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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Argumentaire Ramaux : La Constitution europ&#233;enne, la question sociale et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral</title>
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		<dc:date>2005-04-21T14:16:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Rameaux</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Constitution europ&#233;enne, &lt;br class='autobr' /&gt;
la question sociale et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &lt;br class='autobr' /&gt;
30 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est-il r&#233;ductible au jeu des int&#233;r&#234;ts individuels ? Le march&#233; laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me permet-il de r&#233;pondre &#224; la &#171; question sociale &#187; ? On ne saurait faire grief aux lib&#233;raux de le penser. D'autres pensent, &#224; l'inverse, que si le march&#233; peut faire bien des choses, il n'a pas la coh&#233;rence syst&#233;mique pour assurer spontan&#233;ment le plein emploi, le progr&#232;s social ou bien encore la r&#233;duction des...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Constitution europ&#233;enne, &lt;br /&gt;
la question sociale et l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;30 mars 2005&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;L'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est-il r&#233;ductible au jeu des int&#233;r&#234;ts individuels ? Le march&#233; laiss&#233; &#224; lui-m&#234;me permet-il de r&#233;pondre &#224; la &#171; question sociale &#187; ? On ne saurait faire grief aux lib&#233;raux de le penser. D'autres pensent, &#224; l'inverse, que si le march&#233; peut faire bien des choses, il n'a pas la coh&#233;rence syst&#233;mique pour assurer spontan&#233;ment le plein emploi, le progr&#232;s social ou bien encore la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s. L'intervention publique est donc n&#233;cessaire. C'est dans cette optique que s'est d&#233;ploy&#233;, tout au long du XXe si&#232;cle, l'Etat social, avec ses quatre piliers que sont la protection sociale, le droit du travail, les services publics et les politiques &#233;conomiques (budg&#233;taire, mon&#233;taire, des revenus) de soutien &#224; l'activit&#233; et &#224; l'emploi. Avec eux le XXe si&#232;cle nous a finalement l&#233;gu&#233; une v&#233;ritable r&#233;volution. Une r&#233;volution &#171; toujours l&#224; &#187; en d&#233;pit des profondes remises en cause lib&#233;rales de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Une r&#233;volution qui, en d&#233;pit de ses ind&#233;niables limites (la bureaucratie en est une), a permis de construire des &#233;conomies avec march&#233; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; intervention publique, l&#224; o&#249; les lib&#233;raux pr&#233;conisent la construction d'une &#233;conomie (ou d'une soci&#233;t&#233;) de march&#233;. Avec, &#224; chaque fois - pour le tout (l'Etat social) comme pour ses parties (les quatre piliers) -, une justification : l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est pas r&#233;ductible aux jeux des int&#233;r&#234;ts particuliers. &lt;br /&gt;
Lib&#233;raux ou non-lib&#233;raux : qui a raison ? la Constitution europ&#233;enne, et c'est tout le probl&#232;me, n'h&#233;site pas &#224; trancher ce d&#233;bat vieux de plus de deux si&#232;cles. Au lieu de construire un espace o&#249; les citoyens de l'Union puissent choisir librement la politique &#233;conomique et sociale qu'ils souhaitent voir appliqu&#233;e, ce qui est l'essence m&#234;me d'une d&#233;mocratie, elle verrouille l'avenir. De fa&#231;on redoutablement m&#233;thodique, avec un souci du d&#233;tail qui confine &#224; l'obsession&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans m&#234;me compter les annexes, protocoles et d&#233;clarations (460 p.), la...&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle poursuit ainsi, comme on se propose de le montrer, un double objectif : d&#233;construire les &#171; quatre piliers &#187; de l'intervention publique, affermir le march&#233; - &#171; la concurrence libre et non fauss&#233;e &#187; - comme horizon ind&#233;passable de r&#233;gulation &#233;conomique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le primat du march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture g&#233;n&#233;rale de la Constitution ne laisse aucun doute sur le primat accord&#233; au lib&#233;ralisme &#233;conomique. &lt;br /&gt;
D&#232;s le troisi&#232;me article (qui d&#233;signe les &#171; objectifs de l'Union &#187;, art. 1-3), il est indiqu&#233; que &lt;i&gt;&#171; l'Union offre &#224; ses citoyens &#187; &#171; un march&#233; o&#249; la concurrence est libre et non fauss&#233;e &#187;.&lt;/i&gt; Ensuite, et seulement ensuite, cet article, fait certes r&#233;f&#233;rence &#224; l'&lt;i&gt;&#233;conomie sociale de march&#233;&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;plein emploi, &lt;/i&gt;au &lt;i&gt;progr&#232;s social&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;la justice et la protection sociales&lt;/i&gt;. Mais la formulation pr&#233;cise atteste que la concession est d'embl&#233;e limit&#233;e. L'&lt;i&gt;&#171; &#233;conomie sociale de march&#233; &#187;&lt;/i&gt; doit &#234;tre &lt;i&gt;&#171; hautement comp&#233;titive &#187;&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;sic&lt;/i&gt; !)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est, de plus, fait r&#233;f&#233;rence, juste avant, &#224; la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server la...&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle &lt;i&gt;&#171; tend au plein emploi et au progr&#232;s social &#187;. &lt;/i&gt;Quant &#224; &lt;i&gt;&#171; la justice et la protections sociales &#187;,&lt;/i&gt; l'Union, ce qui n'engage pas &#224; grand chose, les &lt;i&gt;&#171; promeut &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;
Les mots sont importants et donnent &#224; voir un contenu. Le registre lexical de la Constitution est sans &#233;quivoque : alors que le &lt;i&gt;&#171; progr&#232;s social &#187;&lt;/i&gt; ne r&#233;appara&#238;t que deux autres fois dans le texte, de fa&#231;on elliptique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;ambule de la Constitution indique que ses signataires sont &#171; convaincus...&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ceux d'&lt;i&gt;&#171; &#233;conomie sociale de march&#233; &#187;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;&#171; plein emploi &#187;&lt;/i&gt; ne r&#233;apparaissent plus. Le mot ch&#244;mage, lui, n'est jamais prononc&#233;. &lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt; la Constitution n'a de cesse, des dizaines de fois, de faire r&#233;f&#233;rence &#224; l'&lt;i&gt;&#171; &#233;conomie de march&#233; ouverte o&#249; la concurrence est libre &#187;,&lt;/i&gt; &#224; la &lt;i&gt;&#171; concurrence libre &#187;,&lt;/i&gt; ou bien encore &#224; la &lt;i&gt;&#171; libre circulation &#187; &lt;/i&gt;des&lt;i&gt; &lt;/i&gt;marchandises, des personnes, des services ou des capitaux. &lt;br /&gt;
Le lib&#233;ralisme &#233;conomique, avec en son centre le march&#233; unique, r&#233;git la politique interne de l'Union. Significativement, le premier chapitre consacr&#233; aux &#171; politiques et actions internes &#187; de l'Union porte sur le &#171; march&#233; int&#233;rieur &#187;, tandis que le second concerne la &#171; politique &#233;conomique et mon&#233;taire &#187;. Ce n'est que dans le troisi&#232;me chapitre, celui consacr&#233; aux &#171; politiques dans d'autres domaines &#187;, que la politique de l'emploi et la politique sociale apparaissent, o&#249; elles c&#244;toient l'agriculture et la p&#234;che ou bien encore la protection des consommateurs. &lt;br /&gt;
Le premier article consacr&#233; aux &#171; politiques et actions internes &#187; de l'Union stipule que le &lt;i&gt;&#171; march&#233; int&#233;rieur comporte un espace sans fronti&#232;res int&#233;rieures dans lequel la libre circulation, des personnes, des services, des marchandises et des capitaux est assur&#233;e conform&#233;ment &#224; la Constitution &#187;&lt;/i&gt; (III-130)&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Mais, est-il soulign&#233;, ce qui vaut pour l'Union et ses Etats membres, doit aussi &#234;tre port&#233; &#224; l'ext&#233;rieur. Ainsi &lt;i&gt;&#171; les restrictions tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites &#187;&lt;/i&gt; (III-156)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'article III-157 indique qu'une loi &#171; peut &#233;tablir des mesures qui...&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et &lt;i&gt;&#171; l'Union contribue, dans l'int&#233;r&#234;t commun, au d&#233;veloppement harmonieux du commerce mondial, &#224; la suppression progressive des restrictions aux &#233;changes internationaux et aux investissements &#233;trangers directs &#187;&lt;/i&gt; (III-314). L'article III-131 va m&#234;me jusqu'&#224; pr&#233;ciser que les &lt;i&gt;&#171; Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions n&#233;cessaires pour &#233;viter que le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur ne soit affect&#233; par les mesures qu'un Etat membre peut &#234;tre appel&#233; &#224; prendre en cas de troubles int&#233;rieurs graves affectant l'ordre public, en cas de guerre ou de tension internationale &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
Le message est clair : m&#234;me en cas de guerre, la r&#233;gulation &#233;conomique et sociale doit relever de pr&#233;ceptes lib&#233;raux. &lt;br /&gt;
