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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Le d&#233;fi des &#233;pid&#233;mies modernes. Comment sauver la S&#233;cu en changeant le syst&#232;me de sant&#233;</title>
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		<dc:date>2007-10-18T06:30:34Z</dc:date>
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		<dc:creator>attac92</dc:creator>


		<dc:subject>Montrouge</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; Sociale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Auteur : Andr&#233; Cicolella&lt;br class='autobr' /&gt;
2007 - &#233;ditions La D&#233;couverte 142 pages 9 &#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Notes de lecture de Jean-Paul All&#233;tru - Septembre 2007)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;Notes de lecture : archives&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Montrouge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; Sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voir le document PDF joint.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Argumentaire Gaillet : Europe et monopole S&#233;curit&#233; Sociale</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article502</link>
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		<dc:date>2005-01-20T10:57:41Z</dc:date>
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		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; Sociale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Pierre Gaillet est membre d'Attac &lt;br class='autobr' /&gt; Voici [...] le fruit de diverses compilations concernant les rapports entre l'Europe et le monopole de la s&#233;curit&#233; sociale [...] merci &#224; Claude Barratier qui a fourni une partie de la documentation et donn&#233; des avis pertinents. Le texte est un peu long mais j'ai essay&#233; d'&#234;tre assez exhaustif, il ne s'agit pas d'un tract mais du regroupement de quelques textes de r&#233;f&#233;rence sur le sujet. Jean-Pierre Gaillet &lt;br class='autobr' /&gt;
EUROPE ET MONOPOLE DE LA SECURITE SOCIALE...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; Sociale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean-Pierre Gaillet est membre d'Attac&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici [...] le fruit de diverses compilations concernant les rapports entre l'Europe et le monopole de la s&#233;curit&#233; sociale [...] merci &#224; Claude Barratier qui a fourni une partie de la documentation et donn&#233; des avis pertinents. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le texte est un peu long mais j'ai essay&#233; d'&#234;tre assez exhaustif, il ne s'agit pas d'un tract mais du regroupement de quelques textes de r&#233;f&#233;rence sur le sujet. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Jean-Pierre Gaillet&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EUROPE ET MONOPOLE DE LA SECURITE SOCIALE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, dans le texte du projet de trait&#233; constitutionnel Europ&#233;en, on recherche les mots &#171; s&#233;curit&#233; sociale &#187;, on d&#233;couvre qu'ils n'apparaissent qu'une seule fois &#224; l'article II 94 :&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#171; S&#233;curit&#233; sociale et aide sociale&lt;br class='autobr' /&gt;
1. L'Union reconna&#238;t et respecte le droit d'acc&#232;s aux prestations de s&#233;curit&#233; sociale et aux services sociaux assurant une protection dans des cas tels que la maternit&#233;, la maladie, les accidents du travail, la d&#233;pendance ou la vieillesse, ainsi qu'en cas de perte d'emploi, selon les r&#232;gles &#233;tablies par le droit de l'Union et les l&#233;gislations et pratiques nationales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En clair, pour les r&#233;dacteurs du projet, la s&#233;curit&#233; sociale n'est un droit que selon les r&#232;gles d&#233;j&#224; &#233;tablies par l'Europe et les r&#232;gles nationales, la constitution n'apporte rien de nouveau.&lt;br&gt;
Pourtant on a assist&#233; &#224; quelques offensives de la part d'ultra-lib&#233;raux, bien souvent poujadistes sur le th&#232;me &#171; Le monopole de la s&#233;curit&#233; sociale c'est fini, nous allons pouvoir choisir librement entre la s&#233;cu et des assurances priv&#233;es. &#187;&lt;br&gt;
Au premier rang de cette offensive, Claude Reichman, animateur d'un groupe poujadiste mais aussi Christian Picart, le pr&#233;sident de l'entreprise de restauration Buffalo Grill.&lt;br&gt;
Pourquoi vouloir ainsi supprimer le monopole de la s&#233;curit&#233; sociale ? Bien &#233;videmment, si demain la s&#233;curit&#233; sociale se retrouvait en concurrence avec des soci&#233;t&#233;s d'assurance priv&#233;es, celles-ci pratiqueraient des tarifs diff&#233;renci&#233;s en fonction des risques.&lt;br&gt;
Au personnel de Buffalo Grill, plut&#244;t jeune et en bonne sant&#233;, ils seraient en mesure de proposer des tarifs inf&#233;rieurs &#224; ceux de la s&#233;curit&#233; sociale. Il s'agirait donc l&#224; d'un moyen commode de &#171; baisser les charges &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que, de ce fait, la s&#233;curit&#233; sociale perde de l'argent et soit encore moins en mesure d'assurer son r&#244;le de solidarit&#233;, nos ultra-lib&#233;raux n'en ont cure.&lt;br&gt;
Son vieux principe &#171; chacun cotise selon ses revenus et re&#231;oit selon ses besoins &#187; doit d'ailleurs donner des boutons &#224; ces ultra-lib&#233;raux&lt;br&gt;
La l&#233;gislation europ&#233;enne : La premi&#232;re mesure, portant en germe la remise en cause du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale date du 11 AOUT 1992 :&lt;br&gt;
La directive 92/49/CEE du Conseil, portant coordination des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives concernant l'assurance directe &#233;tait publi&#233;e ce jour l&#224; au Journal officiel des Communaut&#233;s europ&#233;ennes. Elle, stipule :&lt;br&gt;
&#034; Consid&#233;rant que le march&#233; int&#233;rieur comporte un espace sans fronti&#232;res int&#233;rieures et implique l'acc&#232;s &#224; l'ensemble des activit&#233;s d'assurances autres que l'assurance sur la vie dans toute la Communaut&#233; et, d&#232;s lors, la possibilit&#233; de couvrir n'importe quel risque parmi ceux vis&#233;s &#224; l'annexe de la directive 73/239/CEE ; qu'&#224; cet effet il est n&#233;cessaire de supprimer tout monopole dont jouissent certains organismes dans certains Etats membres pour la couverture de certains risques. &#034; (Point 10).&lt;br&gt;
La directive 73/239/CEE, &#224; laquelle il est fait r&#233;f&#233;rence, pr&#233;cise que &#171; Les risques vis&#233;s &#224; l'annexe sont notamment ceux ci : &#034; 1. Accidents (y compris les accidents du travail et les maladies professionnelles) prestations forfaitaires, prestations indemnitaires, combinaisons, personnes transport&#233;es. 2. Maladie prestations forfaitaires, prestations indemnitaires, combinaisons. &#187;&lt;br&gt;
Le 9 d&#233;cembre 1992, la directive 92/96/CEE du Conseil publi&#233;e au Journal officiel des Communaut&#233;s europ&#233;ennes en rajoutait une couche :&lt;br&gt;
&#034; Consid&#233;rant que, dans le cadre d'un march&#233; int&#233;rieur, il est dans l'int&#233;r&#234;t du preneur d'assurance que celui ci ait acc&#232;s &#224; la plus large gamme de produits d'assurance offerts dans la Communaut&#233; pour pouvoir choisir parmi eux celui qui convient le mieux &#224; ses besoins. &#034; (Point 20). A cet effet, il convient &#034; de permettre &#224; tous les preneurs d'assurance, qu'ils prennent l'initiative eux-m&#234;mes ou non, de faire appel &#224; tout assureur ayant son si&#232;ge social dans la Communaut&#233;. &#034; (Point 3).&lt;br&gt;
Adaptation des lois fran&#231;aises aux directives europ&#233;ennes : Restait &#224; faire passer ces directives dans le cadre de la loi fran&#231;aise : Les lois n&#176; 94 5 du 4 janvier 1994 et n&#176; 94 678 du 8 ao&#251;t 1994, portant transposition des directives 92/49/CEE et 92/96/CEE des 18 juin et 10 novembre 1992 du Conseil des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, ont modifi&#233; le code des assurances et le code de la s&#233;curit&#233; sociale :&lt;br&gt;
L'article L.931-1 du code de la s&#233;curit&#233; sociale stipule : &#034; Les institutions de pr&#233;voyance sont des personnes morales de droit priv&#233; ayant un but non lucratif, administr&#233;es paritairement par des membres adh&#233;rents et des membres participants d&#233;finis &#224; l'article L. 931 3. Elles ont pour objet : a) de contracter envers leurs participants des engagements dont l'ex&#233;cution d&#233;pend de la dur&#233;e de la vie humaine, de s'engager &#224; verser un capital en cas de mariage ou de naissance d'enfants ou de faire appel &#224; l'&#233;pargne en vue de la capitalisation et de contracter &#224; cet effet des engagements d&#233;termin&#233;s ; b) de couvrir les risques de dommages corporels li&#233;s aux accidents et &#224; la maladie ; c) de couvrir le risque ch&#244;mage. &#034;&lt;br&gt;
Restait l'expression &#171; but non lucratif &#187;, autrement dit assurances mutuelles qui ne satisfaisait ni les lib&#233;raux, ni les juges europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Condamnation de la France par la cour de Justice Ce premier texte ne suffisant pas, la Cour de Justice des Communaut&#233;s Europ&#233;ennes (CJCE) a, par un arr&#234;t du 16 d&#233;cembre 1999 (affaire C 293/98), condamn&#233; la R&#233;publique fran&#231;aise &#034; pour avoir manqu&#233; aux obligations qui lui incombent en vertu des directives. &#034;&lt;br&gt;
Le gouvernement fran&#231;ais s'est donc fait attribuer par le Parlement le droit de l&#233;gif&#233;rer par ordonnances (Loi n&#176; 2001 1 du 3 janvier 2001), parue au Journal officiel du 4 janvier 2001. C'est ainsi qu'a paru au Journal officiel du 22 avril 2001 l'ordonnance n&#176; 2001-350 du 19 avril 2001 relative au code de la mutualit&#233; et transposant les directives 92/49/CEE et 92/96/CEE du Conseil des 18 juin et 10 novembre 1992.&lt;br&gt;
