encore la directive - conduise &#224; la d&#233;localisation de l'&#233;tablissement (si&#232;ge et filiales) et au renforcement d&#233;j&#224; actuel de &#034;l'ubiquit&#233; &#034; des prestataires et des clients des services (la libre circulation de la prestation de service et la libre circulation des destinataires des services). Il conviendrait d'argumenter ici notamment sur les nouvelles technologies qui sont la source de cette ubiquit&#233; (facility management, entreprise &#233;tendue, &#034;structures molles&#034; des projets, &#034;coop&#233;tition&#034; entre les agents &#233;conomiques, &#034;reengineering&#034; des entreprises, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie aussi &#224; la logique du trait&#233; actuel, du trait&#233; de Nice. La Constitution - il faut le dire et le r&#233;p&#233;ter pour &#233;viter les erreurs - n'est en mati&#232;re de libre circulation des personnes et des services (deux notions consubstantiellement li&#233;es) qu'un copi&#233; - coll&#233; du trait&#233; de Nice (TCE et TUE modifi&#233;s) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution ne nous fournit donc aucun argument suppl&#233;mentaire par rapport &#224; Nice (sauf la politique commerciale commune et l'assouplissement relatif &#224; la culture, l'&#233;ducation, la sant&#233;, etc. sur lequel il y a recul par rapport &#224; Nice et sauf la disparition des services publics en tant que &#034;valeur&#034; de l'UE ) .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc tr&#232;s important de bien comprendre ce qu'il y a dans Nice en mati&#232;re de circulation des personnes et des services. Quand cela est compris (je ferai prochainement un document l&#224;-dessus) notre opposition ne peut &#234;tre que totale, en mati&#232;re de services, contre Nice (et donc contre la Constitution qui est, en cette mati&#232;re, son clone)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie aussi &#224; la question de la m&#233;thode d'int&#233;gration de l'UE : la m&#233;thode pour accro&#238;tre &#034;l'approfondissement&#034;, l'int&#233;gration des &#201;tats membres dans l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Harmonisation des l&#233;gislations nationales par un flot ininterrompu de directives et r&#232;glements (J. Delors) comme ce fut le cas pour la libre circulation des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convergence des l&#233;gislations (comme ce fut le cas notamment pour l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire avec les trois phases de la mise en oeuvre de l'euro en mati&#232;re notamment de discipline budg&#233;taire et de stabilit&#233; mon&#233;taire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis passage &#224; la reconnaissance mutuelle des normes et au principe du pays d'origine (PPO) d'abord pour les marchandises (arr&#234;t Cassis de Dijon) puis sur les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos critiques et nos propositions ne doivent pas par un effet pervers conduire dans ce domaine &#224; condamner les d&#233;fauts du PPO et, ce faisant, &#224; vanter, sans nuances, l'harmonisation et la convergence. Pour ne prendre qu'un exemple : l'harmonisation c'est par excellence les directives et r&#232;glements de lib&#233;ralisation de tous les services publiques en r&#233;seau. C'est bel et bien une harmonisation. Donc l'harmonisation aussi bien que la convergence ne garantit en rien qu'on harmonise ou converge vers le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin cette question de l'harmonisation, de la convergence et du PPO autrement dit de la m&#233;thode communautaire cache l'&#233;norme question de la d&#233;politisation des questions politiques par le capitalisme (et par l'UE, par la Commission, le Conseil,, le Parlement, la Cour, etc.). C'est sans doute la question principale que montre la directive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la capitalisme peut chasser la politique de son &#234;tre. La d&#233;poss&#233;der de son &#234;tre. Excusez ce vocabulaire un peu philo...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La primaut&#233; des normes, des r&#232;gles, du droit sur la d&#233;cision et le choix politiques ; la transformation de toute question politique en question technique ; la d&#233;politisation de la politique ; la subordination de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apolitisme revendiqu&#233; (&#034;La Constitution n'est ni de gauche ni de droite&#034;, par exemple - mais ce n'est qu'un parmi mille exemples !) est mortif&#232;re pour la d&#233;mocratie. Elle tue le dissensus qui est le lieu g&#233;om&#233;trique de la politique. Elle disqualifie tout argument qui d&#233;vie d'un millim&#232;tre du dogme (la doxa) capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; s'accommode de tout r&#233;gime politique &#224; condition que ce r&#233;gime n'intervienne pas sur le march&#233; sauf - et c'est essentiel et consid&#233;rable - pour cr&#233;er, soutenir, consolider l'artefact qu'est le march&#233;. Le r&#233;gime (oligarchie, dictature comme en Chine, d&#233;mocratie formelle comme chez nous) doit &#234;tre un r&#233;gime-entrepreneur ou mieux un &#034;entrepreneur-r&#233;gime&#034; si je puis me permettre ce n&#233;ologisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#034;entrepreneur-r&#233;gime&#034; doit &#234;tre con&#231;u, vu et offert comme un objet (une marchandise) technique normant le march&#233; au profit du capital. Cet &#034;entrepreneur-r&#233;gime&#034; n'a qu'une valeur : l'argent. Le reste est emballage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la directive renvoie enfin aux caract&#233;ristiques tout &#224; fait particuli&#232;res des services : importance pour le capitalisme (plus de 70% du PIB), importance pour nous (social, environnement, &#233;conomique et surtout politique). Jean Gadrey a soulign&#233; dans un r&#233;cent texte la question du halo social des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En allant plus loin il faudrait parler de l'&#233;norme effort fait par les entreprises capitalistes (lire Harvard Business Review) depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 pour faire de l'ordonnancement- lancement sur les services. C'est le coeur de l'effort des entreprises en mati&#232;re de services. Les services sont alors intimement transform&#233;s en marchandises. Chaque service est d&#233;coup&#233; en blocs (lire les d&#233;veloppements sur les &#034;building blocks&#034;). Comme on n'est plus au temps du fordisme, comme le client veut du sur-mesure, c'est l'assemblage des ces blocs de service &#224; la demande du client qui constitue le sur-mesure et permet de r&#233;pondre &#224; la demande du client. Le sur-mesure des services d'aujourd'hui est fait de blocs standard (les building blocks). C'est ce que les entreprises de service appelle le sur-mesure-de masse (mass customization). Il faudrait parler des techniques de la qualit&#233; des services con&#231;ues au Japon (1950), puis profond&#233;ment transform&#233;es aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique entre 1960 et maintenant (certifications d'entreprises et des services ; qualit&#233; totale ; processus de satisfaction des clients ; juste-&#224;-temps ; etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel Rocard a &#233;crit : &#034;Le capitalisme a gagn&#233;&#034; Et commentant cette affirmation, il dit : mes camarades ne veulent pas le dire alors qu'ils le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre campagne c'est bien cette question qui est pos&#233;e et non celle de la directive Bolkestein. La directive sur les services n'est que la derni&#232;re illustration de ce fait : &#034;Le capitalisme a gagn&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est donc bien de savoir si - disons &#224; partir de 1973 - il a gagn&#233; une bataille ou si, comme l'&#233;crit Michel Rocard, il a gagn&#233; la guerre - justifiant ainsi tous les renoncements des socialistes et leur ralliement au n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que le c&#339;ur du c&#339;ur du c&#339;ur du capitalisme dans l'Union europ&#233;enne est constitu&#233; des quatre &#233;l&#233;ments suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le march&#233; int&#233;rieur et ext&#233;rieur (place du marchand et du non marchand ; tarif ext&#233;rieur ou pas de l'UE ; etc..)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la concurrence entre les agents &#233;conomiques et entre les &#201;tats membres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la politique mon&#233;taire et de change, l'ind&#233;pendance de la BCE, la politique vis-&#224;-vis des autres zones mon&#233;taires (zone dollar-yuan-etc. ; yen ; etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la politique budg&#233;taire et fiscale qui comporte deux volets : le budget de l'Union et le budget des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'appelle le carr&#233; lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre campagne ne doit pas &#234;tre centr&#233;e sur Bolkestein, mais sur Rocard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux, le 16 mars 2005&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Jennar : &#034;Bolkestein : la direction du PS trompe les Fran&#231;ais&#034;</title>
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		<dc:date>2005-03-09T17:12:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>attac92</dc:creator>


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		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;BOLKESTEIN : LA DIRECTION DU PS TROMPE LES FRAN&#199;AIS &lt;br class='autobr' /&gt;
Un texte de la direction du PS est intitul&#233; &#171; Pourquoi le trait&#233; est un rempart contre les d&#233;rives lib&#233;rales type Bolkestein ? &#187; Une fois de plus, cet argumentaire est un outil de d&#233;sinformation. Il est destin&#233; &#224; tromper. &lt;br class='autobr' /&gt;
La direction du PS affirme que &#171; la directive Bolkestein contredit, notamment, l'article I-3 qui pr&#233;voit que : &#171; l'Union &#339;uvre pour...une &#233;conomie sociale de march&#233; qui tend au plein emploi et au progr&#232;s social.un...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Autres-groupes-+" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;BOLKESTEIN : LA DIRECTION DU PS TROMPE LES FRAN&#199;AIS&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un texte de la direction du PS est intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Pourquoi le trait&#233; est un rempart contre les d&#233;rives lib&#233;rales type Bolkestein ?&lt;/i&gt; &#187; Une fois de plus, cet argumentaire est un outil de d&#233;sinformation. Il est destin&#233; &#224; tromper. &lt;br /&gt;
La direction du PS affirme que &#171; la directive Bolkestein contredit, notamment, l'article I-3 qui pr&#233;voit que : &#171; l'Union &#339;uvre pour...une &#233;conomie sociale de march&#233; qui tend au plein emploi et au progr&#232;s social.un niveau &#233;lev&#233; de protection et d'am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'environnement...Elle promeut la justice et la protection sociales &#187;.&lt;br /&gt;
Ce que la direction passe sous silence c'est ce que dit l'article 177 : &#171; Aux fins de l'article I-3, l'action des Etats membres et de l'Union comporte l'instauration d'une politique &#233;conomique (...) conduite conform&#233;ment au respect du principe d'une &#233;conomie de march&#233; ouverte o&#249; la concurrence est libre. &#187; A 68 reprises dans le trait&#233; constitutionnel, le plein emploi, le progr&#232;s social, la justice et la protection sociales sont soumis au &#171; respect d'une &#233;conomie de march&#233; ouverte ou la concurrence est libre et non fauss&#233;e . &#187; C'est-&#224;-dire non pas &#224; une &#233;conomie de march&#233; comme nous l'avons connue depuis la Lib&#233;ration, limit&#233;e, encadr&#233;e, conditionn&#233;e, mais une &#233;conomie de march&#233; n&#233;olib&#233;rale, une &#233;conomie o&#249; l'Etat est r&#233;duit &#224; des fonctions s&#233;curitaires (article 5), une &#233;conomie o&#249; la concurrence n'est plus limit&#233;e par des droits sociaux, par des obligations fiscales, par des contraintes environnementales, par des choix politiques l&#233;gitimes. Une &#233;conomie de march&#233; sur le mod&#232;le des accords de l'OMC. A l'oppos&#233; du mod&#232;le europ&#233;en.&lt;br /&gt;
La direction du PS cite l'article III-209 de la mani&#232;re suivante : &#171; L'Union et ses Etats, conscients des droits sociaux fondamentaux ... ont pour objectifs la promotion de l'emploi, l'am&#233;lioration des conditions de vie et de travail, permettant leur &#233;galisation dans le progr&#232;s, une protection sociale ad&#233;quate, le dialogue social, le d&#233;veloppement des ressources humaines permettant un niveau d'emploi &#233;lev&#233; et durable... Ils estiment &lt;strong&gt;qu'une telle &#233;volution r&#233;sultera tant du fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur qui favorisera l'harmonisation&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;des syst&#232;mes sociaux &lt;/strong&gt;que des proc&#233;dures pr&#233;vues par la Constitution et du rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres &#187;.&lt;br /&gt;
Compl&#233;tons d'abord le texte. Les mots qui manquent (l&#224; o&#249; il y a ... sont les suivants : &#171; tels que ceux &#233;nonc&#233;s dans la Charte sociale europ&#233;enne sign&#233;e &#224; Turin le 18 octobre 1961 et dans la Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs de 1989 &#187; &lt;br /&gt;
Une fois qu'on dispose de la totalit&#233; du texte, on peut en d&#233;duire :&lt;br /&gt;
a) que l'Union et les Etats sont &#171; &lt;i&gt;conscients des droits sociaux&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils savent que ces droits existent ; on est bien heureux de l'apprendre ; mais cela ne signifie pas que ces droits sociaux sont d&#233;sormais des droits consacr&#233;s, comme ils le sont dans la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme (&#224; laquelle l'Union n'adh&#232;re pas) ou comme ils le sont dans certaines Constitutions et l&#233;gislations nationales ;&lt;br /&gt;
b) que l'Union n'adh&#232;re ni &#224; la Charte sociale europ&#233;enne de Turin, ni &#224; la Charte communautaire des droits sociaux fondamentaux ; le texte y fait r&#233;f&#233;rence, il n'annonce pas l'adh&#233;sion qui cr&#233;erait des obligations ;&lt;br /&gt;
c) que l'&#233;volution (c'est-&#224;-dire la r&#233;alisation des objectifs &#233;num&#233;r&#233;s) se fera par une harmonisation d&#233;sormais soumise aux fluctuations du march&#233;. Cette information capitale nous ram&#232;ne &#224; la proposition Bolkestein qui abandonne l'harmonisation au profit de la loi du march&#233;. &lt;br /&gt;
