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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Argumentaire M&#252;hlstein : La r&#233;glementation Barrot, le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) ou la concurrence pour le march&#233;</title>
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		<dc:date>2005-04-28T16:08:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe M&#252;hlstein</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Transport</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;glementation Barrot &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) &lt;br class='autobr' /&gt;
dans les transports publics &lt;br class='autobr' /&gt;
ou &lt;br class='autobr' /&gt;
la concurrence pour le march&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
13 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Version provisoire &lt;br class='autobr' /&gt;
Les projets de la Commission europ&#233;enne concernant les transports publics de voyageurs par route et par voie ferr&#233;e ne sont pas nouveaux et ne sortent pas du cerveau tumultueux du &#171; petit nouveau &#187; Jacques Barrot. Il s'agit d'une nouvelle mouture (pr&#234;te sous cette derni&#232;re forme depuis plus d'un an) d'un projet qui...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; La r&#233;glementation Barrot &#187;&lt;br /&gt;
Le projet de r&#233;glementation europ&#233;en (OSP) &lt;br /&gt;
dans les transports publics&lt;br /&gt;
ou &lt;br /&gt;
la concurrence pour le march&#233; &lt;br /&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;13 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version provisoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les projets de la Commission europ&#233;enne concernant les transports publics de voyageurs par route et par voie ferr&#233;e ne sont pas nouveaux et ne sortent pas du cerveau tumultueux du &#171; petit nouveau &#187; Jacques Barrot. Il s'agit d'une nouvelle mouture (pr&#234;te sous cette derni&#232;re forme depuis plus d'un an) d'un projet qui remonte &#224; 2001 de r&#232;glement europ&#233;en relatif aux obligations de service public (OSP) dans les transports terrestres, raison pour laquelle on l'appelle parfois encore &#171; projet de r&#232;glement OSP &#187;. Il s'agit d'imposer la mise en appel d'offre des transports publics de proximit&#233; (sur le territoire d'une r&#233;gion administrative ou d'une ville) afin de pouvoir en confier l'exploitation pour une dur&#233;e de 5 &#224; 10 ans &#224; des entreprises priv&#233;es (genre Vivendi-Veolia-Connex) et non plus aux seuls op&#233;rateurs historiques publics comme c'est encore le cas aujourd'hui en France.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Dans le domaine ferroviaire, le texte que j'avais envoy&#233; &#224; la liste du CS en 2003, qui a fait l'objet d'une session &#224; notre universit&#233; d'&#233;t&#233; 2004 et qui figure depuis sur notre site (&#171; Sur la lib&#233;ralisation du transport ferroviaire &#187;) y faisait explicitement mention (page 15). Je vous joins &#224; nouveau ce texte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
A la diff&#233;rence de la mise en concurrence de plusieurs &#171; op&#233;rateurs ferroviaires &#187; faisant circuler des trains d'entreprises diff&#233;rentes sur une m&#234;me ligne (concurrence dite &#171; sur le march&#233; &#187;), comme dans les premier, second et troisi&#232;me paquets ferroviaires, il s'agit ici pour ces op&#233;rateurs ferroviaires de remporter la comp&#233;tition pour obtenir, pour 5 &#224; 10 ans, un monopole d'exploitation des transports ferroviaires sur le territoire d'une autorit&#233; organisatrice de transports, ville ou r&#233;gion (concurrence dite &#171; pour le march&#233; &#187;). &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
C'est le mod&#232;le mis en &#339;uvre lors de la r&#233;forme ferroviaire britannique de 1994, que la Commission veut g&#233;n&#233;raliser &#224; tous les transports locaux et r&#233;gionaux. Vous connaissez le r&#233;sultat. La Commission peut proc&#233;der par r&#232;glement (&#171; loi europ&#233;enne &#187; dans le TCE) et pas par directive (&#171; loi-cadre &#187; dans le TCE) puisqu'il s'agit de march&#233; et de concurrence, donc d'une &#171; comp&#233;tence exclusive &#187; de l'Union, m&#234;me si le march&#233; &#224; &#233;tablir est ici celui des transports (ceux-ci relevant, en tant que secteur, d'une &#171; comp&#233;tence partag&#233;e &#187;).&lt;br /&gt;
Dans son premier projet de &#171; r&#232;glement OSP &#187;, la Commission avait m&#234;me trouv&#233; le moyen d'exclure la SNCF de la candidature aux appels d'offres, en imposant que ne puissent soumissionner que les entreprises ferroviaires assurant moins de 25% du transport ferroviaire sur le territoire de l'autorit&#233; organisatrice &#233;mettrice de l'appel d'offre. Cette disposition, qui imposait la privatisation &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; de tous les transports ferroviaires r&#233;gionaux (TER), a disparu dans le dernier projet que Jacques Barrot est charg&#233; de promouvoir. Le d&#233;put&#233; PS europ&#233;en Gilles Savary n'avait trouv&#233; qu'une chose &#224; redire au premier projet de la Commission, c'est qu'il emp&#234;chait &#224; un baronnet local comme lui de garder ses transports en commun par autobus en r&#233;gie municipale. Il s'est battu sur ce seul point et a obtenu satisfaction. Quant au mode ferroviaire, il s'en tamponne et ne conna&#238;t rien aux conditions de son fonctionnement, du reste comme la plupart de ses coreligionnaires du PS et comme les Verts europ&#233;ens, qui ont tous soutenu ce projet de r&#232;glement (&#171; La concurrence, &#231;a fera baisser les prix du train, gnin, gnin, gnin, ... &#187;, &#226;nonnent tous ces &#171; Ravis de la cr&#232;che &#187;).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Il est &#224; noter que le mat&#233;riel roulant des TER est actuellement entretenu par la SNCF dans ses ateliers, et que les contr&#244;leurs et les conducteurs des TER sont aussi des cheminots. Selon le projet de r&#232;glement, l'entreprise qui remporterait un appel d'offre r&#233;gional devrait r&#233;embaucher le personnel SNCF. Mais alors, ne faudrait-il pas que celui-ci renonce &#224; son statut actuel ? Le projet de r&#232;glement est muet sur ce genre de d&#233;tail pittoresque, auquel des Barrot ne pensent s&#251;rement pas... La direction de la SNCF est muette &#233;galement : il y a bien longtemps que Louis Gallois et ses sbires ont d&#233;cid&#233; de jouer &#224; fond le &#171; jeu du march&#233; &#187;. (&#171; A la SNCF, on ne fait pas de politique &#187;, ce qui veut dire que l'on se soumet &#224; tout ce qui advient... m&#234;me &#224; la destruction progressive de la SNCF).&lt;br /&gt;
En Grande-Bretagne, il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; des entreprises priv&#233;es de location de mat&#233;riel ferroviaire, d'autres pour son entretien, afin que les exploitants priv&#233;s qui ont remport&#233; les appels d'offres puissent y avoir recours. Comment fera-t-on en France ? Faudra-t-il finir de briser la SNCF en menus morceaux et de tous privatiser, comme John Major l'a fait l&#224;-bas et comme Jean-Claude Gayssot l'a commenc&#233; ici en 1997 en confiant l'infrastructure &#224; RFF ? V&#233;tilles pour les Chevaliers de la concurrence forc&#233;e &#224; la Commission ! L&#224; non plus, Barrot n'a s&#251;rement pas r&#233;fl&#233;chi &#224; la question.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Les n&#233;olib&#233;raux affectent de savoir ce qu'ils veulent, mais il est absolument certain qu'ils ignorent tout de ce qu'ils cassent. Outre Manche, les cons&#233;quences ont &#233;t&#233; dramatiques, et pas seulement socialement pour les cheminots : les prix des transports pour les voyageurs ont consid&#233;rablement augment&#233; et le d&#233;mant&#232;lement a &#233;t&#233;, au sens propre, sanglant. Mais la Commission et les n&#233;o-lib&#233;raux &#171; bien de chez nous &#187; n'ont jamais critiqu&#233; la r&#233;forme britannique, sauf depuis que Tony Blair lui-m&#234;me a men&#233; cette critique et redonn&#233; le contr&#244;le r&#233;el du rail &#224; l'Etat, parce que son gouvernement allait finir par sauter... En France, on continue &#224; aller droit dans le mur ... et les &#171; &#233;lites &#187; appuient sur l'acc&#233;l&#233;rateur et klaxonnent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J'ai montr&#233; dans un message r&#233;cent sur la liste, accompagn&#233; d'un article de Lib&#233;ration, que ce projet de r&#232;glement avait aussi &#233;t&#233; planqu&#233; sous le tapis, o&#249; il a rejoint le projet Bolkestein, bien au chaud jusqu'au 30 mai. Seul un vote &#171; NON &#187; le 29 mai pourrait emp&#234;cher ces joyeuset&#233;s de re-sortir, qu'on se le dise...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
&lt;i&gt;Philippe M&#252;hlstein&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Argumentaire M&#252;hlstein : &#034;La politique europ&#233;enne des transports et le Trait&#233; constitutionnel&#034;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/Argumentaire-Muhlstein-La-politique-europeenne-des-transports-et-le-Traite</link>
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		<dc:date>2005-04-13T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe M&#252;hlstein</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Transport</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Version 30/3/2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
La politique europ&#233;enne des transports &lt;br class='autobr' /&gt; et le trait&#233; constitutionnel &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; En attendant, qu'on ne me demande pas de reconna&#238;tre quoi que ce soit &#224; un monde o&#249; je ne cherche plus que des traces de vie insoumise. D'autres, j'en suis s&#251;re, ont encore cette passion. Quant &#224; ceux qui ne l'ont pas comme &#224; ce dont ils se r&#233;clament, c'est par tous les moyens que je me propose de leur dire non, non, non, non, non, non, non. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Annie Le Brun &lt;br class='autobr' /&gt;