La seconde partie de la Constitution est certes constitu&#233;e de la Charte des droits fondamentaux. Mais, outre que ces droits sont extr&#234;mement restreints et pour certains &#233;quivoques, comme on le verra, la Constitution en r&#233;duit consid&#233;rablement la port&#233;e. L'article II-111 pr&#233;cise ainsi que &lt;i&gt;&#171; la pr&#233;sente Charte &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; ne cr&#233;e aucune comp&#233;tence ni aucune t&#226;che nouvelles pour l'Union et ne modifie pas les comp&#233;tences et t&#226;ches d&#233;finies dans les autres parties de la Constitution &#187;&lt;/i&gt;, tandis que l'article II-112 admet la possibilit&#233; de &lt;i&gt;&#171; limitation de l'exercice des droits et libert&#233;s reconnus par la pr&#233;sente Charte &#187;, &lt;/i&gt;la d&#233;claration n&#176;12, qui explicite le contenu de la Charte, pr&#233;cisant que &lt;i&gt;&#171; selon une jurisprudence bien &#233;tablie, des restrictions peuvent &#234;tre apport&#233;es &#224; l'exercice des droits fondamentaux, notamment dans le cadre d'une organisation commune de march&#233; &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique &#233;conomique et services publics &#224; l'encan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une optique non lib&#233;rale, les politiques &#233;conomiques budg&#233;taires et/ou mon&#233;taires sont indispensables pour soutenir l'activit&#233; et l'emploi. Les d&#233;penses publiques permettent de soutenir la production et, partant, les recettes publiques futures, ce qui assure finalement la r&#233;sorption &#171; par le haut &#187; des d&#233;ficits publics&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans cette optique keyn&#233;sienne ce sont les d&#233;penses initiales qui assurent,...&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La politique de cr&#233;ation mon&#233;taire, loin d'&#234;tre n&#233;cessairement inflationniste comme le soutiennent les lib&#233;raux, peut, de m&#234;me, favoriser l'investissement et, plus g&#233;n&#233;ralement, la demande globale. &lt;br /&gt;
Or, la Constitution interdit &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; l'utilisation de ces deux instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique budg&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La politique budg&#233;taire de chacun des Etats membres est annihil&#233;e par les r&#232;gles, reprises &lt;i&gt;in extenso &lt;/i&gt;dans le protocole n&#176;10, du Pacte de Stabilit&#233; (3% de d&#233;ficit public et 60% de dette publique)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces r&#232;gles ne peuvent &#234;tre modifi&#233;es qu'&#224; l'unanimit&#233;, d'o&#249; le repl&#226;trage &#224;...&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que l'article III-184 pr&#233;cise que les sanctions &#224; l'encontre d'un Etat membre qui ne respecterait pas ces r&#232;gles sont prises &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e (sans tenir compte de l'Etat membre). &lt;br /&gt;
Nulle relance possible, non plus, &#224; l'&#233;chelle m&#234;me de l'Union. Son budget repr&#233;sente aujourd'hui 1% du PIB europ&#233;en, contre 20% pour le budget f&#233;d&#233;ral am&#233;ricain. Or, le plafonnement actuel de ce budget &#224; 1,24% du revenu national brut (soit 1,27% du PIB) ne peut &#234;tre r&#233;vis&#233; &#224; la hausse qu'&#224; l'unanimit&#233;. Simultan&#233;ment, la Constitution interdit &#224; l'Union tout recours &#224; l'emprunt (I-53 et 54 et III-181). Avec les crit&#232;res retenus, les Etats-Unis seraient depuis longtemps exclus de l'Union ! Ils n'ont, en effet, cess&#233;, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, d'utiliser l'arme budg&#233;taire - tout comme le dollar faible ou la baisse des taux d'int&#233;r&#234;t - pour soutenir leur activit&#233;, avec, d'ailleurs, des r&#233;sultats plut&#244;t probants si on en juge par le diff&#233;rentiel de croissance et de cr&#233;ation d'emploi enregistr&#233; par rapport &#224; l'Europe. Insistons sur ce point : l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire que la Constitution impose d&#233;j&#224; aux Etats membres, elle l'impose donc aussi, en la durcissant, &#224; l'Union elle-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une bonne partie des d&#233;penses de l'Union (plus de 40%) est consacr&#233;e &#224; la...&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;
On accuse souvent les opposants &#224; la Constitution d'&#234;tre anti-europ&#233;ens. N'est pas plus europ&#233;en qui croit l'&#234;tre. En limitant le champ budg&#233;taire d'intervention de l'Union, la Constitution l'oblige, de m&#234;me que ses Etats membres, &#224; se plier au dogme lib&#233;ral selon lequel la d&#233;pense publique est inefficace. &lt;br /&gt;
Ceux qui ont invit&#233; &#224; accepter Maastricht et la monnaie unique en postulant qu'ensuite &#233;mergerait enfin une politique &#233;conomique volontariste doivent d&#233;cid&#233;ment d&#233;chanter. La politique &#233;conomique de l'Union, est-il indiqu&#233;, d&#232;s le premier article du chapitre qui lui est consacr&#233;, doit &lt;i&gt;&#171; &#234;tre conduite conform&#233;ment au respect du principe d'une &#233;conomie de march&#233; ouverte o&#249; la concurrence est libre &#187; &lt;/i&gt;(art. III-177). De fa&#231;on proprement hallucinante, comme pour tuer dans l'&#339;uf toute vell&#233;it&#233; keyn&#233;sienne, la phrase est r&#233;p&#233;t&#233;e une nouvelle fois dans le m&#234;me article, pour encadrer la politique mon&#233;taire et de change cette fois, puis encore &#224; nouveau dans l'article suivant portant sur les Grandes Orientations de Politique Economique (GOPE) auxquelles les Etats membres doivent se conformer. Dans ce dernier cas, il est m&#234;me ajout&#233; que les Etats et l'Union &lt;i&gt;&#171; agissent dans le respect du principe d'une &#233;conomie ouverte o&#249; la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources &#187; &lt;/i&gt;(art. III-178).&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Au sein m&#234;me de la th&#233;orie n&#233;o-classique dominante, pourtant d'inspiration lib&#233;rale, nombreux sont ceux qui consid&#232;rent que des imperfections emp&#234;chent le march&#233; de r&#233;aliser cette &lt;i&gt;&#171; allocation efficace &#187;.&lt;/i&gt; A leur encontre, c'est donc la conviction non pas simplement des lib&#233;raux, mais des ultra-lib&#233;raux, qui est ici constitutionalis&#233;e. &lt;br /&gt;
Quant &#224; l'harmonisation fiscale, l'article III.171 indique clairement qu'elle se fera plut&#244;t par le bas. Ce n'est, en effet, qu'&#224; l'unanimit&#233; que le Conseil peut prendre des &lt;i&gt;&#171; mesures concernant l'harmonisation des l&#233;gislations relatives aux taxes sur le chiffre d'affaires, aux droits d'accises et autres imp&#244;ts indirects &#187; &lt;/i&gt;et,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pr&#233;cision d'importance,&lt;i&gt; &#171; pour autant que cette harmonisation soit n&#233;cessaire pour assurer l'&#233;tablissement ou le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur et &#233;viter les distorsions de concurrence &#187;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique mon&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Alors m&#234;me qu'un consensus se forme chez les &#233;conomistes pour fustiger la politique de l'euro fort de la Banque centrale europ&#233;enne, la Constitution, et ce d&#232;s sa premi&#232;re partie, inscrit dans le marbre son ind&#233;pendance et le fait que son &lt;i&gt;&#171; objectif principal &#187;&lt;/i&gt; est&lt;i&gt; &#171; de maintenir la stabilit&#233; des prix &lt;/i&gt; &#187; (I-30). L'objectif de &lt;i&gt;&#171; stabilit&#233; des prix &#187;,&lt;/i&gt; et c'est un nouveau recul par rapport aux textes ant&#233;rieurs, est m&#234;me inscrit parmi les objectifs g&#233;n&#233;raux de l'Union, tels qu'ils sont &#233;nonc&#233;s &#224; l'article I-3. Sans craindre le ridicule, on nous propose m&#234;me de constitutionnaliser le fait que les dirigeants politiques de l'Union ou des Etats membres ne cherchent pas &#224; &lt;i&gt;&#171; influencer &#187;&lt;/i&gt; les dirigeants de la BCE ou des banques centrales nationales (art. III-188).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des coop&#233;rations &#171; renforc&#233;es &#187; rendues largement improbables&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce que la Constitution interdit, sera-t-il possible de le mettre en &#339;uvre dans le cadre des coop&#233;rations renforc&#233;es, entre seulement certains Etats membres ? Les partisans du &#171; oui &#187; abondent fr&#233;quemment en ce sens. La Constitution le d&#233;ment. Elle pr&#233;cise que les coop&#233;rations renforc&#233;es sont soumises &#224; l'accord pr&#233;alable de la commission, puis &#224; l'approbation du Parlement europ&#233;en et enfin une autorisation du Conseil (III-419). Elles doivent, de surcro&#238;t, concerner au moins un tiers des Etats membres (soif neuf pays) et ne valent que si elles &lt;i&gt;&#171; respectent &#187;, &lt;/i&gt;non seulement la Constitution, mais aussi&lt;i&gt; &#171; le droit de l'Union &#187;. &lt;/i&gt;Enfin,&lt;i&gt; &#171; elles ne peuvent porter atteinte &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; au march&#233; int&#233;rieur &#187; &lt;/i&gt;et&lt;i&gt; &#171; ne peuvent constituer ni une entrave ni une discrimination aux &#233;changes entre les Etats membres ni provoquer de distorsions de concurrence entre ceux-ci &#187;&lt;/i&gt; (III-416).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les services publics... marchandis&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'id&#233;e selon laquelle les services publics seraient &#171; enfin &#187; reconnus dans la Constitution est souvent avanc&#233;e par les partisans du &#171; oui &#187;. Un argument triplement r&#233;futable. Tout d'abord, parce que la Constitution ne parle pas des services publics non marchands&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La seule mention au &#171; service public &#187; est contenue dans un article...