Evoquant les services publics, une fois de plus, la direction du PS confond &#171; service d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral &#187; (SIEG) et &#171; service public &#187; alors que le Livre Blanc de la Commission europ&#233;enne, approuv&#233; par le Conseil des Ministres, pr&#233;cise (p. 23) que ces deux expressions &#171; &lt;i&gt;ne doivent pas &#234;tre confondues&lt;/i&gt; &#187;. La direction du PS indique que la Constitution pr&#233;voit qu'une loi-cadre europ&#233;enne peut &#234;tre vot&#233;e pour permettre que &#171; &lt;i&gt;ces services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions qui leur permettent d'accomplir leurs missions.&lt;/i&gt; &#187;, mais il s'agit des SIEG. Pas des services publics, totalement absents d'une &#171; Constitution &#187; qui ne consacre nulle part la notion de service en vue de cr&#233;er une &#233;galit&#233; de droits, notion incompatible avec le principe d'une &#171; &lt;i&gt;concurrence libre et non fauss&#233;e&lt;/i&gt; &#187; &#224; laquelle sont soumises toutes les politiques de l'Union.&lt;br /&gt;
Evidemment, la direction du PS passe totalement sous silence les articles essentiels du trait&#233; constitutionnel en ce qui concerne les services :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;article 4&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Libert&#233;s fondamentales et non-discrimination. La libre circulation des personnes, des &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;services&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement, sont garanties par l'Union... &lt;/i&gt; &#187; On notera l'usage du verbe &#171; garantir &#187; qui n'&#233;tait pas employ&#233; lorsqu'il s'agissait des droits sociaux. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sous section 3, Libert&#233; de prestation des services , article 144&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Dans le cadre de la pr&#233;sente sous-section, &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;les restrictions &#224; la libre prestation des services sont interdites&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; &#224; l'&#233;gard des ressortissants des Etats membres &#233;tablis dans un Etat membre autre que celui du destinataire de la prestation.&lt;/i&gt; &#187; Qu'est-ce qu'une &#171; restriction &#224; la libre prestation des services &#187; ? On ne nous le dit pas, mais chacun le sait. Il s'agit des obligations de service public, du financement public qui fausse la concurrence, de dispositions l&#233;gales ou r&#233;glementaires adopt&#233;es par les pouvoirs publics dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Il n'est pas indiff&#233;rent de savoir que la Commission europ&#233;enne consid&#232;re &#171; &lt;i&gt;le pouvoir discr&#233;tionnaire des autorit&#233;s locales&lt;/i&gt; &#187; comme un obstacle &#224; la concurrence (document IP/02/1180 du 31 juillet 2002) !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;article 147&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;La loi-cadre europ&#233;enne &#233;tablit les mesures pour r&#233;aliser la lib&#233;ralisation d'un service d&#233;termin&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;article 148&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;i&gt;Les Etats membres s'efforcent de proc&#233;der &#224; la lib&#233;ralisation des services &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;au-del&#224; de la mesure qui est obligatoire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt; en vertu de la loi-cadre europ&#233;enne&lt;/i&gt;... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation des services, c'est-&#224;-dire l'obligation de les soumettre aux lois de la concurrence, d&#233;j&#224; impos&#233;e par l'Accord G&#233;n&#233;ral sur le Commerce des Services (AGCS), figure, sans contestation possible, au programme du trait&#233; constitutionnel que la proposition Bolkestein ne fait qu'anticiper. La proposition Bolkestein est une mise en &#339;uvre aggrav&#233;e de l'AGCS et une anticipation de ce que va favoriser le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la proposition Bolkestein se donne pour objectif de &#171; &lt;i&gt;renforcer la position de n&#233;gociation &lt;/i&gt; &#187; de l'Union europ&#233;enne dans le cadre de la mise en oeuvre de l'AGCS (P. 16). Or, on sait avec quelle agressivit&#233; l'Union europ&#233;enne tente d'imposer la privatisation des services partout dans le monde. On sait les positions que le socialiste Pascal Lamy a d&#233;fendues dans ce sens &#224; l'Organisation Mondiale du Commerce (voir &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt; - AGCS), proposant &#224; la table des n&#233;gociations de l'OMC un texte qui annonce que la mise en &#339;uvre de l'AGCS doit se faire &#171; &lt;i&gt;aucun secteur de service n'&#233;tant exclu a priori&lt;/i&gt; &#187; tout en &#233;crivant, au m&#234;me moment, dans le journal &#171; Le Monde &#187; &#171; qu'on ne touchera pas &#224; l'enseignement, &#224; la sant&#233; et &#224; la culture &#187; (5 sept. 2003). La duplicit&#233; des lib&#233;raux de gauche sur l'AGCS conduit tout naturellement &#224; leur duplicit&#233; sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Puisqu'ils d&#233;fendent la m&#234;me soumission des peuples aux lois du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le chef de file des d&#233;put&#233;s europ&#233;ens socialistes fran&#231;ais, M. Bernard Poignant, est un grand d&#233;fenseur de l'AGCS (il a m&#234;me publi&#233; une brochure &#224; ce propos) et du trait&#233; constitutionnel. Rappelons aussi que plusieurs d&#233;put&#233;s europ&#233;ens, membres du PS et partisans de la Constitution europ&#233;enne, ont &#233;mis un vote favorable &#224; une r&#233;solution du Parlement europ&#233;en demandant &#224; la Commission de pr&#233;senter une proposition de directive lib&#233;ralisant les services et consid&#233;rant le principe du pays d'origine comme &#171; &lt;i&gt;essentiel &#224; l'ach&#232;vement du march&#233; int&#233;rieur des biens et des services &lt;/i&gt; &#187; (voir note URFIG &#171; Quelques v&#233;rit&#233;s sur Bolkestein &#187; et &#171; Bolkestein : les preuves &#187; - &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt;). Cette r&#233;solution du Parlement est d'ailleurs explicitement cit&#233;e dans l'expos&#233; des motifs de la proposition de directive (page 7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aussi que la direction du PS, qui justifie son soutien &#224; la Constitution europ&#233;enne notamment par l'appui de tous les autres partis socialistes et par la n&#233;cessit&#233; de &#171; ne pas &#234;tre socialiste tout seul &#187; (il est bien loin le temps o&#249; le socialiste Jaur&#232;s n'avait pas peur d'affronter la social d&#233;mocratie ...), passe sous silence l'appui, beaucoup plus coh&#233;rent, des amis &#171; socialistes &#187; allemands et des amis &#171; socialistes &#187; britanniques &#224; la fois &#224; la Constitution et &#224; la proposition Bolkestein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le gouvernement allemand dont les politiques n&#233;olib&#233;rales vont jusqu'&#224; provoquer l'&#233;clatement du principal parti gouvernemental, le SPD, vient de d&#233;clarer par la voix de son ministre de l'&#233;conomie, M.Wolfgang Clement, que l'Allemagne soutient la proposition de directive sur les services et il a ajout&#233; : &#034;&lt;i&gt;La position actuelle du gouvernement est que nous devons garder le principe du pays d'origine et c'est ce qui va se passer&lt;/i&gt; &#187; (Source : Centre for a Social Europe (Londres), 23.02.2005).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Et de son c&#244;t&#233;, le Commissaire europ&#233;en au Commerce, Peter Mandelson, un travailliste Britannique qui d&#233;clarait &#171; &#171; f&lt;i&gt;ace au besoin urgent de supprimer les rigidit&#233;s et d'inclure de la flexibilit&#233; dans les march&#233;s des capitaux, du travail et des marchandises, nous sommes tous des thatch&#233;riens &lt;/i&gt; &#187; (The Times,10 juin 2002), vient d'affirmer : &#171; &lt;i&gt;Les adversaires de la directive sur les services veulent prot&#233;ger des r&#232;gles protectionnistes nationales qui continuent d'imposer des prix &#233;lev&#233;s aux consommateurs.(...) La Commission ne devrait pas reculer devant ces pressions ill&#233;gitimes&lt;/i&gt; &#187; (The Guardian, 15 f&#233;vrier 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;cisions qui pr&#233;c&#232;dent, on ne les retrouve pas dans les textes de la direction du PS. On ne les trouvera pas davantage dans la plupart des m&#233;dias fran&#231;ais qui semblent, sur l'Europe, avoir renonc&#233; au pluralisme des opinions et se livrent &#224; de la d&#233;sinformation syst&#233;matique. Dernier exemple, &#224; propos de la proposition Bolkestein : &#171; &lt;i&gt;la directive n'est plus d'actualit&#233; &#224; Bruxelles &lt;/i&gt; &#187; affirme Le Figaro (2 mars). On vient de voir ce qu'il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On nous trompe sur Bolkestein. On nous trompe sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Allons-nous dire &#171; oui &#187; &#224; ceux qui nous trompent ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Raoul Marc JENNAR&lt;br /&gt;
Chercheur ; animateur de l'URFIG&lt;br /&gt;
03.03.2005&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Gadrey : &#034;Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale&#034;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Gadrey-Liberalisation-et-marchandisation-des-services-la</link>
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		<dc:date>2005-03-09T14:40:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Service public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les services et les services publics dans l'Union europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt; Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : &lt;br class='autobr' /&gt;
la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Gadrey 4 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Gadrey est membre du Conseil Scientifique d'Attac &lt;br class='autobr' /&gt;
La Constitution europ&#233;enne est un point d'appui pour une radicalisation du n&#233;o-lib&#233;ralisme, comme le pr&#233;figurent les lib&#233;ralisations en cha&#238;ne des services publics, le projet de directive sur les services dit Bolkestein, le projet de...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-public-+" rel="tag"&gt;Service public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les services et les services publics dans l'Union europ&#233;enne&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : &lt;br /&gt;
la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean Gadrey 4 mars 2005 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean Gadrey est membre du Conseil Scientifique d'Attac&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution europ&#233;enne est un point d'appui pour une radicalisation du n&#233;o-lib&#233;ralisme, comme le pr&#233;figurent les lib&#233;ralisations en cha&#238;ne des services publics, le projet de directive sur les services dit Bolkestein, le projet de directive sur les services portuaires et quelques autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de bonnes raisons de penser que, de m&#234;me que l'adoption du trait&#233; de Maastricht en 1992 (trait&#233; que certains d'entre nous s'&#233;taient r&#233;solus &#224; approuver) a donn&#233; de nouvelles forces aux partisans de la lib&#233;ralisation &#224; marche forc&#233;e, de m&#234;me l'adoption de la Constitution les encouragerait &#224; radicaliser leur projet, renvoyant aux calendes grecques les objectifs g&#233;n&#233;reux d'une Europe sociale largement introuvable &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas en effet de quoi &#234;tre enthousiaste, et nous allons le montrer dans un domaine hautement significatif de ce qui se produirait si un nouveau feu vert &#233;tait donn&#233; aux orientations lib&#233;rales actuelles. Il s'agit de la lib&#233;ralisation des march&#233;s des services. Cette question est centrale, &#233;conomiquement et socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; d'une soci&#233;t&#233; tient &#224; de nombreux facteurs : conditions de travail, environnement, protection sociale, plein-emploi, etc. Mais elle repose aussi tr&#232;s fortement sur la &lt;i&gt;qualit&#233; sociale&lt;/i&gt; de ses services, et en particulier des services d'&#233;ducation, de sant&#233;, de soins aux personnes, de la culture et des loisirs, et de la totalit&#233; de ses &#171; services publics de R&#233;seau &#187; (Poste, eau, gaz, &#233;lectricit&#233;, chemins de fer, t&#233;l&#233;communications) qui jouent un r&#244;le &#233;vident dans le coh&#233;sion sociale et territoriale, au point que de nombreuses associations se battent pour la reconnaissance de &#171; droits fondamentaux &#187; en la mati&#232;re et que les maires de France tirent depuis plusieurs ann&#233;es la sonnette d'alarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les services repr&#233;sentent plus de 70 % de l'emploi et de la valeur ajout&#233;e dans la plupart des pays europ&#233;ens, et une large fraction d'entre eux &#233;chappe &#224; logique du march&#233; concurrentiel lucratif. Le secteur priv&#233; est pr&#234;t &#224; investir cette &#171; poule aux oeufs d'or &#187;, en se cachant derri&#232;re &#171; l'int&#233;r&#234;t du consommateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans tous ces secteurs, compte tenu de leurs missions &#233;ducatives, sanitaires, culturelles, et de contribution au lien social et &#224; la solidarit&#233;, l'int&#233;r&#234;t du citoyen peut aller &#224; l'encontre du simple objectif de mettre des entreprises en concurrence, assimil&#233; sommairement &#224; l'int&#233;r&#234;t du consommateur. D'autant qu'il n'est pas prouv&#233; que le consommateur s'y retrouve, y compris en mati&#232;re de prix : en passant d'un statut public ou non lucratif &#224; un statut lucratif, il faut bien qu'une partie du prix vienne r&#233;mun&#233;rer les actionnaires, et l'on conna&#238;t leurs exigences. Tel est le contexte des offensives de lib&#233;ralisation des services en Europe et dans le monde (Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services - AGCS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accent prioritaire mis, en Europe, sur la &#171; d&#233;r&#233;gulation &#187; et la lib&#233;ralisation des services publics de r&#233;seau date de la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980 (en particulier l'Acte unique europ&#233;en de 1986 - AUE ), sous forte influence britannique, apr&#232;s la p&#233;riode Thatcher qui a pourtant produit des effets catastrophiques au Royaume-Uni (chemins de fer, &#233;nergie, poste, sant&#233;...). L'Europe nous a &#171; laiss&#233;s tranquilles &#187; pendant quarante ans dans ce domaine, et ces quarante ann&#233;es ont &#233;t&#233; plut&#244;t bonnes pour la modernisation des services publics, en d&#233;pit de certains d&#233;ficits de d&#233;mocratie qui n'ont aucune chance d'&#234;tre r&#233;duits par la lib&#233;ralisation, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 novembre 2002, Romano Prodi, alors pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, lan&#231;ait dans Le Monde un vibrant hommage au &#034;niveau d'efficacit&#233; des services publics fran&#231;ais... C'est la force de la France et il serait bon que des pays imitent cette efficacit&#233;&#034;... sous r&#233;serve toutefois