L'article 3 de l'ordonnance stipule : &#034; Sont abrog&#233;es les dispositions de nature l&#233;gislative du code de la mutualit&#233; dans sa r&#233;daction issue de la loi n&#176; 85 773 du 25 juillet 1985 portant r&#233;forme du code de la mutualit&#233;, ainsi que les textes qui l'ont compl&#233;t&#233;e ou modifi&#233;e. &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article L. 111-1 du code de la mutualit&#233; annex&#233; &#224; l'ordonnance stipule : &#171; Les mutuelles peuvent avoir pour objet : 1) De r&#233;aliser les op&#233;rations d'assurance suivantes : a) Couvrir les risques de dommages corporels li&#233;s &#224; des accidents ou &#224; la maladie ; b) Contracter des engagements dont l'ex&#233;cution d&#233;pend de la dur&#233;e de la vie humaine, verser un capital en cas de mariage ou de naissance d'enfants, faire appel &#224; l'&#233;pargne en vue de la capitalisation en contractant des engagements d&#233;termin&#233;s ; c) R&#233;aliser des op&#233;rations de protection juridique et d'assistance aux personnes ; d) Couvrir le risque de perte de revenus li&#233; au ch&#244;mage. &#187;&lt;br&gt;
Et Claude Reichman pouvait ainsi conclure un article paru dans le Figaro &#171; Il ressort clairement de tous ces textes que les Fran&#231;ais peuvent s'assurer librement, pour tous les risques relatifs &#224; la maladie, la vieillesse, les accidents du travail et le ch&#244;mage aupr&#232;s de la S&#233;curit&#233; sociale, d'une soci&#233;t&#233; d'assurance, d'une institution de pr&#233;voyance ou d'une mutuelle. De nombreuses mutuelles fran&#231;aises ont obtenu l'agr&#233;ment des pouvoirs publics mais aucune &#224; ce jour ne propose de contrats d'assurance maladie susceptibles de se substituer &#224; la S&#233;curit&#233; sociale. Aucune soci&#233;t&#233; d'assurance fran&#231;aise n'en propose non plus. Seules certaines soci&#233;t&#233;s d'assurance europ&#233;ennes pratiquent &#224; l'heure actuelle les op&#233;rations ci-dessus d&#233;crites. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait aller un peu vite en besogne. Le monopole de la s&#233;curit&#233; sociale n'&#233;tant pas formellement abrog&#233;, ces dispositions autorisent uniquement les assurances priv&#233;es &#224; entrer en concurrence avec les mutuelles pour les assurances compl&#233;mentaires... ce qu'elles ne se sont pas priv&#233;es de faire avec bien souvent la complicit&#233; du patronat.&lt;br&gt;
En effet, contrairement aux mutuelles &#224; vocation solidaires, les assurances m&#233;dicales priv&#233;es pratiquent des tarifs diff&#233;rents pour les personnes en activit&#233; salari&#233;e et pour les retrait&#233;s. Dans le cas ou une part du co&#251;t des assurances compl&#233;mentaires est prise en charge par le patronat, c'est une fois encore, un moyen de r&#233;duire les charges... et tant pis pour la mauvaise surprise des nouveaux retrait&#233;s &#224; qui l'on propose de conserver sa &#171; mutuelle &#187; moyennant une s&#233;rieuse augmentation des cotisations !&lt;br&gt;
Ou en est-on maintenant ? Lors de la r&#233;forme du r&#233;gime de sant&#233; du printemps dernier, les mutuelles ( les vraies, pas les assurances priv&#233;es toutes favorables &#224; la &#171; r&#233;forme &#187;) ont &#233;t&#233; plac&#233;es devant un choix. Soit elles d&#233;cidaient de continuer &#224; jouer la carte de la solidarit&#233; et s'opposaient aux mesures propos&#233;es, soit elles choisissaient l'individualisation du risque et de la cotisation et pouvaient esp&#233;rer concurrencer les assurances priv&#233;es...en se privatisant plus ou moins de fait. Celles qui ont fait ce choix ont, bien &#233;videmment, soutenu les plans gouvernementaux.&lt;br&gt;
L'id&#233;e n'est pas nouvelle et l'on peut citer d'Eric VANLERVERGUE, Pr&#233;sident national de la Mutuelle du Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur qui d&#233;j&#224; en octobre 2002 &#233;crivait : &#034;L'application des directives europ&#233;ennes qui tend &#224; faire jouer la libre concurrence va nous obliger un jour ou l'autre, &#224; briser le monopole de notre s&#233;curit&#233; sociale. L'Allemagne a, depuis 1996, d&#233;j&#224; emprunt&#233; cette voie. La France, en publiant la loi du 17 juillet 2001, a entam&#233;, elle aussi le processus. Le monopole de la S&#233;curit&#233; sociale, c'est termin&#233;.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En octobre dernier, le journal &#171; Le Parisien &#187; s'est fait l'&#233;cho de la campagne engag&#233; par le patron de Buffalo Grill pour inciter ses employ&#233;s &#224; quitter la s&#233;curit&#233; sociale, ne plus payer de CSG etc...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le refrain est toujours le m&#234;me :&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&#034; Je veux &#234;tre le premier chef d'entreprise &#224; affranchir mes salari&#233;s qui le souhaitent de l'obligation de consacrer 45 % de leurs revenus au financement de leur protection sociale &#034;&lt;/i&gt;, a-t-il confi&#233; hier &#224; notre journal. Un souci de l&#233;galit&#233; &lt;i&gt;&#034; Cela leur permettra d'&#233;conomiser entre 20 % et 30 % et de faire grimper d'autant leur pouvoir d'achat &#034;&lt;/i&gt;, estime Christian Picart. Explication : &lt;i&gt;&#034; Si, comme le pr&#233;voient les directives europ&#233;ennes, un employ&#233; s'autoassure ailleurs qu'&#224; la S&#233;curit&#233; sociale, nous n'avons aucune raison de continuer &#224; lui pr&#233;lever des charges sociales. Je m'engage, si nous pouvons effectivement le faire, &#224; lui reverser dans son salaire l'&#233;quivalent des charges patronales. &#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
La r&#233;ponse du ministre :&lt;br&gt;
Voici, in extenso le communiqu&#233; de Douste-Blazy dont il faut souligner la clart&#233; :&lt;br class='autobr' /&gt;
Philippe Douste-Blazy Ministre de la sant&#233; et de la Protection sociale&lt;br&gt;
Xavier Bertrand Secr&#233;taire d'Etat &#224; l'Assurance Maladie &lt;br class='autobr' /&gt;
Paris, le 22 octobre 2004&lt;br&gt;
COMMUNIQUE : Affiliation obligatoire &#224; la s&#233;curit&#233; sociale&lt;br&gt;
A la suite de r&#233;centes informations parues dans la presse, le minist&#232;re de la Sant&#233; et de la Protection sociale et le secr&#233;tariat d'Etat &#224; l'Assurance maladie rappellent que toute personne qui travaille et r&#233;side en France est obligatoirement affili&#233;e au r&#233;gime de s&#233;curit&#233; sociale fran&#231;ais dont elle rel&#232;ve : r&#233;gime g&#233;n&#233;ral des salari&#233;s, r&#233;gimes des non-salari&#233;s ou r&#233;gimes sp&#233;ciaux.&lt;br&gt;
A ce titre, elle est assujettie aux cotisations de s&#233;curit&#233; sociale correspondantes, &#224; la CSG et &#224; la CRDS. Cette obligation respecte pleinement les directives europ&#233;ennes sur l'assurance (directives CEE 92/49 et CEE 92/96). Ces directives ont mis en place un march&#233; unique de l'assurance priv&#233;e mais ne concernent pas les r&#233;gimes de s&#233;curit&#233; sociale des Etats membres de l'Union europ&#233;enne.&lt;br&gt;
Ceci est explicitement indiqu&#233; dans l'article 2.2 dans la directive CEE 92/49.&lt;br&gt;
La Cour de justice des communaut&#233;s europ&#233;ennes, saisie de plusieurs recours portant sur l'obligation d'affiliation &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, a confirm&#233; par deux arr&#234;ts datant de 1994 et 1996, la conformit&#233; des dispositions du code de la s&#233;curit&#233; sociale au droit communautaire.&lt;br&gt;
Les entreprises qui inciteraient leurs salari&#233;s &#224; ne plus cotiser &#224; la s&#233;curit&#233; sociale se placeraient dans une situation ill&#233;gale faisant peser des risques juridiques lourds sur leurs propres salari&#233;s. Il est rappel&#233; &#224; cet &#233;gard que le refus d'acquitter les pr&#233;l&#232;vements sociaux et le fait d'inciter les salari&#233;s &#224; cesser de cotiser &#224; la s&#233;curit&#233; sociale exposent l'employeur &#224; des poursuites p&#233;nales.&lt;br&gt;
La France a fait le choix d'une s&#233;curit&#233; sociale solidaire prot&#233;geant l'ensemble de la population quelles que soient les caract&#233;ristiques d'&#226;ge ou de sant&#233; des citoyens.&lt;br&gt;
Ce choix a &#233;t&#233; r&#233;affirm&#233; dans le cadre de la loi portant r&#233;forme de l'assurance maladie qui rappelle dans son article 1er : &#171; La Nation affirme son attachement au caract&#232;re universel, obligatoire et solidaire de l'assurance maladie. &#187;&lt;br&gt;
La contrepartie des droits reconnus &#224; tous les r&#233;sidents en France est l'obligation pour tous de cotiser &#224; ce socle commun de protection sociale.&lt;br&gt;
Comme quoi la riposte peut aussi venir de l&#224; o&#249; on ne l'attend pas !&lt;br&gt;
Les adversaires du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale ne d&#233;sarment pas.&lt;br&gt;
En r&#233;ponse au communiqu&#233; du ministre, REICHMANN lui-m&#234;me dit que son mouvement pour la libert&#233; de la protection sociale (MLPS) va traduire en Cour de Justice les ministres qui s'opposent &#224; cette libert&#233;.&lt;br&gt;
&#034; Pour la premi&#232;re fois depuis dix ans, les repr&#233;sentants des pouvoirs publics osent &#233;crire qu'en France il est obligatoire d'&#234;tre affili&#233; &#224; la S&#233;curit&#233; sociale. C'est totalement faux &#034;, s'emporte Claude Reichman. &#034;Depuis 1994, poursuit-il, deux directives permettent &#224; tous les preneurs d'assurances de faire appel &#224; tout assureur ayant son si&#232;ge dans la communaut&#233;. &#034; Textes qui, selon lui, ont &#233;t&#233; transpos&#233;s dans le droit fran&#231;ais par deux lois - &#034; 4 janvier 1994 et 8 ao&#251;t 1994 &#034; - ainsi que par l'ordonnance du 19 avril 2001 ratifi&#233;e par la loi du 17 juillet 2001. &#034; La loi, affirme Claude Reichman, donne ainsi &#224; tout citoyen le droit de s'assurer pour la maladie, la retraite, les accidents du travail et le ch&#244;mage aupr&#232;s d'une soci&#233;t&#233; d'assurances, une institution de pr&#233;voyance ou une mutuelle. C'est tr&#232;s exactement ce droit que le pr&#233;sident de Buffalo Grill, Christian Picart, a d&#233;clar&#233; vouloir faire valoir pour ses salari&#233;s &#034;&lt;br&gt;