(Du trop de r&#233;alit&#233; ; Stock ; 2000)...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/-2005-Constitution-europeenne-referendum-" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Europe-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Attac-Conseil-Scientifique-+" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/+-Transport-+" rel="tag"&gt;Transport&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Version 30/3/2005&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;dig&#233; par Philippe M&#252;hlstein, du Conseil scientifique d'Attac-France.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique europ&#233;enne des transports&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;et le trait&#233; constitutionnel&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; En attendant, qu'on ne me demande pas de reconna&#238;tre quoi que ce soit &#224; un monde o&#249; je ne cherche plus que des traces de vie insoumise. D'autres, j'en suis s&#251;re, ont encore cette passion. Quant &#224; ceux qui ne l'ont pas comme &#224; ce dont ils se r&#233;clament, c'est par tous les moyens que je me propose de leur dire non, non, non, non, non, non, non. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;Annie Le Brun&lt;br /&gt;
(&lt;i&gt;Du trop de r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; ; Stock ; 2000)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1. Une lib&#233;ralisation tardive des transports... puis un rattrapage &#224; marche forc&#233;e&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon la Commission europ&#233;enne, le secteur des transports produit 10% de la richesse communautaire mesur&#233;e par le produit int&#233;rieur brut (PIB) europ&#233;en, soit environ 1 000 milliards d'euros par an, et g&#233;n&#232;re plus de 10 millions d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le trait&#233; de Rome de 1957, fondateur de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE), ou &#171; March&#233; commun &#187;, a d'embl&#233;e pr&#233;vu d'instaurer une politique commune des transports, &#224; l'origine pour les seuls transports de surface, con&#231;ue sous l'angle de dispositions devant permettre d'&#233;viter les entraves &#224; la libert&#233; de circulation et &#224; la concurrence. Cette politique n'a pas eu de r&#233;elle consistance durant presque trois d&#233;cennies, jusqu'&#224; ce qu'en mai 1985, la Cour de justice des communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) &#233;mette officiellement un constat de carence des &#201;tats membres, assorti d'une injonction &#224; la Commission de mettre en &#339;uvre la lib&#233;ralisation du cabotage, c'est-&#224;-dire la possibilit&#233; pour une entreprise d'un pays de la CEE d'effectuer du transport int&#233;rieur dans un autre de ces pays.&lt;br /&gt; Au m&#234;me moment, les chefs d'Etat r&#233;unis &#224; Milan puis &#224; Bruxelles ont lanc&#233;, par &#171; l'Acte unique &#187;, le projet de march&#233; unique &#224; r&#233;aliser le 1er janvier 1993, pour lequel la mise en place d'un &#171; march&#233; libre &#187; des transports, c'est-&#224;-dire de la concurrence dans tous les modes de transport, &#233;tait cit&#233;e comme la premi&#232;re condition du succ&#232;s. Les choses se sont alors pr&#233;cipit&#233;es vers un d&#233;mant&#232;lement &#224; marche forc&#233;e des r&#233;glementations nationales. Il a pris la forme de v&#233;ritables rafales de r&#232;glements et de directives&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un r&#232;glement europ&#233;en est directement applicable dans le droit national et...&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour l'illustrer, rappelons que depuis 1985, &lt;i&gt;environ cinq cents &lt;/i&gt;textes europ&#233;ens concernant les transports sont parus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport maritime &#233;tait pour l'essentiel lib&#233;ralis&#233; depuis longtemps, avec la disparition progressive des pavillons nationaux o&#249; les droits sociaux nationaux s'appliquaient aux marins, remplac&#233;s par des pavillons-bis, comme celui des &#238;les Kerguelen pour la France, sortes de pavillons de complaisance l&#233;gaux, et surtout par les pavillons de complaisance reconnus comme tels, qui rel&#232;vent d'Etats ne respectant m&#234;me pas les conventions internationales maritimes (Panama, Lib&#233;ria, Malte,...). Les navires portant ces pavillons constituent environ &lt;i&gt;les deux tiers&lt;/i&gt; de la flotte mondiale et sont responsables de plus de &lt;i&gt;90%&lt;/i&gt; des catastrophes maritimes. Notons que la France se propose de cr&#233;er un nouveau pavillon de complaisance l&#233;gal, le RIF (Registre international fran&#231;ais), avec lequel les garanties sociales des marins se situeraient entre celles des pavillons-bis et celles des pavillons de complaisance.&lt;br /&gt; Le transport maritime a toutefois fait l'objet en 1986 d'un r&#232;glement (4056/86) relatif aux r&#232;gles de concurrence dans ce secteur, qui ent&#233;rine pour l'essentiel les &#171; conf&#233;rences maritimes &#187;, formes d'ententes entre armateurs pour le transport du fret. L'Europe ne s'en est &#224; nouveau pr&#233;occup&#233;e qu'avec la publication d'un Livre vert&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Livres vert et blanc sont des rapports europ&#233;ens visant &#224; pr&#233;parer des...&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en d&#233;cembre 1997, qui concernait la politique portuaire. Il a conduit, en f&#233;vrier 2001, &#224; un projet de directive de lib&#233;ralisation des activit&#233;s portuaires sur lequel nous reviendrons dans le point 2 ci-apr&#232;s. En octobre 2004, sous la pression des chargeurs, la Commission a annonc&#233; un Livre blanc qui envisage la lib&#233;ralisation totale du secteur de la ligne r&#233;guli&#232;re dans le &lt;i&gt;shipping&lt;/i&gt;, c'est &#224; dire l'abrogation de tout ou partie du dispositif du r&#232;glement de 1986.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport a&#233;rien a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; progressivement et totalement entre 1987 et 1997 par plusieurs &#171; paquets &#187; de mesures successifs. Le point de d&#233;part a &#233;t&#233; un Arr&#234;t d'avril 1986 de la CJCE (Arr&#234;t &#171; Nouvelles fronti&#232;res &#187;) rendant applicable au transport a&#233;rien les r&#232;gles de concurrence du trait&#233; europ&#233;en.&lt;br /&gt; A la fin de 1987, un premier &#171; paquet &#187; concr&#233;tisait les d&#233;cisions de l'Arr&#234;t pr&#233;c&#233;dent et fixait des conditions de tarification &#171; non discriminatoires &#187; et d'acc&#232;s au march&#233;.&lt;br /&gt; Puis, en juin 1990, un deuxi&#232;me &#171; paquet &#187; reprenait les dispositions du premier en renfor&#231;ant la lib&#233;ralisation, notamment l'acc&#232;s aux a&#233;roports pour toutes les compagnies a&#233;riennes de l'Union.&lt;br /&gt; Le &#171; troisi&#232;me et dernier paquet &#187;, adopt&#233; en juillet 1992, compl&#233;tait ou rempla&#231;ait les textes ant&#233;rieurs pour parvenir &#224; :&lt;br /&gt;
La libre fixation des prix par les compagnies a&#233;riennes ;&lt;br /&gt;
La certification des personnels navigants selon des crit&#232;res europ&#233;ens permettant la desserte de l'ensemble du territoire de l'Union ;&lt;br /&gt;
La libert&#233; totale du cabotage a&#233;rien dans les Etats membres.&lt;br /&gt; Ainsi, en quelques ann&#233;es, a &#233;t&#233; balay&#233; le principe de pleine souverainet&#233; des Etats sur leur espace a&#233;rien, principe pourtant reconnu d&#232;s 1919 par la Convention de Paris et r&#233;affirm&#233; en 1944 par celle de Chicago.&lt;br /&gt; Le &#171; dernier paquet &#187; a en fait &#233;t&#233; suivi, apr&#232;s les plaintes de compagnies a&#233;riennes priv&#233;es aupr&#232;s de la Commission en 1994, d'une directive adopt&#233;e en 1996 qui a impos&#233; la concurrence par appels d'offres pour les prestations d'assistance en escale, rendue effective entre 1999 et 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport routier est pratiquement lib&#233;ralis&#233; depuis qu'il existe, du fait de conditions d'acc&#232;s et de dispositions sociales d'embl&#233;e peu contraignantes.&lt;br /&gt; Toutefois existait en France, jusqu'en 1985, le dispositif de la TRO (Tarification routi&#232;re obligatoire), qui fixait des tarifs minima de transport afin d'emp&#234;cher les artisans routiers, constituant l'essentiel de la profession et connaissant tr&#232;s mal leurs co&#251;ts r&#233;els, de &#171; s'&#233;trangler &#187; eux-m&#234;mes par de trop bas tarifs. Cette garantie a &#233;t&#233; supprim&#233;e d&#232;s 1986 par une directive europ&#233;enne instaurant la libert&#233; totale des prix du transport des marchandises.&lt;br /&gt; Par la suite, le cabotage routier a &#233;t&#233; totalement lib&#233;ralis&#233; &#224; partir de 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport fluvial a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; progressivement par la l&#233;gislation europ&#233;enne &#224; partir de 1994, pour aboutir &#224; une lib&#233;ralisation totale du march&#233; dans l'Union depuis le 1er janvier 2000. C'est &#224; cette date que la France, apr&#232;s 57 ans de &#171; gestion administrative &#187;, a rejoint l'Allemagne, qui avait lib&#233;ralis&#233; ses transports fluviaux d&#232;s 1993, ainsi que la Belgique et les Pays-Bas, qui l'avaient imit&#233;e en 1998. Cela s'est traduit par l'abandon du syst&#232;me d'affr&#232;tement &#171; au tour de r&#244;le &#187; - le client-chargeur ne choisissait pas son bateau car le fret &#233;tait attribu&#233; aux bateliers &#224; tour de r&#244;le, les prix &#233;tant fix&#233;s par l'Etat - et par la fermeture des 33 bourses d'affr&#232;tement fluvial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transport ferroviaire a &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233; tardivement et l&#224; aussi par rafales de textes, accompagn&#233;es par la Commission de l'affichage d'un simple objectif, la &#171; revitalisation &#187; du rail, et d'un moyen unique pour l'atteindre, favoriser toujours plus son ouverture &#224; la concurrence.&lt;br /&gt; Quatre s&#233;ries de mesures successives ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es, de plus en plus rapproch&#233;es :&lt;br /&gt;