que cela &#034;ne suscite pas de r&#233;actions n&#233;gatives dans d'autres pays qui respectent les r&#232;gles de la concurrence&#034;. On peut dire que cette d&#233;claration embarrass&#233;e et d&#233;magogique refl&#232;te bien les orientations dominantes de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les services publics fran&#231;ais sont plut&#244;t (ou &#233;taient, car cela se d&#233;grade) parmi les meilleurs, mais il faut n&#233;anmoins qu'ils changent pour s'aligner sur les r&#232;gles de la concurrence des autres Etats membres et de l'Union europ&#233;enne. Toute l'histoire des grands textes europ&#233;ens depuis le milieu des ann&#233;es 1980 rel&#232;ve de ces pressions faisant de la concurrence le principe incontournable, et des missions de service public (devenus Services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral - SIEG) un appendice bien ennuyeux qu'il faut r&#233;duire ou contourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu toutefois des hauts et des bas dans cette histoire r&#233;cente, en raison d'une r&#233;sistance port&#233;e par des groupes de pression s'opposant &#224; la casse, par exemple l'inscription des services publics comme &#171; valeurs de l'Union &#187; dans le trait&#233; d'Amsterdam, une inscription qui a disparu dans le projet de Constitution, ce qui est l'un des reculs actuels. Mais ce qui domine dans les instances europ&#233;ennes depuis vingt ans est la conviction que la lib&#233;ralisation et la concurrence ont &lt;i&gt;&#034;des effets positifs sur la qualit&#233; de l'ensemble des services, et &#233;galement sur celle des services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#034;&lt;/i&gt; (Conseil du march&#233; int&#233;rieur du 26 novembre 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont vu une acc&#233;l&#233;ration du ph&#233;nom&#232;ne de lib&#233;ralisation des services publics, ce qui tend bien &#224; prouver qu'avec des institutions tr&#232;s peu d&#233;mocratiques, bien plus influenc&#233;es par des lobbies patronaux que par les pressions des peuples, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral perd du terrain. Il en perdrait encore, c'est notre conviction, en cas d'adoption de la Constitution europ&#233;enne. Non pas que cette derni&#232;re change grand-chose aux trait&#233;s existants en la mati&#232;re, &#224; l'exception notable et tr&#232;s significative de la disparition des services publics dans les valeurs fondamentales de l'Union. Mais la &lt;i&gt;constitutionnalisation&lt;/i&gt; des trait&#233;s ant&#233;rieurs vou&#233;s &#224; la lib&#233;ralisation des services publics donnerait &#224; ces orientations une plus grande autorit&#233; juridique et l&#233;gitimit&#233; politique, et le combat pour des services publics porteurs d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral en serait tr&#232;s affaibli. C'est l'une de nos raisons, parmi bien d'autres, d'en appeler &#224; un sursaut. Le r&#233;f&#233;rendum en donne une occasion, il n'y en aura pas beaucoup d'autres avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et selon nous, ce n'est pas l'article III-122, pr&#233;voyant la possibilit&#233; d'une loi europ&#233;enne permettant aux SIEG d'accomplir leurs missions, et pr&#233;sent&#233; par des partisans de gauche du &#171; oui &#187; comme une avanc&#233;e, qui modifierait cette situation. D'une part, cette possibilit&#233; n'est pas exclue dans les trait&#233;s actuels, de sorte que l'avanc&#233;e est mince, voire inexistante. Il s'agit en fait d'une simple confirmation de la possibilit&#233; de lois europ&#233;ennes &#224; l'initiative exclusive de la Commission europ&#233;enne. D'autre part et surtout, c'est un rapport de forces plus favorable aux objectifs d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et &#224; l'Europe sociale qu'il faut b&#226;tir, en infligeant une &lt;i&gt;claque&lt;/i&gt; aux id&#233;es lib&#233;rales. Le &#171; oui &#187; n'y contribuera pas, bien au contraire. Le &#171; non &#187; n'est pas une garantie, mais c'est une fen&#234;tre ouverte dans une &lt;i&gt;maison des services publics&lt;/i&gt; en danger de mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argumentaire Jennar : Quelques v&#233;rit&#233;s sur Bolkestein</title>
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		<dc:date>2005-03-02T16:02:48Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;QUELQUES VERITES SUR BOLKESTEIN &lt;br class='autobr' /&gt;
La &#171; proposition de directive sur les services dans le march&#233; int&#233;rieur &#187; con&#231;ue par les services de la Commission europ&#233;enne sous la direction du Commissaire Frits Bolkestein, donne lieu, en particulier en France, &#224; de bien &#233;tranges manipulations politico-m&#233;diatiques qui brouillent la r&#233;alit&#233; des faits et trompent les citoyennes et les citoyens appel&#233;s &#224; se prononcer sur le &#171; trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe. &#187; Chacun se d&#233;m&#232;ne aujourd'hui...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Autres-groupes-+" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;QUELQUES VERITES SUR BOLKESTEIN&lt;br /&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La &#171; &lt;i&gt;proposition de directive sur les services dans le march&#233; int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187; con&#231;ue par les services de la Commission europ&#233;enne sous la direction du Commissaire Frits Bolkestein, donne lieu, en particulier en France, &#224; de bien &#233;tranges manipulations politico-m&#233;diatiques qui brouillent la r&#233;alit&#233; des faits et trompent les citoyennes et les citoyens appel&#233;s &#224; se prononcer sur le &#171; &lt;i&gt;trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe&lt;/i&gt;. &#187; Chacun se d&#233;m&#232;ne aujourd'hui pour appara&#238;tre comme le plus r&#233;solu et le plus ancien &#224; s'opposer &#224; cette proposition. Il est bon de rappeler les faits afin d'appr&#233;cier la sinc&#233;rit&#233; des oppositions claironn&#233;es ici ou l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES ORIGINES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout commence &#224; Lisbonne o&#249; les Chefs d'Etat et de gouvernement (pour la France, le tandem Chirac-Jospin ; pour la Belgique, le gouvernement soutenu par les lib&#233;raux, les socialistes et les &#233;cologistes) adoptent une &#171; strat&#233;gie &#187; en vue de faire de l'Europe &#171; &lt;i&gt;l'&#233;conomie la plus comp&#233;titive du monde&lt;/i&gt;. &#187; La comp&#233;tition devient la valeur de r&#233;f&#233;rence de l'Union europ&#233;enne. Une cible : les services &#224; lib&#233;raliser en allant au-del&#224; de ce que pr&#233;voit l'Accord G&#233;n&#233;ral sur le Commerce des Services (AGCS) qui n'&#233;pargne pourtant aucun secteur, mais qui exige, m&#234;me dans le cadre de l'Union europ&#233;enne, l'accord explicite de chaque Etat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 f&#233;vrier 2003, le Parlement europ&#233;en adopte une r&#233;solution dont&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; au point 35, il &#171; &lt;i&gt;se f&#233;licite des propositions visant &#224; cr&#233;er un instrument horizontal pour garantir la libre circulation des services sous forme de reconnaissance mutuelle&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; au point 39, il consid&#232;re que &#171; &lt;i&gt;les principes du pays d'origine et de la reconnaissance mutuelle sont essentiels &#224; l'ach&#232;vement du march&#233; int&#233;rieur des biens et des services&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la directive sur les services dans le march&#233; int&#233;rieur et son principe du pays d'origine tant d&#233;cri&#233;s aujourd'hui ont &#233;t&#233; voulus par une majorit&#233; du Parlement europ&#233;en. Une majorit&#233; impossible s'il n'y avait eu les voix des sociaux-d&#233;mocrates et des Verts. Dans cette majorit&#233; de d&#233;put&#233;s europ&#233;ens qui ont r&#233;clam&#233; cette directive&lt;i&gt; (&#171; instrument horizontal&lt;/i&gt; &#187;) et ce principe du pays d'origine, on trouvait, parmi les d&#233;put&#233;s europ&#233;ens fran&#231;ais pr&#233;sents lors du vote (r&#233;solution A5-0026/2003 ; 13/02/2003) : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Danielle Darras (PS) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Olivier Duhamel (PS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Catherine Lalumi&#232;re (PS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Michel Rocard (PS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Martine Roure (PS)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; G&#233;rard Onesta (Les Verts)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Yves Pi&#233;trasanta (Les Verts)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-H&#233;l&#232;ne Descamps (UMP)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alain Lamassoure (UMP)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Margie Sudre (UMP)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'UMP, le PS et les Verts d&#233;noncent ce qu'ils ont demand&#233; hier parce que cette proposition de directive illustre trop clairement le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral que va imposer le trait&#233; constitutionnel qu'ils soutiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA PROCEDURE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Le 13 janvier 2004, la Commission europ&#233;enne adopte la proposition : parmi ceux qui l'approuvent : les Fran&#231;ais Michel Barnier (UMP) et Pascal Lamy (PS), le Belge Philippe Busquin (PS), l'Allemande Michaele Schreyer (Les Verts). La proposition, dont le contenu appartient &#224; une mati&#232;re pour laquelle la proc&#233;dure de cod&#233;cision s'applique, est ensuite envoy&#233;e &#224; la fois aux gouvernements et au Parlement europ&#233;en.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;2) Pour l'examen intergouvernemental, c'est dans le cadre du Comit&#233; des Repr&#233;sentants Permanents (COREPER), qu'un groupe de travail est constitu&#233;. Il rassemble des repr&#233;sentants de la Commission europ&#233;enne et des gouvernements. Il se r&#233;unit &#224; six reprises entre le 27 f&#233;vrier et le 26 mai. D'autres r&#233;unions auront encore lieu par la suite. Mais ce qu'il faut retenir, c'est que &lt;strong&gt;PAS UN SEUL GOUVERNEMENT NE DEMANDE LE REJET DE LA PROPOSITION &lt;/strong&gt;(voir sur &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Bien plus, lors du Sommet europ&#233;en de printemps, les 25 et 26 mars 2004, &#224; Bruxelles, les Chefs d'Etat et de gouvernement (dont, parmi ceux-ci, le Pr&#233;sident Chirac et les chefs des gouvernements fran&#231;ais, luxembourgeois et belges), adoptent un texte dans lequel on peut lire, &#224; propos de la strat&#233;gie de Lisbonne : &#171; &lt;i&gt;Dans le secteur des services, qui demeure fortement fragment&#233;, une concurrence accrue s'impose pour am&#233;liorer l'efficacit&#233;, accro&#238;tre la production et l'emploi et servir les int&#233;r&#234;ts des consommateurs. &lt;/i&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L'examen du projet de directive sur les services doit &#234;tre une priorit&#233; absolue et respecter le calendrier envisag&#233;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Au Parlement europ&#233;en, c'est le 31 ao&#251;t 2004 que la &#171; commission du march&#233; int&#233;rieur et de la protection des consommateurs &#187; est saisie pour la premi&#232;re fois de la proposition. Il appara&#238;t que le PPE (dont font partie l'UMP fran&#231;aise et le CDH belge), les lib&#233;raux (dont fait partie le MR belge) et une tr&#232;s large partie du groupe du parti socialiste europ&#233;en sont favorables &#224; la proposition quitte &#224; proc&#233;der &#224; certaines modifications. Seuls le groupe de la Gauche Unitaire Europ&#233;enne dirig&#233; par le Fran&#231;ais Francis Wurtz (PCF) et quelques socialistes, dont B&#233;atrice Patrie (PS fran&#231;ais - Nouveau Monde), manifestent une opposition sans ambigu&#239;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Une audition d'experts est organis&#233;e au Parlement europ&#233;en le 11 novembre ; &#224; la demande de Mme Patrie et du Groupe de la Gauche Unitaire Europ&#233;enne, je suis entendu par la commission du march&#233; int&#233;rieur avec 19 autres personnes (voir sur &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt;). Il se d&#233;gage de la majorit&#233; des interventions que cette directive va provoquer la plus formidable ins&#233;curit&#233; juridique, qu'elle rend inop&#233;rante la directive existante sur le d&#233;tachement des travailleurs, qu'elle compromet gravement la Convention Rome I (respect du droit du pays dans lequel le travailleur exerce son activit&#233;), qu'elle ruine toute possibilit&#233; pour les Etats qui organisent un syst&#232;me de couverture des soins de sant&#233; de pouvoir maintenir une telle politique, qu'elle consacre, &#224; l'instar du trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, l'abandon de la technique de l'harmonisation comme instrument prioritaire de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Un fait &#224; noter : la Commission europ&#233;enne rejette en bloc toutes ces observations. Par contre, elle reconna&#238;t mon interpr&#233;tation selon laquelle les offres europ&#233;ennes en mati&#232;re d'AGCS seraient d&#233;sormais de la comp&#233;tence exclusive de la Commission. Dans un document de travail (PE 353.297 - DT/551156FR.doc - 21.12.2004), le Rapporteur Evelyne Gebhardt &#171; &lt;i&gt;au vu des r&#233;sultats de l'audition du 11 novembre 2004, estime n&#233;cessaire de retravailler en profondeur la proposition de directive de la Commission&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Lors du Conseil des Ministres charg&#233; des questions de comp&#233;titivit&#233; les 25-26 novembre 2004, &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la proposition de directive fait l'objet d'un accueil globalement favorable par les Etats membres.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; &#187; La France indique qu'elle ne s'oppose pas &#224; l'application du principe du pays d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Le 1 janvier 2005, le passage de la pr&#233;sidence n&#233;erlandaise &#224; la pr&#233;sidence luxembourgeoise marque une inflexion int&#233;ressante. Le gouvernement grand ducal ne semble pas dispos&#233; &#224; soutenir inconditionnellement le texte de la proposition. A telle enseigne qu'il d&#233;pose, le 10 janvier 2005, un &#171; document consolid&#233; &#187; comportant &#224; la fois des formulations plus pr&#233;cises, des formules alternatives pour chaque article sensible et l'abandon de certaines dispositions du document Bolkestein (document 5161/05). Ce document est actuellement examin&#233; au sein du groupe de travail. La pr&#233;sidence luxembourgeoise ouvre une fen&#234;tre d'opportunit&#233; pour amender le texte. Elle se termine le 30 juin. Elle sera suivie par la pr&#233;sidence du gouvernement britannique qui est un fervent partisan du texte r&#233;dig&#233; par Bolkestein et approuv&#233; par la Commission. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