&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle &#233;voque seulement les Services &#233;conomiques d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;raux (SIEG) qui peuvent &#234;tre assur&#233;s aussi bien par le priv&#233; que par le public. En second lieu, parce que les SIEG &#233;taient d&#233;j&#224; mentionn&#233;s, de fa&#231;on un peu plus affirm&#233;e m&#234;me, dans le Trait&#233; d'Amsterdam (et donc celui de Nice)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Trait&#233; d'Amsterdam &#233;voquait &#171; la place qu'occupent les SIEG par les...&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; En troisi&#232;me lieu, et c'est ce qui importe, parce que la r&#232;gle qui est retenue est justement celle de l'ouverture des SIEG &#224; la concurrence priv&#233;e. C'est d'ailleurs dans le chapitre sur le &lt;i&gt;&#171; march&#233; int&#233;rieur &#187;&lt;/i&gt; et dans sa section consacr&#233;e aux &lt;i&gt;&#171; r&#232;gles de la concurrence &#187;&lt;/i&gt; qu'ils sont pr&#233;cis&#233;s (art. III-166 &#224; 168)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#171; conform&#233;ment &#224; la constitution &#187; et donc &#224; ses r&#232;gles sur la...&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils doivent, en cons&#233;quence, respecter les r&#232;gles de libre concurrence applicables aux entreprises (art. III-161 &#224; III-169), notamment celle qui interdit les aides publiques&lt;i&gt; &#171; sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence &#187; &lt;/i&gt;(art. III-167). La seule restriction admise, est la suivante : &lt;i&gt;&#171; les entreprises charg&#233;es de la gestion des SIEG ou pr&#233;sentant le caract&#232;re d'un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux r&#232;gles de la concurrence, dans la mesure o&#249; l'application de ces dispositions ne fait pas &#233;chec &#224; l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particuli&#232;re qui leur a &#233;t&#233; impartie &#187;&lt;/i&gt; (art. III-166)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. aussi l'art. III-122.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais cette restriction est, elle-m&#234;me, imm&#233;diatement encadr&#233;e par la pr&#233;cision suivante : &lt;i&gt;&#171; le d&#233;veloppement des &#233;changes ne doit pas &#234;tre affect&#233; dans une mesure contraire &#224; l'int&#233;r&#234;t de la Communaut&#233; &#187; &lt;/i&gt;(III-166). &lt;br /&gt;
C'est uniquement dans un cadre concurrentiel &#171; libre &#187; que certains m&#233;canismes de compensation &#224; la marge peuvent donc &#234;tre envisag&#233;es pour permettre aux entreprises d'assurer des missions d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. La lib&#233;ralisation - puis la privatisation - d&#233;j&#224; largement entam&#233;e &#224; la suite de l'Acte unique de 1986, en particulier pour les services publics en r&#233;seaux (t&#233;l&#233;communication, transport, &#233;lectricit&#233;, etc.) - est appel&#233;e &#224; se poursuivre. La coh&#233;rence est, au final, imparable : les services publics non marchands n'&#233;tant pas &#233;voqu&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le droit europ&#233;en ne fixe jamais clairement les fronti&#232;res...&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, reconnus, quasiment tous les services publics peuvent, &#224; terme, rentrer dans la cat&#233;gorie des SIEG, qui sont eux-m&#234;mes lib&#233;ralis&#233;s, ouverts &#224; la concurrence, dans le cadre de la strat&#233;gie g&#233;n&#233;rale de lib&#233;ralisation de tous les services. &lt;br /&gt;
La sous-section consacr&#233;e &#224; la &lt;i&gt;&#171; libert&#233; de prestation de services &#187; &lt;/i&gt;indique que &lt;i&gt;&#171; sont consid&#233;r&#233;es comme services, les prestations fournies normalement contre r&#233;mun&#233;ration &#187; &lt;/i&gt;(III-145),&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ce qui ce qui laisse une tr&#232;s grande marge d'interpr&#233;tation quant &#224; leurs contours. Hormis les fonctions r&#233;galiennes (police, arm&#233;e, et justice... hors frais d'avocat), tous les services publics peuvent donner lieu &#224; r&#233;mun&#233;ration (droit d'inscription &#224; l'Universit&#233;, frais de scolarit&#233; dans le priv&#233;, frais de sant&#233; &#224; la charge des patients...). Or, les services ainsi d&#233;finis doivent &#234;tre enti&#232;rement lib&#233;ralis&#233;s (tel est le sens de la directive Bolkestein, &lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. encadr&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La directive Bolkestein ou les travaux appliqu&#233;s de la Constitution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La directive Bolkestein, actuellement mise en &#171; r&#233;vision &#187;, vise &#224; poursuivre la lib&#233;ralisation des services, telle qu'elle est prescrite, &#224; de multiples reprises, par la Constitution. &lt;br /&gt;
Outre ses articles inauguraux qui inscrivent le &lt;i&gt;&#171; march&#233; int&#233;rieur o&#249; la concurrence est libre et non fauss&#233;e &#187;, &lt;/i&gt;comme &lt;i&gt;&#171; objectif &#187;&lt;/i&gt; de l'Union (I-3), et &lt;i&gt;&#171; la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement &#187;,&lt;/i&gt; parmi ses &lt;i&gt;&#171; libert&#233;s fondamentales &#187; &lt;/i&gt;(I-4),&lt;i&gt; &lt;/i&gt;plusieurs autres rel&#232;vent de ce qu'il faut bien nommer l'&#171; esprit Bolkestein &#187;. &lt;br /&gt;
Ceux contenus dans la sous-section (n&#176;3) sur la &#171; lib&#233;ralisation des services &#187;, bien &#233;videmment, avec les articles III-144 &#224; III-150. Mais d'autres dispositions sont en cause, notamment celles contenues dans la sous-section (n&#176;2) portant sur la &#171; libert&#233; d'&#233;tablissement &#187; (III-137 &#224; III-144). &lt;br /&gt;
L'article III-145, portant sur la lib&#233;ralisation des services, indique certes que&lt;i&gt; &#171; le prestataire, peut, pour l'ex&#233;cution de sa prestation, exercer, &#224; titre temporaire, son activit&#233; dans l'Etat membre o&#249; la prestation est fournie, dans les m&#234;mes conditions que celles que cet Etat impose &#224; ses propres ressortissants &#187;. &lt;/i&gt;Faut-il voir dans cet article un rempart, offert par la Constitution, contre le &#171; principe du pays d'origine &#187; ? Certains le laissent entendre. &lt;br /&gt;
Deux &#233;l&#233;ments permettent de r&#233;futer cet argument. &lt;br /&gt;
En premier lieu, la Constitution n'apporte rien de nouveau &#224; ce niveau. Son article III-145 est, en effet, la reprise &lt;i&gt;in extenso&lt;/i&gt; de l'article 60 du TCE (Trait&#233; instituant la Communaut&#233; Europ&#233;enne), int&#233;gr&#233; lui-m&#234;me au Trait&#233; de Nice. Aucun progr&#232;s rep&#233;rable donc. La Constitution ne donne aucune nouvelle garantie par rapport aux textes ant&#233;rieurs... en vertu desquels la directive a justement &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e.&lt;br /&gt;
En second lieu, cet article commence par la pr&#233;cision suivante : &lt;i&gt;&#171; Sans pr&#233;judice de la sous-section 2 relative &#224; la libert&#233; d'&#233;tablissement, le prestataire peut... &#187;. &lt;/i&gt;Le diable, on le sait, se niche souvent dans les d&#233;tails. C'est donc sous la r&#233;serve du respect des clauses portant &#171; libert&#233; d'&#233;tablissement &#187; que le prestataire ext&#233;rieur doit exercer son activit&#233; &lt;i&gt;&#171; dans les m&#234;mes conditions &#187;&lt;/i&gt; que celles du pays d'accueil. Or, c'est justement en utilisant ce type de br&#232;che que la directive Bolkestein se d&#233;ploie. &lt;br /&gt;
Le c&#339;ur de cette directive est form&#233; par l'article 16 portant sur le &lt;i&gt;&#171; principe du pays d'origine &#187;&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; Les Etats membres veillent &#224; ce que les prestataires soient soumis uniquement aux dispositions nationales de leur Etat membre d'origine relevant du domaine coordonn&#233; &#187;, &lt;/i&gt;&#233;tant pr&#233;cis&#233; que cela&lt;i&gt; &#171; vise les dispositions nationales relatives &#224; l'acc&#232;s d'un service et &#224; son exercice, et notamment celles r&#233;gissant le comportement du prestataire, la qualit&#233; ou le contenu du service, la publicit&#233;, les contrats et la responsabilit&#233; du prestataire &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
A l'inverse de ce qui a pu &#234;tre dit, la directive Bolkestein ne stipule pas explicitement qu'un entrepreneur du b&#226;timent polonais pourra faire travailler un ma&#231;on, en France (ou dans un autre pays de l'Union), aux conditions pos&#233;es par le droit du travail polonais. Elle stipule seulement que cet entrepreneur n'a pas obligation d'&lt;i&gt;&#171; &#234;tre enregistr&#233; &#187;&lt;/i&gt; en France, d'y faire une &lt;i&gt;&#171; d&#233;claration &#187;,&lt;/i&gt; d'y &lt;i&gt;&#171; tenir et de conserver des documents sociaux &#187; &lt;/i&gt;(article 24). Cela signifie que les inspecteurs ou contr&#244;leurs du travail fran&#231;ais devront remonter &#171; &#224; la source &#187;, en Pologne, en cas de litige. Ou comment vider les droits sociaux, en rendant totalement fastidieux leur contr&#244;le... &lt;br /&gt;