La directive 91/440 de juillet 1991 a impos&#233; la s&#233;paration comptable entre gestion de l'infrastructure et services de transport. Elle a ouvert les r&#233;seaux &#224; la concurrence des regroupements internationaux d'EF&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La l&#233;gislation europ&#233;enne a impos&#233; que l'infrastructure ferroviaire (les...&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; des Etats membres et pour le transport combin&#233; international ; elle a &#233;t&#233; suivie en 1995 de deux directives relatives aux licences d'EF et &#224; la r&#233;partition des capacit&#233;s de l'infrastructure.&lt;br /&gt;
Le &#171; Premier paquet ferroviaire &#187; de f&#233;vrier 2001 (trois directives) a ouvert &#224; la concurrence le trafic de fret, pour toute EF titulaire d'une licence et d'un certificat de s&#233;curit&#233;, sur les lignes importantes des r&#233;seaux (&#171; R&#233;seau trans-europ&#233;en de fret ferroviaire &#187;), avec &#233;largissement &#224; leur totalit&#233; en 2008. Il a impos&#233; des modalit&#233;s de r&#233;partition des capacit&#233;s d'infrastructure, de tarification et de certification de s&#233;curit&#233;, &lt;i&gt;y compris pour les trafics nationaux&lt;/i&gt;. Enfin, il a donn&#233; un fort pouvoir aux GI (Cf. note 4), tr&#232;s int&#233;ress&#233;s &#224; la mise en concurrence des EF historiques afin de rench&#233;rir les p&#233;ages d'infrastructures qui sont leurs revenus principaux.&lt;br /&gt;
Le &#171; Deuxi&#232;me paquet &#187; d'avril 2004 (un r&#232;glement et trois directives) a cr&#233;&#233; une agence ferroviaire europ&#233;enne, pr&#233;cis&#233; la r&#233;partition des capacit&#233;s d'infrastructure, la tarification et la certification de s&#233;curit&#233;, et fix&#233; des exigences d'interop&#233;rabilit&#233; (dispositifs techniques communs dans toute l'Union). Il impose l'ouverture totale du fret international en 2006 au lieu de 2008 et celle du cabotage de fret en 2007.&lt;br /&gt;
Le &#171; Troisi&#232;me paquet &#187; (deux directives et deux r&#232;glements) a &#233;t&#233; propos&#233; en mars 2004 et est encore en discussion. Il pr&#233;voit l'ouverture &#224; la concurrence du trafic international de voyageurs et du cabotage au passage en 2010, un certificat europ&#233;en de conducteur, des engagements de qualit&#233; pour le fret assortis de p&#233;nalit&#233;s et enfin des droits pour les passagers internationaux (responsabilit&#233; des EF concernant l'information, les r&#233;clamations et les compensations).&lt;br /&gt; Il ne restera donc qu'&#224; finir d'ouvrir le cabotage des voyageurs &#224; la concurrence pour que la lib&#233;ralisation soit totale. Cependant, il convient d'ajouter &#224; cela un projet de r&#232;glement de la Commission qui porte sur les transports r&#233;gionaux de voyageurs par rail (TER) et par route, qui vise &#224; imposer la concurrence &lt;i&gt;pour le march&#233;&lt;/i&gt; et que nous &#233;voquons au point 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans tous les cas, on constate que la Commission propose &#224; jet continu des &#171; paquets &#187; de directives et de r&#232;glements successifs, avant m&#234;me que les pr&#233;c&#233;dents aient seulement pu &#234;tre mis en application et encore moins &#233;valu&#233;s. Ces &#171; paquets &#187; &#233;largissent toujours plus les obligations de mise en concurrence du secteur des transports par un syst&#232;me &#171; &#224; cliquets &#187; : la lib&#233;ralisation est accrue pas &#224; pas et ne recule jamais. De ce fait, les entreprises publiques historiques s'&#233;puisent litt&#233;ralement &#224; modifier sans r&#233;pit leurs organisations internes pour s'adapter aux nouvelles dispositions ; cet &#233;puisement fait aussi partie du but recherch&#233; par la Commission, pour laquelle elles constituent des ennemis &#224; abattre. Par un paradoxe qui n'est qu'apparent, c'est par la mise en place d'un v&#233;ritable Gosplan que la d&#233;r&#233;glementation est impos&#233;e. En v&#233;rit&#233;, se v&#233;rifie dans l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale une r&#232;gle g&#233;n&#233;rale du d&#233;veloppement capitaliste : la machine administrative et gouvernementale doit tourner &#224; plein r&#233;gime pour &#171; fabriquer du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La politique des transports de l'Union europ&#233;enne selon les trait&#233;s : libre-&#233;changisme d&#233;brid&#233; et &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;dumping &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;social g&#233;n&#233;ralis&#233;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; L'ouverture mondiale des march&#233;s pr&#233;sente pour les possesseurs du capital le double int&#233;r&#234;t de diminuer les co&#251;ts de production, donc d'accro&#238;tre les profits, et de placer la main-d'&#339;uvre des pays riches en concurrence avec celle des pays pauvres, donc de mater sa r&#233;sistance sociale. Encore faut-il pouvoir transporter au plus bas prix possible, vers les march&#233;s de consommation, les produits fabriqu&#233;s dans les pays qui pratiquent le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social, fiscal et environnemental, afin que la plus-value tir&#233;e des exploit&#233;s de ces pays ne se perde pas - c'est le cas de le dire - en route. C'est pourquoi la politique des transports qui inspire le trait&#233; constitutionnel vise avant tout &#224; poursuivre, renforcer et &#171; graver dans le marbre &#187; la lib&#233;ralisation des transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce but qu'agit depuis 15 ans cette efficace &lt;i&gt;agence r&#233;gionale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)&lt;/i&gt; qu'est la Commission de l'Union europ&#233;enne, sous la banni&#232;re &#233;toil&#233;e du trait&#233; de Rome modifi&#233; par l'Acte unique puis les trait&#233;s de Maastricht, Amsterdam, Nice et maintenant le trait&#233; constitutionnel.&lt;br /&gt; La politique des transports est certes d&#233;finie dans le trait&#233;, comme auparavant, en tant que &lt;i&gt;comp&#233;tence partag&#233;e&lt;/i&gt; entre l'Union et les Etats membres (article I-14). A la diff&#233;rence, par exemple, de l'&#233;tablissement des r&#232;gles relatives &#224; la concurrence et au march&#233; int&#233;rieur, qui rel&#232;ve d'une &lt;i&gt;comp&#233;tence exclusive&lt;/i&gt; de l'Union (article I-13), les Etats membres peuvent aussi l&#233;gif&#233;rer en mati&#232;re de transports, mais seulement &lt;i&gt;&#171; dans la mesure o&#249; l'Union n'a pas exerc&#233; &lt;/i&gt;[sa comp&#233;tence]&lt;i&gt; ou a d&#233;cid&#233; de cesser de l'exercer &#187;&lt;/i&gt; (article I-12). Il s'agit donc clairement d'un domaine o&#249; pr&#233;dominent l'Union... et la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;	&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En mati&#232;re de transports, le trait&#233; constitutionnel se contente de reprendre, dans ses articles III-236 &#224; III-245, le contenu des trait&#233;s ant&#233;rieurs ; il n'introduit donc pas de rupture avec la (d&#233;)-construction n&#233;o-lib&#233;rale en cours.&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; Il lui donne, mais c'est &#233;norme, une valeur constitutionnelle et rend tr&#232;s difficile toute modification ult&#233;rieure de la politique actuelle.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La politique des transports de l'Union concr&#232;tement mise en &#339;uvre consiste, selon une logique inavou&#233;e mais claire, &#224; g&#233;n&#233;raliser le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social dans tous les modes de transport, afin d'en contenir les tarifs. La libre circulation des marchandises, n&#233;cessaire au libre &#233;change et aux d&#233;localisations, est jug&#233;e beaucoup plus importante que ses effets sur les garanties sociales et sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le mod&#232;le sous-jacent de cette politique est celui des transports maritimes qui, ces trente derni&#232;res ann&#233;es, ont enregistr&#233; mondialement une progression de trafic de 430% et une baisse des co&#251;ts de 30%, essentiellement par le recours aux &#171; navires poubelles &#187; et &#224; la baisse des revenus des marins. A pr&#233;sent, des soci&#233;t&#233;s de &lt;i&gt;manning&lt;/i&gt;, v&#233;ritables marchands d'esclaves des temps modernes, fournissent aux armateurs des &#233;quipages recrut&#233;s dans les pays du tiers-monde, sous-pay&#233;s pour des dur&#233;es de travail non limit&#233;es et condamn&#233;s &#224; tout accepter pour ne pas &#234;tre inscrits sur les &#171; listes noires &#187; desdites soci&#233;t&#233;s. Les bilans des r&#233;centes &#171; mar&#233;es noires &#187; de l'&lt;i&gt;Erika&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Prestige&lt;/i&gt; se passent de commentaire quant aux cons&#233;quences.&lt;br /&gt; La Commission entend d&#233;sormais, apr&#232;s son &#233;chec de 2003 du fait de la combativit&#233; sociale des dockers, d&#233;molir leur statut en imposant la mise en concurrence des services portuaires par une directive. Au nom de la &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt; ch&#232;re au trait&#233; constitutionnel, pilotage, remorquage, amarrage, manutention et transbordement devront faire l'objet d'appels d'offres et de contrats n&#233;goci&#233;s. Les soci&#233;t&#233;s de transport maritime, si soucieuses comme on le sait des conditions sociales, pourront m&#234;me cr&#233;er leurs propres filiales de service ou confier une partie des op&#233;rations aux marins du bord. Il s'agit de diffuser dans les ports le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social qui existe d&#233;j&#224; en mer sous une forme impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports a&#233;riens ont connu, apr&#232;s leur d&#233;r&#233;glementation, les privatisations en s&#233;rie des compagnies nationales, la concentration, la g&#233;n&#233;ralisation de la sous-traitance et le d&#233;veloppement sans frein des compagnies dites &#171; &#224; bas co&#251;t &#187; (&lt;i&gt;low cost)&lt;/i&gt;, qui diminuent leurs tarifs notamment en pressurant leurs salari&#233;s (le syndicalisme y est &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; interdit). Ce d&#233;veloppement est soutenu par la Commission de Bruxelles en d&#233;pit de l'aberration environnementale que constitue le transport a&#233;rien &#224; courte distance, comme on le verra au point 4. A titre d'illustration, la Commission a r&#233;cemment autoris&#233; &lt;i&gt;les trois quarts&lt;/i&gt; des aides publiques vers&#233;es &#224; la compagnie &#224; bas co&#251;ts &lt;i&gt;Ryanair&lt;/i&gt; pour son implantation sur l'a&#233;roport belge de Charleroi. Elle veut g&#233;n&#233;raliser cette autorisation &#224; toute compagnie cr&#233;ant des dessertes au d&#233;part d'a&#233;roports r&#233;gionaux, durant les cinq ann&#233;es de d&#233;marrage. La vertueuse indignation affich&#233;e par la Commission contre les aides d'&#201;tat ne vaut donc que lorsque les fonds sont destin&#233;s &#224; des entreprises publiques ; les primes publiques au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social vers&#233;es aux compagnies &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt; ont droit &#224; sa b&#233;n&#233;diction.