LES REACTIONS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;1)&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Le 21 mars 2004, alert&#233; par la F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail de Belgique (FGTB- syndicat de tendance socialiste non inf&#233;od&#233; au PS belge), par une lettre du 8 mars du Coll&#232;ge intermutualiste belge (qui regroupe les mutualit&#233;s chr&#233;tiennes, neutres, socialistes, lib&#233;rales, libres ainsi que la Caisse des Soins de Sant&#233; de la Soci&#233;t&#233; Nationale des Chemins de Fer Belges et la Caisse publique d'Assurance Maladie-Invalidit&#233;) et par un communiqu&#233; du Bureau du PS belge, je publie une analyse de la proposition sous le titre : &#171; &lt;i&gt;Nouvelle agression n&#233;olib&#233;rale de la Commission europ&#233;enne&lt;/i&gt; &#187; (voir sur &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt;).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
2) Dans la presse fran&#231;aise, seul l'hebdomadaire &lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt; fait &#233;cho &#224; cette analyse et c'est le journaliste Thierry Brun qui, le premier en France, r&#233;v&#232;le le contenu de la proposition dans le num&#233;ro du 25 mars. L'hebdomadaire annonce la manifestation pr&#233;vue &#224; Bruxelles le 5 juin. En Belgique, une importante mobilisation rassemble associations, ONG et syndicats dans le cadre du Forum Social de Belgique. Seul l'hebdomadaire belge &lt;i&gt;Le Journal du Mardi&lt;/i&gt; relaie analyses et commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) D&#233;but juin, d'autres associations (dont Attac) et organisations syndicales, en France et ailleurs, entament &#224; leur tour une campagne contre la proposition de directive. Le 5 juin 2004, &#224; l'invitation du Forum Social de Belgique et des deux centrales syndicales qui en font partie (CSC et FGTB), 5000 personnes manifestent contre la proposition Bolkestein &#224; Bruxelles. Je suis un des orateurs et je souligne l'&#233;troite parent&#233; entre cette proposition et le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en (voir sur &lt;a href=&#034;http://www.urfig.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.urfig.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Trois jours apr&#232;s la manifestation de Bruxelles, le quotidien fran&#231;ais &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; commence une campagne d'information et d'explication de cette directive qui n'a plus cess&#233; depuis lors. Le 21 juin, le conseil municipal de la Ville de Bruxelles, toutes tendances politiques confondes, adopte une r&#233;solution affirmant sa &#171; &lt;i&gt; totale opposition&lt;/i&gt; &#187; &#224; cette proposition qui constitue une &#171; &lt;i&gt;attaque frontale contre les services publics locaux&lt;/i&gt;. &#187; Le Pr&#233;sident de l'Union des Villes et Communes de Wallonie d&#233;clare que &#171; &lt;i&gt;Le service public communal constitue l'un des piliers de la tradition europ&#233;enne commune. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Lors du Forum Social Europ&#233;en de Londres, c'est &#224; l'initiative des deux centrales syndicales belges et du Forum Social de Belgique que se tient, pendant une demi journ&#233;e, un atelier consacr&#233; enti&#232;rement &#224; la proposition Bolkestein. Une manifestation est d&#233;cid&#233;e pour r&#233;clamer l'Europe sociale et s'opposer &#224; l'AGCS et &#224; sa version europ&#233;enne aggrav&#233;e qu'est la proposition Bolkestein. Elle aura lieu le 19 mars 2005 &#224; Bruxelles. Mais l'implication de la Conf&#233;d&#233;ration Europ&#233;enne des Syndicats, favorable au trait&#233; constitutionnel europ&#233;en, brouille le message de cette manifestation. Il faudra l'&#233;nergique intervention de la FGTB pour que la CES retire de son appel &#224; manifester une d&#233;claration de soutien au trait&#233; constitutionnel. Un site internet est cr&#233;&#233; apr&#232;s le FSE : &lt;a href=&#034;http://www.stopbolkestein.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.stopbolkestein.org&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
LA DUPLICITE DES PARTISANS DU TRAITE CONSITUTIONNEL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans du trait&#233; constitutionnel europ&#233;en ont compris que cette proposition Bolkestein offre l'exemple de ce que sera la mise en &#339;uvre de leur Constitution, qu'elle risque d'ouvrir les yeux de beaucoup avant le r&#233;f&#233;rendum et qu'elle vient donc trop t&#244;t. En France, de Chirac &#224; Rocard/Strauss-Kahn, c'est la m&#234;me ligue des serviteurs du patronat qui font semblant aujourd'hui de s'indigner d'une proposition qu'ils ont appel&#233;e de leurs v&#339;ux hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les protestations fran&#231;aises (celles des autorit&#233;s comme celles des tenants socialistes et verts du &#171; oui &#187; au trait&#233; constitutionnel) portent essentiellement sur le &#171; principe du pays d'origine. &#187; Ces partisans de la &#171; strat&#233;gie de Lisbonne &#187; passent sous silence les autres agressions commises par la proposition Bolkestein : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle remet en cause des fondements du droit priv&#233; international (Convention Rome I) et des n&#233;gociations tr&#232;s avanc&#233;es dans ce domaine (proposition de Convention Rome II) ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle rend inapplicable la directive sur le d&#233;tachement des travailleurs ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle s'applique &#224; des secteurs comme l'enseignement, la sant&#233;, les services sociaux, les services culturels et audio-visuels ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle conduit au d&#233;mant&#232;lement des syst&#232;mes publics de couverture des soins de sant&#233;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle remet en cause le pouvoir des autorit&#233;s locales &#224; fournir des services ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle est contradictoire avec la proposition de directive relative &#224; la reconnaissance des qualifications professionnelles ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; elle ampute les Etats europ&#233;ens de leur libert&#233; de choisir &#224; quels services et avec quelle ampleur ils vont appliquer l'AGCS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prises de position tonitruantes des autorit&#233;s fran&#231;aises n'ont pour seul but que de repousser l'examen de la proposition Bolkestein apr&#232;s le r&#233;f&#233;rendum. Elles ont pour effet que cet examen n'aura plus lieu sous une pr&#233;sidence luxembourgeoise favorable &#224; des amendements significatifs du texte, mais sous une pr&#233;sidence britannique tr&#232;s attach&#233;e au texte initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire gagner le &#171; oui &#187; au trait&#233; constitutionnel et obtenir ensuite la proposition Bolkestein, tel est le double objectif des serviteurs du patronat.&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;LA COMMISSION BARROSO&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le pr&#233;sident Barroso, un n&#233;olib&#233;ral atlantiste, qui a fait ses preuves comme destructeur des services publics quand il &#233;tait premier ministre du Portugal, fait de la strat&#233;gie de Lisbonne une de ses plus importantes priorit&#233;s. Dans le Financial Times (Londres), M. Barroso d&#233;clare le 2 f&#233;vrier 2005, que &#171; &lt;i&gt;la lib&#233;ralisation des services est la premi&#232;re de ses priorit&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Il pr&#233;cise que son programme constitue &#171; &lt;i&gt;une rupture claire avec la pens&#233;e europ&#233;enne d'un pass&#233; r&#233;cent quand les pr&#233;occupations environnementales et l'am&#233;lioration des droits des travailleurs recevaient la m&#234;me priorit&#233; que la n&#233;cessit&#233; de g&#233;n&#233;rer de la croissance&lt;/i&gt;. &#187;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Au lendemain des exigences gouvernementales et socialistes fran&#231;aises de &#171; remise &#224; plat &#187; de la proposition de directive, la porte-parole de la Commission europ&#233;enne, d&#233;clare le vendredi 4 f&#233;vrier : &#171; &lt;i&gt;La position de la Commission est que la lib&#233;ralisation des services est un point essentiel de la relance de la strat&#233;gie de Lisbonne sur la comp&#233;titivit&#233; de l'Union. Il n'est pas question que la Commission retire la directive&lt;/i&gt; &lt;i&gt;services&lt;/i&gt;. &#187; Le n&#233;olib&#233;ral Charlie McGreevy qui a succ&#233;d&#233; au n&#233;olib&#233;ral Frits Bolkestein en qualit&#233; de Commissaire au march&#233; int&#233;rieur d&#233;clare que &#171; &lt;i&gt;le principe du pays d'origine doit &#234;tre maintenu, car c'est la cl&#233; de vo&#251;te de la directive.&lt;/i&gt; &#187; Peter Mandelson, successeur travailliste du socialiste Pascal Lamy, d&#233;fend lui aussi ce principe au nom de la lutte contre le protectionnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos de l'Ex&#233;cutif que ne d&#233;ment pas le vice-pr&#233;sident socialiste du Parlement europ&#233;en, Robert Goebbels qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;Il existe des pans entiers de services o&#249; la concurrence ne ferait pas de mal.&lt;/i&gt; &#187; A bon entendeur...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
BOLKESTEIN ET LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPEEN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Pour comprendre la port&#233;e de ce qui se pr&#233;pare, il faut garder en m&#233;moire que l'&#233;largissement &#224; des pays o&#249; il n'y a pas ou peu de lois fiscales, sociales et environnementales s'est n&#233;goci&#233; au m&#234;me moment o&#249; on r&#233;digeait le trait&#233; constitutionnel et la proposition Bolkestein. La Commission europ&#233;enne, moteur de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale, a &#233;t&#233; au centre de cette triple d&#233;marche.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;L'unanimit&#233; exig&#233;e par le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en pour toute harmonisation sociale signifie l'abandon de l'harmonisation. Et la proposition Bolkestein annonce ce qui va remplacer l'harmonisation : l'utilisation des disparit&#233;s nouvelles cr&#233;&#233;es par l'&#233;largissement au profit d'un patronat assur&#233; par le trait&#233; constitutionnel que la libert&#233; d'&#233;tablissement et de circulation des services sont des &#171; &lt;i&gt;valeurs fondamentales&lt;/i&gt; &#187; de l'Union (article 4), que &#171; &lt;i&gt;les restrictions &#224; la libre circulation des services sont interdites&lt;/i&gt; &#187; (article 144) que la concurrence sera &#171; &lt;i&gt;libre et non fauss&#233;e &lt;/i&gt; &#187; (articles 3, 177, 178, et 65 autres articles...) et que l'harmonisation sociale sera laiss&#233;e au &#171; &lt;i&gt;fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur&lt;/i&gt; &#187; (article 209).&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Cette proposition illustre par anticipation les l&#233;gislations europ&#233;ennes futures une fois adopt&#233; le trait&#233; constitutionnel. Elle constitue un exemple, parmi beaucoup d'autres, des efforts de d&#233;r&#233;gulation propos&#233;s par la Commission europ&#233;enne et soutenus par tous les gouvernements. Elle traduit la r&#233;signation et la collaboration &#224; laquelle nous appellent ceux qui, comme Michel Rocard, r&#233;p&#232;tent &#224; sati&#233;t&#233; que &#171; &lt;i&gt;le capitalisme a gagn&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette proposition et les p&#233;rip&#233;ties qui l'accompagnent illustrent &#233;galement &#224; quel point, d&#232;s qu'il s'agit de l'Union europ&#233;enne, on nous trompe et on nous manipule. Profitant de la complexit&#233; des textes et de l'opacit&#233; des proc&#233;dures, on s'applique &#224; nous tromper sur le contenu des textes et sur les attitudes adopt&#233;es. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
On nous trompe sur Bolkestein. On nous trompe sur le trait&#233; constitutionnel europ&#233;en. Allons-nous dire &#171; oui &#187; &#224; ceux qui nous trompent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Raoul Marc JENNAR&lt;br /&gt;
chercheur,&lt;br /&gt;
animateur de l'URFIG&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Chavign&#233; - Filoche : Les projets de directive Bolkestein et de Constitution europ&#233;enne n'ont-ils vraiment rien &#224; voir ?</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Chavigne-Filoche-Les-projets-de-directive-Bolkestein-et-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/Argumentaire-Chavigne-Filoche-Les-projets-de-directive-Bolkestein-et-de</guid>
		<dc:date>2005-02-24T11:15:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Filoche, Jean-Jacques Chavign&#233; </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Europe lib&#233;rale : travaux pratiques &lt;br class='autobr' /&gt;
Les projets de directive Bolkestein et de Constitution europ&#233;enne n'ont-ils vraiment rien &#224; voir ? &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;s mars 2004, le projet de directive Bolkestein propos&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par la commission europ&#233;enne (inclus Michel Barnier et Pascal Lamy) avait &#233;t&#233; approuv&#233; par tous les chefs d'Etat et de gouvernement. D&#233;s ce moment, tous les anti-lib&#233;raux ont essay&#233; d'alerter sur les dangers de cette directive, ainsi que sur celle visant &#224; allonger la dur&#233;e du...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Europe lib&#233;rale : travaux pratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les projets de directive Bolkestein et de Constitution europ&#233;enne n'ont-ils vraiment rien &#224; voir ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D&#233;s mars 2004, le projet de directive Bolkestein propos&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par la commission europ&#233;enne (inclus Michel Barnier et Pascal Lamy) avait &#233;t&#233; approuv&#233; par tous les chefs d'Etat et de gouvernement.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;s ce moment, tous les anti-lib&#233;raux ont essay&#233; d'alerter sur les dangers de cette directive, ainsi que sur celle visant &#224; allonger la dur&#233;e du travail &#8220; opt out &#8221; : toutes deux, sous pr&#233;texte de faciliter la libre circulation des services et la libert&#233; d'&#233;tablissement, ont pour principale fonction de niveler vers le bas le droit du travail des pays de l'Union europ&#233;enne et d'enlever aux institutions &#233;lues (municipalit&#233;s, r&#233;gions, parlements nationaux) la possibilit&#233; d'&#233;dicter des r&#232;gles protectrices des usagers et des consommateurs.&lt;br&gt;