Fort de cet argumentaire, le MLPS conteste la th&#232;se gouvernementale qui voudrait que &#034; toute personne qui travaille et r&#233;side en France est affili&#233;e obligatoirement au r&#233;gime de s&#233;curit&#233; sociale fran&#231;ais dont elle rel&#232;ve &#034;. &#034; Dire que les entreprises qui inciteraient leurs salari&#233;s &#224; ne plus cotiser &#224; la S&#233;cu se placeraient en situation ill&#233;gale est scandaleux et appelle une sanction exemplaire &#034;, affirme Claude Reichman. Et ce dernier d'invoquer le Code p&#233;nal, qui pr&#233;voit qu'une personne d&#233;positaire de l'autorit&#233; publique prenant des mesures destin&#233;es &#224; faire &#233;chec &#224; l'ex&#233;cution de la loi soit punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Rappelant que, selon la Constitution, les membres du gouvernement sont jug&#233;s par la Cour de justice de la R&#233;publique, le pr&#233;sident du MLPS s'appr&#234;te donc &#224; la saisir contre MM. Douste-Blazy et Bertrand. Egalement vis&#233;, Herv&#233; Gaymard. Dans une lettre &#224; un parlementaire dat&#233;e du 26 ao&#251;t 2004, le ministre de l'Agriculture a, tout en reconnaissant la primaut&#233; des directives europ&#233;ennes, affirm&#233; sa volont&#233; de ne pas les appliquer en vertu de dispositions du Code rural. Or, selon Claude Reichman, ce dernier n'a plus la moindre l&#233;galit&#233;. &#034; En mati&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
agricole aussi, il y a viol des lois de la R&#233;publique &#034;, affirme-t-il. Une &#233;preuve judiciaire en perspective qui, pourtant, n'effraie gu&#232;re les minist&#232;res concern&#233;s. Interrog&#233; hier, l'entourage de Philippe Douste-Blazy s'est montr&#233; tr&#232;s serein : &#034; Nous avons des r&#233;f&#233;rences juridiques tr&#232;s solides. Nous attendons avec impatience la d&#233;lib&#233;ration de la Cour de justice, avec les risques de recours abusif qu'une telle d&#233;marche constitue&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les plaignants. &#034; Et le minist&#232;re de rappeler que, selon lui, &#034; les Etats membres organisent leur propre syst&#232;me de sant&#233; et que la France n'a pas fait le choix de la concurrence avec les assurances priv&#233;es, comme en Allemagne ou en Hollande &#034;. Point de vue similaire au minist&#232;re de l'Agriculture, o&#249; l'on consid&#232;re que l'analyse juridique du MLPS est &#034; totalement erron&#233;e et ne rel&#232;ve en aucun cas de la Cour de justice de la R&#233;publique &#034;.&lt;br&gt;
Nouvelle offensive via la l&#233;gislation europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt;
Le trop c&#233;l&#232;bre projet de directive BOLKESTEIN pr&#233;voit de faire entrer la r&#233;glementation du syst&#232;me de soins dans le march&#233; int&#233;rieur, alors qu'actuellement chaque Etat membre r&#233;glemente son propre syst&#232;me de soins et en d&#233;finit les normes, permettrait aux travailleurs d'un pays membre de vivre dans le pays o&#249; ils travaillent avec les lois sociales et le droit du travail du pays d'origine de la soci&#233;t&#233; qui les a embauch&#233;s Le monopole de notre assurance maladie comme le syst&#232;me de r&#233;partition de nos retraites ne s'appliquerait donc pas. Le monopole serait cass&#233;.&lt;br&gt;
Concernant l'interpr&#233;tation de la l&#233;gislation europ&#233;enne, le minist&#232;re reste n&#233;anmoins sur ses positions : Pour lui l'obligation de cotisation &#224; la s&#233;curit&#233; sociale &#171; respecte pleinement les directives europ&#233;ennes sur l'assurance&#034;. Ces directives ont mis en place un march&#233; unique de l'assurance priv&#233;e qui ne concerne pas les r&#233;gimes de S&#233;curit&#233; sociale obligatoires, mais s'applique en revanche &#224; tous les r&#233;gimes de protection compl&#233;mentaire facultatifs (pr&#233;voyance, maladie, retraite...). Ainsi, parce qu'ils sont obligatoires, les r&#233;gimes compl&#233;mentaires de retraite Arrco-Agirc sont consid&#233;r&#233;s en droit europ&#233;en comme un prolongement de la S&#233;curit&#233; sociale, donc soumis au monopole. En revanche, les soci&#233;t&#233;s d'assurance et mutuelles qui fournissent des contrats compl&#233;mentaires facultatifs sont soumises &#224; la concurrence et aux directives europ&#233;ennes qui ont d'ailleurs &#233;t&#233; transcrites en droit national d&#232;s 1994 dans le Code des assurances, en 2001 dans le Code de la mutualit&#233;. Saisie de plusieurs recours en 1993 et en 1996, &#233;manant notamment de travailleurs ind&#233;pendants (CDCA), la Cour de justice des Communaut&#233;s europ&#233;ennes a, &#224; chaque fois, confirm&#233; ce fait que le communiqu&#233; de la Commission rappelle. En France, le refus d'acquitter les pr&#233;l&#232;vements sociaux et le fait d'inciter ses salari&#233;s &#224; cesser de cotiser &#224; la S&#233;cu exposent d'ailleurs l'employeur &#224; des poursuites p&#233;nales : 6 mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende, et m&#234;me jusqu'&#224; 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour ceux qui vont jusqu'&#224; &#034;organiser le refus par les assujettis de se conformer&#034; &#224; la loi.&lt;br&gt;
Pour ne pas entraver la libre circulation des personnes, les r&#232;gles de la coordination communautaire imposent &#224; chaque Etat membre de conserver aux travailleurs qui quittent leur pays pour un emploi dans un autre Etat membre de lui conserver les droits acquis dans son Etat d'origine. De m&#234;me chaque pays doit-il pr&#233;ciser quelle l&#233;gislation nationale de S&#233;curit&#233; sociale est applicable aux cas particuliers (frontaliers, d&#233;tachements temporaires) : ainsi, par exemple, la loi fran&#231;aise autorise un travailleur allemand r&#233;sidant en France pour une p&#233;riode limit&#233;e &#224; relever de la seule s&#233;curit&#233; sociale allemande et donc des pr&#233;l&#232;vements applicables outre-Rhin. &#187;&lt;br&gt;
Retour sur le trait&#233; constitutionnel Comme rappel&#233; au d&#233;but, le texte du trait&#233; constitutionnel n'impose pas clairement la fin du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne trouve que des r&#233;f&#233;rences aux &#171; services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral &#187;, ce qui inclus tous les services publics et la s&#233;curit&#233; sociale. Il s'agit surtout de l'article III-166&lt;br&gt;
1 Les &#201;tats membres, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits sp&#233;ciaux ou exclusifs, n'&#233;dictent ni ne maintiennent aucune mesure contraire &#224; la Constitution, notamment &#224; l'article I-4, paragraphe 2, et aux articles III-161 &#224; III-169.&lt;br&gt;
2. Les entreprises charg&#233;es de la gestion de services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral ou pr&#233;sentant le caract&#232;re d'un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux r&#232;gles de concurrence, dans la mesure o&#249; l'application de ces dispositions ne fait pas &#233;chec &#224; l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particuli&#232;re qui leur a &#233;t&#233; impartie. Le d&#233;veloppement des &#233;changes ne doit pas &#234;tre affect&#233; dans une mesure contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'Union.&lt;br&gt;
Comme nous l'avons d&#233;j&#224; analys&#233; autre part, l'ensemble des articles III-161 &#224; III-169 ouvre clairement la porte &#224; la mise en concurrence des services publics.&lt;br&gt;
Le seul aspect du texte qui pourrait autoriser le maintien du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale est dans la petite phrase &#171; dans la mesure o&#249; l'application de ces dispositions ne fait pas &#233;chec &#224; l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particuli&#232;re qui leur a &#233;t&#233; impartie &#187;&lt;br&gt;
En s'appuyant sur une partie de la jurisprudence il semble possible de montrer que la suppression du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale ferait &#171; &#233;chec &#224; l'accomplissement en droit et fait de la mission particuli&#232;re confi&#233;e &#224; la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;br&gt;
Reste que dans une Europe domin&#233;e par les lib&#233;raux, et comme le montre la tentative de directive BOKELSTEIN, la bataille ne fait que commencer et que l'adoption de la constitution donnerait &#171; du grain &#224; moudre &#187; aux lib&#233;raux.&lt;br&gt;
Dire aujourd'hui que l'adoption du trait&#233; constitutionnel entra&#238;nerait automatiquement la suppression du monopole de la s&#233;curit&#233; sociale serait &#224; la fois faux et d&#233;sarmant pour les batailles futures en cas d'adoption de celle-ci.&lt;br&gt;
Il reste que cette constitution ne donne aucune arme nouvelle pour d&#233;fendre la s&#233;curit&#233; sociale et que, pire, si elle &#233;tait adopt&#233;e cela serait un s&#233;rieux encouragement &#224; tous ceux qui ont d&#233;j&#224; entrepris de r&#233;duire les services publics. Apr&#232;s la poste et l'EDF, la s&#233;curit&#233; sociale serait dans le collimateur.&lt;br&gt;
En sens inverse, le rejet de cette constitution par le peuple affirmant ainsi, une fois de plus, son refus de voir poursuivre la politique lib&#233;rale, serait un encouragement extraordinaire pour tous ceux qui estiment encore possible le retour &#224; un syst&#232;me de sant&#233; bas&#233; sur la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre les recettes lib&#233;rales, les moyens existent d'une politique de sant&#233; publique efficace et &#233;galitaire</title>