&lt;br /&gt; Tout comme les marins, les salari&#233;s des transports a&#233;riens sont d&#233;j&#224; soumis &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; au projet de directive dite &#171; Bolkestein &#187; qui affirme le &#171; principe du pays d'origine &#187;, selon lequel le prestataire d'un service est soumis uniquement &#224; la loi du pays dans lequel il est &#233;tabli. En effet, les compagnies a&#233;riennes &#233;trang&#232;res op&#233;rant en France, non concern&#233;es &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; par ce projet, sont autoris&#233;es &#224; employer sous contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &lt;i&gt;de leur pays d'origine&lt;/i&gt; des &#233;quipages bas&#233;s en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La d&#233;r&#233;glementation des transports routiers a particuli&#232;rement soumis au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social une profession tr&#232;s atomis&#233;e, qui regroupe 452 500 salari&#233;s et comprend beaucoup d'entrepreneurs individuels sans tradition de lutte sociale (plus de 80% des entreprises fran&#231;aises de transport routier ont moins de 10 salari&#233;s). Peu &#224; peu, les chauffeurs sont devenus des esclaves de la route, qui s'imposent du reste &#224; eux-m&#234;mes l'esclavage lorsqu'ils sont artisans, propri&#233;taires d'un seul camion achet&#233; en cr&#233;dit-bail. Contrairement au discours du lobby patronal routier (&lt;i&gt;&#171; Je roule pour vous ! &#187;&lt;/i&gt;), c'est beaucoup plus au profit des industriels chargeurs que des consommateurs que le prix des transports a baiss&#233;.&lt;br /&gt; Cette baisse avait atteint un palier en France, par l'application de cosm&#233;tiques sociaux comme le &#171; Contrat de progr&#232;s &#187; qui ont en r&#233;alit&#233; ent&#233;rin&#233; &lt;i&gt;des dispositions d&#233;rogatoires&lt;/i&gt; au droit commun du travail. Cependant, le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social routier reprend de plus belle avec l'&#233;largissement de l'Union aux pays d'Europe de l'Est. Les instances europ&#233;ennes, en d&#233;pit de d&#233;clarations l&#233;nifiantes et de Livres blancs p&#233;tris de bonnes intentions, n'ont jamais voulu mettre en place une l&#233;gislation sociale digne de ce nom. Pour conna&#238;tre l'esprit du trait&#233; constitutionnel &#224; ce sujet, il suffit d'examiner les directives de l'Union (2000-34 et 2002-15), qui permettent de faire travailler les chauffeurs &lt;i&gt;60 heures par semaine&lt;/i&gt; pour peu qu'une dur&#233;e moyenne hebdomadaire de travail de 48 heures, &lt;i&gt;calcul&#233;e sur 4 mois&lt;/i&gt;, ne soit pas d&#233;pass&#233;e.&lt;br /&gt; Les salaires journaliers des chauffeurs routiers dans l'Europe des 25 sont actuellement compris entre un maximum de 230 euros et un minimum de 50 euros, &lt;i&gt;soit 4,5 fois moins&lt;/i&gt;. Les temps de conduite maxima observ&#233;s varient quant &#224; eux entre 1 670 heures et 2 100 heures. &lt;i&gt;Le trait&#233; constitutionnel ne permet en rien l'harmonisation par le haut&lt;/i&gt;. Il est au contraire con&#231;u pour encourager le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social entre pays d'Europe et ne laisser d'autre choix aux moins mal lotis socialement que d'accepter le nivellement par le bas ou de voir d&#233;cliner leur pavillon national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports fluviaux, lib&#233;ralis&#233;s depuis 2000 en France, y connaissent une embellie, avec une hausse de leur trafic de 25% depuis 1997. Alors que la lib&#233;ralisation avait provoqu&#233; en Belgique une baisse des prix de 30%, ce ne fut pas le cas en France, o&#249; les revenus pouvaient difficilement descendre plus bas. La raison en est l'impressionnante saign&#233;e qu'avait connue la profession d'artisan batelier, dont les effectifs &#233;taient pass&#233;s de 7 500 en 1973 &#224; moins de 1 000 en 2000, avec la mise &#224; la casse corr&#233;lative de milliers de p&#233;niches.&lt;br /&gt; La p&#233;nurie de &#171; cale &#187; (p&#233;niches disponibles pour charger du fret) qui s'est ensuivie a permis aux artisans survivants de contrecarrer l'abandon de l'affr&#232;tement r&#233;glement&#233; au &#171; tour de r&#244;le &#187; en s'organisant collectivement. La tradition de solidarit&#233; corporative de la profession a suscit&#233; la collecte et la mise &#224; disposition des artisans (entre 10 et 15% du transport fluvial), via des moyens de t&#233;l&#233;communication performants, d'information relatives &#224; la &#171; cale &#187; et aux offres de fret, ce qui a sauvegard&#233; un certain niveau de tarification et de partage du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'ouverture forc&#233;e &#224; la concurrence des r&#233;seaux ferroviaires en Europe a impos&#233; la s&#233;paration artificielle des infrastructures et des services de transport en tant que condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; d'une marchandisation du rail qui, dans l'esprit des trait&#233;s europ&#233;ens successifs, ne devait plus faire exception &#224; la marchandisation g&#233;n&#233;rale du monde. L'OCDE (Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques) a &#233;t&#233; un ma&#238;tre &#224; penser pour l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale, comme l'illustre l'accord intervenu en 1997 &#224; une r&#233;union du Conseil de l'OCDE au niveau minist&#233;riel (C/MIN(97)10) qui visait &#224; &lt;i&gt;&#171; r&#233;former la r&#233;glementation &#233;conomique dans tous les secteurs afin de stimuler la concurrence &#187;&lt;/i&gt; et recommandait en particulier de :&lt;br /&gt;
&#171; (i)	s&#233;parer les activit&#233;s potentiellement concurrentielles des r&#233;seaux de service d'utilit&#233; publique r&#233;glement&#233;s, et proc&#233;der par ailleurs aux restructurations requises pour r&#233;duire la puissance sur le march&#233; des entreprises en place ;&lt;br /&gt;
(ii)	garantir l'acc&#232;s aux r&#233;seaux essentiels &#224; tous les entrants sur le march&#233; dans des conditions de transparence et de non-discrimination &#187;.&lt;br /&gt; On comprend bien qu'il s'agit l&#224; aussi de casser des monopoles publics o&#249; l'existence de collectifs de travail combatifs constitue un obstacle au &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social. La s&#233;paration forc&#233;e, dont l'instrument n&#233;o-lib&#233;ral est en France RFF (R&#233;seau ferr&#233; de France), institution parasitaire pour le d&#233;veloppement ferroviaire, a lieu au d&#233;triment de l'efficacit&#233; technique et &#233;conomique du rail, mais aussi de la s&#233;curit&#233; des circulations, comme l'illustre le cas de la Grande-Bretagne depuis 10 ans.&lt;br /&gt; Il est notable que les statuts sociaux ayant &#233;t&#233; bris&#233;s et les syndicats affaiblis, la compagnie nationale britannique ayant &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;e puis vendue &#224; l'encan &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &lt;i&gt;et incomp&#233;tents&lt;/i&gt;, aucune critique de la privatisation du rail en Grande Bretagne n'est cependant venue de la part de la Commission, &#171; gardienne du trait&#233; &#187;. Elle pr&#233;f&#232;re diriger ses foudres vers la SNCF, plus efficace mais dont le tort impardonnable pour elle est d'&#234;tre encore publique et de mettre en &#339;uvre un statut qu'elle juge trop protecteur pour le personnel. Les effectifs de la SNCF ont pourtant d&#233;j&#224; &lt;i&gt;diminu&#233; d'un tiers&lt;/i&gt; depuis 25 ans (- 85 000 emplois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Quiconque appr&#233;cie le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social et tient &#224; sa g&#233;n&#233;ralisation ne peut que voter &#171; Oui &#187; d'enthousiasme au trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. De la mise en concurrence &#224; la privatisation, un processus implacable&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les instruments mis en &#339;uvre par l'Europe n&#233;o-lib&#233;rale, dont le trait&#233; constitutionnel doit parachever l'&#339;uvre, permettent &#224; la Commission d'imposer &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; la privatisation des anciens monopoles publics, selon un processus assez simple.&lt;br /&gt; L'arriv&#233;e de la concurrence dans un secteur appauvrit les &#171; op&#233;rateurs historiques &#187; publics, du fait que leurs concurrents priv&#233;s se limitent aux parties les plus rentables. Les dirigeants des entreprises publiques de ce secteur, id&#233;ologiquement d&#233;j&#224; acquis aux dogmes lib&#233;raux, sont conduits &#224; proc&#233;der &#224; des achats dans les autres pays pour tenter de compenser la diminution de leurs march&#233;s nationaux. Pour cela, ils s'endettent, parfois de mani&#232;re d&#233;lirante, comme l'illustrent les cas de France T&#233;l&#233;com et d'EDF.&lt;br /&gt; Les cons&#233;quences s'encha&#238;nent imm&#233;diatement :&lt;br /&gt;
Les &#201;tats europ&#233;ens r&#233;clament la r&#233;ciprocit&#233; et se font ainsi les meilleurs alli&#233;s de la Commission pour pousser &#224; l'ouverture totale du march&#233; anciennement r&#233;serv&#233; aux monopoles publics, avec un discours l&#233;gitime : &lt;i&gt;&#171; Pas de monopole &#224; l'int&#233;rieur et de monopoly &#224; l'ext&#233;rieur ! &#187;&lt;/i&gt; ;&lt;br /&gt;
Les entreprises publiques appauvries et endett&#233;es n'ont plus les moyens d'investir dans la modernisation de leur outil national ;&lt;br /&gt;