Sous la pression, on le sait, la directive Bolkestein a finalement &#233;t&#233; &#171; mise en r&#233;vision &#187;. Ce succ&#232;s est cependant lourd d'une double menace future. En premier lieu, la Commission et plusieurs Etats membres ont clairement affich&#233; qu'elle ne serait r&#233;vis&#233;e qu'&#224; la marge, &#224; l'issue des d&#233;licates &#233;ch&#233;ances politiques (la construction europ&#233;enne serait tellement plus ais&#233;e sans r&#233;f&#233;rendum...). En second lieu, nombre de lib&#233;raux ont saisi cette occasion pour inscrire clairement le principe du pays d'origine comme leur nouvel horizon. Le Commissaire europ&#233;en au commerce, Peter Mandelson a, par exemple, affirm&#233; : &lt;i&gt;&#171; Les adversaires de la directive sur les services veulent prot&#233;ger des r&#232;gles protectionnistes nationales qui continuent d'imposer des prix &#233;lev&#233;s aux consommateurs. &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; La commission ne devrait pas reculer devant ces pressions ill&#233;gitimes &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;, 15 f&#233;vrier 2005). Il est vrai que P. Mandelson est ce travailliste britannique qui n'h&#233;sitait pas &#224; d&#233;clarer que &lt;i&gt;&#171; face au besoin urgent de supprimer les rigidit&#233;s et d'inclure la flexibilit&#233; dans les march&#233;s des capitaux, du travail et des marchandises, nous sommes tous des thatch&#233;riens &#187; &lt;/i&gt;(&lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, 10 juin 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-147 pr&#233;cise ainsi que &lt;i&gt;&#171; la loi-cadre europ&#233;enne &#233;tablit les mesures pour r&#233;aliser la lib&#233;ralisation d'un service d&#233;termin&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est pr&#233;cis&#233; que la loi-cadre &#171; porte, en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; sur les...&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;i&gt;, &lt;/i&gt;tandis que le suivant&lt;i&gt; &lt;/i&gt;stipule, dans un &#233;lan qui ne peut que surprendre n'importe quel constitutionnaliste, que &lt;i&gt;&#171; les Etats membres s'efforcent de proc&#233;der &#224; la lib&#233;ralisation des services au-del&#224; de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi-cadre &#187;,&lt;/i&gt; la commission adressant &lt;i&gt;&#171; aux Etats membres int&#233;ress&#233;s des recommandations &#224; cet effet &#187; &lt;/i&gt;(III-148).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique de l'emploi sous perfusion lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Constitution, le droit au travail (inscrit dans la D&#233;claration des droits de l'homme de 1948) devient, ce qui n'a &#233;videmment pas la m&#234;me port&#233;e, &lt;i&gt;&#171; le droit de travailler &#187; &lt;/i&gt;et la &lt;i&gt;&#171; libert&#233; de chercher un emploi &#187; &lt;/i&gt;(II-75), ainsi que le droit &lt;i&gt;&#171; d'acc&#233;der &#224; un service gratuit de placement &#187; &lt;/i&gt;(II-89). La Constitution ne prononce jamais le mot ch&#244;mage. A une seule reprise, elle indique que l'Union &lt;i&gt;&#171; tend au plein emploi &#187;&lt;/i&gt; (I-3). Par la suite, ce n'est cependant plus le plein emploi qui appara&#238;t, mais l'objectif d'un &lt;i&gt;&#171; niveau d'emploi &#233;lev&#233; &#187;&lt;/i&gt; (III-117 et III-205). La diff&#233;rence est de taille. Le plein emploi signifie une r&#233;duction drastique du ch&#244;mage. Le niveau d'emploi &#233;lev&#233; signifie que l'Union se fixe comme objectif d'&#233;lever le taux d'emploi. Or celui-ci est d&#233;fini, dans le cadre des Lignes Directrices pour l'Emploi, comme la proportion des 15-64 ans qui ont un emploi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le taux d'emploi des 15-64 ans &#233;tait de 61% en 2000. Le Conseil europ&#233;en de...&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objectif n'est donc pas tant de r&#233;duire le ch&#244;mage que de repousser l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite au-del&#224; de 60 ans (&lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. infra). &lt;br /&gt;
Parmi les seuls objectifs inscrits dans la Constitution en mati&#232;re d'emploi, figure la n&#233;cessit&#233; pour &#171; L'Union et les Etats membres &#187; de &#171; promouvoir &#187; &#171; des march&#233;s du travail aptes &#224; r&#233;agir rapidement &#224; l'&#233;volution de l'&#233;conomie &#187; (III-203). L'article III-207 pr&#233;cise que la loi ou loi-cadre europ&#233;enne, qui peut &#234;tre prise afin notamment &#171; de d&#233;velopper les &#233;changes d'informations et de meilleurs pratiques &#187;, &#171; ne comporte pas d'harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires des Etats membres &#187;. &lt;br /&gt;
De fa&#231;on plus op&#233;rationnelle, la Constitution indique que doivent &#234;tre &lt;i&gt;&#171; compatibles avec les GOPE &#187;&lt;/i&gt;, &#224; la fois les &lt;i&gt;&#171; politiques de l'Emploi &#187; &lt;/i&gt;des Etats membres (III-204) et les &lt;i&gt;&#171; lignes directrices &#187; &lt;/i&gt;adopt&#233;es par l'Union auxquelles les Etats membres doivent se r&#233;f&#233;rer dans la d&#233;finition de leurs politiques de l'emploi (III-206). Or, comme on l'a indiqu&#233;, les GOPE doivent elles-m&#234;mes se conformer au principe selon lequel l'Union et les Etats &lt;i&gt;&#171; agissent dans le respect du principe d'une &#233;conomie ouverte o&#249; la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources &#187; &lt;/i&gt;( III-178). La boucle est boucl&#233;e : les Lignes Directrices pour l'Emploi, qui encadrent les politiques nationales de l'emploi, sont soumises au GOPE qui doivent elles-m&#234;mes respecter le principe sup&#233;rieur de libre concurrence. &lt;br /&gt;
De fa&#231;on plus pr&#233;cise encore, l'article III-206 d&#233;taille les proc&#233;dures de la Strat&#233;gie europ&#233;enne pour l'Emploi telle qu'elle fut lanc&#233;e au Sommetde Luxembourg en 1997. Chaque ann&#233;e, le Conseil adopte, &#224; la seule majorit&#233; qualifi&#233;e, les Lignes Directrices pour l'Emploi (le Parlement &#233;tant seulement consult&#233;), dont les &lt;i&gt;&#171; Etats membres tiennent compte dans leurs politique de l'Emploi &#187;.&lt;/i&gt; Pour v&#233;rifier qu'il en soit ainsi, chaque Etat transmet, tous les ans, un rapport (leur Plan d'Action National) &lt;i&gt;&#171; sur les principales mesures qu'il a prises pour mettre en &#339;uvre la politique de l'emploi, &#224; la lumi&#232;re des lignes directrices &#187;.&lt;/i&gt; Le Conseil examine ces rapports et &lt;i&gt;&#171; sur recommandation de la Commission, peut adopter des recommandations qu'il adresse aux Etats membres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
Que produit d'ores et d&#233;j&#224; ce type d'architecture ? Officiellement, le Sommet de Lisbonne de mars 2000 a retenu trois objectifs pour la Strat&#233;gie Europ&#233;enne pour l'Emploi (SEE) : &lt;i&gt;&#171; r&#233;tablir les conditions propices au plein emploi &#187;, &lt;/i&gt;rechercher une &lt;i&gt;&#171; am&#233;lioration qualitative de l'emploi &#187; &lt;/i&gt;et une &lt;i&gt;&#171; plus grande coh&#233;sion sociale &#187;.&lt;/i&gt; Un affichage tr&#232;s louable, sur lequel certains n'h&#233;sitent d'ailleurs pas &#224; s'arr&#234;ter pour sugg&#233;rer que l'Europe sociale est enfin en marche. On ne peut pourtant d&#233;cemment en rester l&#224;. D&#232;s qu'on &#233;pluche l'abondante production normative prise dans le cadre de la SEE, y compris au nom de son affichage &#171; officiel &#187;, c'est en effet le registre lib&#233;ral qui se d&#233;ploie le plus souvent sans nuance. Le plein emploi ? Non seulement c'est le taux d'emploi qui est en fait vis&#233;, comme on l'a indiqu&#233;, mais il est pr&#233;cis&#233; qu'il ne pourra &#234;tre atteint que par des &lt;i&gt;&#171; r&#233;formes structurelles &#187;&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&#171; flexibilit&#233; du march&#233; du travail &#187;&lt;/i&gt;. Parmi les autres mesures vis&#233;es, on compte aussi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. notamment la d&#233;cision du Conseil sur les lignes directrices de l'emploi...&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : la promotion du &lt;i&gt;&#171; vieillissement actif &#187;&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire la hausse de l'&#226;ge du d&#233;part &#224; la retraite (avec une hausse de cinq ans de l'&#226;ge effectif de d&#233;part pr&#233;conis&#233;e par le Sommet de Barcelone en mars 2002), la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;&#171; rendre l'emploi financi&#232;rement plus attrayant gr&#226;ce &#224; des incitations &#187;, &lt;/i&gt;c'est-&#224;-dire encouragement au &lt;i&gt;workfare&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les allocations ch&#244;mage &#233;tant suppos&#233;es cr&#233;er des &#171; trappes &#224; ch&#244;mage &#187;, il...&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la r&#233;forme des&lt;i&gt; &#171; conditions trop restrictives en mati&#232;re d'emploi qui affectent la dynamique du march&#233; du travail &#187;&lt;/i&gt; et la promotion de &lt;i&gt;&#171; la diversit&#233; des modalit&#233;s en termes de contrats de travail, notamment en termes de temps de travail &#187; &lt;/i&gt;(2003/578/CE)&lt;i&gt;,&lt;/i&gt; c'est-&#224;-dire la promotion des emplois pr&#233;caires ou &#224; temps partiel et la baisse des droits en cas de licenciement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est ainsi largement vid&#233; de sa substance l'article (&#224; la formulation il est...&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, etc. &lt;br /&gt;
L'histoire m&#234;me de la Strat&#233;gie Europ&#233;enne pour l'Emploi t&#233;moigne, au final, qu'on ne peut d&#233;cid&#233;ment en rester &#224; des incantations en faveur de &#171; l'Europe sociale &#187;. Cette Strat&#233;gie a, en effet, &#233;t&#233; introduite, en novembre 1997, &#224; la demande de L. Jospin, afin de faire contrepoids au Pacte de Stabilit&#233; que celui-ci venait d'avaliser, alors m&#234;me qu'il l'avait fustig&#233; pour son ultra-lib&#233;ralisme, comme candidat, quelques mois plus t&#244;t. Or, au fil des Directives pour l'emploi, des Plans d'action nationaux et autres recommandations de la Commission puis du Conseil, prises en son nom, le r&#233;sultat est clair : la Strat&#233;gie Europ&#233;enne pour l'Emploi s'est transform&#233;e en cheval de Troie du lib&#233;ralisme, au point nous faire regretter que l'Europe s'occupe de l'emploi. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Ce r&#233;sultat n'est pas fortuit si on y r&#233;fl&#233;chit bien. &lt;br /&gt;