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		<dc:date>2004-06-20T20:53:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retranscription d'une intervention au &#171; Club Marianne &#187; de Villeneuve d'Ascq, le 28 mai 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon intervention portera sur trois questions : &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Est-ce que 9 % &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Est-ce que le fameux &#034;trou&#034; de l'assurance maladie est d'abord li&#233; &#224; une surconsommation de soins et &#224; des gaspillages, de sorte que la seule solution serait de lib&#233;raliser plus pour responsabiliser plus, en demandant...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;M&#233;diath&#232;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Retranscription d'une intervention au &#171; Club Marianne &#187; de Villeneuve d'Ascq, le 28 mai 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon intervention portera sur trois questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Est-ce que 9 % &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Est-ce que le fameux &#034;trou&#034; de l'assurance maladie est d'abord li&#233; &#224; une surconsommation de soins et &#224; des gaspillages, de sorte que la seule solution serait de lib&#233;raliser plus pour responsabiliser plus, en demandant aux patients de payer de leur poche ce qui est consid&#233;r&#233; comme excessif, pour les inciter &#224; consommer moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Que peut-on proposer comme r&#233;formes n&#233;cessaires pour am&#233;liorer le syst&#232;me et le rendre plus efficace en termes de sant&#233; publique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Premi&#232;re question : 9 &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, est-ce que c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est clairement n&#233;gative. Bien entendu, l&#224; comme ailleurs, il n'y a aucune raison de laisser se produire certains gaspillages, par exemple certaines surconsommations de m&#233;dicaments ou d'actes (j'y reviendrai). Mais la forte progression de la part des d&#233;penses de sant&#233; dans le PIB depuis 1960 (en 1960, 3,5 % du PIB, actuellement entre 9 et 10 %) est un ph&#233;nom&#232;ne que l'on trouve dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, pour quatre raisons qui n'ont rien &#224; voir avec des gaspillages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Plus un pays est riche, plus on y consid&#232;re que la sant&#233; est un facteur majeur de bien-&#234;tre, souvent cit&#233; en t&#234;te dans les enqu&#234;tes d'opinion, et faisant partie par ailleurs de droits universels, reconnus par exemple par la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Les progr&#232;s de la m&#233;decine et des soins ont un co&#251;t croissant. Parvenir &#224; ce que les gens vivent plus vieux et en bonne forme passe par des traitements de pathologies plus lourdes qu'on ne soignait pas auparavant, ou qu'on soignait moins bien. L'esp&#233;rance de vie en France &#233;tait de 68 ans en 1954. Elle est actuellement de 79 ans. Onze ans de gains d'esp&#233;rance de vie en un demi-si&#232;cle, c'est &#233;norme. Mais la cons&#233;quence est que la majeure partie des d&#233;penses de sant&#233; est d&#233;sormais concentr&#233;e sur une petite fraction de personnes, celles qui sont les plus malades &#224; un moment donn&#233; : 60 % des d&#233;penses de sant&#233; vont &#224; 5 % de la population, et en particulier aux personnes en fin de vie. Chaque ann&#233;e d'esp&#233;rance de vie gagn&#233;e co&#251;te plus cher, mais ces ann&#233;es gagn&#233;es sont consid&#233;r&#233;es comme pr&#233;cieuses : co&#251;teuse certes, mais pr&#233;cieuses. Et &#224; moins de d&#233;cider qu'il faut laisser tomber l'objectif de mieux vivre plus longtemps, ou qu'il faut pratiquer l'euthanasie des personnes fragiles, ou qu'il faut soigner moins bien, on peut s'attendre &#224; une tendance durable &#224; la progression de la part des d&#233;penses de sant&#233;. Il est certain que quelques bonnes canicules avec des maisons de retraite sans moyens feraient baisser les d&#233;penses de sant&#233;, mais je ne crois pas que les Fran&#231;ais souhaitent cela...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Une autre raison majeure de la croissance des d&#233;penses de sant&#233;, ind&#233;pendamment de la progression de la &#171; demande de soins &#187;, tient au fait que ce secteur fait partie de ce qu'on appelle les &#171; services relationnels &#187;, c'est-&#224;-dire des activit&#233;s o&#249; le travail inclut une part importante et probablement incompressible de relations directes avec les patients (consultations, soins personnels...). Cette dimension du travail n'est pas m&#233;canisable ni automatisable, on ne peut pas y r&#233;aliser des gains de productivit&#233; sur un mode industriel en rempla&#231;ant le travail humain par des machines &#224; diagnostic et &#224; soins personnels, sauf dans des proportions limit&#233;es. Cette caract&#233;ristique implique que les prix relatifs de tels services augmentent par rapport aux prix des biens ou des services o&#249; l'on peut r&#233;aliser des gains de productivit&#233;. La sant&#233; n'est pas la seule &#224; &#234;tre concern&#233;e par de telles hausses &#171; normales &#187; de prix relatifs, c'est-&#224;-dire par une inflation plus forte que la moyenne en longue p&#233;riode. C'est par exemple le cas du spectacle vivant (on n'a pas r&#233;alis&#233; de gains de productivit&#233; dans l'interpr&#233;tation d'un quatuor de Mozart depuis deux si&#232;cle), de l'aide &#224; domicile aux personnes &#226;g&#233;es, des cr&#234;ches, de l'enseignement en d&#233;pit des discours sur la possibilit&#233; de supprimer les enseignants pour les remplacer par des ordinateurs... et de bien d'autres services relationnels ou non automatisables, dont beaucoup sont des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Pourquoi faudrait-il se f&#233;liciter de la forte croissance &#233;conomique de certains secteurs &#233;conomiques, par exemple dans les nouvelles technologies, dans les loisirs, les industries de luxe, le boom des 4x4 et des piscines priv&#233;es, et d&#233;plorer la forte croissance &#233;conomique d'un secteur aussi essentiel pour le bien-&#234;tre et pour l'emploi. ? La r&#233;ponse est au bout de la question : c'est parce qu'il y a des financements publics &#224; la cl&#233;, et que, pour la pens&#233;e lib&#233;rale, le financement public est un co&#251;t, et rien qu'un co&#251;t. Or c'est &#233;conomiquement faux. Les d&#233;penses publiques, y compris en mati&#232;re de sant&#233;, participent autant que les autres au dynamisme &#233;conomique et &#224; l'emploi, et par exemple les pays qui ont le plus haut niveau de d&#233;penses publiques du monde (les pays scandinaves) n'ont pas moins de dynamisme &#233;conomique, et ils ont moins de ch&#244;mage. Un haut niveau de d&#233;penses sociales, et notamment de d&#233;penses de sant&#233;, ce n'est pas un fardeau, c'est une bonne chose aussi bien pour l'&#233;conomie que pour le bien-&#234;tre. Ce n'est une mauvaise chose que pour les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, qui ne peuvent pas alors faire du profit sur cet &#233;norme &#171; march&#233; &#187; potentiel o&#249; il est plus facile qu'ailleurs de faire payer aux gens (au moins &#224; ceux qui en ont les moyens) des prix &#233;lev&#233;s, notamment parce qu'ils consid&#232;rent que la sant&#233; est un besoin vital &#171; qui n'a pas de prix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pour ces raisons et pour d'autres, il est assez normal, et &#224; bien des &#233;gards il est sain, qu'il y ait une progression de la part des d&#233;penses publiques de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Le &#171; trou &#187; et les gaspillages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question suivante : mais peut-on se payer une telle progression en maintenant un haut niveau de financement public, au nom d'un droit ? Est-ce qu'il n'y a pas quand m&#234;me un trou &#233;norme li&#233; &#224; des exc&#232;s, gaspillages et surconsommations ? Est-il normal que la protection sociale finance des gaspillages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse : il y a, ici comme ailleurs, des exc&#232;s et des gaspillages, mais ce n'est pas cela qui explique qu'on soit pass&#233; de 3,5 % &#224; 9,6 % du PIB depuis 1960, ne serait-ce que parce que des gaspillages et des exc&#232;s existaient d&#233;j&#224; il y a vingt ou trente ans. Et d'ailleurs, puisqu'on parle de gaspillages, et il faut le faire, il est clair les principaux ne sont pas li&#233;s aux comportements des patients, mais essentiellement &#224; deux facteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les strat&#233;gies de lobbies priv&#233;s et lib&#233;raux : le lobby pharmaceutique, le lobby des cliniques priv&#233;es, le lobby des assureurs, le lobby d'une fraction des praticiens lib&#233;raux. Tous ont int&#233;r&#234;t &#224; des comportements d&#233;pensiers et gaspilleurs. J'en reparlerai dans le cas &#171; exemplaire &#187; des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le syst&#232;me actuel de r&#233;mun&#233;ration &#224; l'acte curatif, et surtout de d&#233;valorisation des activit&#233;s de pr&#233;vention, de d&#233;pistage et d'&#233;ducation. M&#234;me la tr&#232;s lib&#233;rale OCDE estime, dans son rapport 2003 &#171; Panorama de la sant&#233; &#187;, que &#171; la pr&#233;vention est un des facteurs essentiels de la ma&#238;trise des co&#251;ts &#187;. Or la France y consacre moins de 3% de ses d&#233;penses de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ob&#233;sit&#233;, par exemple, conduit &#224; une surconsommation m&#233;dicale qui est &#233;norme aux &#201;tats-Unis, qui progresse en France et qui co&#251;te de plus en plus cher, mais c'est une &#171; &#233;pid&#233;mie sociale &#187; largement li&#233;e aux in&#233;galit&#233;s sociales ainsi qu'au marketing agressif de l'industrie agro-alimentaire et de la restauration rapide, &#224; nouveau des lobbies priv&#233;s. Or, dans les projets de r&#233;forme actuels, comme on ne veut pas toucher aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s ni aux in&#233;galit&#233;s de sant&#233; (sauf pour les renforcer), on ne risque pas de r&#233;duire les vraies sources de gaspillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la privatisation, c'est une source majeure de gaspillage et d'exclusion. L'exemple am&#233;ricain, avec plus de 14 % du PIB de d&#233;penses de sant&#233; en 2003, est effarant : plus on privatise, plus les d&#233;penses explosent, sauf que ce sont les patients, et en particulier les plus modestes, qui trinquent, et les groupes d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s qui empochent la mise. 20 % des Am&#233;ricains (43 millions) n'ont aucune couverture sociale (ce qu'admet John Kerry). En France, cela ferait 12 millions de personnes. Privatiser c'est &#224; la fois exclure et gaspiller. R&#233;mun&#233;rer des actionnaires et d&#233;penser des sommes folles en marketing pour conqu&#233;rir des clients, ce que font les assureurs, les h&#244;pitaux priv&#233;s et les firmes pharmaceutiques (qui, aux &#201;tats-Unis, d&#233;pensent &#224; elles seules 2,6 milliards de dollars par an en publicit&#233; dans les journaux et &#224; la t&#233;l&#233;vision), co&#251;te beaucoup plus que les modestes frais de gestion des Caisses d'Assurance Maladie en France. Globalement, les frais de gestion de la s&#233;cu ne repr&#233;sentaient que 3,9 % des d&#233;penses totales de protection sociale en 2002 (d&#233;penses de 467 milliards d'euros), et cette proportion a baiss&#233; depuis 1990. Aux &#201;tats-Unis, entre 1997 et 2001, les prix moyens des m&#233;dicaments ont augment&#233; de 50 %, et la progression des primes d'assurance priv&#233;e de sant&#233; n'est pas moins spectaculaire (+ 13,6 % en 2003, apr&#232;s deux ann&#233;es de progression &#224; deux chiffres...)