Les gouvernements constatent l'inefficacit&#233; des services publics et appellent &#224; leur privatisation, rejoignant la volont&#233; de leurs technocraties dirigeantes qu'elles justifient par la n&#233;cessit&#233; (non d&#233;montr&#233;e) d'acc&#233;der au march&#233; boursier des capitaux et par celle de conclure des alliances internationales (pour lesquelles la n&#233;cessit&#233; de la privatisation n'est pas plus d&#233;montr&#233;e) ;&lt;br /&gt;
La privatisation devient &#171; in&#233;luctable &#187; apr&#232;s le passage par la fiction de &#171; l'ouverture du capital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un autre instrument puissant de privatisation forc&#233;e et de laminage des garanties sociales est la concurrence pour le march&#233;, inspir&#233;e de ce qui a (si bien !) r&#233;ussi aux chemins de fer britanniques. Voici de quoi il s'agit dans l'exemple des transports.&lt;br /&gt; La Commission propose depuis trois ans un r&#232;glement qui porte sur les services de transports de voyageurs par chemin de fer et par route. Il s'agit de soumettre obligatoirement &#224; appel d'offre les services r&#233;gionaux de transport, donc d'imposer la mise en concurrence. Au Parlement europ&#233;en, ce projet a re&#231;u le soutien des Socialistes et des Verts aussi bien que celui, logique, de la Droite lib&#233;rale. Il pourrait fort bien &#234;tre adopt&#233; d&#232;s juin 2005, sauf si...&lt;br /&gt; Ainsi, en France, les Conseils r&#233;gionaux ne seront, par exemple, plus tenus de faire assurer les services TER par la SNCF, comme le pr&#233;voit encore la loi relative &#224; la solidarit&#233; et au renouvellement urbains (loi &#171; SRU &#187;), mais pourront avoir recours &#224; Connex-Vivendi ou &#224; d'autres d&#233;fenseurs du service public de la m&#234;me farine.&lt;br /&gt; A l'&#233;vidence, toute entreprise r&#233;pondant &#224; un appel d'offres sera pouss&#233;e par la concurrence &#224; utiliser le personnel dans les conditions minimales de chaque pays, ce qui aura des r&#233;percussions sur la s&#233;curit&#233; des circulations. Comme les propositions des entreprises publiques historiques devraient &#234;tre plus ch&#232;res lors des appels d'offres dans leur pays d'appartenance, vu le statut plus favorable de leur personnel, il est probable que le m&#233;canisme fonctionnera ainsi : la SNCF perdra des appels d'offres en France contre les entreprises priv&#233;es utilisant le personnel aux conditions minimales du Code du travail fran&#231;ais ; elle utilisera alors ses comp&#233;tences techniques &#224; l'&#233;tranger pour remporter des appels d'offres locaux gr&#226;ce &#224; l'utilisation de personnels &#171; nationaux &#187;.&lt;br /&gt; L'&#233;tablissement public SNCF verra son activit&#233; diminuer en France et la prolongera &#224; l'&#233;tranger sous statut priv&#233; par l'interm&#233;diaire d'une filiale. Cependant, comme il dispose de moins de marge de man&#339;uvre qu'une entreprise priv&#233;e (endettement, absence d'autonomie), il perdra progressivement sa substance en d&#233;croissant plus vite en France qu'il ne cro&#238;tra &#224; l'&#233;tranger et le nivellement des statuts des cheminots europ&#233;ens se fera par le bas. C.Q.F.D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4. Les enjeux &#233;nerg&#233;tiques et &#233;cologiques de la politique europ&#233;enne des transports&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports sont le deuxi&#232;me secteur le plus consommateur d'&#233;nergie en France, derri&#232;re le r&#233;sidentiel-tertiaire et devant l'industrie. Ils ont repr&#233;sent&#233; 32% de la consommation totale d'&#233;nergie finale en 2003 et, au sein de celle-ci, 67% de la consommation finale de produits p&#233;troliers, ce qui les place de loin au premier rang des secteurs d&#233;pendants du p&#233;trole, le deuxi&#232;me &#233;tant occup&#233; par l'ensemble r&#233;sidentiel-tertiaire (21%).&lt;br /&gt; Les modes de transport ont des rendements &#233;nerg&#233;tiques tr&#232;s diff&#233;renci&#233;s. Compte tenu des taux r&#233;els d'occupation, une m&#234;me d&#233;pense d'&#233;nergie permet &#224; un voyageur de parcourir en TGV une distance 4,5 plus grande qu'en voiture et 9,5 plus grande qu'en avion. Pour les d&#233;placements urbains, la distance possible est 11 fois plus importante en tramway et 2,5 fois plus importante en bus qu'en voiture. Quant &#224; la tonne de fret, elle parcourt avec la m&#234;me consommation d'&#233;nergie 5 fois plus de distance par cabotage maritime, 4 fois plus par train entier et 2 fois plus par voie fluviale, qu'en poids lourd. Ce dernier est cependant 20 fois meilleur que l'avion cargo en trafic int&#233;rieur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vade-mecum de l'&#233;valuation des efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et environnementales...&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le transport a&#233;rien pour de courts trajets int&#233;rieurs constitue donc, pour les voyageurs et le fret, une aberration &#233;nerg&#233;tique et environnementale... que la politique des transports europ&#233;enne incite &#224; d&#233;velopper, comme l'illustre le soutien aux compagnies &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;. La Direction g&#233;n&#233;rale des transports de la Commission se f&#233;licite que le nombre de lignes exploit&#233;es ait doubl&#233; depuis 1992. Il en est de m&#234;me pour l'augmentation du transport routier, dont la r&#233;gulation sociale d&#233;faillante est tr&#232;s pris&#233;e des &#171; forces du march&#233; &#187;, malgr&#233; ses effets d&#233;l&#233;t&#232;res sur l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a la politique europ&#233;enne des transports &lt;i&gt;affich&#233;e&lt;/i&gt; par la Commission sur son site Internet et dans ses diverses publications, comme son dernier Livre blanc de septembre 2001, farci d'incantations au d&#233;veloppement durable et au report de trafic routier vers le rail... Et puis il y a sa politique &lt;i&gt;r&#233;ellement existante&lt;/i&gt;, celle que le trait&#233; constitutionnel va permettre de poursuivre ind&#233;finiment et qui a pour cons&#233;quence la baisse du transport ferroviaire et l'explosion du transport routier. Le transport de fret dans l'union se r&#233;partit d&#233;sormais ainsi : 44% par la route, 41% par le cabotage maritime, 8% par le rail et 4% par la voie fluviale. Quant au transport de voyageurs, la route s'en accapare 79% contre 6% pour le rail et 5% pour l'avion. L'augmentation des trafics routiers a &#233;t&#233; sup&#233;rieure &#224; 20% pour les voyageurs et &#224; 30% pour les marchandises entre 1990 et 2001, faisant plus qu'annuler les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s sur les moteurs des v&#233;hicules en termes de consommation et d'&#233;missions de gaz carbonique (CO2). Cons&#233;cutivement, les rejets de gaz &#224; effet de serre (GES) des transports en Europe ont augment&#233; de pr&#232;s de 25% durant cette p&#233;riode et repr&#233;sentent d&#233;sormais 28% du total, dont 84% sont dus au transport routier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En France m&#234;me, les transports constituent le premier secteur de l'&#233;conomie pour les &#233;missions humaines de GES, avec 27% d'un total de 554 millions de tonnes d'&#233;quivalent CO2 (la route repr&#233;sente 92% des rejets des transports, soit 25% du total), loin devant le second secteur qui est l'industrie manufacturi&#232;re (21% du total). Il s'agit du secteur o&#249; les &#233;missions croissent le plus vite (+ 23% de 1990 &#224; 2002), celles du r&#233;sidentiel-tertiaire occupant la seconde place (+ 9%) et celles de l'industrie ayant d&#233;cru de 19% sur la m&#234;me p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport d'inventaire national des &#233;missions de polluants atmosph&#233;riques en...&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt; Corr&#233;lativement aux efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques, les rejets de CO2 sont tr&#232;s variables selon les modes de transports : en France, un voyageur rejette 180 grammes de CO2 par kilom&#232;tre en avion (trajet int&#233;rieur), 112 grammes en voiture et 6 grammes en train ; une tonne de marchandise rejette 133 grammes de CO2 par kilom&#232;tre en poids lourd, 38 grammes par la voie d'eau et 6 grammes en train&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Source : ADEME (Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie).&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'importance de l'enjeu du report de trafics vers les modes moins nuisants par une politique des transports rationnelle appara&#238;t clairement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Enfin, les pollutions locales d'origine routi&#232;re ont d&#233;j&#224; des impacts sanitaires consid&#233;rables ; elles seraient, en France, directement responsables, en moyenne annuelle, de 17 600 d&#233;c&#232;s pr&#233;matur&#233;s - bien plus que l'ins&#233;curit&#233; routi&#232;re - et de 13,7 millions de journ&#233;es d'incapacit&#233; de travail, pour un &#171; co&#251;t &#233;conomique &#187; &#233;quivalant &#224; 1,7% du PIB national&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) publi&#233;e en septembre 2000...