Pour les &#233;conomistes non lib&#233;raux, la baisse du co&#251;t du travail ne garantit en aucun cas la hausse de la demande de travail par les entreprises. Elle peut m&#234;me aboutir au r&#233;sultat inverse : en comprimant la consommation des m&#233;nages, elle peut d&#233;primer les d&#233;bouch&#233;s anticip&#233;s par les entreprises, donc leur production et, finalement, l'emploi lui-m&#234;me. Le niveau global de l'emploi, dans cette optique, n'est pas une &#171; variable de march&#233; &#187;. Il ne d&#233;pend pas de la confrontation d'une offre de travail (des entreprises) et d'une demande de travail (des travailleurs) autour d'un prix (le salaire r&#233;el), &#224; la diff&#233;rence de ce qui peut se passer sur le march&#233; des carottes ou des navets. Il d&#233;pend, pour reprendre les termes de Keynes, de la demande globale anticip&#233;e par les entreprises. Or, et c'est tout le probl&#232;me, le libre jeu du march&#233; ne garantit en aucun cas qu'on atteigne le plein-emploi. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de politiques publiques (budg&#233;taire, mon&#233;taire, de revenus...) de soutien &#224; l'activit&#233; et &#224; l'emploi. Bref, les probl&#232;mes d'emploi ne se r&#233;solvent pas d'abord par des &#171; politiques de l'emploi &#187; centr&#233;es sur le fonctionnement du &#171; march&#233; du travail &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des politiques de l'emploi progressistes peuvent n&#233;anmoins &#234;tre engag&#233;es :...&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;
Pour les &#233;conomistes lib&#233;raux, &#224; l'inverse, les politiques keyn&#233;siennes de relance sont non seulement inefficaces, mais contre-productives (elles augmentent la sph&#232;re de l'intervention publique alors que le march&#233; est suppos&#233; &#234;tre plus efficace). L'insuffisance d'emploi est li&#233;e &#224; un co&#251;t du travail rendu excessif par l'existence de &#171; structures &#187; sur le march&#233; du travail (droit du travail, protection sociale qui augmente les &#171; charges &#187; sociales, salaire minimum, allocation ch&#244;mage, etc.). En cons&#233;quence, le seul moyen pour augmenter l'emploi est de d&#233;ployer des politiques &#171; structurelles &#187;, entendues comme des politiques de suppression ou, du moins, de flexibilisation des &#171; structures &#187; jug&#233;es intempestives. Les politique &#171; structurelles &#187; de l'emploi, visant &#224; baisser le co&#251;t du travail, sont donc centrales ici. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment le programme que retient la Strat&#233;gie Europ&#233;enne pour l'Emploi. Un programme qui s'articule avec une approche &#233;videmment tr&#232;s minimaliste des droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des droits sociaux au rabais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a d&#233;j&#224; dit comment la port&#233;e normative de la Charte des droits fondamentaux est drastiquement limit&#233;e dans la Constitution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les limitations apport&#233;es par la D&#233;claration n&#176;12. Soulignons que le...&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Reste le contenu m&#234;me de cette Charte et des articles, en particulier les articles III-209 &#224; III-219, qui sont consacr&#233;s &#224; la politique sociale dans le reste de la Constitution. &lt;br /&gt;
Parmi les droits sociaux reconnus, on compte notamment l'&#233;galit&#233; homme/femme, le droit d'association (y compris syndical), l'interdiction du travail des enfants et le droit &#224; des &lt;i&gt;&#171; conditions de travail justes et &#233;quitables &#187; &lt;/i&gt;(II-91). L'article III-209 indique simultan&#233;ment que &lt;i&gt;&#171; l'Union et les Etats membres &#187;&lt;/i&gt; sont &lt;i&gt;&#171; conscients&lt;/i&gt; [sic] &lt;i&gt;des droits sociaux fondamentaux &#187; &lt;/i&gt;que sont notamment &lt;i&gt;&#171; l'am&#233;lioration des conditions de travail, permettant leur &#233;galisation dans le progr&#232;s &#187;, &lt;/i&gt;le&lt;i&gt; &#171; dialogue social &#187;&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;&#171; lutte contre l'exclusion &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
D'autres droits sont mentionn&#233;s de fa&#231;on pour le moins &#233;quivoque. Ainsi le droit de gr&#232;ve est reconnu, mais qu'&#233;tendu aux employeurs (II-88), avec une r&#233;f&#233;rence explicite au &lt;i&gt;&#171; droit de lock-out &#187;&lt;/i&gt; patronal (III-210). La Charte fait r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;&#171; droit &#224; une limitation de la dur&#233;e maximale du travail et &#224; des p&#233;riodes de repos journalier et hebdomadaire, ainsi qu'&#224; une p&#233;riode annuelle de cong&#233;s pay&#233;s &#187; &lt;/i&gt;(II-91), mais aucun seuil minimal n'est fix&#233;. Pire, dans son interpr&#233;tation, la d&#233;claration n&#176;12 fait r&#233;f&#233;rence &#224; la directive de 1993 (93/104/CE), compl&#233;t&#233;e en 2003 (2003/88/CE). Or, l'une des dispositions de cette directive (art. 22 sur l'&lt;i&gt;opting out&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;opt out&lt;/i&gt;) sert justement de point d'appui &#224; la Commission pour faire passer la dur&#233;e maximale de travail hebdomadaire de 48 &#224;... 65 heures&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La directive de 2003 limite le temps de travail hebdomadaire &#224; 48 heures...&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;br /&gt;
En mati&#232;re de s&#233;curit&#233; sociale, l'article II-94 de la Charte indique : &lt;i&gt;&#171; l'Union reconna&#238;t et respecte le droit d'acc&#232;s aux prestations de s&#233;curit&#233; sociale et aux services sociaux assurant une protection dans des cas tels que la maternit&#233;, la maladie, les accident du travail, la d&#233;pendance et la vieillesse, ainsi qu'en cas de perte d'emploi, selon les r&#232;gles &#233;tablies par le droit de l'Union et les l&#233;gislations et pratiques nationales &#187;. &lt;/i&gt;Pour ceux qui n'auraient pas compris le sens de la formulation, la D&#233;claration n&#176;12 explicite : &lt;i&gt;&#171; la r&#233;f&#233;rence &#224; des services sociaux vise les cas dans lesquels de tels services ont &#233;t&#233; instaur&#233;s pour assurer certaines prestations, mais n'implique aucunement que de tels services doivent &#234;tre cr&#233;&#233;s quand il n'en existe pas &#187;.&lt;/i&gt; &lt;br /&gt;
L'article III-117 fait r&#233;f&#233;rence au fait que l'Union, dans la conduite de sa politique &lt;i&gt;&#171; prend en compte les exigences li&#233;es &#224; &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;la garantie d'une protection sociale ad&#233;quate &#187;. &lt;/i&gt;Mais il n'est pas pr&#233;cis&#233; &#224; quoi elle doit &#234;tre ad&#233;quate. On sait n&#233;anmoins que les comptes sociaux font partie des comptes publics qui doivent, est-il abondamment pr&#233;cis&#233; par ailleurs, &#234;tre d&#251;ment ma&#238;tris&#233;s... &lt;br /&gt;
L'article III-210 pr&#233;cise enfin que l'Union &lt;i&gt;&#171; compl&#232;te l'action des Etats membres &#187;&lt;/i&gt; dans, entre autres, les deux domaines suivants : 1/ &lt;i&gt;&#171; la s&#233;curit&#233; sociale et de la protection sociale des travailleurs &#187; &lt;/i&gt; ; 2/&lt;i&gt; &lt;/i&gt;la &lt;i&gt;&#171; modernisation des syst&#232;mes de protection sociale &#187;. &lt;/i&gt;Mais le Conseil statue &#224; l'unanimit&#233; sur le premier, y compris pour &lt;i&gt;&#171; &#233;tablir des prescriptions minimales &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour la s&#233;curit&#233; sociale et la protection sociale, c'est uniquement &#224;...&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que la majorit&#233; qualifi&#233;e est suffisante pour le second. A la seule majorit&#233; qualifi&#233;e, le Conseil peut donc &lt;i&gt;&#171; compl&#233;ter &#187;&lt;/i&gt; l'action des Etats dans la &lt;i&gt;&#171; modernisation &#187;&lt;/i&gt; de leur syst&#232;me de protection sociale. Il est certes indiqu&#233; que cela doit se faire dans le respect du premier domaine. On peut n&#233;anmoins craindre le pire, tant la modernisation lib&#233;rale sait se parer de la vertu de d&#233;fendre ce qu'elle d&#233;truit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le bon mot de J. Ralite (cit&#233; ici de m&#233;moire), il faut toujours un peu...&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;
Certains droits sociaux sont carr&#233;ment absents de la Constitution. Si celle-ci indique que&lt;i&gt; &#171; nul ne peut &#234;tre priv&#233; de sa propri&#233;t&#233;, si ce n'est pour cause d'utilit&#233; publique, dans des cas et conditions pr&#233;vus par une loi et moyennant en temps utile une juste indemnit&#233; pour sa perte &#187; &lt;/i&gt;(art II-77). Elle ne pr&#233;voit, en revanche, aucune &#171; juste indemnit&#233; &#187; en cas de perte... d'emploi&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle pr&#233;cise seulement qu'elle &#171; reconna&#238;t et respecte &#187; les &#171; prestations de...&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le droit &#224; un salaire minimum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est indiqu&#233; que les dispositions en mati&#232;re de...&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, pas plus que celui &#224; un revenu minimum&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Union &#171; reconna&#238;t et respecte &#187;, le seul droit &#224; l'&#171; aide sociale &#187; (II-94).&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n'est par ailleurs mentionn&#233;. &lt;br /&gt;