Voil&#224; qu'un an apr&#232;s, certains semblent se r&#233;veiller et rejeter ces directives, de Chirac &#224; Dsk. On en voit se ruer pour signer des appels contre Bolkestein. Bravo ! Mais encore faudrait-il en exiger le &#8220; retrait &#8221;. Et ne pas seulement se contenter d'une diversion et de quelques am&#233;nagements. Mais surtout comment expliquer que ces deux projets de directives arrivent au m&#234;me moment que le projet de Constitution, tous approuv&#233;s par les m&#234;mes chefs d'Etat et de gouvernement dans les m&#234;mes r&#233;unions ? N'ya t il pas de toute &#233;vidence un lien entre Bolkestein et la Constitution Giscard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les projets de directive et de Constitution ont &#233;t&#233; approuv&#233;s par le m&#234;me Conseil europ&#233;en des chefs d'Etat et de gouvernement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du sommet europ&#233;en des 25 et 26 mars 2004, les chefs d'Etat et de gouvernement ont confirm&#233; leur volont&#233; de voir la directive Bolkestein aboutir d&#232;s 2005 et affirm&#233; : &#8220; l'examen du projet de directive sur les services doit &#234;tre une priorit&#233; absolue &#8221;.&lt;br&gt;
Le 6 ao&#251;t 2004, ces m&#234;mes chefs d'Etat et de Gouvernement ont approuv&#233; le projet de Constitution europ&#233;enne.&lt;br&gt;
Le m&#234;me arbre donnerait-il des fruits diff&#233;rents : des poires en mars et des pommes en ao&#251;t ? Un projet de directive lib&#233;rale en mars et un projet de Constitution nous prot&#233;geant du lib&#233;ralisme en ao&#251;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aucune garantie pour les services publics dans le projet de Constitution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le projet de Constitution n'utilise jamais le terme de &#8220; services publics &#8221;. Le terme &#8220; public &#8221; est banni du vocabulaire de l'Union europ&#233;enne. Le projet de Constitution ne veut conna&#238;tre que les Services d'Int&#233;r&#234;t Economique G&#233;n&#233;ral (SIEG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le respect de l'acc&#232;s aux SIEG n'appara&#238;t que dans l'article II-36. Mais cet article ne cr&#233;e aucun droit nouveau : le projet de Constitution se contente d'affirmer que l'Union &#8220; reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s aux services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral tels qu'il est pr&#233;vu dans les l&#233;gislations et pratiques nationales &#8221;. Il n'implique en aucun cas la cr&#233;ation de services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral lorsqu'ils n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; l'article III-122 que les SIEG trouve une base juridique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le contenu de cet article se contente de reprendre, sans changement significatif, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; inclus dans l'article 16 du Trait&#233; instituant la Communaut&#233; Europ&#233;enne (TCE) : &#8220; ... l'Union et les Etats membres... veillent &#224; ce que ces services fonctionnent sur la base de principes et dans des conditions, notamment &#233;conomiques et financi&#232;res, qui leur permettent d'accomplir leurs missions &#8221;. Rien de nouveau, donc, sous le soleil et aucune raison de se f&#233;liciter puisque cet article n'a pas apport&#233; la moindre protection &#224; la lib&#233;ralisation des services publics des Etats membres de l'Union : transport ferroviaire, transport a&#233;rien, services postaux, t&#233;l&#233;communications, &#233;nergie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, comme dans le Trait&#233; instituant la Communaut&#233; Europ&#233;enne (TCE), cet article soumet les SIEG &#224; deux autres articles qui en fixent aussit&#244;t les limites &#233;troites. Dans le projet de Constitution, il s'agit des articles III-166 et III-167 qui reprennent int&#233;gralement les articles 86 et 87 du TCE. Ces deux articles interdisent aux SIEG de b&#233;n&#233;ficier d'aides publiques qui &#8220; faussent ou qui menacent de fausser la concurrence &#8221; et les soumettent aux r&#232;gles de la concurrence. C'est ces deux articles qui ont servi de point d'appui &#224; l'offensive continue contre les services publics des Etats membres depuis plus de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de Constitution par son absence de d&#233;finition des &#8220; services publics &#8221; et par la soumission &#224; la concurrence qu'il impose aux SIEG ne pr&#233;sente, contrairement &#224; ce qu'affirment les partisans du projet de Constitution, aucune garantie contre l'un des aspects les plus n&#233;gatifs de la directive Bolkestein : son attaque en r&#232;gle contre les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, l'article III-48 encourage la lib&#233;ralisation des services : &#8220; Les Etats-membres s'efforcent de proc&#233;der &#224; la lib&#233;ralisation des services au-del&#224; de la mesure qui est obligatoire... &#8221; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les articles 1-3 et 1-4 du projet de Constitution : premi&#232;re base juridique du projet de directive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, la directive Bolkestein trouve une s&#233;rieuse base juridique dans deux articles du projet de Constitution.&lt;br&gt;
L'article 1-3 alin&#233;a 2 affirme, tout d'abord que l'Union se fixe pour objectif &#8220; un march&#233; int&#233;rieur o&#249; la concurrence est libre et non fauss&#233;e &#8221;.&lt;br&gt;
L'article 1-4 consid&#232;re comme &#8220; libert&#233;s fondamentales &#8221; : &#8220; La libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement...garanties par l'Union... &#8221;&lt;br&gt;
C'est, en effet, au nom de cet objectif, de la libre circulation des services et de la libert&#233; d'&#233;tablissement que la directive Bolkestein va tenter de lever tous les obstacles qui entravent ces &#8220; libert&#233;s &#8221; : les services publics, les monopoles de S&#233;curit&#233; sociale, les droits du travail nationaux, la protection des usagers et des consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Titre III de la II&#232;me partie du projet de Constitution : deuxi&#232;me base juridique du projet de directive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-137 stipule : &#8220; les restrictions &#224; la libert&#233; d'&#233;tablissement des ressortissants d'un Etat membre sur le territoire d'un autre Etat membre sont interdites. &#8221;&lt;br&gt;
Le projet de directive Bolkestein tire toutes les cons&#233;quences de cet article. Pour faciliter la circulation des services, il veut interdire tout obstacle administratif &#224; l'&#233;tablissement des prestataires de services. Un prestataire de services serait soumis uniquement &#224; la loi de son pays d'origine et ne devrait donc plus se conformer &#224; des r&#232;glements et des exigences administratives nationaux divergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne pourrait, ainsi, exiger d'une soci&#233;t&#233; prestataire de services qu'elle ait un si&#232;ge social dans le pays o&#249; elle exerce, ni m&#234;me une adresse ou un repr&#233;sentant, ni de se soumettre aux r&#232;gles applicables au m&#234;me service dans le pays (&#234;tre inscrit dans un ordre, poss&#233;der un acc&#232;s &#224; la profession...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-144 pr&#233;cise &#8220; les restrictions &#224; la libre prestation des services &#224; l'int&#233;rieur de l'Union sont interdites &#224; l'&#233;gard des ressortissants des Etats membres &#233;tablis dans un Etat membre autre que celui du destinataire de la prestation &#8221;.&lt;br&gt;
Impossible donc, comme le pr&#233;voit la directive Bolkestein, d'imposer aux officines pharmaceutiques venant d'un autre pays de l'Union des normes d'implantation en fonction de la population ou d'une distance g&#233;ographique minimum entre prestataires, comme c'est aujourd'hui la r&#232;gle en France.&lt;br&gt;
Impossible, aussi, d'imposer (en dehors de normes incontr&#244;lables en mati&#232;re de salaires minimum et de dur&#233;e du travail) &#224; des entreprises de construction polonaises ou baltes, le respect des conventions collectives ou tout simplement du droit du travail du pays destinataires. &lt;br&gt;
Impossible, &#233;galement, d'imposer &#224; une entreprise de construction slovaque ou lettone le respect des r&#232;gles de s&#233;curit&#233; pour les &#233;chafaudages ou les chantiers de d&#233;samiantage...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour couronner le tout, le prestataire de soins s'installant dans un pays tiers ne sera plus oblig&#233; de respecter le syst&#232;me de S&#233;curit&#233; sociale du pays h&#244;te. Pour la directive Bolkestein, en effet, le respect des syst&#232;mes nationaux de S&#233;curit&#233; sociale serait contradictoire avec la libre circulation des services dans l'Union... Cette directive compl&#232;terait parfaitement la r&#233;forme Douste Blazy pour remettre en cause toute politique de sant&#233; publique en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-145 donne une d&#233;finition tr&#232;s large des &#8220; services &#8221; : &#8220; Aux fins de la Constitution, sont consid&#233;r&#233;s comme services, les prestations fournies normalement contre r&#233;mun&#233;ration &#8221;. Combin&#233;e &#224; l'absence de d&#233;finition des services publics et aux restrictions apport&#233;es aux SIEG au nom de la concurrence &#8220; libre et non fauss&#233;e &#8221; dans le projet de Constitution, cette d&#233;finition extr&#234;mement large des services offre un solide point d'appui &#224; l'entreprise de d&#233;molition des services publics orchestr&#233;e par la directive Bolkestein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, en pratique, &#224; part la police, la justice (pas les frais d' avocats...) ou l'arm&#233;e, aucun service public n'est gratuit : on paie l'inscription en fac, une partie de l'enseignement est priv&#233; et l'enseignement est donc payant, une partie des frais hospitaliers sont &#224; la charge du patient... Tous ses services publics peuvent donc &#234;tre, selon le projet de Constitution et la directive Bolkestein, consid&#233;r&#233; comme des &#8220; services &#8221; et mis en concurrence avec des &#8220; services &#8221; fournis par des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es d'un autre Etat de l'Union...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un projet de directive conforme &#224; la volont&#233; du projet de Constitution d'interdire l'harmonisation des dispositions l&#233;gislatives des Etats membres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est notamment le cas de l'article III-210 qui interdit tout harmonisation entre les droits du travail des Etats membres de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est regrettable que les partisans du projet de Constitution ne se soient pas aper&#231;us que cet article &#233;tait en parfaite contradiction avec &#8220; la d&#233;marche communautaire &#8221; (la fameuse m&#233;thode Delors) dont ils se r&#233;clament &#8220; qui vise &#224; rapprocher et &#224; harmoniser les dispositions des Etats membres &#8221; &lt;br&gt;
D'autant que l'article III-209 pr&#233;cise sans la moindre ambigu&#239;t&#233; que c'est le &#8220; fonctionnement du march&#233; qui favorisera l'harmonisation des syst&#232;mes sociaux &#8221;. C'est tr&#232;s exactement l'objectif de la directive Bolkestein : favoriser l'harmonisation par le bas des syst&#232;mes sociaux en les mettant en concurrence directe les uns avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce projet de directive arrive au moment opportun pour les lib&#233;raux : au moment o&#249; entrent dans l'Union dix pays d'Europe centrale et orientale dont les droits du travail et de protection des consommateurs sont nettement inf&#233;rieurs &#224; ceux de l'Europe des quinze. C'est donc tout &#224; fait sciemment que la directive Bolkestein prend appui sur l'article III-210 pour organiser le dumping social entre les dix et les quinze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poisson-pilote de son gouvernement, l'entrepreneur letton Laval anticipe l'adoption de la directive Bolkestein. Cet entrepreneur avait commenc&#233; la construction d'une &#233;cole en Su&#232;de et refus&#233; de signer les accords collectifs su&#233;dois au pr&#233;texte qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; signataire des accords en vigueur en Lettonie qui est un pays membre de l'UE.&lt;br&gt;
Dagnija Stukena, porte-parole du minist&#232;re letton des Affaires &#233;trang&#232;res condamne sans appel le boycott des syndicats su&#233;dois en s'appuyant sur le projet de Constitution : &#8220; L'action des syndicats su&#233;dois est en contradiction avec l'essence m&#234;me de l'UE et la possibilit&#233; pour tous les citoyens de travailler librement dans l'UE &#8221; (Lib&#233;ration du 1er f&#233;vrier 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'effet Dracula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le vampire Dracula, prince des t&#233;n&#232;bres, ne supportaient pas la lumi&#232;re du jour qui le transformait en poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1990, cet &#8220; effet Dracula &#8221; avait frapp&#233; le projet d'Accord Multilat&#233;ral sur les Investissements. Lorsque ce projet a &#233;t&#233; mis en pleine lumi&#232;re par ceux que l'on n'appelait pas encore les altermondialistes, ses promoteurs avaient alors, prudemment, fait marche arri&#232;re. Mais ils n'ont pas renonc&#233;, leur repli n'&#233;tait que tactique : ils essaient, aujourd'hui, de refaire passer ce plat &#233;pic&#233; dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait que le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne commence &#224; se produire avec la directive Bolkestein. Les mobilisations organis&#233;es par ATTAC et des syndicats avec la participation du Parti Socialiste en Belgique, la mont&#233;e au cr&#233;neau (m&#234;me tardive) des dirigeants socialistes fran&#231;ais, apr&#232;s celle d'ATTAC, du PCF et des syndicats ont contribu&#233; &#224; mettre en lumi&#232;re le contenu du projet de directive et sem&#233; la panique parmi ses promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en qui avait donn&#233; un avis favorable au projet de directive en f&#233;vrier 2003 change son fusil d'&#233;paule. Chirac qui l'avait approuv&#233;, comme tous les chefs d'Etat, en mars 2004, fait mine de d&#233;couvrir les menaces de dumping social que rec&#232;le ce projet de Directive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, Jean-Manuel Barroso finit par tirer de tout cela la conclusion que cette directive doit &#234;tre &#8220; remise &#224; plat &#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne pas baisser la garde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le repli de Barroso et de Chirac est un succ&#232;s mais ce n'est qu'un succ&#232;s temporaire : leur repli n'est qu'un repli tactique dans l'attente de jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne a d'ailleurs aussit&#244;t r&#233;affirm&#233; la n&#233;cessit&#233; de ne &#8220; pas perdre de vue (les) principaux objectifs &#8221; de cette directive. Il a aussit&#244;t r&#233;affirm&#233; la pertinence du &#8220; principe du pays d'origine &#8221; qui est le principe fondamental du projet de directive puisqu'il permet aux prestataires de services de ne pas d&#233;pendre de la l&#233;gislation du pays destinataire mais de leur pays d'origine. &#8220; La Commission n'a aucune intention de retirer la directive sur la lib&#233;ralisation des Services, dite &#034;Bolkestein&#034;, mais est pr&#234;te &#224; travailler avec le Parlement europ&#233;en et les Etats membres &#034;pour trouver des solutions &#224; des probl&#232;mes difficiles&#034;, a indiqu&#233; d&#232;s le 3 f&#233;vrier la porte-parole de la Commission, Fran&#231;oise Le Bail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc compter sur Barroso pour ne pas perdre de vue les &#8220; principaux objectifs &#8221; des lib&#233;raux : pour eux, la lib&#233;ralisation du march&#233; des services (70 % du PIB de l'Union) est une priorit&#233;, maintes fois r&#233;affirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui aujourd'hui les fait surtout reculer, c'est le r&#233;f&#233;rendum fran&#231;ais sur le projet de Constitution europ&#233;enne. Ils comprennent que le m&#233;contentement social pourrait tr&#232;s bien s'emparer du r&#233;f&#233;rendum chiraquien et, sans se tromper le moins du monde de col&#232;re, bien au contraire, dire non &#224; la fois au lib&#233;ralisme en France et en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en lumi&#232;re de la directive Bolkestein et la mobilisation pour le retrait (et non pour la &#8220; remise &#224; plat &#8221; !) de cette directive sc&#233;l&#233;rate est donc plus que jamais n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, la directive Bolkestein n'est que la mise en application au domaine des services du projet de Constitution europ&#233;enne : le moyen le plus s&#251;r d'emp&#234;cher cette directive de voir le jour passe donc d'abord par le rejet de ce projet de Constitution lors du r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Jacques Chavign&#233; et G&#233;rard Filoche&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaire Jennar : proposition de directive relative aux services (Bolkestein)</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Commentaire-Jennar-proposition-de-directive-relative-aux-services-Bolkestein</link>
