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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Plaidoyer pour une R&#233;publique Europ&#233;enne</title>
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		<dc:date>2005-03-09T14:12:32Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ahmet Insel, Alain Caill&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PLAIDOYER POUR UNE R&#201;PUBLIQUE EUROP&#201;ENNE &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Alain Caill&#233; et Ahmet Insel &lt;br class='autobr' /&gt;
Alain Caill&#233; est Sociologue - Universit&#233; Paris X Nanterre - Membre du Conseil Scientifique d'Attac. &lt;br class='autobr' /&gt; Les Europ&#233;ens s'interrogent : quelle constitution doivent-ils adopter ? L'Europe &#224; vingt-cinq sera-t-elle viable ? L'est-elle d'ailleurs &#224; quinze et le probl&#232;me est-il bien celui de l'&#233;largissement ? Romano Prodi, le pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne dont on pourrait croire que le r&#244;le est de galvaniser les...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;PLAIDOYER POUR UNE R&#201;PUBLIQUE EUROP&#201;ENNE&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Alain Caill&#233; et Ahmet Insel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Caill&#233; est Sociologue - Universit&#233; Paris X Nanterre - Membre du Conseil Scientifique d'Attac.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les Europ&#233;ens s'interrogent : quelle constitution doivent-ils adopter ? L'Europe &#224; vingt-cinq sera-t-elle viable ? L'est-elle d'ailleurs &#224; quinze et le probl&#232;me est-il bien celui de l'&#233;largissement ? Romano Prodi, le pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne dont on pourrait croire que le r&#244;le est de galvaniser les &#233;nergies et de dessiner les traits d'un avenir exaltant pour l'Europe, nous explique &#171; qu'&#224; Quinze, il faut d&#233;j&#224; changer de fond en comble nos proc&#233;dures de d&#233;cision. La paralysie est d&#233;j&#224; l&#224;...Pour faire de petites r&#233;formes, il faut attendre des d&#233;cennies &#187; Et il conclut : &#171; En deux mots : la situation ne peut gu&#232;re &#234;tre pire &#187;. Que nous dirait R. Prodi s'il &#233;tait eurosceptique ? Les Europ&#233;ens se retrouvent d&#233;sormais dans une situation o&#249; il leur est tout aussi impossible d'&#234;tre eurosceptiques qu'europtimistes, de faire machine arri&#232;re que d'avancer effectivement. Le souverainisme, qui ne veut conna&#238;tre que d'une Europe des nations, et, au mieux, d'une conf&#233;d&#233;ration, a le m&#233;rite de se souvenir d'un temps o&#249; le politique existait encore et parvenait parfois &#224; tenir en lisi&#232;re les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou cat&#233;goriels pour se soucier de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et du long terme. Il comm&#233;more une &#232;re o&#249; le politique avait pour horizon la conjonction de la nation, de la r&#233;publique et de la d&#233;mocratie. Cet id&#233;al ne saurait &#234;tre oubli&#233;. Mais, sauf pour les &#201;tats-Unis, l'&#233;chelle des nations d'hier est d&#233;sormais trop petite, leur puissance est trop restreinte pour conf&#233;rer un poids suffisant aux d&#233;cisions politiques prises dans leur cadre. C'est le constat de cette impuissance croissante qui donne tout son sens au projet d'une Europe unie. Personne ne peut se satisfaire de la perspective d'un monde dans lequel l'ensemble des normes et des directives importantes seraient impos&#233;es par une unique hyperpuissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il faut donc que les vieilles nations d'Europe unissent leurs forces. Mais en vue et au nom de quoi ? et sous quelle forme politique ? Faute de savoir r&#233;pondre &#224; ces deux questions pourtant pr&#233;judicielles, l'Europe s'est lanc&#233;e dans une fuite en avant qui donne syst&#233;matiquement la priorit&#233; &#224; sa technocratisation et &#224; la dilatation de ses fronti&#232;res sur le renforcement de ses capacit&#233;s de d&#233;cision politique effectives. Si bien que, pour l&#8216;essentiel, elle a surtout r&#233;ussi &#224; &#244;ter de la puissance aux &#201;tats qui la constituent sans en redonner en &#233;change &#224; leur union. Il s'est ainsi cr&#233;&#233; une sorte de trou noir dans lequel les ambitions, les &#233;nergies et les bonnes volont&#233;s des peuples d'Europe disparaissent faute de pouvoir trouver le moindre relais politique plausible. N'est-il pas ahurissant que la question de l'Europe ait &#233;t&#233; totalement absente des derni&#232;res &#233;lections pr&#233;sidentielles fran&#231;aises ? Comme si ce qui, de toute &#233;vidence constitue l'enjeu politique le plus crucial des d&#233;cennies &#224; venir devait soigneusement &#234;tre maintenu hors d&#233;bat. Aussi bien, quelle perspective nous est-il offert en dehors d'un