De fa&#231;on plus g&#233;n&#233;rale, il est ais&#233; de d&#233;montrer que la Constitution, non seulement r&#233;duit les droits sociaux au strict minimum, mais borne &#233;troitement l'application de ce socle minimaliste. La d&#233;claration n&#176;12, on l'a dit, r&#233;duit consid&#233;rablement la port&#233;e normative de la Charte. Mais ce n'est pas tout. La section consacr&#233;e &#224; l'harmonisation est sans &#233;quivoque : l'harmonisation vaut pour le march&#233; int&#233;rieur mais pas pour les &lt;i&gt;&#171; droits et int&#233;r&#234;ts des travailleurs &#187;&lt;/i&gt; (III-172)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Art. III-172 : &#171; la loi ou loi-cadre europ&#233;enne &#233;tablit les mesures relatives...&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et l'article III-209 ajoute que l'Union et les Etats membres, en mati&#232;re de droit social, &lt;i&gt;&#171; agissent en tenant compte &#187;&lt;/i&gt; non seulement &lt;i&gt;&#171; de la diversit&#233; des pratiques nationales &#187;,&lt;/i&gt; point sur lequel on revient ensuite, mais aussi &lt;i&gt;&#171; de la n&#233;cessit&#233; de maintenir la comp&#233;titivit&#233; de l'Union &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br /&gt;
Cerise sur le g&#226;teau enfin, pour ceux qui ne seraient pas convaincus que la Constitution grave la r&#233;ponse lib&#233;rale &#224; la question sociale : la r&#233;alisation des droits sociaux, indique-t-elle &lt;i&gt;&#171; r&#233;sultera &#187;&lt;/i&gt; non seulement des politiques sociales de l'Union, mais aussi &lt;i&gt;&#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;du fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur, qui favorisera l'harmonisation des syst&#232;mes sociaux &#187;&lt;/i&gt; (art. III. 219). On n'ose demander si l'harmonisation sociale, dont il est question, l'est &#171; par le haut &#187; ou &#171; par le bas &#187;. Le march&#233; int&#233;rieur repose sur la libre circulation des marchandises, des personnes (y compris morales), des services et des capitaux. On ne saurait, r&#233;p&#233;tons-le, faire grief aux partisans du lib&#233;ralisme &#233;conomique de penser que la libre concurrence conduit spontan&#233;ment au progr&#232;s social, que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral est r&#233;ductible au jeu des int&#233;r&#234;ts individuels. Mais faut-il interdire aux citoyens la possibilit&#233; d'autres choix ? N'est-ce pas le lib&#233;ralisme politique, lui-m&#234;me, que les thurif&#233;raires du lib&#233;ralisme &#233;conomique remettent, ce faisant, dangereusement en cause ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe sociale : comment sortir de l'Arl&#233;sienne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe sociale est devenue, en l'espace de deux d&#233;cennies, une v&#233;ritable Arl&#233;sienne. N'est-ce pas au nom de son avenir radieux que d'aucuns ont plaid&#233; en faveur de l'Acte unique en 1986, puis du Trait&#233; de Maastricht en 1992, puis du Trait&#233; d'Amsterdam en 1997 ? &#171; Accepter ces Trait&#233;s lib&#233;raux : c'est une condition douloureuse mais indispensable pour que l'Europe sociale se construise demain &#187;. Sans craindre le ressassement du paradoxe, le m&#234;me refrain est entonn&#233; au sujet de la Constitution. &lt;br /&gt;
Comment donc ne pas en rester &#224; des formules incantatoires en faveur de l'Europe sociale ? &lt;br /&gt;
Faut-il, par exemple, comme de tr&#232;s nombreux opposants &#224; la construction lib&#233;rale de l'Europe le pr&#233;conisent, transf&#233;rer &#224; l'&#233;chelon europ&#233;en la d&#233;finition des droits sociaux, en &#233;tendant le principe du vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e sur l'ensemble des questions sociales (s&#233;curit&#233; sociale, totalit&#233; du droit du travail, etc.) ? &lt;br /&gt;
Comment s'y retrouver sur ce registre quand on sait que la Grande-Bretagne refuse cette extension, au nom d'arguments lib&#233;raux (les lib&#233;raux craignent que les r&#232;gles europ&#233;ennes ne contraignent &#224; faire &#171; un peu plus &#187; de social), et que des syndicalistes - scandinaves notamment - la refusent pour des raisons exactement oppos&#233;es (ils redoutent que ces ne servent &#224; d&#233;manteler l'Etat social). &lt;br /&gt;
Pour y voir clair ici, on sugg&#233;rera qu'il faut partir d'un constat lucide : &#224; moins de niveler par le bas les droits sociaux, les in&#233;galit&#233;s entre pays europ&#233;ens n'autorisent pas une d&#233;finition uniformis&#233;e du &lt;i&gt;socle&lt;/i&gt; m&#234;me des droits sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le revenu moyen par t&#234;te des cinq principaux pays de l'Europe &#233;largie...&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si on excepte des terrains peu d&#233;frich&#233;s historiquement &#224; l'&#233;chelon national - la lutte contre les discriminations par exemple&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et encore : n'a-t-on pas contribu&#233; &#224; banaliser le travail de nuit au nom de...&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; -, il est clair que le droit social europ&#233;en n'apportera aucun progr&#232;s, en termes de droits &lt;i&gt;effectifs&lt;/i&gt;, et ce avant longtemps, pour les salari&#233;s allemands, scandinaves ou fran&#231;ais. Et cela, m&#234;me avec un Conseil, un Parlement et une commission tr&#232;s progressistes ! Un salaire minimum europ&#233;en, par exemple, s'il existait, serait sensiblement, et m&#234;me tr&#232;s sensiblement, inf&#233;rieur &#224; ceux qui existent dans les pays les plus avanc&#233;s. &lt;br /&gt;
Pour les pays les plus avanc&#233;s en mati&#232;re sociale, le transfert de la d&#233;finition m&#234;me du &lt;i&gt;socle&lt;/i&gt; des droits sociaux &#224; l'&#233;chelon europ&#233;en serait donc lourd d'une consid&#233;rable r&#233;gression sociale. On parle bien ici de &lt;i&gt;socle &lt;/i&gt;des droits sociaux&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;En France - et cela vaut pour l'Allemagne ou les pays scandinaves (avec de fortes variantes nationales dans la d&#233;finition de l'architecture des droits) - ce socle est donn&#233; par le Code du Travail et celui de la S&#233;curit&#233; sociale. Ceux-ci d&#233;finissent des r&#232;gles minimales qui, et c'est ce qui importe, ne sont pas con&#231;ues de fa&#231;on minimaliste. Leur norme n'est pas le &#171; minimum vital &#187;, mais un certain &lt;i&gt;bien-&#234;tre social&lt;/i&gt;. Le Smic, par exemple, a &#233;t&#233; construit comme un salaire assurant une &lt;i&gt;progression &lt;/i&gt;r&#233;guli&#232;re du pouvoir d'achat. La retraite - le m&#234;me principe vaut pour les cong&#233;s maladie et maternit&#233;, les prestations d'&#171; assurance ch&#244;mage &#187;, etc. - est cens&#233;e garantir le maintien d'un certain niveau de vie, et non un &#171; minimum vieillesse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les minima sociaux existent certes, mais ils repr&#233;sentent - leur trop faible...&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces r&#232;gles de bien-&#234;tre social d&#233;finissent bien un socle minimal mais non minimaliste &#224; respecter. En mati&#232;re de droit du travail, par exemple, cela signifie que les r&#232;gles d'un niveau &#171; inf&#233;rieur &#187; (accord interprofessionnel, de branche, d'entreprise, d'&#233;tablissement, etc.) ne valent juridiquement que si elles apportent, &#224; chaque fois, un &#171; plus &#187; pour les salari&#233;s, par rapport &#224; l'&#233;chelon sup&#233;rieur. C'est le &#171; principe d'ordre social &#187; articul&#233; au &#171; principe de faveur &#187; : l'accord de branche ne vaut que s'il est plus favorable au salari&#233; par rapport &#224; la loi, l'accord d'entreprise qui s'il apporte un plus par rapport &#224; l'accord de branche, et ainsi de suite. &lt;br /&gt;
Si le &#171; socle &#187; des droits sociaux &#233;tait d&#233;fini &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, cela impliquerait que les directives europ&#233;ennes se substitueraient aux Codes du travail et de la protection sociale. Il suffit de r&#233;fl&#233;chir deux secondes &#224; la question pour saisir l'ampleur de la r&#233;gression qui s'ensuivrait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Medef ne s'y est d'ailleurs pas tromp&#233;. Dans le cadre de la refondation sociale, il a propos&#233; de substituer le principe d' &#171; ordre social &#187; par un principe de &#171; r&#233;partition par domaine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les propositions du Medef quant au &#171; chantier &#187; sur la n&#233;gociation...&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Selon celui-ci, les domaines couverts par une directive europ&#233;enne devraient &#233;chapper au champ de la loi et relever - pour leur transcription nationale - de la seule n&#233;gociation collective, si possible d&#233;centralis&#233;e. Vive l'Europe et la d&#233;centralisation donc. Pour avoir un aper&#231;u de ce que donnerait ce type de &#171; r&#233;partition par domaine &#187;, il suffit de se souvenir que le temps de travail est &#171; couvert &#187; par une directive (&lt;i&gt;cf&lt;/i&gt;. supra). On imagine ainsi ais&#233;ment le destin des 35 heures (mais aussi de certains cong&#233;s pay&#233;s). &lt;br /&gt;
Ne pas peut pr&#234;ter &#224; l'Europe plus qu'elle ne peut donner : voil&#224; sans doute une pi&#232;ce ma&#238;tresse de la boussole qu'il convient d'avoir pour ne pas en rester &#224; des formules incantatoires en faveur de l'Europe sociale. Si on se refuse &#224; retenir une d&#233;finition minimaliste, mis&#233;rabiliste, des droits sociaux, dont les lib&#233;raux, charit&#233; oblige, s'accommodent au demeurant fort bien, force est donc de soutenir que le socle des droits sociaux doit rester d&#233;fini au niveau national, en France, comme ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La plupart des nouveaux pays adh&#233;rents ont d&#233;j&#224;, sur bien des domaines, des...&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &lt;br /&gt;