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		<dc:date>2005-01-19T10:02:28Z</dc:date>
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		<dc:subject>Europe</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Raoul Marc JENNAR est docteur en science politique, chercheur aupr&#232;s de l'ONG (Organisme Non Gouvernemental) Oxfam Solidarit&#233; (Belgique) et de l'Unit&#233; de Recherche, de Formation et d'Information sur la Globalisation (URFIG-France). Il est nottament sp&#233;cialiste de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) &lt;br class='autobr' /&gt; PARLEMENT EUROP&#201;EN &lt;br class='autobr' /&gt;
Commission du march&#233; int&#233;rieur et de la protection des consommateurs. &lt;br class='autobr' /&gt;
PROPOSITION DE DIRECTIVE RELATIVE AUX SERVICES DANS LE MARCHE INT&#201;RIEUR (COM (2004)002 final)...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Autres-groupes-+" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Raoul Marc JENNAR est docteur en science politique, chercheur aupr&#232;s de l'ONG (Organisme Non Gouvernemental) Oxfam Solidarit&#233; (Belgique) et de l'Unit&#233; de Recherche, de Formation et d'Information sur la Globalisation (URFIG-France). Il est nottament sp&#233;cialiste de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PARLEMENT EUROP&#201;EN&lt;br&gt;
Commission du march&#233; int&#233;rieur et de la protection des consommateurs.&lt;br&gt;
PROPOSITION DE DIRECTIVE RELATIVE AUX SERVICES DANS LE MARCHE INT&#201;RIEUR (COM (2004)002 final)&lt;br&gt;
Audition du 11 novembre 2004&lt;br&gt;
Expos&#233; de Raoul Marc JENNAR,&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;docteur en science politique, chercheur aupr&#232;s d'Oxfam Solidarit&#233; (Belgique) et de l'Unit&#233; de Recherche, de Formation et d'Information sur la Globalisation (URFIG-France)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Pr&#233;sident,&lt;br&gt;
Mesdames, Messieurs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je remercie les membres de cette Commission qui ont eu le souci d'associer un chercheur au service du mouvement social &#224; cette audition sur une proposition de directive susceptible de bouleverser totalement le paysage socio-&#233;conomique europ&#233;en et de remettre radicalement en cause ce qu'il est convenu d'appeler &#171; le mod&#232;le europ&#233;en &#187;.&lt;br&gt;
Je partagerai mon propos en trois s&#233;quences : en premier lieu quelques r&#233;flexions g&#233;n&#233;rales sur la directive propos&#233;e, ensuite une comparaison entre la proposition de directive et le Livre Blanc sur les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et enfin je terminerai en avan&#231;ant, faute de pouvoir esp&#233;rer un rejet de cette directive, un certain nombre d'amendements qui me semblent indispensables si on veut que l'Union europ&#233;enne pratique une coh&#233;rence nouvelle entre son message aux opinions publiques et sa l&#233;gislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A. REFLEXIONS GENERALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.1 les circonstances du d&#233;p&#244;t de cette proposition.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition est d&#233;pos&#233;e et examin&#233;e dans un contexte o&#249; l'&#233;largissement provoque de tr&#232;s fortes disparit&#233;s au sein de l'Union europ&#233;enne et cr&#233;e de facto deux zones diff&#233;rentes : une zone o&#249; existent un degr&#233; certain de redistribution de la richesse produite par la fiscalit&#233;, o&#249; existent des lois sociales et des lois environnementales et une zone o&#249; ces &#233;l&#233;ments, qui sont consubstantiels de l'id&#233;e m&#234;me d'Europe, ne se retrouvent pas ou fort peu.&lt;br&gt;
Alors que l'harmonisation a &#233;t&#233;, pendant plus de quarante ans, la technique de base de l'int&#233;gration europ&#233;enne, au moment pr&#233;cis o&#249; elle serait plus n&#233;cessaire que jamais, on y renonce afin de rendre l&#233;gal le dumping fiscal, le dumping social et le dumping environnemental. Je note au passage que le souci d'harmonisation n'est maintenu que pour abroger, l&#224; o&#249; elle existe, l'interdiction de la publicit&#233; commerciale pour les professions r&#233;glement&#233;es (architectes, avocats, m&#233;decins, notaires, pharmaciens,...).&lt;br&gt;
Il sera tr&#232;s difficile de faire croire aux dizaines de millions d'Europ&#233;ens qui ont montr&#233; en juin dernier &#224; quel point ils doutent des bienfaits du mod&#232;le pr&#233;sent d'int&#233;gration europ&#233;enne que l'abandon de la technique de l'harmonisation soit une d&#233;cision prise dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;br&gt;
Je veux observer &#233;galement que cette proposition de directive sur les services est d&#233;pos&#233;e en l'absence de toute directive-cadre sur les services dits d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ce qui signifie en l'absence de tout d&#233;bat sur le principe du service public. Depuis des ann&#233;es, les autorit&#233;s politiques de l'Union europ&#233;enne, celles dont la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique est indiscutable, demandent le d&#233;p&#244;t d'une telle directive. La Commission europ&#233;enne fait la sourde oreille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.2 l'interaction avec l'AGCS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des consultations organis&#233;es dans le cadre du COREPER, entre les Etats membres et les services de M. Bolkestein, ceux-ci ont d&#233;clar&#233; (r&#233;union du 23 mars 2004) que &#171; la directive n'a pas d'effet sur les n&#233;gociations internationales (AGCS...). &#187;&lt;br&gt;
Or, au point 5 de l'expos&#233; des motifs de la proposition de directive, sous l'intitul&#233; &#171; Coh&#233;rence avec les autres politiques communautaires &#187;, une sous-section (page 16) est enti&#232;rement consacr&#233;e aux n&#233;gociations dans le cadre de l'AGCS et il est explicitement indiqu&#233; que cette proposition vise &#224; &#171; renforcer la position de n&#233;gociation &#187; de l'Union europ&#233;enne.&lt;br&gt;
Quant au fond, il y a de nombreuses similitudes entre l'AGCS et la proposition de directive. De la m&#234;me mani&#232;re que l'AGCS, la directive propos&#233;e donne des services une d&#233;finition extr&#234;mement large puisqu'elle couvre tous les services. De la m&#234;me mani&#232;re que l'AGCS, la directive propos&#233;e s'applique aux m&#234;mes modes de fourniture des services : services fournis depuis le pays d'origine (mode 1 de l'AGCS), services faisant appel &#224; la mobilit&#233; du client (mode 2), services investis dans un autre pays (mode 3), services faisant appel &#224; la mobilit&#233; du personnel (mode 4).&lt;br&gt;
Un examen comparatif des dispositions de l'AGCS et de la proposition de directive permet sans contestation possible d'affirmer qu'il s'agit bien d'une proposition qui tend &#224; imposer aux 25 Etats membres de l'Union les dispositions de l'AGCS. On pourrait se demander pour quelle raison puisque les r&#232;gles de l'OMC sont contraignantes. Mais la r&#233;ponse se trouve dans les effets de la proposition. Si elle est adopt&#233;e, cette proposition aura deux effets directs sur le fonctionnement de l'Union europ&#233;enne et sur les n&#233;gociations de mise en &#339;uvre de l'AGCS :&lt;br&gt;
a) la directive entra&#238;ne ipso facto un transfert de comp&#233;tences des Etats membres vers la Commission dans la mesure o&#249; celle-ci ne sera plus tenue, comme c'est le cas actuellement, d'associer les Etats &#224; l'&#233;laboration des offres de lib&#233;ralisation de services dans le cadre des n&#233;gociations AGCS puisque la lib&#233;ralisation des services sera r&#233;gl&#233;e par la directive. L'adoption de la directive met fin au libre choix des Etats que leur conc&#232;de formellement l'AGCS.&lt;br&gt;
b) la position de n&#233;gociation de la Commission europ&#233;enne pour la mise en &#339;uvre de l'AGCS sera de ce fait renforc&#233;e, puisqu'elle disposera &#224; sa guise de la quasi totalit&#233; des secteurs de services europ&#233;ens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui aura pour cons&#233;quence que le pouvoir, d&#233;j&#224; tr&#232;s limit&#233;, de votre Parlement d'exercer sa fonction de contr&#244;le sur les n&#233;gociations de l'AGCS deviendra tout &#224; fait inexistant.&lt;br&gt;
On peut donc en conclure, contrairement &#224; ce qu'affirme la Commission, que cette directive aura pour effet d'infliger aux peuples d'Europe une application aggrav&#233;e de l'AGCS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.3 la remise en cause de la d&#233;mocratie : le gouvernement des juges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour justifier la pertinence des dispositions qu'elle contient, la proposition s'appuie sur la jurisprudence de la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes. On est en droit de se poser la question : &#224; qui revient-il de proc&#233;der &#224; des choix politiques ? A qui revient-il, par exemple, de d&#233;finir les services ? A des juges ou &#224; des l&#233;gislateurs ?&lt;br&gt;
La directive propos&#233;e sollicite syst&#233;matiquement (consid&#233;rants 11, 15, 19, 29, 31, 49, 51, 53, 54, 55, 56, 57) &#171; la jurisprudence de la Cour &#187; pour aller au-del&#224; de ce qui est convenu dans les trait&#233;s, remettre en cause le droit des Etats et s'arroger des pouvoirs suppl&#233;mentaires.&lt;br&gt;
La libert&#233; d'&#233;tablissement et de circulation des services figure depuis 1957 dans les trait&#233;s. Elle est m&#234;me &#233;rig&#233;e au rang des &#171; libert&#233;s fondamentales &#187; de l'Union europ&#233;enne si je me r&#233;f&#232;re &#224; l'article 4 de la Constitution soumise &#224; ratification. Cette cons&#233;cration ne d&#233;pouille pas le l&#233;gislateur de sa pleine latitude quant &#224; la mise en &#339;uvre de tels principes.&lt;br&gt;
Faut-il rappeler &#224; des l&#233;gislateurs que c'est la loi qui dit le droit ? Le magistrat l'applique. Rien de plus. Tel est le fondement de la d&#233;mocratie dans l'&#233;crasante majorit&#233; des pays d'Europe. Nous n'avons pas fait le choix du gouvernement des juges. Ce n'est pas notre mod&#232;le de soci&#233;t&#233;. La Commission europ&#233;enne n'est pas fond&#233;e &#224; nous l'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.4 la remise en cause de la d&#233;mocratie locale et r&#233;gionale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une note de pr&#233;sentation d'un rapport &#224; l'origine de la proposition de directive (document IP/02/1180 du 31 juillet 2002) figure, parmi les obstacles qui p&#233;naliseraient les services, &#171; le pouvoir discr&#233;tionnaire des autorit&#233;s locales. &#187; Cette agression contre les pouvoirs locaux, les plus d&#233;mocratiques, les plus proches des gens, de la part d'une Commission europ&#233;enne dont la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique est plus que douteuse, est totalement intol&#233;rable. C'est bien ainsi que le Conseil municipal de la Ville de Bruxelles l'a entendu puisque, le 21 juin de cette ann&#233;e, il a adopt&#233; &#224; l'unanimit&#233;, toutes tendances politiques confondues, une r&#233;solution affirmant sa &#171; totale opposition &#187; &#224; cette directive qui, selon lui, constitue &#171; une attaque frontale contre les services publics locaux. &#187; Comme l'affirmait il y a quelques jours M.Taminiaux, Pr&#233;sident de l'Union des Villes et Communes de Wallonie, &#171; le service public communal constitue l'un des piliers de la tradition europ&#233;enne commune. &#187; S'en prendre aux services publics communaux comme le fait la proposition de directive, c'est s'en prendre &#224; la d&#233;mocratie locale et &#224; la capacit&#233; op&#233;ratrice des pouvoirs publics locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans plusieurs Etats membres (par ex. art. 82 de la Loi fondamentale allemande, art.162 de la Constitution belge, art. 72 de la Constitution fran&#231;aise), la Constitution consacre l'autonomie communale et garantit la libert&#233; des collectivit&#233;s territoriales &#224; g&#233;rer leurs propres affaires. La directive Bolkestein ignore ces r&#233;alit&#233;s.&lt;br&gt;
De la m&#234;me mani&#232;re, la proposition de directive ignore les r&#233;alit&#233;s constitutionnelles de plusieurs Etats membres et, ce faisant, entend les modifier. L'Union europ&#233;enne est compos&#233;e d'un certain nombre d'Etats, je pense en particulier &#224; l'Allemagne, &#224; l'Autriche, &#224; la Belgique, &#224; l'Espagne, &#224; la Grande-Bretagne, qui conf&#232;rent aux R&#233;gions des pouvoirs l&#233;gislatifs et r&#233;glementaires dans les domaines couverts par la directive propos&#233;e. Celle-ci ignore tout simplement ces r&#233;alit&#233;s constitutionnelles et pr&#233;tend ainsi ne pas tenir compte de la forme de gouvernement que ces pays ont d&#233;mocratiquement choisie. Sous pr&#233;texte de simplification administrative, la directive supprime des &#233;l&#233;ments importants de cette autonomie r&#233;gionale. Elle ne permettra plus aux R&#233;gions de l'exercer dans un certain nombre de domaines li&#233;s &#224; la d&#233;livrance de permis.&lt;br&gt;