[1] . On estime que les d&#233;penses de sant&#233; am&#233;ricaines pourraient atteindre plus de 17 % du PIB en 2012 (dont plus de la moiti&#233; de d&#233;penses priv&#233;es), dans un pays qui ne vient pourtant qu'au 25&#232;me rang mondial en termes d'esp&#233;rance de vie : 76,9 ans en 2001, contre 78 &#224; 81 ans dans 21 pays, dont la France (79 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant r&#233;pondre &#224; la question : le trou, quel trou ? On s'aper&#231;oit alors d'une chose : c'est un trou enti&#232;rement fabriqu&#233; par les politiques &#233;conomiques lib&#233;rales pour faire passer la pilule de l'aust&#233;rit&#233;, pour casser la solidarit&#233; qui est au coeur de la protection sociale, et pour favoriser tout ce qui est lucratif. Le trou, parlons-en, en quelques chiffres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. D'abord, en 2000 et 2001, comme le ch&#244;mage et la pauvret&#233; ont recul&#233;, la s&#233;curit&#233; sociale &#233;tait b&#233;n&#233;ficiaire, et tr&#232;s largement (autour de 11 milliards d'euros d'exc&#233;dent). Le trou de la s&#233;cu, c'est donc aussi l'indice du retour du ch&#244;mage de masse, de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s. &#192; c&#244;t&#233; de cela, les fameux gaspillages sont tr&#232;s relatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Mais surtout, le d&#233;ficit de l'assurance maladie c'est selon les estimations entre 11 et 14 milliards d'euros en 2003. Cela peut sembler &#233;norme. Or tout montre qu'on a d&#233;lib&#233;r&#233;ment cr&#233;&#233; ce d&#233;ficit en privant l'&#201;tat et la s&#233;curit&#233; sociale de recettes au nom de principes lib&#233;raux. Premier chiffre : depuis 1998, le total des baisses d'imp&#244;ts directs et indirects d&#233;cid&#233;es d'abord par la gauche, puis par la droite, cela fait 30 milliards d'euros de moins par an dans les caisses publiques, soit plus de deux trous de l'assurance maladie. Second chiffre : depuis 1992, le total des baisses de cotisations patronales sur les salaires repr&#233;sente 20 milliards d'euros de moins par an dans les caisses de la s&#233;curit&#233; sociale : un trou et demi ! Si encore ces baisses de cotisations avaient permis de cr&#233;er beaucoup d'emplois, on pourrait admettre, mais ce n'est nullement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me et dernier chiffre : la richesse nationale, la valeur ajout&#233;e nationale, est divis&#233;e en une part de salaires et cotisations sociales, et une part de profits. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80, la part des salaires directs et indirects n'a cess&#233; de diminuer, et celle du profit d'augmenter. En gros, les profits sont pass&#233;s de 23-24 % &#224; 31-32 % de la valeur ajout&#233;e nationale. 7 &#224; 8 % de la valeur ajout&#233;e nationale transf&#233;r&#233;e des salaires aux profits ! Or savez-vous combien repr&#233;sente seulement 1 % de la valeur ajout&#233;e nationale actuelle ? 14 milliards d'euros, tout juste ! On a donc transf&#233;r&#233; des salaires aux profits 7 &#224; 8 fois le trou actuel de l'assurance maladie ! Plus de 100 milliards d'euros. La strat&#233;gie du n&#233;olib&#233;ralisme vise essentiellement &#224; augmenter le plus possible la part de la richesse qui va au profit, et la part des activit&#233;s &#233;conomiques qui va au secteur priv&#233; lucratif. C'est tr&#232;s exactement l'objectif de l'OMC et de l'AGCS. Cette strat&#233;gie a incontestablement gagn&#233; des points au cours de cette p&#233;riode, apr&#232;s en avoir perdu dans les ann&#233;es 70. Mais, ce faisant, elle a creus&#233; aussi bien le trou de l'assurance maladie que le trou des retraites et celui de l'UNEDIC. Voil&#224; donc pour ce fameux trou. Il n'a pratiquement rien &#224; voir avec les comportements des patients. C'est un trou fabriqu&#233; par des strat&#233;gies de r&#233;partition entre salaires et profits, de fiscalit&#233; et de cotisations sociales, et de politiques salariales qui ont vu le retour en masse des emplois dits non qualifi&#233;s, les moins pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Des r&#233;formes n&#233;cessaires... &#224; l'oppos&#233; de celles qui se pr&#233;parent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mots seulement pour terminer sur le type de r&#233;forme qu'ATTAC propose et met en d&#233;bat en relation &#233;troite avec de nombreux syndicats. Je me limite &#224; cinq points parmi beaucoup d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Il faut faire progresser les recettes publiques avant tout, et pour cela il suffirait de r&#233;cup&#233;rer, dans le partage des richesses, une partie du terrain perdu en vingt ans pour qu'il n'y ait plus le moindre trou. Le probl&#232;me de la s&#233;cu est d'abord un probl&#232;me de partage des richesses. Comment ? Il y a sur ce point d&#233;bat entre ceux qui pr&#233;f&#233;reraient une hausse des cotisations patronales, un &#233;largissement de l'assiette des cotisations, pouvant aller jusqu'&#224; l'assiette de la valeur ajout&#233;e, la taxation des flux financiers, le recours &#224; l'imp&#244;t progressif sur le revenu... Mais en r&#233;alit&#233; quelle que soit la solution (et des solutions mixtes sont possibles), ce qui compte est de savoir si le r&#233;sultat conduit bien &#224; d&#233;placer le curseur de la r&#233;partition de la richesse nationale en direction des salaires et des cotisations sociales, en assurant &#224; tous des soins de qualit&#233;, sur une base fortement redistributive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Mais il ne suffit pas de r&#233;fl&#233;chir sur le plan comptable, m&#234;me si c'est n&#233;cessaire. Il faut penser syst&#232;me de sant&#233; et pas seulement syst&#232;me de soins. Cela veut dire accorder un poids beaucoup plus important &#224; la pr&#233;vention, au d&#233;pistage, &#224; la m&#233;decine scolaire, du travail, &#224; l'&#233;ducation sanitaire, &#224; contrer les lobbies d&#233;pensiers. Ce serait &#233;conomiquement efficace : on pourrait mieux soigner pour le m&#234;me prix et mieux se porter. Et on pourrait (et probablement on devrait) d&#233;penser plus, car les besoins insatisfaits restent &#233;normes, en d&#233;pensant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le fait de penser en termes de syst&#232;me de sant&#233; devrait conduire &#224; des politiques de r&#233;duction d'in&#233;galit&#233;s de sant&#233;, souvent fond&#233;es sur des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales et &#224; des in&#233;galit&#233;s de conditions de travail. Des in&#233;galit&#233;s qui co&#251;tent cher, ind&#233;pendamment du jugement moral que l'on peut porter sur elles. Dans la derni&#232;re version du BIP 40 (Barom&#232;tre des In&#233;galit&#233;s et de la Pauvret&#233;), les statisticiens qui ont mis au point cet outil s&#233;rieux et remarquable font un constat effarant : en 1970, l'esp&#233;rance de vie des cadres &#233;tait sup&#233;rieure de 5,5 ans &#224; celle des ouvriers qualifi&#233;s. L'&#233;cart devait se r&#233;duire un peu jusqu'en 1982, o&#249; il &#233;tait de 4,8 ans. Il n'a cess&#233; de progresser depuis, pour atteindre 8 ans en 2002 ! Bravo ceux qui nous disent que les in&#233;galit&#233;s se sont fortement r&#233;duites en France depuis 30 ans ! En tout cas pas en mati&#232;re de sant&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Il faut aussi sans doute r&#233;fl&#233;chir aux effets pervers du syst&#232;me de r&#233;mun&#233;ration fond&#233;e uniquement sur le paiement &#224; l'acte, car il ne risque pas de favoriser la pr&#233;vention et il a parfois tendance &#224; faire marcher la machine &#224; acte d'une fa&#231;on ind&#233;fendable. De m&#234;me, on ne peut accepter une situation de quasi-libert&#233; d'installation qui fait que, selon les d&#233;partements, le nombre de sp&#233;cialistes par habitant varie de 1 &#224; 4, ce qui conduit &#233;videmment certains &#224; se rattraper sur les actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Il est tout &#224; fait possible d'avoir une assurance maladie obligatoire qui rembourse 100 % des soins utiles, sans assurance maladie suppl&#233;mentaire. Ce n'est pas utopique du tout. Cela fonctionne d&#233;j&#224; presque ainsi en Alsace et Moselle, sur la base d'une cotisation suppl&#233;mentaire sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Il faut cr&#233;er un tr&#232;s gros p&#244;le public de recherche pharmaceutique, pour ne pas laisser l'industrie pharmaceutique d&#233;cider de ce qui doit &#234;tre d&#233;velopp&#233;, fixer des prix exorbitants, et se d&#233;sint&#233;resser de certaines maladies sur une base de pure rentabilit&#233;. Il faut lire &#224; ce sujet le livre &#233;difiant de Philippe Pignarre, Les grand secrets de l'industrie pharmaceutique, &#224; La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le quotidien Voltaire du 24 mai 2004 fournit les sources am&#233;ricaines de ces chiffres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'AGCS et les services du secteur de la sant&#233;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article11</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article11</guid>