impossible retour &#224; l'Europe des nations ? &#192; quoi pourrait ressembler la f&#233;d&#233;ration que beaucoup appellent de leurs v&#339;ux ? On voit actuellement se multiplier les tribunes et les propositions de red&#233;finition des r&#244;les respectifs du parlement, du conseil des ministres et d'un &#233;ventuel pr&#233;sident de l'Europe. Mais, manifestement, quelles que soient les r&#233;ponses adopt&#233;es en d&#233;finitive, elles ne suffiront pas &#224; gu&#233;rir l'Europe de sa paralysie actuelle et &#224; lui redonner la capacit&#233; politique dont elle s'est peu &#224; peu elle-m&#234;me dessaisie. Si nous voulons croire en l'Europe, et donc en nous-m&#234;mes et mobiliser des &#233;nergies citoyennes en faveur d'un objectif digne d'elles, c'est une aspiration beaucoup plus ambitieuse dont il faut d&#232;s aujourd'hui commencer &#224; dessiner les contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	S'est-on assez &#233;tonn&#233; des mutations qu'a connues la philosophie politique occidentale durant ces trente derni&#232;res ann&#233;es et de la quasi-disparition de notions qui y avaient pourtant tenu la place centrale depuis des si&#232;cles ? qui parle encore de &#171; r&#233;publique &#187; ou de &#171; nation &#187; autrement que sur le mode de la nostalgie impuissante ? Qui s'essaye encore &#224; d&#233;finir la &#171; souverainet&#233; &#187; ? et a fortiori la &#171; souverainet&#233; du peuple &#187; ? L'id&#233;e m&#234;me de peuple, d'ailleurs, n'est-elle pas devenue quasiment obsc&#232;ne, utilisable uniquement, horresco referens, par les &#171; populistes &#187; ? Dans le sillage d'une philosophie politique lib&#233;rale devenue depuis John Rawls presque exclusivement juridique, une philosophie qui r&#233;cuse toute notion holiste et globalisante - comme celles de peuple, de communaut&#233; ou de souverainet&#233; - pour n'accorder de l&#233;gitimit&#233; qu'aux &#171; pr&#233;f&#233;rences &#187; et aux choix des individus ind&#233;pendants (self regarding et mutuellement indiff&#233;rents), la r&#233;f&#233;rence politique &#224; la d&#233;mocratie se fait elle m&#234;me de plus en plus rare pour c&#233;der la place &#224; une interrogation morale et juridique sur la justice. Et la r&#233;ponse dominante est que pour &#233;difier une soci&#233;t&#233; juste, il convient de cesser de s'interroger sur la substance de la justice, r&#233;put&#233;e introuvable et de surcro&#238;t dangereuse &#224; interroger, pour se contenter de d&#233;finir des proc&#233;dures de d&#233;cision formellement correctes. &#192; la limite, une commission de fonctionnaires &#233;clair&#233;s devrait pouvoir suffire &#224; la &#171; gouvernance &#187; proc&#233;duralement correcte d'une soci&#233;t&#233; europ&#233;enne sans peuple, sans communaut&#233; et sans citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Or, &#224; de multiples &#233;gards, cette &#233;volution de la th&#233;orie politique est extraordinairement pernicieuse et lourde de menaces. Elle ne fait pas trop de d&#233;g&#226;ts (et encore) aux &#201;tats-Unis qui se croyant et &#233;tant donc encore une nation, demeurent une R&#233;publique et jouissent en pratique de toutes les dimensions de cette souverainet&#233; que leurs penseurs r&#233;cusent en th&#233;orie. Mais en Europe, l'abandon de ces r&#233;f&#233;rences, synonyme de d&#233;mission et de disparition du politique, est tout bonnement catastrophique. Car on ne r&#233;sistera pas aux effets pervers de la mondialisation (indissociables de ses effets positifs) sans r&#233;tablir une certaine primaut&#233; du politique sur les flux marchands et il n'y a pas d'autres id&#233;aux politiques disponibles que ceux de l'&#233;dification d'une R&#233;publique d&#233;mocratique par un peuple souverain (auto)constituant. Comprenons bien que si ces vocables - le peuple, la d&#233;mocratie, la R&#233;publique, la souverainet&#233;, etc.- sonnent vieux jeu et hors de saison, ce n'est pas en raison des progr&#232;s foudroyants de la pens&#233;e politique mais parce qu'&#224; partir du moment o&#249; la construction europ&#233;enne a commenc&#233; &#224; les disjoindre, ils ont peu &#224; peu cess&#233; de faire sens, faute d'une incarnation tangible. Soit donc on abandonne tout espoir d'une r&#233;ponse politique aux d&#233;fis de la mondialisation, soit il faut apprendre &#224; faire vivre et &#224; r&#233;associer, sur de nouvelles bases, ces notions aujourd'hui vid&#233;es de sens parce que dissoci&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Partons donc de cette &#233;vidence perdue de vue : une R&#233;publique d&#233;mocratique sans un peuple et sans souverainet&#233; politique est une impossibilit&#233; absolue. Voil&#224; qui ne laisse que trois choix. Nous connaissons les deux premiers : celui de la nostalgie de la R&#233;publique, de la souverainet&#233; et du peuple perdus, et celui de la dilution achev&#233;e