A cet &#233;gard, je tiens &#224; signaler que l'assembl&#233;e repr&#233;sentative des Etats f&#233;d&#233;r&#233;s allemands, le Bundesrat, vient d'affirmer que les dispositions relatives aux services publics rel&#232;vent des Etats membres et qu'il s'opposera &#224; toute tentative de remettre ce principe en cause. Il consid&#232;re que les possibilit&#233;s actuelles accord&#233;es aux autorit&#233;s locales de fournir des services ne peuvent &#234;tre affect&#233;es par la directive propos&#233;e.&lt;br&gt;
Il faut ajouter que la proposition de directive octroie &#224; la Commission un pouvoir de contr&#244;le sur toute d&#233;cision des Etats et des pouvoirs locaux (art. 15), ceux-ci disposant de trois mois pour soumettre &#224; la Commission les dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives qu'ils prendraient et qui seraient susceptibles d'affecter la libert&#233; d'&#233;tablissement et de circulation des services. Cette disposition viole le principe de subsidiarit&#233; inscrit dans les trait&#233;s.&lt;br&gt;
Sans renforcer d'aucune mani&#232;re une harmonisation &#233;minemment n&#233;cessaire sur les plans fiscaux, sociaux et environnementaux, cette directive renforce un centralisme technocratique europ&#233;en qui r&#233;duit la capacit&#233; d'action des institutions les plus d&#233;mocratiques et les plus proches des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A.5 la remise en cause de la directive sur le d&#233;tachement des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;br&gt;
L'article 16 cr&#233;e une innovation juridique de toute premi&#232;re importance : le principe du pays d'origine. Un autre intervenant vient de d&#233;montrer les dangers de cette innovation dont on voit bien tout le profit que peuvent en tirer les employeurs alors que les disparit&#233;s cr&#233;&#233;es par l'&#233;largissement de l'Union sont ce qu'elles sont dans les domaines fiscaux, sociaux et environnementaux. Comme le d&#233;clarait un responsable syndical, ce principe consacre la &#171; l&#233;galisation d'un pavillon de complaisance pour les employeurs. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission se d&#233;fend en affirmant que sa proposition ne modifie en rien la directive 96/71/EC sur le d&#233;tachement des travailleurs. Les Etats conservent le droit de conduire les inspections et d'exercer les contr&#244;les afin de v&#233;rifier le respect des r&#232;gles relatives &#224; l'embauche et aux conditions de travail. Mais dans le m&#234;me temps, la directive propos&#233;e (article 24) interdit aux pouvoirs publics du pays dans lequel du personnel est d&#233;tach&#233; d'exiger de l'employeur et de son personnel d&#233;tach&#233; de soumettre ses activit&#233;s &#224; autorisation et &#224; enregistrement, de disposer d'un repr&#233;sentant sur son territoire et de tenir des documents sociaux &#224; la disposition des autorit&#233;s du pays d'accueil.&lt;br&gt;
En outre, faute de proposer une harmonisation en mati&#232;re de normes de qualit&#233;, de protection de l'ordre public, de formation professionnelle minimale, de crit&#232;res de qualification professionnelle et de m&#233;canismes de contr&#244;le, la directive ne garantit pas la mise en place d'un syst&#232;me effectif et efficace de coop&#233;ration administrative entre l'Etat d'origine et l'Etat d'accueil.&lt;br&gt;
Enfin (article 25), lorsque le personnel d&#233;tach&#233; provient d'un Etat qui n'est pas membre de l'Union, la directive interdit &#224; l'Etat d'accueil de soumettre l'employeur et son personnel &#224; des contr&#244;les pr&#233;ventifs, en particulier en ce qui concerne les titres d'entr&#233;e et de s&#233;jour, les permis de travail ; elle interdit de m&#234;me &#224; l'Etat d'accueil d'imposer un contrat de travail &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e ou de fournir la preuve d'un emploi ant&#233;rieur dans l'Etat d'origine de l'employeur. Seule l'obligation d'un visa de courte dur&#233;e pour les ressortissants des pays tiers qui ne sont pas assimil&#233;s aux pays de la zone Schengen n'est pas remise en cause. Ainsi seront ruin&#233;s tous les efforts consentis pour combattre le trafic des &#234;tres humains, le travail clandestin et les formes nouvelles d'esclavagisme !&lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence, la directive propos&#233;e rend inapplicable la directive sur le d&#233;tachement des travailleurs et met tr&#232;s largement fin au pouvoir des Etats membres de v&#233;rifier et donc de garantir le respect des l&#233;gislations et des r&#233;glementations qui prot&#232;gent les travailleurs contre diff&#233;rentes formes d'abus de la part des employeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A.6 la remise en cause de la protection sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son expos&#233; des motifs, la directive affirme (consid&#233;rant 16) qu'elle ne couvre pas &#171; les activit&#233;s que l'Etat accomplit sans contrepartie &#233;conomique dans le cadre de sa mission dans les domaines social, culturel, &#233;ducatif et judiciaire. &#187; Formulation ambigu&#235; dont on ne sait si elle prot&#232;ge ou non le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale en vigueur au sein des Etats. D'autant que la proposition n'exclut explicitement ni la sant&#233;, ni la s&#233;curit&#233; sociale de son champ d'application (article 2), alors que l'organisation du secteur de la sant&#233; publique est une mati&#232;re qui demeure de la comp&#233;tence des Etats membres (article 152 du trait&#233; de l'UE).&lt;br&gt;
Invoquant une nouvelle fois la jurisprudence de la Cour de Justice, la directive pr&#233;tend d&#233;finir &#171; une vision commune de la mani&#232;re dont le march&#233; int&#233;rieur peut soutenir les syst&#232;mes de sant&#233; nationaux &#187; et remettre en question (article 23) les crit&#232;res impos&#233;s dans les Etats pour l'indemnisation des co&#251;ts des soins hospitaliers et non hospitaliers. Ce faisant la directive provoque la d&#233;r&#233;gulation et la privatisation des services de sant&#233; et r&#233;duit la relation entre le patient et ceux qui le soignent &#224; une relation client-fournisseurs. En effet, la directive veut supprimer les instruments qui permettent de planifier l'offre, de fixer les prix, de r&#233;glementer l'acc&#232;s aux professions de sant&#233;, l'ouverture ou l'installation de structures de soins et d'&#233;viter la commercialisation de l'offre. Or, les Etats ont besoin de ces instruments pour r&#233;guler la qualit&#233;, l'accessibilit&#233; pour tous et la viabilit&#233; du syst&#232;me des soins de sant&#233;.&lt;br&gt;
Les exigences en mati&#232;re de limites quantitatives ou territoriales, de forme juridique impos&#233;e au prestataire, du minimum de personnel requis, de tarifs obligatoires minimum ou maximum sont les piliers fondamentaux de la plupart des syst&#232;mes nationaux de soins de sant&#233;. Ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces exigences que les dispositions horizontales de la directive veulent interdire.&lt;br&gt;
Il r&#233;sulte de cette directive que la Commission s'arroge des pouvoirs de r&#233;glementation des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale et sort des responsabilit&#233;s que lui confient les trait&#233;s. Nul ne s'&#233;tonnera que plusieurs gouvernements ont explicitement demand&#233; que la sant&#233; soit retir&#233;e du champ d'application de cette directive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;B. LE CONCEPT DE SERVICE PUBLIC&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En utilisant l'expression &#171; service public &#187;, j'ai tout &#224; fait conscience de ne pas m'exprimer dans la langue convenue de la Commission europ&#233;enne qui, par p&#233;tition de principe id&#233;ologique, a banni ces termes. Je le fais &#224; dessein et en toute l&#233;gitimit&#233;, car, jusqu'ici, aucune d&#233;cision prise en vertu des r&#232;gles de la d&#233;mocratie n'a mis fin &#224; ce qu'on appelle, dans plusieurs pays et en particulier au sein des six pays fondateurs, des services publics.&lt;br&gt;
Le principe fondateur du service public, c'est l'&#233;galit&#233; de toutes et de tous dans l'exercice d'un certain nombre de droits fondamentaux. Pour assurer l'effectivit&#233; de ces droits, les pouvoirs publics doivent disposer d'instruments qui ne sont pas limit&#233;s par des consid&#233;rations de rentabilit&#233;, mais bien par le souci du service rendu, c'est-&#224;-dire du droit effectivement exerc&#233;.&lt;br&gt;
Seuls les pouvoirs publics, issus du suffrage universel, peuvent pr&#233;tendre repr&#233;senter l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et sont d&#232;s lors investis du devoir de le satisfaire. Le march&#233;, exclusivement anim&#233; par la recherche de la rentabilit&#233; et du profit, en est incapable. On se trouve devant un v&#233;ritable choix de soci&#233;t&#233;. Les pouvoirs publics, &#224; quel que niveau que ce soit, peuvent-ils continuer en Europe, comme ils le font depuis des d&#233;cennies, &#224; exercer une fonction op&#233;ratrice ou doivent-ils se limiter, comme y pousse la Commission europ&#233;enne, &#224; une r&#244;le r&#233;gulateur minimal ?&lt;br&gt;
Entre, d'une part, la r&#233;duction drastique de la place des services publics en les soumettant aux r&#232;gles de la concurrence et, d'autre part, la cr&#233;ation d'un cadre juridique europ&#233;en de base pour des services publics, la Commission europ&#233;enne tente d'imposer un choix sans qu'aucun d&#233;bat d&#233;mocratique n'ait eu lieu, ni au niveau national, ni au niveau europ&#233;en. Ce choix, c'est celui de ceux qui pr&#233;tendent que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral se d&#233;gage du jeu libre de la concurrence. Pourtant, cette affirmation est d&#233;mentie par les faits. L'&#233;conomie de march&#233; ne garantit ni l'&#233;galit&#233; des droits, ni l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s et de traitement, ni la coh&#233;sion sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
On se trouve confront&#233; &#224; deux objectifs : d'une part la construction d'un march&#233; europ&#233;en ouvert qui entend soumettre les activit&#233;s de service public &#224; la libre concurrence et d'autre part le maintien de services publics dont le co&#251;t est mutualis&#233; par la collectivit&#233; afin de permettre &#224; tous d'y acc&#233;der. Ces deux objectifs sont-ils compatibles ?&lt;br&gt;
La directive Bolkestein r&#233;pond par la n&#233;gative. La Commission d&#233;pose cette proposition de directive sur la lib&#233;ralisation des services sans avoir d&#233;pos&#233; une directive sur les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pour ceux-ci, elle s'est content&#233;e d'un Livre Blanc (COM(2004)374 final - 12 mai 2004) qui n'est que litt&#233;rature. Alors que ce dernier affirme (p.4) &#171; la n&#233;cessit&#233; d'une combinaison harmonieuse des m&#233;canismes de march&#233; et des missions de service public, &#187; la directive qui est pr&#233;sent&#233;e au Parlement europ&#233;en soumet les missions de service public aux al&#233;as du march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce m&#234;me Livre Blanc (p.12), la Commission consid&#232;re qu'une directive-cadre sur les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est pas opportune et qu'il ne convient pas de cr&#233;er, pour l'heure, un cadre horizontal sur cette question dans le droit europ&#233;en. Dans le m&#234;me temps, la Commission soumet &#224; votre Parlement un cadre horizontal sur la lib&#233;ralisation des services.&lt;br&gt;
D'une part, on proclame dans un document sans port&#233;e juridique que &#171; les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral restent essentiels pour la coh&#233;sion sociale et territoriale &#187; et qu'ils constituent &#171; une composante essentielle du mod&#232;le europ&#233;en &#187; (p. 4), mais d'autre part, dans une directive qui va devenir la loi commune, il s'agit d'&#233;liminer les obstacles &#224; la libre concurrence dans une directive-cadre horizontale qui donne des services une d&#233;finition extr&#234;mement globale n'&#233;cartant en rien les services publics.&lt;br&gt;
La directive couvre tous les services qui sont consid&#233;r&#233;s comme &#233;conomiques par la Cour de Justice : &#171; sont consid&#233;r&#233;s comme services les prestations fournies normalement contre r&#233;mun&#233;rations dans la mesure o&#249; elles ne sont pas r&#233;gies par les dispositions relatives &#224; la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes. &#187; Seuls les services fournis gratuitement par les pouvoirs publics nationaux ou locaux ne sont pas vis&#233;s. D&#233;finir les services sur la base de la contrepartie &#233;conomique, c'est r&#233;solument opter pour une conception marchande des services qui nie le principe d'&#233;galit&#233; des droits.&lt;br&gt;
S'il est dit dans la proposition qu'il n'est &#171; pas question de toucher &#224; la libert&#233; des Etats membres de d&#233;finir ce qu'ils consid&#232;rent comme &#233;tant d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et comment ces services doivent fonctionner &#187;, la longue &#233;num&#233;ration fournie par la directive (articles 9 &#224; 15 et 20 &#224; 23) des obstacles explicitement mentionn&#233;s en mati&#232;re d'autorisation et d'exigences formul&#233;es par les pouvoirs publics ainsi que les dispositions relatives au principe du pays d'origine (articles 16 &#224; 19) supprime la capacit&#233; des pouvoirs publics &#224; exercer leurs fonctions de r&#233;gulation et de contr&#244;le indispensables &#224; la sauvegarde de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et de mutualiser les co&#251;ts du service public.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, si la satisfaction de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est un objectif que les institutions europ&#233;ennes n'ont pas jusqu'ici remis formellement en cause, la proposition de directive (article 9) subordonne l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#224; des crit&#232;res imp&#233;ratifs qui ont pour cons&#233;quence que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est plus une condition suffisante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une conclusion s'impose : l'adoption de la directive Bolkestein met fin au d&#233;bat sur les services publics avant m&#234;me qu'il ait eu lieu. Et ce n'est pas la Constitution soumise &#224; ratification qui modifiera cet &#233;tat des choses puisqu'elle ne consacre ni l'existence des services publics, ni celle des services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Elle ne reconna&#238;t que les services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral, dont l'existence est conditionn&#233;e par la d&#233;faillance du march&#233; et le respect des r&#232;gles de la concurrence. L'annexe 1 du Livre Blanc apporte sur ce point une clarification d&#233;cisive : &#171; les termes &#171; service d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; et &#171; service d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral &#187; ne doivent pas &#234;tre confondus avec l'expression &#171; service public &#187; (p.23).&lt;br&gt;