		<dc:date>2001-02-19T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Association et action internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Projet de texte - Version 0 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de ce document est de donner des informations de base aux adh&#233;rents d'Attac qui souhaitent militer contre l'AGCS dans le secteur des services de sant&#233;. Vos remarques, critiques et commentaires sont les bienvenus. Alain Lecourieux. &lt;br class='autobr' /&gt; Le syst&#232;me de sant&#233; en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques chiffres &lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;penses de sant&#233; ont &#233;t&#233; de 815 milliards de Francs en 1997, soit 10% du PIB (4&#232;me rang de la d&#233;pense de sant&#233; par personne) ; ce secteur est le plus important...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;Association et action internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Projet de texte - Version 0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif de ce document est de donner des informations de base aux adh&#233;rents d'Attac qui souhaitent militer contre l'AGCS dans le secteur des services de sant&#233;. Vos remarques, critiques et commentaires sont les bienvenus. Alain Lecourieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le syst&#232;me de sant&#233; en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques chiffres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;penses de sant&#233; ont &#233;t&#233; de 815 milliards de Francs en 1997, soit 10% du PIB (4&#232;me rang de la d&#233;pense de sant&#233; par personne) ; ce secteur est le plus important secteur de services. Il emploie directement 1,7 million de personnes, soit 7,5% de la population active. 87% des d&#233;penses rel&#232;vent du financement collectif public ou priv&#233;, le reste est &#224; la charge du malade. Les d&#233;penses sont pass&#233;es de 6,2% du PIB en 1970 &#224; 10% en 1997 (6,2% de croissance dans les ann&#233;es 70, 2,3% entre 1990 et 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me mixte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; assume la prise en charge des probl&#232;mes g&#233;n&#233;raux de sant&#233; publique ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; assure la formation des personnels de sant&#233;, participe &#224; la d&#233;finition de leurs conditions d'exercice, garantit les normes de qualit&#233; et de s&#233;curit&#233; des producteurs de soins ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; veille &#224; l'ad&#233;quation des structures de soins et de pr&#233;vention aux besoins et r&#233;gule le volume de l'offre de soins : personnels, &#233;tablissements, &#233;quipements techniques lourds ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; exerce la tutelle de la protection sociale dans le cadre de contrats d'objectifs et de gestion et intervient sur les modalit&#233;s de son financement (assiette et taux de cotisation), sur les r&#232;gles de couverture de la population, sur les producteurs de soins, sur la prise en charge financi&#232;re des soins (prix et taux de remboursement) et veille &#224; l'&#233;quilibre des comptes sociaux ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fixe le budget de la recherche m&#233;dicale et subventionne divers organismes priv&#233;s tels que l'Institut Pasteur ou la Fondation Curie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection sociale contre les risques li&#233;s &#224; la maladie est assur&#233;e, pour 74% de la d&#233;pense, par l'assurance maladie, une des branches de la S&#233;curit&#233; Sociale, cr&#233;&#233;e en 1945 et 1946. La couverture de la population est maintenant th&#233;oriquement compl&#232;te depuis l'instauration de la Couverture M&#233;dicale Universelle (CMU) en 2000. Par ailleurs, les organismes mutualistes, les institutions de pr&#233;voyance et les assurances priv&#233;es offrent une protection compl&#233;mentaire (84% des assur&#233;s en b&#233;n&#233;ficiaient en 1997). Le financement de l'assurance maladie r&#233;sulte de cotisations patronales et de cotisations assises, depuis 1998, sur l'ensemble des revenus (CSG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au 1er janvier 1998, il y avait 175000 m&#233;decins en activit&#233; dont 68% avaient une pratique lib&#233;rale. C'est aussi le cas de la quasi-totalit&#233; des pharmaciens et des chirurgiens-dentistes, de 75% des masseurs kin&#233;sith&#233;rapeutes, alors que seulement 15% des infirmi&#232;res et 12% des sages-femmes ont une pratique lib&#233;rale. Les professionnels lib&#233;raux assurent la plus grande part des soins ambulatoires ou &#224; domicile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les professionnels lib&#233;raux peuvent exercer soit dans le cadre des conventions qu'ils concluent avec la S&#233;curit&#233; sociale, soit dans le secteur 2 &#224; honoraires libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;65% du secteur d'hospitalisation est public. Le secteur priv&#233; d'hospitalisation qui repr&#233;sente 35% des lits regroupe des &#233;tablissements &#224; vocation commerciale et des &#233;tablissements &#224; but non lucratif ; parmi ces derniers, certains participent au service public et ob&#233;issent donc &#224; certaines obligations. Les salaires et charges vers&#233;s aux personnels hospitaliers repr&#233;sentent 70% du budget de fonctionnement des h&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La planification est d&#233;finie &#224; l'&#233;chelon r&#233;gional au moyen de deux instruments : la carte sanitaire et le sch&#233;ma r&#233;gional d'organisation sanitaire (SROS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le processus de fixation des prix des m&#233;dicaments remboursables fait intervenir la Commission de la transparence et le Comit&#233; &#233;conomique du m&#233;dicament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enjeux du syst&#232;me de sant&#233; en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ralentissement de l'activit&#233; &#233;conomique et la mont&#233;e du ch&#244;mage ont affect&#233; l'&#233;quilibre des r&#233;gimes sociaux depuis le milieu des ann&#233;es 70. Ma&#238;triser l'&#233;volution des d&#233;penses de sant&#233; sans accro&#238;tre les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s aux soins est donc un enjeu majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais sont attach&#233;s au syst&#232;me mixte qui pr&#233;vaut aujourd'hui : l'assurance maladie obligatoire, la coexistence de secteurs public et priv&#233;, l'exercice lib&#233;ral de la m&#233;decine et la libert&#233; de choix des malades. Un des enjeux est donc de maintenir ce syst&#232;me mixte, quitte &#224; le r&#233;nover, en d&#233;veloppant les compl&#233;mentarit&#233;s entre les secteur public et priv&#233;, sans collusion des int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieillissement de la population est un autre enjeu ; il ne faut pour autant pas en exag&#233;rer l'importance puisque ce vieillissement se traduirait par une augmentation des d&#233;penses de sant&#233; de 0,5% en moyenne par an, sur la p&#233;riode 1998-2015, alors que la consommation m&#233;dicale a augment&#233; de 3% par an, en francs constants, entre 1985 et 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modalit&#233;s de la protection sociale ont consist&#233; &#224; &#233;tendre la couverture (CMU notamment), mais aussi &#224; augmenter la part des d&#233;penses &#224; la charge des malades par l'augmentation du ticket mod&#233;rateur et les limitations des cas de prise en charge, de fa&#231;on &#224; r&#233;duire les &#034; effets incitatifs &#034; &#224; la sur-consommation m&#233;dicale. Ces mesures n'ont-elles pas, en fait, limit&#233; l'acc&#232;s &#224; des soins justifi&#233;s et contribu&#233; ainsi &#224; l'accroissement des in&#233;galit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asym&#233;trie d'information entre m&#233;decins et patients, mais aussi l'offre de soins et le progr&#232;s technique sont &#224; l'origine de nombreux enjeux qu'on peut appeler &#034; les enjeux de l'offre &#034;. Parmi ces enjeux, citons : le numerus clausus (professionnels et lits), la responsabilit&#233; des m&#233;decins sur le montant des services qu'ils prescrivent, l'institution de r&#233;seaux de soins (r&#233;seaux de ville, r&#233;seaux d'h&#244;pitaux), l'&#233;volution du traitement des malades (dur&#233;e de s&#233;jour r&#233;duite, chirurgie ambulatoire, sp&#233;cialisation, etc.), &#034; les bonnes pratiques professionnelles &#034;, le d&#233;veloppement excessif des activit&#233;s rentables, etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de pr&#233;vention des pathologies est une mission transversale du syst&#232;me de sant&#233;. Elle est prise dans l'&#233;tau de la logique &#233;conomique et est largement n&#233;glig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des organismes ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s avec des formes juridiques diverses : agences, d&#233;l&#233;gations, comit&#233;s, associations. Citons : l'Institut de veille sanitaire, L'Agence fran&#231;aise sanitaire des produits de sant&#233;, l'Etablissement fran&#231;ais du sang, l'Agence fran&#231;aise de s&#233;curit&#233; des aliments, l'Etablissement fran&#231;ais des greffes, le Comit&#233; fran&#231;ais d'&#233;ducation pour la sant&#233;, le Conseil national du syndrome immunod&#233;ficitaire acquis, l'Agence nationale d'accr&#233;ditation et d'&#233;valuation en sant&#233;, le Conseil national du cancer, le Comit&#233; consultatif national d'&#233;thique pour les sciences de la vie et de la sant&#233;, etc..