Est-ce &#224; dire que l'Europe n'a aucun r&#244;le &#224; jouer en mati&#232;re sociale ? Sans l&#226;cher la proie du droit social national pour l'ombre du social europ&#233;en, on peut n&#233;anmoins soutenir qu'elle a un r&#244;le majeur &#224; jouer. Ce r&#244;le ne peut certes exc&#233;der, pour l'essentiel, deux objectifs. Mais ils sont fondamentaux : &#233;viter les pratiques de dumping social et assurer une convergence &#171; par le haut &#187; des pays les moins d&#233;velopp&#233;s en mati&#232;re sociale. Deux objectifs fortement imbriqu&#233;s et dont la mise en &#339;uvre est &#233;videmment essentielle pour que l'&#233;largissement ne se traduise pas par une fuite en avant concurrentielle dans la stricte comp&#233;titivit&#233;-prix, le &#171; moins disant &#187; salarial, le d&#233;mant&#232;lement des services publics et de la protection sociale au nom de la concurrence. &lt;br /&gt;
Comment r&#233;aliser ces deux objectifs, sans pour autant transformer l'Europe en cheval de Troie contre le droit social ? &lt;br /&gt;
Sugg&#233;rons que, pour ce faire, deux conditions, &#233;troitement li&#233;es, sont essentielles et devraient former les deux principes g&#233;n&#233;raux du droit social europ&#233;en&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Non sans raison, les juristes accordent une grande importance aux &#171; principes...&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En premier lieu, il conviendrait d'afficher clairement, ce que la Constitution ne fait pas, que l'ambition de l'Europe est la &#171; convergence sociale par le haut &#187; des pays les moins avanc&#233;s en la mati&#232;re. En second lieu, en retenant comme r&#232;gle syst&#233;matique d'organisation du droit social europ&#233;en, le &#171; principe de non-r&#233;gression sociale &#187;. Selon ce principe, une norme europ&#233;enne ne s'appliquerait &#224; un pays membre que si elle apporte un &#171; plus &#187; en termes de garantie sociale. &lt;br /&gt;
A ces conditions, mais uniquement &#224; ces conditions, on peut envisager la suppression des clauses, telles que celles de la Charte, qui indiquent que les &lt;i&gt;&#171; droits fondamentaux tels qu'ils r&#233;sultent des traditions constitutionnelles communes aux Etats membres,&lt;/i&gt; [...]&lt;i&gt; doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s en harmonie avec lesdites traditions&lt;/i&gt; &#187; (art. II-112-4) ou bien encore &lt;i&gt;&#171; que les l&#233;gislations et pratiques nationales doivent &#234;tre pleinement prises en compte comme pr&#233;cis&#233; dans la pr&#233;sente Charte &#187;&lt;/i&gt; (art. II-112-6). Entendons-nous bien. La r&#233;f&#233;rence &#224; des formules de ce type, on la dit, abondent dans la Constitution d&#232;s que sont &#233;voqu&#233;s les droits sociaux. La plupart du temps, et les lib&#233;raux y trouvent naturellement leur compte, elles visent &#224; restreindre le champ d'application de ces droits. Il serait cependant malhonn&#234;te de nier que ces formules, dans certains cas, peuvent servir de verrou contre l'harmonisation par le bas qui menace, un peu &#224; la fa&#231;on dont peut jouer &#171; l'exception culturelle &#187;. L'article III-210 indique, par exemple, que les lois ou loi cadres europ&#233;ennes &lt;i&gt;&#171; ne portent pas atteinte &#224; la facult&#233; reconnue aux Etats membres de d&#233;finir les principes fondamentaux de leur syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale &#187;.&lt;/i&gt; Les lib&#233;raux peuvent &#233;videmment se r&#233;f&#233;rer &#224; cet article pour emp&#234;cher toute harmonisation par le haut&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'autant que l'article se poursuit en indiquant que lesdites lois ne doivent...&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais on peut aussi y voir un verrou possible pour pr&#233;server la s&#233;curit&#233; sociale, l&#224; o&#249; elle est d&#233;velopp&#233;e, contre l'harmonisation par le bas qui menace. Avec l'inscription syst&#233;matique des deux principes de &#171; convergence sociale par le haut &#187; et de &#171; non-r&#233;gression &#187;, des formules de ce type ne seraient &lt;i&gt;a priori &lt;/i&gt;plus n&#233;cessaires &#224; cette derni&#232;re fin. Dans la mesure o&#249; elles ne joueraient plus qu'en faveur des lib&#233;raux, on pourrait donc supprimer ce &#171; verrou &#187;.&lt;br /&gt;
A ces conditions, mais uniquement &#224; ces conditions, la g&#233;n&#233;ralisation du vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e peut contribuer &#224; ce que l'Europe sociale ne soit plus une Arl&#233;sienne, ou, pire encore, le cheval de Troie du lib&#233;ralisme qu'elle est fort prosa&#239;quement devenue (il suffit de se pencher sur le contenu des recommandations du Conseil en mati&#232;re de politique de l'emploi ou de retraite).&lt;br /&gt;
Mais, soulignons-le : &#224; d&#233;faut de ces conditions, la suppression de toute r&#233;f&#233;rence aux l&#233;gislations et pratiques nationales ainsi que l'extension du vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e ne peuvent que conforter la d&#233;construction des droits sociaux d&#233;j&#224; entreprise au nom de cette noble id&#233;e qu'est l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Christophe Ramaux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sans m&#234;me compter les annexes, protocoles et d&#233;clarations (460 p.), la Constitution europ&#233;enne compte quinze fois plus de mots que la Constitution fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est, de plus, fait r&#233;f&#233;rence, juste avant, &#224; la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server la &#171; stabilit&#233; des prix &#187;, ce qui, dans le langage des &#233;conomistes lib&#233;raux, condamne les politiques mon&#233;taires de relance (cf. ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le pr&#233;ambule de la Constitution indique que ses signataires sont &#171; convaincus que l'Europe [...] veut demeurer un continent ouvert &#224; la culture, au savoir et au progr&#232;s social &#187;. Une formule similaire, qui rel&#232;ve de l'ordre du constat, est reprise dans le pr&#233;ambule de la Charte (le titre II) o&#249; il est fait r&#233;f&#233;rence au renforcement des droits &#171; &#224; la lumi&#232;re de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, du progr&#232;s social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'article III-157 indique qu'une loi &#171; peut &#233;tablir des mesures qui constituent un recul dans le droit de l'Union ne ce qui concerne la lib&#233;ralisation des mouvements de capitaux &#224; destination ou en provenance de pays tiers &#187;, mais celle-ci ne peut &#234;tre prise qu'&#224; l'unanimit&#233; du Conseil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans cette optique keyn&#233;sienne ce sont les d&#233;penses initiales qui assurent, via la croissance qu'elles entra&#238;nent, les recettes (c'est l' &#171; effet cagnotte &#187;) et finalement l'&#233;quilibre des comptes publics. Les solutions lib&#233;rales de baisse des d&#233;penses publiques sont jug&#233;es contre-productives y compris pour l'&#233;quilibre des comptes publics : elles &#233;touffent la croissance et l'emploi et donc les recettes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ces r&#232;gles ne peuvent &#234;tre modifi&#233;es qu'&#224; l'unanimit&#233;, d'o&#249; le repl&#226;trage &#224; la marge op&#233;r&#233; au moment o&#249; sont &#233;crites ces lignes. Ce repl&#226;trage consiste &#224; adoucir quelque peu les r&#232;gles encadrant les d&#233;ficits dans les phases r&#233;cessives. Mais, en contrepartie, les Etats membres s'engagent &#224; une politique plus aust&#232;re, en termes de d&#233;penses publiques, dans les phases de reprise. Au final, la norme retenue est bien la norme lib&#233;rale d'&#233;quilibre des comptes publics.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une bonne partie des d&#233;penses de l'Union (plus de 40%) est consacr&#233;e &#224; la politique agricole commune. Certains invitent &#224; la r&#233;duire pour financer d'autres projets. On peut inverser le raisonnement : le probl&#232;me n'est pas de r&#233;duire la PAC (ce qui n'interdit pas de critiquer ses modalit&#233;s), que d'augmenter le budget europ&#233;en pour financer d'autres d&#233;penses. Ainsi la politique de coh&#233;sion et sociale (40% du budget actuel), qui finance les &#171; fonds structurels &#187; (afin de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s entre r&#233;gions) pourrait &#234;tre augment&#233;e afin d'assurer le rattrapage des nouveaux adh&#233;rents (et lutter contre le dumping social). Ainsi pourrait-on financer de vastes projets en mati&#232;re de recherche, de protection de l'environnement, de ferroutage, etc. Des projets qui permettraient de soutenir l'activit&#233; et donc de cr&#233;er des emplois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La seule mention au &#171; service public &#187; est contenue dans un article sp&#233;cifique sur les transports (art. III-238).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le Trait&#233; d'Amsterdam &#233;voquait &#171; la place qu'occupent les SIEG par les valeurs commune de l'Union &#187;, tandis que la Constitution se borne &#224; mentionner, sur le mode du constat, la &#171; place qu'occupent les SIEG en tant que services auxquels tous dans l'Union attribuent une valeur &#187; (art. III-122).