Le processus en cours combinant la mise en &#339;uvre de l'AGCS, l'adoption de la directive Bolkestein et la ratification de la Constitution europ&#233;enne sonne le glas des services publics et la fin d'un mod&#232;le de soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C. SUPPRIMER LES EFFETS DESTRUCTEURS DE LA PROPOSITION&lt;br class='autobr' /&gt;
Le souci de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral devrait provoquer le renvoi de cette proposition afin de la rendre conforme &#224; l'objectif d'une soci&#233;t&#233; europ&#233;enne b&#226;tie &#224; la fois sur la libert&#233; et sur la solidarit&#233;. Nous avons besoin de textes &#233;quilibr&#233;s, pas d'instruments au service d'une id&#233;ologie.&lt;br&gt;
Mais le Parlement europ&#233;en, qui repr&#233;sente &#224; peine 40% des &#233;lecteurs inscrits, est domin&#233; par ceux qui ont fait choix d'enlever aux pouvoirs publics toute fonction op&#233;ratrice et redistributrice. Le rejet pur et simple semble d&#232;s lors exclu.&lt;br&gt;
Faute de pouvoir rejeter ce texte, il faut donc envisager de l'amender en esp&#233;rant qu'une majorit&#233; parlementaire se d&#233;gagera pour transformer ce texte destructeur en un document qui porte les valeurs de l'Europe et en escomptant que la Commission et le Conseil des Ministres n'y feront pas obstacle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vais pas me livrer &#224; un travail syst&#233;matique d'examen de chaque article. Ce n'est pas mon r&#244;le. Je veux indiquer cinq modifications qui me semblent indispensables et qui sont cons&#233;quentes avec les observations que je viens de formuler.&lt;br&gt;
1. Il faut que la pr&#233;sente directive s'inscrive dans une politique globale des services et soit donc subordonn&#233;e &#224; la directive que la Commission a jusqu'ici refus&#233; de pr&#233;senter, en d&#233;pit des demandes r&#233;p&#233;t&#233;es des autorit&#233;s politiques de l'Union. Ma suggestion consiste &#224; indiquer que cette directive sera amend&#233;e d&#232;s que sera adopt&#233;e par le Conseil et le Parlement une directive reconnaissant le droit des pouvoirs publics locaux, r&#233;gionaux et nationaux &#224; prester un certain nombre d'activit&#233;s de service qui ne sont pas soumises aux lois de la concurrence.&lt;br&gt;
2. Pour l'heure, il convient d'affirmer, comme un choix fondamental de soci&#233;t&#233;, que l'enseignement n'est pas une activit&#233; marchande et qu'il n'est pas concern&#233; par la pr&#233;sente directive.&lt;br&gt;
3. De la m&#234;me mani&#232;re que la proposition Bolkestein ne s'applique pas aux services financiers, aux transports et aux communications &#233;lectroniques au motif qu'ils font l'objet d'instruments communautaires sp&#233;cifiques, la sant&#233;, les services sociaux de sant&#233; et la politique de couverture des soins de sant&#233; doivent &#234;tre sortis de la directive soumise &#224; votre examen pour &#234;tre trait&#233;s dans un instrument distinct dans lequel il faudra mettre en place, afin d'atteindre un minimum de convergence, une concertation renforc&#233;e sur de multiples aspects des syst&#232;mes de soins de sant&#233; au niveau europ&#233;en, en particulier sur les syst&#232;mes de conventionnement et de fixation des prix, les normes de qualit&#233;, les processus d'accr&#233;ditation, le contenu des soins n&#233;cessaires.&lt;br&gt;
4. A l'effet d'emp&#234;cher toute forme de dumping fiscal, social et environnemental, le principe du pays d'origine sera appliqu&#233; de mani&#232;re progressive &#224; partir de la cinqui&#232;me ann&#233;e de l'entr&#233;e en vigueur de la pr&#233;sente directive. Cette application se fera en parall&#232;le avec la progression du degr&#233; d'harmonisation d&#251;ment constat&#233;.&lt;br&gt;
5. Il s'impose de supprimer de la proposition Bolkestein les dispositions qui rendent inop&#233;rante la directive 96/71 sur le d&#233;tachement des travailleurs.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Pr&#233;sident,&lt;br&gt;
Mesdames, Messieurs,&lt;br&gt;
La proposition Bolkestein est dangereuse. Elle est dangereuse parce qu'elle permet beaucoup plus que ce qu'elle &#233;nonce. Elle est dangereuse parce qu'elle remet en question un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; que les pays fondateurs de l'Union europ&#233;enne et quelques autres se sont efforc&#233;s de construire, pas &#224; pas, depuis environ deux cents ans. Si vous n'&#234;tes pas dispos&#233;s &#224; renvoyer ce texte &#224; ses auteurs, au moins, efforcez-vous de le rendre compatible avec ce mod&#232;le de soci&#233;t&#233; hors duquel l'Europe perd sa sp&#233;cificit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie de votre attention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Y a-t-il encore un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ?</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Y-a-t-il-encore-un-interet-general</link>
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		<dc:date>2004-12-02T18:04:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Politique</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie participative</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis plus de deux si&#232;cles deux conceptions de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral s'opposent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Le contrat social &#187; (1762) Jean-Jacques Rousseau d&#233;veloppe la notion de volont&#233; g&#233;n&#233;rale : ce que les citoyens ont en commun, le point o&#249; leurs int&#233;r&#234;ts s'accordent. Cela n'emp&#234;che pas que &#171; chaque individu puisse, comme homme, avoir une volont&#233; particuli&#232;re contraire ou dissemblable &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qu'il a comme citoyen &#187;. La D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789 stipule : &#171; ...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-Asnieres-Clichy-Gennevilliers-Bois-Colombes-Levallois-Villeneuve-la-Garenne-" rel="directory"&gt;Asni&#232;res,Clichy,Gennevilliers,Bois-Colombes,Levallois,Villeneuve la Garenne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Asnieres-Bois-Col-Clichy-Genevilliers-Levallois-Villeneuve-la-Gar-+" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Politique-+" rel="tag"&gt;Politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Democratie-participative-19-+" rel="tag"&gt;D&#233;mocratie participative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Service-+" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Autres-groupes-+" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plus de deux si&#232;cles deux conceptions de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral s'opposent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Le contrat social &#187; (1762) Jean-Jacques Rousseau d&#233;veloppe la notion de volont&#233; g&#233;n&#233;rale : ce que les citoyens ont en commun, le point o&#249; leurs int&#233;r&#234;ts s'accordent. Cela n'emp&#234;che pas que &#171; chaque individu puisse, comme homme, avoir une volont&#233; particuli&#232;re contraire ou dissemblable &#224; la volont&#233; g&#233;n&#233;rale qu'il a comme citoyen &#187;. La D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789 stipule : &#171; La loi est l'expression de la volont&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Ici l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est pas trouv&#233; mais recherch&#233; ; il postule &#224; la fois un citoyen et un travail politique ; il est une construction volontaire entre les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &#171; Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations &#187; (1776) de l'&#233;conomiste &#233;cossais Adam Smith. c'est en recherchant son propre b&#233;n&#233;fice qu'&#224; son insu chaque individu concourt au bien de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Le boulanger fait du bon pain, le boucher de la bonne viande par cupidit&#233;, par &#233;go&#239;sme pour les vendre. Ici l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est trouv&#233; mais pas recherch&#233; : il r&#233;sulte des int&#233;r&#234;ts particuliers et en est la somme. C'est la fameuse main invisible du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans leur mise en &#339;uvre concr&#232;te aux 19&#232;me et 20&#232;me si&#232;cles, les deux conceptions renvoient &#224; la place de l'Etat et du march&#233; dans la soci&#233;t&#233;. Dans la premi&#232;re l'Etat incarne l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral : c'est lui qui le d&#233;finit et le met en &#339;uvre ; c'est de lui que l'Etat tire sa puissance politique ; les citoyens sont largement tenus &#224; l'&#233;cart des d&#233;cisions. Dans la seconde conception, pour na&#238;tre et se d&#233;velopper, le march&#233; a besoin d'un Etat entrepreneur qui devient progressivement un auxiliaire du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principal vecteur de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, les &lt;strong&gt;services publics&lt;/strong&gt; ont &#233;t&#233; justifi&#233;s par les id&#233;es suivantes, en France, entre la Lib&#233;ration et le d&#233;but des ann&#233;es 1980 :&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ils permettent de d&#233;finir et de satisfaire l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ils pallient les d&#233;faillances du march&#233; (satisfaction des besoins non rentables notamment) ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ils constituent l'instrument essentiel de l'exercice concret des droits fondamentaux des citoyens ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ils assurent la volont&#233; de puissance politique de l'Etat dans les secteurs strat&#233;giques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980, &#224; la suite de la victoire des id&#233;es lib&#233;rales incarn&#233;es par D. Reagan et M. Thatcher, nous assistons &#224; un d&#233;sengagement g&#233;n&#233;ral de l'Etat. La gestion priv&#233;e est a priori jug&#233;e plus efficace que la gestion publique et justifie les privatisations. Le contrat (la d&#233;l&#233;gation de service public aux entreprises priv&#233;es) se substitue &#224; la loi. La concurrence devient la norme essentielle des politiques de l'Union europ&#233;enne ; les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ont un statut d&#233;rogatoire par rapport au march&#233; qui est la r&#232;gle et ne doit pas &#234;tre fauss&#233; par les aides de l'Etat. Les technologies de l'information et de la communication changent la donne et favorisent cette r&#233;volution ; elles permettent de s&#233;parer des activit&#233;s qui &#233;tait int&#233;gr&#233;es verticalement et de sous-traiter et d&#233;localiser des composantes essentielles des services (capital, travail, clients). Nous communiquons sans le savoir avec un centre d'appels en Inde pour r&#233;server notre billet d'avion ou r&#233;parer notre logiciel. Les &#233;tudiants des pays du sud sont incit&#233;s &#224; suivre l'enseignement num&#233;rique &#224; distance des grandes universit&#233;s occidentales, les dirigeants de ces pays &#224; fermer leurs universit&#233;s. Deux exemples parmi beaucoup d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les besoins collectifs - logement, &#233;ducation, sant&#233;, transport, protection sociale, eau, &#233;nergie, culture, s&#233;curit&#233; - n'ont jamais &#233;t&#233; plus nombreux et plus diversifi&#233;s. Il semble aventureux &#224; beaucoup d'entre nous de confier leur satisfaction au seul march&#233; (pannes d'&#233;lectricit&#233; en Californie, accidents ferroviaires au Royaume-Uni, etc.) ; en effet ces services ne se r&#233;duisent pas &#224; une simple marchandise mais ont une dimension politique au sens premier du vivre ensemble (communaut&#233; de destin). Nous ne comprenons pas pourquoi notre soci&#233;t&#233; qui n'a jamais &#233;t&#233; aussi riche ne trouverait pas en elle les moyens de les satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Lib&#233;ration l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est d&#233;fini et satisfait par un attelage compos&#233; de fonctionnaires et d'ing&#233;nieurs qui vont mener &#224; bien la reconstruction du pays. Cette &#233;poque est r&#233;volue. L'Etat d'alors savait ce qui devait nous r&#233;unir, l'Etat d'aujourd'hui affaibli semble de plus en plus l'ignorer. Il invoque la contrainte internationale et succombe aux int&#233;r&#234;ts des groupes de pression. Il ne semble plus &#224; lui seul l&#233;gitime pour exprimer et r&#233;aliser le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voie f&#233;conde consiste &#224; revenir &#224; la construction volontaire que proposait Jean-Jacques Rousseau. Ceci porte un nom : &lt;strong&gt;la d&#233;mocratie participative&lt;/strong&gt;. Il ne suffit pas de s'affirmer en tant qu'&#233;lu, par exemple, comme repr&#233;sentant de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Il faut le prouver chaque jour en favorisant la participation des habitants dans l'expression des besoins collectifs, en les associant aux d&#233;cisions et au contr&#244;le de leur ex&#233;cution. Des exp&#233;riences nombreuses (&#233;cole, h&#244;pital, transport ferroviaire, urbanisme, etc.) ont montr&#233; que les citoyens &#233;taient pr&#234;ts &#224; y consacrer du temps pour peu qu'ils per&#231;oivent les enjeux et les cons&#233;quences de leurs efforts sur leur vie quotidienne. Ces exp&#233;riences de d&#233;mocratie participative ont permis de d&#233;gager les conditions du succ&#232;s quant aux moyens &#224; r&#233;unir, aux r&#232;gles du processus de d&#233;cision et aux pratiques du d&#233;bat. Quand ces conditions sont r&#233;unies, la participation des habitants est r&#233;elle, de plus les besoins collectifs et leur complexit&#233; sont infiniment mieux compris, enfin les d&#233;cisions prises par l'Etat sont &#224; la fois plus justes et plus efficaces. Ainsi la d&#233;mocratie participative est-elle un compl&#233;ment indispensable de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exp&#233;riences de d&#233;mocratie participative montrent que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral existe bien plus que jamais, mais que dans nos soci&#233;t&#233;s complexes il ne peut plus &#234;tre affirm&#233; par des experts ou des &#233;lus : il doit &#234;tre le fruit d'une construction politique collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux Juin 2004&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Argumentaire Lecourieux 2003 : Les services publics en France et l'Union europ&#233;enne</title>
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		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


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