&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous ces organismes dessinent une nouvelle fa&#231;on de concevoir l'&#233;laboration d'une politique de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces organismes sous-estiment la place des citoyens dans la d&#233;finition de cette politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs groupes et organisations travaillent pour que le citoyen soit reconnu comme partenaire &#224; part enti&#232;re du syst&#232;me de sant&#233;, au m&#234;me titre que les pouvoirs publics, les personnels, les syndicats et les directions. Elles veulent revenir aux principes m&#234;mes du service public (&#233;galit&#233;, continuit&#233;, adaptabilit&#233;) pour sortir par le haut, c'est-&#224;-dire par la d&#233;mocratie participative, des d&#233;fauts du syst&#232;me actuel : &#233;tatisme, autoritarisme, hi&#233;rarchie, logiques de pouvoir ou d'argent. Elles pr&#233;conisent &#034; l'&#233;valuation d&#233;mocratique &#034; du syst&#232;me de sant&#233; (Cf. L'&#233;valuation d&#233;mocratique par Jean-Claude Boual et Philippe Brachet, L'Harmattan). L'&#233;valuation d&#233;mocratique devient alors un outil de concertation qui permet la confrontation des int&#233;r&#234;ts des diff&#233;rentes parties prenantes. C'est tout le syst&#232;me de sant&#233;, r&#233;gulation, orientation et op&#233;rations qui serait ainsi progressivement &#233;valu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'OMC et l'AGCS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit ici de mettre en &#233;vidence la vision, la strat&#233;gie et les objectifs de l'OMC dans le secteur des services de sant&#233;, au travers des dispositions de l'AGCS et des notes du Council for Trade in Services. Ce qui suit est donc un r&#233;sum&#233; constitu&#233; de citations de l'OMC, sans commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nature et fonctionnement du secteur des services de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'analystes des pays de l'OCDE voient la sant&#233;, non pas comme un contributeur au PIB, mais comme un pr&#233;l&#232;vement sur la croissance &#233;conomique qui r&#233;duit l'efficacit&#233; des autres initiatives politiques, notamment la baisse des imp&#244;ts. Les d&#233;penses de sant&#233; des pays de l'OCDE (2500 milliards de $) repr&#233;sentent 8% du PIB et sont en forte croissance. Les services hospitaliers entrent pour 40 &#224; 50% dans ces d&#233;penses, la consommation pharmaceutique pour 30 &#224; 40%. L'augmentation des d&#233;penses de sant&#233; a &#233;t&#233; nourrie par l'augmentation continue de l'emploi dans ce secteur ; dans l'UE, il repr&#233;sente 8% de la force de travail, les sages-femmes et les infirmi&#232;res comptant pour un quart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des d&#233;penses r&#233;sulte de la demande (extension de la couverture, vieillissement de la population, nouvelles maladies, manque d'incitation &#224; &#233;conomiser) et de l'offre (manque d'incitation &#224; lier le co&#251;t des traitements et les b&#233;n&#233;fices escompt&#233;s, l'usage non r&#233;fl&#233;chi de technologies co&#251;teuses, les d&#233;fauts de planification des ressources, les traitements inadapt&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays de l'OCDE on peut distinguer deux syst&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syst&#232;mes construits sur le contrat entre les fournisseurs de soins et les organismes payeurs ; dans ce cas les assureurs ont un contr&#244;le plus grand sur la distribution des fonds et des remboursements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les syst&#232;mes de sant&#233; int&#233;gr&#233;s o&#249; une institution contr&#244;le la fourniture des services de sant&#233; ; ce syst&#232;me r&#233;duit la complexit&#233; et les incertitudes du syst&#232;me contractuel, mais aussi l'innovation, la flexibilit&#233; et le choix du consommateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#233;tude de l'OCDE montre une &#233;volution vers le syst&#232;me contractuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La place du march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les politiques de sant&#233; servent des objectifs &#233;conomiques et non-&#233;conomiques, elles ont un point commun : la recherche d'efficacit&#233; dans l'utilisation des ressources. Des pistes telles que la commercialisation de fonctions hospitali&#232;res, la r&#233;forme des assurances et des subventions publiques encourageront une meilleure utilisation des ressources. C'est l'orientation vers le march&#233; (&#034; market-based reform strategy &#034;) perceptible dans de nombreux pays sous l'effet des contraintes budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services de sant&#233; sont fournis dans un environnement significativement diff&#233;rent de l'id&#233;al de l'&#233;conomie de march&#233; (asym&#233;trie entre consommateurs et producteurs, distorsion entre co&#251;ts et prix pay&#233; par le consommateur, offre de soins cr&#233;ant la demande). La concurrence n'entra&#238;ne pas obligatoirement des gains pour la population (les assureurs priv&#233;s peuvent &#233;cr&#233;mer le march&#233; et laisser les segments &#224; bas revenus et &#224; hauts risques au secteur public ; les cliniques priv&#233;es peuvent attirer les professionnels de qualit&#233; des h&#244;pitaux publics). N&#233;anmoins ces exemples ne sont pas des arguments contre des r&#233;formes orient&#233;es vers le march&#233; (&#034; market-based reforms &#034;). Le d&#233;fi pour les autorit&#233;s de sant&#233; est de d&#233;finir des politiques et de cr&#233;er le cadre r&#233;glementaire qui conduisent &#224; une meilleure utilisation des ressources. Le cadre pertinent pourrait &#233;voluer pour prendre en compte les changements de priorit&#233;s politiques et l'&#233;mergence de nouvelles technologies qui vont saper les barri&#232;res g&#233;ographiques qui emp&#234;chent la circulation de l'information, la coordination et la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commerce international des services de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce international des services de sant&#233; n'est pas un probl&#232;me politique dominant ; le secteur de la sant&#233; est en effet un contributeur mineur au commerce. C'est l'effet de mesures restrictives de r&#233;gulation qui d&#233;couragent la pr&#233;sence commerciale &#233;trang&#232;re et de barri&#232;res technologiques qui inhibent les &#233;changes transfrontaliers. Ces deux freins se rel&#226;chent et le prochain round offre une occasion de reconsid&#233;rer la largeur et la profondeur des engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce international des services de sant&#233; est tr&#232;s limit&#233;. Par exemple, les exportations des Etats-Unis repr&#233;sentent 2 pour mille des d&#233;penses, m&#234;me si un r&#233;cent rapport de l'OMS met en &#233;vidence l'importance croissante des &#233;changes transfrontaliers (t&#233;l&#233;m&#233;decine des Etats-Unis vers les pays du Golfe ou vers des r&#233;gions isol&#233;es).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un secteur doit retenir l'attention : le management de fonctions hospitali&#232;res qui peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; &#224; distance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains pays ont &#233;galement un pouvoir d'attraction sur des patients &#233;trangers en proposant des services non disponibles ou moins co&#251;teux. N&#233;anmoins, par exemple, la consommation, par des &#233;trangers, de soins aux Etats-Unis reste limit&#233;e (872 millions $). De m&#234;me les investissements &#233;trangers (&#034; establishment trade &#034;) qui devraient se d&#233;velopper reste limit&#233;s (1,8 milliards $ de services de sant&#233; vendus par les h&#244;pitaux &#233;trangers install&#233;s aux Etats-Unis).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements de professionnels de sant&#233; doivent prendre en consid&#233;ration deux &#233;l&#233;ments : la contribution des immigrants &#224; combler les trous de l'offre et &#224; r&#233;duire la pression des co&#251;ts ; les pertes &#233;conomiques associ&#233;es &#224; l'installation &#224; l'&#233;tranger de sp&#233;cialistes form&#233;s (&#034; brain drain &#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le de la technologie dans le commerce international des services de sant&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition de nouvelles technologies de transport et de communication favorisent le d&#233;placement des professionnels et des consommateurs et permettent de nouveaux modes de fourniture des services (t&#233;l&#233;m&#233;decine). Ces changements ouvrent des br&#232;ches qui permettent d'augmenter la participation &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ralisation et AGCS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures de r&#233;gulation touchent les professionnels de la sant&#233;, les organisations op&#233;rant dans le secteur (cliniques, h&#244;pitaux, cr&#232;ches) et les organisations commerciales (industries pharmaceutiques, assureurs). Ces mesures affectent les conditions d'acc&#232;s au march&#233; pr&#233;vues dans l'AGCS dans les quatre modes de fourniture de services.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'exception des pays o&#249; les services de sant&#233; sont fournis directement par le gouvernement, &#224; titre gratuit, les autres doivent autoriser une participation priv&#233;e totale sans contr&#244;le d'acc&#232;s au march&#233;, si ce n'est celui qui assure la qualit&#233; des soins &#224; un prix n&#233;goci&#233; de fa&#231;on libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les pays nombreux o&#249; les secteurs publics et priv&#233;s coexistent, on ne peut pas argumenter sur le fait qu'il n'y pas de concurrence entre les deux types de fournisseurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela sugg&#232;re que dans les secteurs sur lesquels ces pays s'engagent toutes les subventions soient soumises aux obligations du traitement national.&lt;br class='autobr' /&gt;