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est &#171; conform&#233;ment &#224; la constitution &#187; et donc &#224; ses r&#232;gles sur la concurrence libre et non fauss&#233;e, que &#171; l'Union reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s au SIEG tel qu'il et pr&#233;vu par les l&#233;gislations et pratiques nationales &#187; (art. II-96 de la Charte des droits fondamentaux). Pour que les choses soient claires, la d&#233;claration n&#176;12 pr&#233;cise que cet article ne &#171; cr&#233;e pas de droit nouveau. Il pose seulement le principe du respect par l'Union de l'acc&#232;s aux SIEG tel qu'il est pr&#233;vu par les dispositions nationales &#187; et &#171; d&#232;s lors que ces dispositions sont compatibles avec la Constitution &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. aussi l'art. III-122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, le droit europ&#233;en ne fixe jamais clairement les fronti&#232;res entre les services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;raux non marchands et les SIEG.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il est pr&#233;cis&#233; que la loi-cadre &#171; porte, en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; sur les services qui interviennent de fa&#231;on directe dans les co&#251;ts de production ou dont la lib&#233;ralisation contribue &#224; faciliter les &#233;changes des marchandises &#187;. Une pr&#233;cision qui laisse une latitude d'autant plus grande, quant au champ couvert, que c'est &#171; en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le taux d'emploi des 15-64 ans &#233;tait de 61% en 2000. Le Conseil europ&#233;en de Lisbonne (mars 2000) fixait comme objectif de le porter &#224; 70% d&#232;s 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. notamment la d&#233;cision du Conseil sur les lignes directrices de l'emploi du 22 juillet 2003 (2003/578/CE). Voir aussi le rapport (L'emploi, l'emploi, l'emploi. Cr&#233;er plus d'emplois en Europe, 87 p.) de la Task-force pour l'emploi pr&#233;sid&#233;e par M. Kok de novembre 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les allocations ch&#244;mage &#233;tant suppos&#233;es cr&#233;er des &#171; trappes &#224; ch&#244;mage &#187;, il faut, par exemple, conditionner leur versement au fait d'accepter des petits boulots &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Est ainsi largement vid&#233; de sa substance l'article (&#224; la formulation il est vrai floue) de la Charte qui indique : &#171; tout travailleur a droit &#224; une protection contre tout licenciement injustifi&#233; conform&#233;ment au droit de l'Union et aux l&#233;gislations et pratiques nationales &#187; (II-90).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des politiques de l'emploi progressistes peuvent n&#233;anmoins &#234;tre engag&#233;es : hausse des minima sociaux, des allocations ch&#244;mage et du salaire minimum, qui allient justice sociale et efficacit&#233; &#233;conomique (les moins riches ayant une forte propension &#224; consommer) ; r&#233;duction du temps de travail, afin d'enrichir le contenu en emploi de la croissance, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. les limitations apport&#233;es par la D&#233;claration n&#176;12. Soulignons que le pr&#233;ambule de la seconde partie de la Constitution, qui contient la Charte, ainsi que son article II-112, indiquent que &#171; la Charte sera interpr&#233;t&#233;e par les juridictions de l'Union et des Etats membres en prenant d&#251;ment en consid&#233;ration les explications &#233;tablies sous l'autorit&#233; du pr&#230;sidium [soit justement la D&#233;claration n&#176;12] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La directive de 2003 limite le temps de travail hebdomadaire &#224; 48 heures (calcul&#233;es sur quatre semaines). Son article 22 pr&#233;voit cependant une d&#233;rogation. La commission propose (2004/0209 COD) de g&#233;n&#233;raliser cette d&#233;rogation avec la seule r&#233;serve d'un accord &#233;crit du travailleur et qu'une convention collective ne s'y oppose pas (art. 22). Elle introduit, de plus, la notion de &#171; p&#233;riode inactive du temps de garde &#187; qui n'est pas consid&#233;r&#233;e comme du temps de travail, en la d&#233;finissant comme une &#171; p&#233;riode pendant laquelle le travailleur est en garde, mais n'est pas appel&#233; par son employeur pour exercer son activit&#233; ou ses fonctions &#187;) (art. 2 bis). L'expos&#233; des motifs retenus par la commission m&#233;rite qu'on s'y arr&#234;te. Apr&#232;s une r&#233;f&#233;rence au &#171; niveau &#233;lev&#233; de protection de la sant&#233; et de la s&#233;curit&#233; des travailleurs &#187; destin&#233;e &#224; consoler les bonnes &#226;mes, elle introduit aux travaux pratiques en soulignant qu'il convient de &#171; donner aux entreprises et aux Etats membres une plus grande flexibilit&#233; dans la gestion du temps de travail &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour la s&#233;curit&#233; sociale et la protection sociale, c'est uniquement &#224; l'unanimit&#233; qu'une &#171; loi-cadre europ&#233;enne peut &#233;tablir des prescriptions minimales applicables progressivement, compte tenu des conditions et des r&#233;glementations techniques existant dans chacun des Etats membres &#187;. Comme si l'unanimit&#233; ne suffisait pas, la seule loi envisag&#233;e ici est une &#171; loi-cadre &#187;, moins contraignante (elle lie les Etats quant aux r&#233;sultats &#224; atteindre en leur laissant le &#171; choix de la forme et des moyens &#187;, art. I-33) que la loi ordinaire (directement applicable). Enfin, il est ajout&#233; que cette loi &#171; &#233;vite d'imposer des contraintes administratives, financi&#232;res et juridiques telles qu'elles contrarieraient la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement de PME &#187; (art. III-210). Cette derni&#232;re limite vaut pour les autres domaines qui rel&#232;ve de la majorit&#233; qualifi&#233; et des deux types de loi (sant&#233; et s&#233;curit&#233; au travail, conditions de travail, information et consultation des travailleurs, exclusion, &#233;galit&#233; hommes/femmes et modernisation des syst&#232;me de protection sociale) ou de l'unanimit&#233; et de la seule loi-cadre, mais avec possibilit&#233; de loi ordinaire sous r&#233;serve de proposition de la commission et d'accord unanime du Conseil (protection des travailleurs en cas de r&#233;siliation du contrat de travail, n&#233;gociation collective, condition d'emploi des &#233;trangers non communautaires).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon le bon mot de J. Ralite (cit&#233; ici de m&#233;moire), il faut toujours un peu moins de retraite pour sauver la retraite, un peu moins de remboursement de m&#233;dicaments pour sauver la S&#233;curit&#233; sociale, mais il n'est jamais question d'un peu moins de profits pour sauver les profits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle pr&#233;cise seulement qu'elle &#171; reconna&#238;t et respecte &#187; les &#171; prestations de s&#233;curit&#233; sociale et des services sociaux &#187; notamment en cas de &#171; perte d'emploi &#187;, mais &#171; selon les r&#232;gles &#233;tablies par le droit de l'Union et les l&#233;gislation et pratiques nationales &#187; (art. II-94).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est indiqu&#233; que les dispositions en mati&#232;re de politique sociale ne s'appliquent &#171; ni aux r&#233;mun&#233;rations &#187;, ni d'ailleurs au droit d'association, au droit de gr&#232;ve ou de lock-out (III-210).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Union &#171; reconna&#238;t et respecte &#187;, le seul droit &#224; l'&#171; aide sociale &#187; (II-94).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Art. III-172 : &#171; la loi ou loi-cadre europ&#233;enne &#233;tablit les mesures relatives au rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres qui ont pour objet l'&#233;tablissement ou le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur &#187;, mais elle ne &#171; s'applique pas aux dispositions fiscales, aux dispositions relatives &#224; la libre circulation des personnes et &#224; celles relatives aux droits et int&#233;r&#234;ts des travailleurs salari&#233;s &#187; (III-172).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le revenu moyen par t&#234;te des cinq principaux pays de l'Europe &#233;largie (R&#233;publique tch&#232;que, Hongrie, Slov&#233;nie, Slovaquie et Pologne) s'&#233;l&#232;ve &#224; seulement un peu plus de 50% de la moyenne europ&#233;enne, celui des Pays baltes &#224; moins de 40% et celui de la Roumanie et de la Bulgarie &#224; moins de 30%.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et encore : n'a-t-on pas contribu&#233; &#224; banaliser le travail de nuit au nom de l'&#233;galit&#233; hommes/femmes ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les minima sociaux existent certes, mais ils repr&#233;sentent - leur trop faible niveau aidant il est vrai - une infime partie (de l'ordre de 5%) des d&#233;penses de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. les propositions du Medef quant au &#171; chantier &#187; sur la n&#233;gociation collective de la refondation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La plupart des nouveaux pays adh&#233;rents ont d&#233;j&#224;, sur bien des domaines, des r&#232;gles sociales plus d&#233;velopp&#233;es que celles - il est vrai particuli&#232;rement indigentes - que livrent les directives europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Non sans raison, les juristes accordent une grande importance aux &#171; principes g&#233;n&#233;raux du droit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;D'autant que l'article se poursuit en indiquant que lesdites lois ne doivent pas non plus &#171; affecter l'&#233;quilibre financier &#187; des syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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