&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le trait&#233; constitutionnel, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, rejette sur la collectivit&#233; les co&#251;ts de la politique n&#233;o-lib&#233;rale europ&#233;enne des transports&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les transports fa&#231;onnent les territoires, l'urbanisme, les modes de vie... et sont fa&#231;onn&#233;s par eux. Le discours dominant repris par le trait&#233; constitutionnel pose comme axiome, pour se dispenser de toute d&#233;monstration, que la libre circulation des marchandises et donc l'augmentation corr&#233;lative des transports sont indispensables &#224; la croissance &#233;conomique, sans remettre d'ailleurs en question cette derni&#232;re en tant que condition suffisante au bien-&#234;tre (article III-130 sur le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En r&#233;alit&#233;, &lt;i&gt;l'accroissement des d&#233;placements de marchandises n'est pas un fait in&#233;luctable, mais une caract&#233;ristique du capitalisme et notamment de son stade actuel n&#233;o-lib&#233;ral&lt;/i&gt;. Il s'agit de l'un des piliers sur lesquels reposent les gains de productivit&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies dans l'industrie et la grande distribution. Les m&#233;thodes modernes de gestion (&#171; z&#233;ro stock &#187;, &#171; flux tendu &#187; ou &#171; juste &#224; temps &#187;) conduisent &#224; multiplier les transports pour suivre au plus pr&#232;s l'utilisation des marchandises, qu'il s'agisse de production ou de commercialisation, plut&#244;t qu'&#224; massifier le transport par du stockage. Les &#233;conomies de gestion des stocks d&#233;coulent ainsi de la circulation d'un flux ininterrompu de v&#233;ritables &#171; stocks roulants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La possibilit&#233; de multiplier sans limite les flux conf&#232;re aussi un aspect secondaire &#224; la localisation de la production ; elle permet de scinder la cha&#238;ne de production en autant de maillons que n&#233;cessaire pour les localiser, au cas par cas, en des lieux judicieusement choisis afin de minimiser les charges sociales, fiscales ou environnementales de production. En 1993, un rapport de l'Institut allemand de Wuppertal a montr&#233; que les diff&#233;rents ingr&#233;dients n&#233;cessaires &#224; la fabrication d'un simple pot de yaourt aux fraises parcouraient un cumul de 3 500 kilom&#232;tres avant d'&#234;tre r&#233;unis. On conna&#238;t aussi l'histoire de cet industriel allemand qui envoie ses pommes de terre se faire laver et d&#233;couper en Italie pour les rapatrier ensuite et les revendre en Allemagne, ou encore l'aberrant p&#233;riple des crevettes danoises, achemin&#233;es &#224; travers les Pyr&#233;n&#233;es jusqu'au Maroc o&#249; elles seront d&#233;cortiqu&#233;es &#224; bas prix, puis renvoy&#233;es au Danemark d'o&#249; elles repartiront vers leurs lieux de commercialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette &#171; optimisation &#233;conomique &#187; est rendue possible par la sous tarification du transport due &#224; un exc&#233;dent global de l'offre, qui fait de celui-ci une variable d'ajustement de d&#233;cisions &#233;conomiques prises dans la production et la commercialisation, dont le transport est charg&#233; d'assumer les tensions et les contradictions. Cette offre surabondante d&#233;coule, comme on l'a montr&#233;, de la d&#233;r&#233;gulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du secteur, mais aussi de la quasi-gratuit&#233;, pour les industriels chargeurs, des impacts consid&#233;rables des transports sur l'environnement et la vie des populations. C'est ce que le trait&#233; constitutionnel entend poursuivre de plus belle. &lt;i&gt;Les transports resteront ainsi un moyen privil&#233;gi&#233; de transf&#233;rer des co&#251;ts priv&#233;s vers l'ensemble de la collectivit&#233;&lt;/i&gt; car parmi les activit&#233;s suscit&#233;es par la primaut&#233; de l'&#233;conomie dans le capitalisme, ils constituent la seule &#224; se d&#233;ployer en totalit&#233; dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon une &#233;tude r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tude r&#233;alis&#233;e conjointement par deux instituts de recherche ind&#233;pendants,...&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les effets des transports sur l'homme et l'environnement - effets dits &#171; externes &#187;, car non pris en compte par le march&#233; - dans l'Union europ&#233;enne &#224; 15 plus la Suisse et la Norv&#232;ge, repr&#233;sentent un co&#251;t pour la collectivit&#233; &#233;quivalent &#224; 7,3% du PIB de cet ensemble de pays, soit l'ordre de grandeur de la contribution des transports au PIB europ&#233;en (10%). Ce co&#251;t a augment&#233; de plus de 12% en monnaie constante depuis 1995 sous l'effet de la croissance des volumes transport&#233;s par la route et l'avion, car la route est &#224; elle seule responsable de 83,7% de ces co&#251;ts et l'avion de 14%, alors que 1,9% sont attribuables au rail et 0,4% &#224; la voie navigable. A prestation comparable, c'est-&#224;-dire en rapportant ces co&#251;ts au trafic de chaque mode de transport, on constate par exemple que les co&#251;ts externes relatifs au rail sont 3,3 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux de la voiture particuli&#232;re pour le transport des passagers et 4 fois inf&#233;rieurs &#224; ceux du poids lourd pour le transport de fret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6. La politique des transports que nous voulons est interdite par le trait&#233; constitutionnel&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le cadre europ&#233;en serait tout &#224; fait pertinent pour d&#233;finir et mettre en &#339;uvre des politiques publiques des transports volontaristes, comportant par exemple :&lt;br /&gt;
L'organisation d'un service public europ&#233;en des transports multimodal efficace, d&#233;mocratiquement contr&#244;l&#233; et accessible aux plus modestes ;&lt;br /&gt;
La solidarit&#233; entre les territoires et entre les populations par la p&#233;r&#233;quation ;&lt;br /&gt;
Le contr&#244;le technique et social des transports maritimes, a&#233;riens et routiers ;&lt;br /&gt;
La r&#233;duction de la consommation d'&#233;nergie par les transports en g&#233;n&#233;ral et tout particuli&#232;rement d'&#233;nergie d'origine fossile ;&lt;br /&gt;
La r&#233;duction des pollutions et nuisances r&#233;gionales et locales des transports ;&lt;br /&gt;
La pr&#233;vention vis-&#224;-vis du r&#233;chauffement climatique d&#251; aux transports par une diminution forte de leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, notamment le CO2 ;&lt;br /&gt;
L'&#233;limination des d&#233;placements inutiles, tant pour les voyageurs que pour le fret ;&lt;br /&gt;
Le report des d&#233;placements n&#233;cessaires sur les modes les moins nuisants ;&lt;br /&gt;
La r&#233;alisation de r&#233;seaux transeurop&#233;ens de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Bien entendu, le cadre europ&#233;en s'imposerait en particulier pour financer ces politiques publiques. L'article III-246 du trait&#233; constitutionnel pr&#233;voit certes, &#224; l'instar de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, que &lt;i&gt;&#171; l'Union contribue &#224; l'&#233;tablissement et au d&#233;veloppement de r&#233;seaux transeurop&#233;ens dans les secteurs des infrastructures du transport, des t&#233;l&#233;communications et de l'&#233;nergie &#187;&lt;/i&gt;. C'est toutefois seulement &lt;i&gt;&#171; dans le cadre d'un syst&#232;me de march&#233;s ouverts et concurrentiels &#187;&lt;/i&gt; que &lt;i&gt;&#171; l'action de l'Union&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vise &#224; favoriser l'interconnexion et l'interop&#233;rabilit&#233; des r&#233;seaux nationaux ainsi que l'acc&#232;s &#224; ces r&#233;seaux &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; En vue de r&#233;aliser le r&#233;seau transeurop&#233;en de transport (RTE-T), une liste de 30 projets &#224; r&#233;aliser en priorit&#233; d'ici 2020 a &#233;t&#233; fix&#233;e en avril 2004, repr&#233;sentant 225 milliards d'euros d'investissements. Elle a succ&#233;d&#233; &#224; la &#171; liste d'Essen &#187; de 1994 qui comportait 14 projets prioritaires, de plus grande ampleur, pour l'essentiel non r&#233;alis&#233;s. Les investissements n&#233;cessaires pour l'ensemble du RTE-T s'&#233;l&#232;vent d&#233;sormais &#224; 600 milliards d'euros en incluant les projets non prioritaires, dont 100 milliards dans les 10 pays nouveaux entrants de 2004. L'Union propose de consacrer 20,35 milliards d'euros au RTE-T pour la p&#233;riode 2007-2013, soit un financement communautaire moyen de seulement 14,5% par projet, alors que le maximum autoris&#233; est de 20%, pouvant &#234;tre port&#233; &#224; 50% pour certains projets transfrontaliers. Au regard des besoins, &lt;i&gt;ce montant est tr&#232;s insuffisant&lt;/i&gt; pour contribuer significativement &#224; financer les infrastructures et l'interop&#233;rabilit&#233; des r&#233;seaux, comme l'envisage l'article III-247 du trait&#233;. De plus, une telle participation supposerait d&#233;j&#224; un budget de l'Union s'&#233;levant &#224; 1,14% de son PIB, alors que la France et l'Allemagne, notamment, s'arc-boutent sur le taux de 1% fix&#233; depuis 2004, contre 1,27% auparavant. Cette d&#233;cision &#233;tant de nature fiscale, elle requiert, selon le trait&#233; constitutionnel comme ant&#233;rieurement, l'unanimit&#233; des 25 pour &#234;tre modifi&#233;e. On peut donc, &#224; l'instar de nombreux d&#233;put&#233;s europ&#233;ens de diverses tendances, estimer que la plupart des projets du RTE-T resteront virtuels...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En ce qui concerne les privatisations des &#233;tablissements publics de transport, on croyait savoir que : &lt;i&gt;&#171; Le pr&#233;sent trait&#233; ne pr&#233;juge en rien le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233; dans les &#201;tats membres &#187;&lt;/i&gt; (article 222 du trait&#233; de Maastricht, repris comme article 295 du trait&#233; d'Amsterdam puis comme article III-425 du trait&#233; constitutionnel). Mais la &#171; gardienne du trait&#233; &#187; illustre sa gestion id&#233;ologique des autorisations d'aides publiques en n'autorisant le versement par l'&#201;tat &#224; la SNCF de 800 millions d'euros d'aide pour la restructuration de sa branche Fret que si les comptes de cette activit&#233; sont totalement s&#233;par&#233;s de ceux de la SNCF et si est nomm&#233; &#224; sa t&#234;te un &#171; directeur autonome &#187;, donc &#224; condition que le fret SNCF soit d&#251;ment filialis&#233;. Pour avoir droit aux aides d'&#201;tat, il ne faut pas &#234;tre sous statut public ; c'est ainsi que la Commission con&#231;oit l'indiff&#233;rence au r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;.