du politique dans le magma technocratique d'une Europe marchande en expansion permanente mais sans corps et sans esprit. Le troisi&#232;me, &#224; inventer, est de sauver le politique en renouant avec l'aspiration r&#233;publicaine et d&#233;mocratique mais &#224; une &#233;chelle nouvelle et &#233;largie. Cela implique la formation d'un nouveau peuple, un peuple des r&#233;publicains d'Europe, un peuple qui n'abolit pas les peuples qui le composent, Fran&#231;ais, Allemands, Italiens ou autres (eux-m&#234;mes faits en d&#233;finitive de peuples multiples) mais qui les unifie en une souverainet&#233; politique partag&#233;e. Cette troisi&#232;me possibilit&#233; que personne n'&#233;voque jamais, comme si elle relevait de l'impensable, est en fait la seule qui soit &#224; la fois pertinente et plausible aujourd'hui. La seule, en tout cas, &#224; m&#234;me de r&#233;veiller les &#233;nergies bien assoupies de la vieille Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On ne fera pas, en effet, une R&#233;publique europ&#233;enne &#224; quinze ou &#224; vingt-cinq. On ne la fera qu'avec et entre les peuples qui d&#233;sirent s'allier et former un peuple politique unique parce qu'ils se reconnaissent des valeurs et une histoire communes. Le ferment premier de cette unit&#233; aujourd'hui ne peut r&#233;sider que dans une acceptation partag&#233;e des r&#232;gles de l'&#233;conomie de march&#233; conjugu&#233;e au ferme refus de laisser le march&#233; tout r&#233;genter. Il est probable que le noyau de la R&#233;publique europ&#233;enne qui d&#233;ciderait de se constituer sur cette base en une communaut&#233; politique serait form&#233;, approximativement, des quatre premiers initiateurs de l'Europe, la France, l'Allemagne, l'Italie et le B&#233;n&#233;lux (plus l'Espagne ? le Portugal ? l'Autriche ? etc. ) et anim&#233; par un solide consensus franco-allemand. Ces pays, &#233;troitement unis &#224; la fois par le souvenir de leurs guerres pass&#233;es et d&#233;sormais surmont&#233;es, et par la communaut&#233; de leurs traditions culturelles et sociales, partagent &#224; des degr&#233;s divers la m&#234;me vision d'une Europe sociale, d&#233;mocratique, associationniste et humaniste. Plus concr&#232;tement, tout porte &#224; croire que leurs peuples divers se portent suffisamment de sympathie et d'estime r&#233;ciproques pour &#234;tre pr&#234;ts &#224; se choisir un destin commun. A quoi pourrait ressembler cette R&#233;publique, qui na&#238;trait dans le cadre et &#224; l'int&#233;rieur de l'actuelle union europ&#233;enne mais sans se confondre avec elle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;publique europ&#233;enne serait f&#233;d&#233;rative, les &#201;tats constituants devenant ses organes interm&#233;diaires dot&#233;s de pouvoirs l&#233;gislatifs et ex&#233;cutifs circonscrits. La l&#233;gitimit&#233; politique premi&#232;re appartiendrait &#224; terme &#224; un Parlement - o&#249; si&#232;geraient, &#224; part &#233;gale, des repr&#233;sentants &#233;lus &#224; l'&#233;chelle de la R&#233;publique europ&#233;enne (une Assembl&#233; nationale) et d'autres d&#233;sign&#233;s par des scrutins nationaux (un S&#233;nat) - d&#233;finissant les droits politiques et sociaux fondamentaux, et disposant de la pleine souverainet&#233; en mati&#232;re de d&#233;fense, de politique &#233;trang&#232;re et &#233;conomique. Elle serait repr&#233;sent&#233;e par un(e) pr&#233;sident(e) &#233;lu(e) par le Parlement ou au suffrage universel. Le gouvernement serait dans un premier temps form&#233; par un Conseil des ministres des divers &#201;tats membres prenant des d&#233;cisions &#224; la majorit&#233; (simple ou qualifi&#233;e). Il serait dans un second temps form&#233; &#224; l'initiative du pr&#233;sident de la R&#233;publique europ&#233;enne et responsable devant le Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres points, assur&#233;ment, devraient &#234;tre pr&#233;cis&#233;s pour rendre pleinement plausible ce projet d'une R&#233;publique europ&#233;enne dont nous n'avons voulu ici exposer que le principe fondateur possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais une chose en tout cas est s&#251;re : si nous voulons que l'Europe soit un jour une entit&#233; politique effective, il faut qu'elle devienne d'abord une r&#233;alit&#233; affective, et que les peuples qui voudront la composer trouvent la passion d'inventer en commun, &#224; partir de leur h&#233;ritage culturel partag&#233;, les formes d'une d&#233;mocratie politique renouvel&#233;e et viable &#224; l'&#233;chelle de la mondialisation. Seuls subsisteront alors les partis politiques qui auront su donner voix &#224; cette esp&#233;rance. Il faut bien, une fois tous les trente ou quarante ans, savoir regarder les d&#233;fis de l'histoire de l'histoire en face....&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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