De m&#234;me dans les cas o&#249; des obligations de service public sont donn&#233;es &#224; des h&#244;pitaux priv&#233;s, les m&#234;mes possibilit&#233;s doivent &#234;tre offertes &#224; tout fournisseur, au titre de la clause de la nation la plus favoris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, pour r&#233;sumer, trois types de r&#233;gulation :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les conditions de qualification des professionnels de sant&#233;,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les conditions d'accr&#233;ditation des cliniques et h&#244;pitaux
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les r&#232;gles de remboursement relevant de sch&#233;mas d'assurance obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exigences et ces r&#232;gles peuvent avoir des effets restrictifs sur le commerce ; elles doivent &#234;tre &#233;valu&#233;es au cas par cas pour s'assurer qu'elles sont administr&#233;es de fa&#231;on raisonnable, objective et impartiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci vise en particulier les mesures prises par les gouvernements ou les organismes non-gouvernementaux dans l'exercice d'un pouvoir d&#233;l&#233;gu&#233; par le gouvernement ; &#224; ce titre, des arrangements entre des participants priv&#233;s au march&#233; ne font pas partie du champ de l'AGCS, tandis que des arrangements similaires entre, par exemple, des assureurs mandat&#233;s par le gouvernement et des h&#244;pitaux priv&#233;s (ou entre des assureurs priv&#233;s et des h&#244;pitaux s&#233;lectionn&#233;s par le gouvernement) font partie du champ de l'AGCS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consid&#233;rations sur les engagements pris par les membres de l'OMC dans l'AGCS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AGCS pr&#233;voit deux types d'engagements :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des engagements g&#233;n&#233;raux (clause de la nation la plus favoris&#233;e, notamment) qui s'appliquent &#224; tous les services
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des engagement sp&#233;cifiques que les pays, membres de l'OMC, prennent ou pas sous-secteur par sous-secteur ; il s'agit des &#034; listes positives &#034; ou &#034; secteurs offerts &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il est bien difficile de faire une synth&#232;se des engagements pris par les membres de l'OMC &#224; Marrakech en 1994, on peut n&#233;anmoins faire les remarques suivantes en distinguant les modes de fourniture des services 1,2 et 3 d'une part et le mode 4 d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des modes 1, 2, 3 (fournitures transfrontali&#232;res, consommation &#224; l'&#233;tranger, pr&#233;sence commerciale) :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les engagements sont plus nombreux sur les services m&#233;dicaux non-hospitaliers que sur les services hospitaliers,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; beaucoup de pays du Sud ont pris des engagements importants sur les services hospitaliers pour attirer les investissements &#233;trangers,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les engagements sur les services transfrontaliers (mode 1) n'ont gu&#232;re de sens, car les pays n'ont pas eu une compr&#233;hension commune sur la possibilit&#233; de fournir ces services au travers des fronti&#232;res,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le mode 2 (consommation &#224; l'&#233;tranger) fait l'objet d'engagements complets de la plupart des membres,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les limitations d'acc&#232;s au march&#233; dans le mode 3 (pr&#233;sence commerciale &#233;trang&#232;re) sont nombreuses et ont pour but de contenir la consommation m&#233;dicale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les engagements au titre du mode 4 (pr&#233;sence de personnes physiques &#233;trang&#232;res), les membres de l'OMC ont, en g&#233;n&#233;ral, appliqu&#233;, de fa&#231;on horizontale aux douze secteurs de service (la sant&#233; &#233;tant l'un d'entre eux) les restrictions li&#233;es aux politiques d'immigration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les engagements, au titre de ce mode 4, pour la sant&#233;, sont donc largement &#224; la tra&#238;ne par rapport &#224; ceux relatifs aux autres modes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or il convient de faire plusieurs remarques :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le champ des modes 1, 2 et 3 est limit&#233;,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les activit&#233;s concern&#233;es par le secteur de la sant&#233; sont tr&#232;s li&#233;es au capital humain (donc au mode 4),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; alors que la pr&#233;sence commerciale peut &#234;tre pertinente dans bon nombre des secteurs hors sant&#233;, les b&#233;n&#233;fices les plus significatifs du commerce international dans le secteur des services de sant&#233; ne viendront pas de la construction d'h&#244;pitaux ou de leur gestion, mais de l'arriv&#233;e de professionnels de sant&#233; mieux form&#233;s, plus efficaces et moins co&#251;teux que ceux qui sont disponibles sur le march&#233; du travail domestique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Esquisse d'analyse critique de l'AGCS dans le secteur de la sant&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La sant&#233; est un bien social. L'objectif d'un bon syst&#232;me de sant&#233; est de donner acc&#232;s &#224; tous &#224; une pr&#233;vention et &#224; des soins de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la nature d'un tel syst&#232;me, tout-march&#233; ou tout-Etat pour prendre les extr&#234;mes, on y trouve trois fonctions li&#233;es :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la r&#233;gulation : les r&#232;gles de fonctionnement ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'orientation : la fixation des objectifs ; l'articulation et l'allocation des moyens pour les atteindre ; c'est-&#224;-dire la politique de sant&#233; au sens strict ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les op&#233;rations : l'utilisation de ces moyens pour atteindre ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les missions relatives aux services de sant&#233; comprennent la pr&#233;vention, les soins, l'enseignement, la recherche et l'assurance maladie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#034; acteurs &#034; sont les professionnels de sant&#233;, les h&#244;pitaux et cliniques, les organismes d'assurance maladie, les pouvoirs publics et les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif affich&#233; de l'AGCS, dans le secteur de la sant&#233; comme dans les autres services, est de lib&#233;raliser. Les acteurs priv&#233;s op&#232;reraient dans le cadre des r&#233;gulations et des orientations d&#233;cid&#233;es. La concurrence obligerait les op&#233;rateurs publics &#224; une meilleure gestion des ressources. Or cette concurrence existe d&#233;j&#224; pour une tr&#232;s large part. Les acteurs priv&#233;s choisissent les segments solvables et rentables. Une plus grande ouverture du syst&#232;me de sant&#233; aux acteurs priv&#233;s provoquerait une multiplication des offres dans ces segments et d&#233;velopperait une m&#233;decine &#224; deux vitesses. L'efficacit&#233; &#233;conomique doit &#234;tre plut&#244;t recherch&#233;e par un &#233;quilibre du syst&#232;me mixte et une soumission &#224; une &#233;valuation pluraliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me objectif de l'AGCS d&#233;coule d'une d&#233;marche manag&#233;riale d'origine am&#233;ricaine. Il s'agit de surfer sur la vague technologique (syst&#232;mes d'information notamment) et d'importer dans le syst&#232;me de sant&#233; les pratiques qui font flor&#232;s dans l'entreprise priv&#233;e : recentrage des organisations sur leur m&#233;tier de base, restructurations, externalisation, sous-traitance, info-g&#233;rance (facility management) ; ces techniques sont parfois regroup&#233;es sous le vocable &#034; reengineering &#034;. Il convient ici de revenir aux objectifs du syst&#232;me de sant&#233; et de confronter, au cas par cas, ces techniques aux besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me objectif de l'AGCS est de r&#233;duire les co&#251;ts des personnels de sant&#233; par l'immigration ; c'est le mode 4 de fournitures de services pr&#233;vu par l'accord. Cette tentative paup&#233;riserait les pays du Sud, conduirait, au Nord, &#224; la diminution des salaires, &#224; la d&#233;t&#233;rioration des conditions de travail et &#224; la r&#233;duction de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quatri&#232;me objectif est la d&#233;r&#233;gulation dans les trois domaines principaux : qualification des professionnels de sant&#233;, accr&#233;ditation des h&#244;pitaux et des cliniques et assurance maladie. Or la r&#233;gulation repr&#233;sente bien les r&#232;gles que se donnent les citoyens d'un Etat pour assurer &#224; tous l'acc&#232;s &#224; une pr&#233;vention et &#224; des soins de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;soudre un probl&#232;me qui n'existe pas (le commerce international des services de sant&#233;) l'AGCS veut d&#233;manteler le service public. Il veut d&#233;velopper la colonisation du Sud et cr&#233;er au Nord une m&#233;decine &#224; deux vitesses, en livrant la sant&#233; aux seuls int&#233;r&#234;ts priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les sources qui ont servi &#224; &#233;crire ce texte :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le service de sant&#233; en France - Marie Duriez, Jean Lancry, Diane Lequet-Slama, Simone Sandier
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'AGCS et les notes du Council for Trade in Services de l'OMC
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;valuation d&#233;mocratique, outil de citoyennet&#233; active - Jean-Claude Boual, Philippe Brachet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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