&lt;br /&gt; Le &#171; Plan fret 2004-2006 &#187; s'inscrit pourtant bien dans la politique n&#233;o-lib&#233;rale des transports. Il consiste en effet pour la SNCF &#224; se d&#233;faire de la plus grande partie du trafic ferroviaire local, au prix de &lt;i&gt;la mise sur route de plus d'un million de poids lourds suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt; depuis le d&#233;but de la mise en &#339;uvre du Plan, afin de se sp&#233;cialiser sur les trains massifs de grands parcours qui empruntent les grands corridors internationaux. Il s'agit de privil&#233;gier les trains utiles aux industriels qui entendent profiter de l'&#233;largissement de l'Union vers l'Est pour d&#233;localiser tout ou partie de leur production vers des pays &#224; bas co&#251;t de main-d'&#339;uvre. Si ces chargeurs, le moment venu, sont pr&#234;ts &#224; payer au prix fort les p&#233;ages demand&#233;s par les &#171; gestionnaires d'infrastructures ferroviaires &#187; europ&#233;ens sur les lignes tr&#232;s charg&#233;es, il fait peu de doute que les trains de voyageurs du service public seront convi&#233;s &#224; s'effacer devant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et les &#171; lois du march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une mani&#232;re efficace d'enrayer l'explosion du trafic des poids lourds en Europe tout en assurant de meilleures conditions sociales aux chauffeurs consisterait &#224; harmoniser par le haut la l&#233;gislation sociale dans ce secteur. D'une part, de telles dispositions supprimeraient les avantages actuellement conf&#233;r&#233;s aux Etats les moins-disants socialement et, d'autre part, le rench&#233;rissement corr&#233;latif des transports serait une incitation &#224; limiter les d&#233;placements inutiles. De m&#234;me, la mise en &#339;uvre d'un statut europ&#233;en des travailleurs du rail pourrait emp&#234;cher le &lt;i&gt;dumping&lt;/i&gt; social dans le mode ferroviaire, encourag&#233; pour l'instant par la mise en concurrence forc&#233;e des op&#233;rateurs historiques publics. Des dispositifs analogues, porteurs des m&#234;mes effets positifs sur la r&#233;duction des d&#233;placements, sont urgents dans les transports maritimes et de plus en plus n&#233;cessaires dans l'a&#233;rien. L'article III-210 (paragraphe 2, point a) du trait&#233; constitutionnel, relatif &#224; la politique sociale dans l'Union, r&#233;sout radicalement la question : &lt;i&gt;l'harmonisation sociale est interdite&lt;/i&gt;. En effet, la l&#233;gislation europ&#233;enne peut &lt;i&gt;&#171; encourager la coop&#233;ration &#187;&lt;/i&gt; en vue d'&lt;i&gt;&#171; am&#233;liorer les connaissances &#187;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#171; &#233;changer des informations &#187;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;&#171; promouvoir des approches novatrices &#187;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#171; &#233;valuer des exp&#233;riences &#187;&lt;/i&gt; mais tout cela &lt;i&gt;&#171; &#224; l'exclusion de toute harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires des Etats membres &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les divergences de l&#233;gislation sociale entre Etats de l'Union constituent en r&#233;alit&#233; autant de distorsions de concurrence en faveur des Etats les moins-disants socialement. Il appara&#238;t &#224; l'&#233;vidence que dans le trait&#233; constitutionnel, non seulement ces distorsions-l&#224; ne sont pas consid&#233;r&#233;es comme portant atteinte &#224; la sacro-sainte &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, mais pire encore que &lt;strong&gt;le caract&#232;re &#171; libre et non fauss&#233; &#187; de la concurrence ne sert &#224; influer sur la l&#233;gislation europ&#233;enne que dans le sens d'un nivellement par le bas des garanties sociales des travailleurs europ&#233;ens.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On peut aussi consid&#233;rer que l'Europe serait le cadre ad&#233;quat pour harmoniser les taxes sur les carburants, afin d'encourager le recours aux modes de d&#233;placements les moins polluants ou les moins &#233;metteurs de CO2. Cela pourrait notamment s'appliquer &#224; la mise en place d'une taxation du k&#233;ros&#232;ne a&#233;rien, actuellement d&#233;tax&#233; alors que la contribution des avions &#224; l'effet de serre devient significative. Dans la mesure o&#249; il s'agit, l&#224; aussi, de dispositions fiscales, pour lesquelles l'unanimit&#233; des 25 Etats europ&#233;ens est requise par le trait&#233; constitutionnel, on peut toujours r&#234;ver...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	On a mis en &#233;vidence l'incompatibilit&#233; de la protection de l'environnement avec la multiplication des transports qui r&#233;sulte du libre-&#233;changisme d&#233;brid&#233; et des d&#233;localisations. Pour conna&#238;tre la priorit&#233; que fixe le trait&#233; constitutionnel entre ces deux aspects, il suffit de se r&#233;f&#233;rer au pr&#233;ambule de sa partie II, la &#171; Charte des droits fondamentaux &#187; qui stipule : &lt;i&gt;&#171; elle &lt;/i&gt;[l'Union]&lt;i&gt; cherche &#224; promouvoir un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/i&gt; Si l'on sait lire, les expressions &#171; chercher &#224; promouvoir &#187; et &#171; assurer &#187; n'ont pas du tout la m&#234;me force ni les m&#234;mes cons&#233;quences sur l'action r&#233;elle de l'Union europ&#233;enne !&lt;br /&gt; Dans le trait&#233; constitutionnel, le r&#232;gne de la &#171; libre circulation des marchandises &#187; est instaur&#233; en particulier (car il en beaucoup question dans l'ensemble du texte) par les articles III-151 &#224; III-155. L'article III-153 stipule : &lt;i&gt;&#171; Les restrictions quantitatives tant &#224; l'importation qu'&#224; l'exportation, ainsi que toutes mesures d'effet &#233;quivalent, sont interdites entre les Etats membres. &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224; qui est clair et net, mais l'article III-154 para&#238;t att&#233;nuer la rudesse du pr&#233;c&#233;dent en ce qui concerne la protection des personnes et de l'environnement : &lt;i&gt;&#171; L'article III-153 ne fait pas obstacle aux interdictions ou restrictions d'importation, d'exportation ou de transit justifi&#233;es par des raisons (...) de s&#233;curit&#233; publique, de protection de la sant&#233; et de la vie des personnes et des animaux ou de pr&#233;servation des v&#233;g&#233;taux (...). &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s bien, mais il ne faut pas oublier de lire la phrase suivante : &lt;i&gt;&#171; Toutefois, ces interdictions ou restrictions ne doivent constituer ni un moyen de discrimination arbitraire ni une restriction d&#233;guis&#233;e dans le commerce entre les Etats membres. &#187;&lt;/i&gt; Qui d&#233;cide si une mesure de protection de la vie et de l'environnement constitue une telle &#171; restriction d&#233;guis&#233;e au commerce &#187; ? R&#233;ponse : la Commission, puisque l'Union poss&#232;de cette &#171; comp&#233;tence exclusive &#187;. Alors que les cons&#233;quences de la circulation des marchandises sur la qualit&#233; des vie des citoyens sont consid&#233;rables, la &#171; gardienne du trait&#233; &#187;, si ind&#233;pendante comme on le sait des int&#233;r&#234;ts financiers et industriels, permet finalement &#224; ceux-ci de d&#233;terminer, sur la base de la bonne volont&#233; spontan&#233;e de leurs mandants, l'environnement dans lequel les populations ont le droit de (sur)vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il ne s'agit pas l&#224; d'un proc&#232;s d'intention, car le choix explicite du trait&#233; est par exemple d&#233;j&#224; bien illustr&#233; par le cas de l'Autriche. Celle-ci, lors de son entr&#233;e dans l'Union en 1995, avait born&#233; le transit des poids lourds sur son territoire &#224; 1,7 millions de v&#233;hicules par an, ce qui est d&#233;j&#224; beaucoup mais lui permettait de limiter un peu la pollution dans ses vall&#233;es alpines sensibles. La Commission n'a eu de cesse que d'abattre cette entrave sacril&#232;ge au r&#232;gne de la &#171; libre circulation des marchandises &#187; et a fini par imposer la suppression de tout plafond en 2003. N'a &#233;t&#233; maintenu qu'un syst&#232;me tr&#232;s assoupli et provisoire d'&#171; &#233;copoints &#187; (quotas d'&#233;missions de gaz polluants distribu&#233;s aux transporteurs routiers) qui, selon les autorit&#233;s autrichiennes, &lt;i&gt;&#171; n'apporte rien sur le plan &#233;cologique tout en &#233;tant tr&#232;s co&#251;teux &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; n'incite pas les transporteurs routiers &#224; quitter la route pour prendre le rail &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; Il ne faut surtout pas oublier que l'une des raisons principales qui dissuade toujours les Suisses d'entrer dans l'Union europ&#233;enne est leur volont&#233; de conserver le droit de prot&#233;ger leurs montagnes contre le d&#233;ferlement des poids lourds...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Des possibilit&#233;s existent pour inciter &#224; moins polluer tout en collectant des fonds pour d&#233;velopper des transports propres et en amenant les chargeurs &#224; y recourir. C'est le cas de la taxe pour l'utilisation des autoroutes par les poids lourds mise en place en Allemagne le 1er janvier 2005 (&lt;i&gt;Lkw-Maut&lt;/i&gt;). Elle tient compte des parcours r&#233;ellement effectu&#233;s et de la motorisation plus ou moins polluante des v&#233;hicules, gr&#226;ce &#224; un bo&#238;tier &#233;lectronique embarqu&#233; qui enregistre les d&#233;placements, les transmets par radio et permet une facturation directe aux transporteurs. Il serait tout &#224; fait pertinent de la g&#233;n&#233;raliser en Europe. Mais la forte sensibilit&#233; de la Commission au lobby patronal routier sur-repr&#233;sent&#233; &#224; Bruxelles, facilit&#233;e par le caract&#232;re non d&#233;mocratique et l'opacit&#233; de ses d&#233;cisions, n'a pas permis jusqu'&#224; pr&#233;sent d'&#233;laborer une directive &#171; Eurovignette &#187; digne de ce nom, susceptible de fournir un cadre europ&#233;en au syst&#232;me allemand. Le trait&#233; constitutionnel, obs&#233;d&#233; par la libre circulation des marchandises, ne risque pas de faciliter cette g&#233;n&#233;ralisation, des voix s'&#233;levant m&#234;me d&#233;j&#224; &#224; la Commission pour condamner ce syst&#232;me au nom de la libre circulation des marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Concernant la pollution plan&#233;taire, l'Europe du trait&#233; constitutionnel veut bien lutter contre le changement climatique, mais &#224; condition que le sacro-saint &#171; March&#233; &#187; m&#232;ne la danse. La Commission a cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces un march&#233; des permis d'&#233;missions de CO2 par pays, qui ne sont autres que des droits &#224; polluer (quotas) attribu&#233;s au d&#233;part. Un pollueur pourra en acheter s'il lui en manque pour atteindre ses objectifs, ou bien en vendre s'il n'utilise pas tous les siens parce qu'il sera parvenu, par des dispositions ad&#233;quates, &#224; faire mieux que pr&#233;vu. Dans ce cadre, une &#171; bourse &#187; europ&#233;enne d'&#233;change &#224; terme des quotas d'&#233;mission a &#233;t&#233; mise en place, avant m&#234;me que ceux-ci n'aient &#233;t&#233; attribu&#233;s. Le syst&#232;me est tr&#232;s complexe et s'accompagne d'une consid&#233;rable inflation administrative qui le rend totalement opaque et incontr&#244;lable par les citoyens. Au surplus, seules les installations industrielles, d&#233;clar&#233;es par chaque &#201;tat, sont concern&#233;es par ce syst&#232;me et &lt;i&gt;pas le secteur des transports&lt;/i&gt;, responsable de 28% des rejets. La libre circulation des marchandises n'a vraiment pas de prix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le transfert &#224; la collectivit&#233; de la charge des co&#251;ts externes des transports sur l'environnement, &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, constitue aussi &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; une distorsion de concurrence entre modes de transport, qui favorise les plus polluants. Mais pas davantage que les &#233;carts de conditions sociales entre Etats, le trait&#233; constitutionnel ne consid&#232;re cela comme contraire &#224; la fameuse &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;. Le Livre blanc de la Commission de septembre 2001 sur la politique des transports dans l'Union &#224; l'horizon 2010 a bien pu chanter la messe du report du trafic routier vers le cabotage maritime, le rail et la voie fluviale, on ne trouve rien d'op&#233;ratoire &#224; cet &#233;gard dans le trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'article III-172 du trait&#233; constitue une belle anthologie de ce qu'il emp&#234;che en mati&#232;re de protection des personnes et de l'environnement, aussi bien que de ce qu'il permet aux merveilleuses &#171; forces du march&#233; &#187;. D'abord, le principe de base : la l&#233;gislation europ&#233;enne vise &lt;i&gt;&#171; au rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres qui ont pour objet l'&#233;tablissement ou le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt; Ensuite, l'incantation pieuse : &lt;i&gt;&#171; La Commission, dans ses propositions (...) en mati&#232;re de sant&#233;, de protection de l'environnement et de protection des consommateurs, prend pour base un niveau de protection &#233;lev&#233; en tenant compte notamment de toute nouvelle &#233;volution fond&#233;e sur des faits scientifiques. &#187;&lt;/i&gt; Puis, ce qui se passe si les textes europ&#233;ens sont contradictoires avec une telle protection : &lt;i&gt;&#171; si (...) un Etat membre estime n&#233;cessaire d'introduire des dispositions nationales fond&#233;es sur des preuves scientifiques nouvelles &lt;/i&gt;[soulign&#233; par nous]&lt;i&gt; relatives &#224; la protection de l'environnement ou du milieu de travail (...), il notifie &#224; la Commission les dispositions envisag&#233;es ainsi que leur motivation. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, qui d&#233;cide finalement : &lt;i&gt;&#171; Dans un d&#233;lai de six mois apr&#232;s les notifications (...), la Commission adopte une d&#233;cision europ&#233;enne approuvant ou rejetant les dispositions nationales en cause apr&#232;s avoir v&#233;rifi&#233; si elles sont ou non un moyen de discrimination arbitraire ou une restriction d&#233;guis&#233;e dans le commerce entre Etats membres &lt;/i&gt;[encore !]&lt;i&gt; et si elles constituent ou non une entrave au fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; On a bien lu ; m&#234;me si sont produites des preuves scientifiques que le &#171; fonctionnement libre du march&#233; &#187; est mortel, la souverainet&#233; irresponsable de la Commission l'autorise &#224; juger qu'il ne faut pas en tenir compte car le commerce et le march&#233; priment sur tout le reste. La volont&#233; politique l'emporte sur la v&#233;rit&#233; scientifique et Socrate doit boire la cigu&#235; ! Cela porte un nom : le totalitarisme. Voil&#224; comment le trait&#233; constitutionnel peut vous obliger &#224; respirer le fumet des gaz d'&#233;chappement des camions et aussi pourquoi, par exemple, il peut permettre &#224; Novartis de vous faire ingurgiter des OGM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Dire &#171; Non &#187; au trait&#233; constitutionnel pour pouvoir &#233;laborer une autre politique europ&#233;enne des transports&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me s'ils ont des motifs l&#233;gitimes de se plaindre de leurs services publics de transport, soumis depuis fort longtemps au &lt;i&gt;talon de fer&lt;/i&gt; de la rentabilit&#233; marchande, il est important, avant qu'il ne soit trop tard pour r&#233;agir, que les citoyens fran&#231;ais ne tombent pas dans le pi&#232;ge qui consiste &#224; accepter le sacrifice des outils publics sur l'autel de l'int&#233;gration europ&#233;enne, au motif que le &#171; march&#233; &#187; saura corriger leurs dysfonctionnements. &lt;i&gt;Cette &#171; correction &#187; n'a &#233;t&#233; constat&#233;e nulle part, bien au contraire&lt;/i&gt;. C'est sans doute pourquoi la Commission s'est toujours d&#233;rob&#233;e &#224; toute &#233;valuation d&#233;mocratique des effets r&#233;els de la politique n&#233;o-lib&#233;rale des transports qu'elle promeut dans l'Union depuis une vingtaine d'ann&#233;es et que le trait&#233; constitutionnel veut d&#233;sormais rendre intangible. Ce dernier, en effet, comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs, n'impose rien en mati&#232;re d'&#233;valuation d&#233;mocratique et ind&#233;pendante des politiques de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Selon le trait&#233;, la &lt;i&gt;&#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, cit&#233;e plusieurs dizaines de fois, constitue &#171; l'alpha et l'om&#233;ga &#187; de la politique europ&#233;enne, alors que l'efficacit&#233; sociale et environnementale des transports n&#233;cessite la mise en &#339;uvre d'un processus de coordination au plan national et de coop&#233;ration au plan europ&#233;en, et non pas davantage de concurrence. Cela suppose des politiques publiques, actuellement priv&#233;es de leurs indispensables moyens du fait des options des gouvernements successifs et de la Commission. Ce sont donc ces options qu'il convient de mettre radicalement en cause et ces moyens qu'il faut exiger, afin de mettre progressivement en &#339;uvre &lt;i&gt;un service public europ&#233;en des transports&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	M&#234;me s'il ne garantit rien en soi, seul le &#171; Non &#187; peut permettre d'interrompre l'avanc&#233;e inexorable du &lt;i&gt;bulldozer&lt;/i&gt; n&#233;o-lib&#233;ral et de d&#233;battre d&#233;mocratiquement d'une autre politique des transports.&lt;br /&gt; Entre un possible retour de l'Histoire et sa glaciation certaine pour des d&#233;cennies au profit de ceux qui manipulent les pr&#233;tendues &#171; forces du march&#233; &#187; - le patronat europ&#233;en et ses serviteurs &#233;tatiques ou &#224; la Commission europ&#233;enne - et au d&#233;triment de nos conditions de vie, il n'y a pas &#224; h&#233;siter &#224; choisir le premier terme de l'alternative : c'est &#171; Non &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;dig&#233; par Philippe M&#252;hlstein, du Conseil scientifique d'Attac-France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un r&#232;glement europ&#233;en est directement applicable dans le droit national et obligatoire dans tous ses aspects, alors qu'une directive n&#233;cessite un ou des textes l&#233;gislatifs nationaux de transposition ; ces textes prennent respectivement les noms de &#171; loi &#187; et de &#171; loi-cadre &#187; dans le trait&#233; constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les Livres vert et blanc sont des rapports europ&#233;ens visant &#224; pr&#233;parer des d&#233;cisions l&#233;gislatives, mais alors qu'un Livre vert est soumis &#224; consultation des parties int&#233;ress&#233;es et peut &#234;tre amend&#233; (selon le bon vouloir de la Commission), un Livre blanc n'est qu'un rapport d'information, non amendable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La l&#233;gislation europ&#233;enne a impos&#233; que l'infrastructure ferroviaire (les rails) soit plac&#233;e sous la responsabilit&#233; d'un gestionnaire d'infrastructure, dit GI, dans chaque pays ; de fa&#231;on distincte, les activit&#233;s ferroviaires (les services de transport) sont assur&#233;es par des entreprises ferroviaires, dites EF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vade-mecum de l'&#233;valuation des efficacit&#233;s &#233;nerg&#233;tiques et environnementales du secteur des transports en 2000, Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie (ADEME), d&#233;cembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Rapport d'inventaire national des &#233;missions de polluants atmosph&#233;riques en France (format SECTEN), Centre interprofessionnel technique d'&#233;tude de la pollution atmosph&#233;rique (CITEPA), f&#233;vrier 2004. Cet inventaire ne tient pas compte des transports internationaux a&#233;riens et maritimes, bien que les rejets du transport a&#233;rien puissent &#234;tre estim&#233;s &#224; 3% du total et &#224; 13% de ceux de l'ensemble des transports. On estime par ailleurs que l'impact &#171; effet de serre &#187; des rejets de CO2 par un avion &#224; haute altitude est 2,5 fois plus &#233;lev&#233; qu'au sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Source : ADEME (Agence de l'environnement et de la ma&#238;trise de l'&#233;nergie).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) publi&#233;e en septembre 2000 par la revue scientifique m&#233;dicale britannique The Lancet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;tude r&#233;alis&#233;e conjointement par deux instituts de recherche ind&#233;pendants, l'un allemand (IWW, Universit&#233; de Karlsruhe) et l'autre suisse (INFRAS, Z&#252;rich), et pr&#233;sent&#233;e le 6 octobre 2004 &#224; la Commission et au Parlement europ&#233;ens. Cette &#233;tude porte sur l'ann&#233;e 2000 et actualise une &#233;tude ant&#233;rieure des deux m&#234;mes instituts qui portait sur l'ann&#233;e 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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