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	<title>ATTAC 92</title>
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	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
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		<title>ATTAC 92</title>
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		<title>Argumentaire Gadrey : &#034;Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale&#034;</title>
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		<dc:date>2005-03-09T14:40:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Service</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Service public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les services et les services publics dans l'Union europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt; Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : &lt;br class='autobr' /&gt;
la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Gadrey 4 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Gadrey est membre du Conseil Scientifique d'Attac &lt;br class='autobr' /&gt;
La Constitution europ&#233;enne est un point d'appui pour une radicalisation du n&#233;o-lib&#233;ralisme, comme le pr&#233;figurent les lib&#233;ralisations en cha&#238;ne des services publics, le projet de directive sur les services dit Bolkestein, le projet de...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot32" rel="tag"&gt;Service&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Service public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Les services et les services publics dans l'Union europ&#233;enne&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lib&#233;ralisation et marchandisation des services : &lt;br /&gt;
la concurrence contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et l'Europe sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean Gadrey 4 mars 2005 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jean Gadrey est membre du Conseil Scientifique d'Attac&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution europ&#233;enne est un point d'appui pour une radicalisation du n&#233;o-lib&#233;ralisme, comme le pr&#233;figurent les lib&#233;ralisations en cha&#238;ne des services publics, le projet de directive sur les services dit Bolkestein, le projet de directive sur les services portuaires et quelques autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons de bonnes raisons de penser que, de m&#234;me que l'adoption du trait&#233; de Maastricht en 1992 (trait&#233; que certains d'entre nous s'&#233;taient r&#233;solus &#224; approuver) a donn&#233; de nouvelles forces aux partisans de la lib&#233;ralisation &#224; marche forc&#233;e, de m&#234;me l'adoption de la Constitution les encouragerait &#224; radicaliser leur projet, renvoyant aux calendes grecques les objectifs g&#233;n&#233;reux d'une Europe sociale largement introuvable &#224; l'heure actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas en effet de quoi &#234;tre enthousiaste, et nous allons le montrer dans un domaine hautement significatif de ce qui se produirait si un nouveau feu vert &#233;tait donn&#233; aux orientations lib&#233;rales actuelles. Il s'agit de la lib&#233;ralisation des march&#233;s des services. Cette question est centrale, &#233;conomiquement et socialement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qualit&#233; d'une soci&#233;t&#233; tient &#224; de nombreux facteurs : conditions de travail, environnement, protection sociale, plein-emploi, etc. Mais elle repose aussi tr&#232;s fortement sur la &lt;i&gt;qualit&#233; sociale&lt;/i&gt; de ses services, et en particulier des services d'&#233;ducation, de sant&#233;, de soins aux personnes, de la culture et des loisirs, et de la totalit&#233; de ses &#171; services publics de R&#233;seau &#187; (Poste, eau, gaz, &#233;lectricit&#233;, chemins de fer, t&#233;l&#233;communications) qui jouent un r&#244;le &#233;vident dans le coh&#233;sion sociale et territoriale, au point que de nombreuses associations se battent pour la reconnaissance de &#171; droits fondamentaux &#187; en la mati&#232;re et que les maires de France tirent depuis plusieurs ann&#233;es la sonnette d'alarme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les services repr&#233;sentent plus de 70 % de l'emploi et de la valeur ajout&#233;e dans la plupart des pays europ&#233;ens, et une large fraction d'entre eux &#233;chappe &#224; logique du march&#233; concurrentiel lucratif. Le secteur priv&#233; est pr&#234;t &#224; investir cette &#171; poule aux oeufs d'or &#187;, en se cachant derri&#232;re &#171; l'int&#233;r&#234;t du consommateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans tous ces secteurs, compte tenu de leurs missions &#233;ducatives, sanitaires, culturelles, et de contribution au lien social et &#224; la solidarit&#233;, l'int&#233;r&#234;t du citoyen peut aller &#224; l'encontre du simple objectif de mettre des entreprises en concurrence, assimil&#233; sommairement &#224; l'int&#233;r&#234;t du consommateur. D'autant qu'il n'est pas prouv&#233; que le consommateur s'y retrouve, y compris en mati&#232;re de prix : en passant d'un statut public ou non lucratif &#224; un statut lucratif, il faut bien qu'une partie du prix vienne r&#233;mun&#233;rer les actionnaires, et l'on conna&#238;t leurs exigences. Tel est le contexte des offensives de lib&#233;ralisation des services en Europe et dans le monde (Accord g&#233;n&#233;ral sur le commerce des services - AGCS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accent prioritaire mis, en Europe, sur la &#171; d&#233;r&#233;gulation &#187; et la lib&#233;ralisation des services publics de r&#233;seau date de la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1980 (en particulier l'Acte unique europ&#233;en de 1986 - AUE ), sous forte influence britannique, apr&#232;s la p&#233;riode Thatcher qui a pourtant produit des effets catastrophiques au Royaume-Uni (chemins de fer, &#233;nergie, poste, sant&#233;...). L'Europe nous a &#171; laiss&#233;s tranquilles &#187; pendant quarante ans dans ce domaine, et ces quarante ann&#233;es ont &#233;t&#233; plut&#244;t bonnes pour la modernisation des services publics, en d&#233;pit de certains d&#233;ficits de d&#233;mocratie qui n'ont aucune chance d'&#234;tre r&#233;duits par la lib&#233;ralisation, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 novembre 2002, Romano Prodi, alors pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, lan&#231;ait dans Le Monde un vibrant hommage au &#034;niveau d'efficacit&#233; des services publics fran&#231;ais... C'est la force de la France et il serait bon que des pays imitent cette efficacit&#233;&#034;... sous r&#233;serve toutefois que cela &#034;ne suscite pas de r&#233;actions n&#233;gatives dans d'autres pays qui respectent les r&#232;gles de la concurrence&#034;. On peut dire que cette d&#233;claration embarrass&#233;e et d&#233;magogique refl&#232;te bien les orientations dominantes de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les services publics fran&#231;ais sont plut&#244;t (ou &#233;taient, car cela se d&#233;grade) parmi les meilleurs, mais il faut n&#233;anmoins qu'ils changent pour s'aligner sur les r&#232;gles de la concurrence des autres Etats membres et de l'Union europ&#233;enne. Toute l'histoire des grands textes europ&#233;ens depuis le milieu des ann&#233;es 1980 rel&#232;ve de ces pressions faisant de la concurrence le principe incontournable, et des missions de service public (devenus Services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral - SIEG) un appendice bien ennuyeux qu'il faut r&#233;duire ou contourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu toutefois des hauts et des bas dans cette histoire r&#233;cente, en raison d'une r&#233;sistance port&#233;e par des groupes de pression s'opposant &#224; la casse, par exemple l'inscription des services publics comme &#171; valeurs de l'Union &#187; dans le trait&#233; d'Amsterdam, une inscription qui a disparu dans le projet de Constitution, ce qui est l'un des reculs actuels. Mais ce qui domine dans les instances europ&#233;ennes depuis vingt ans est la conviction que la lib&#233;ralisation et la concurrence ont &lt;i&gt;&#034;des effets positifs sur la qualit&#233; de l'ensemble des services, et &#233;galement sur celle des services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral&#034;&lt;/i&gt; (Conseil du march&#233; int&#233;rieur du 26 novembre 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es ont vu une acc&#233;l&#233;ration du ph&#233;nom&#232;ne de lib&#233;ralisation des services publics, ce qui tend bien &#224; prouver qu'avec des institutions tr&#232;s peu d&#233;mocratiques, bien plus influenc&#233;es par des lobbies patronaux que par les pressions des peuples, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral perd du terrain. Il en perdrait encore, c'est notre conviction, en cas d'adoption de la Constitution europ&#233;enne. Non pas que cette derni&#232;re change grand-chose aux trait&#233;s existants en la mati&#232;re, &#224; l'exception notable et tr&#232;s significative de la disparition des services publics dans les valeurs fondamentales de l'Union. Mais la &lt;i&gt;constitutionnalisation&lt;/i&gt; des trait&#233;s ant&#233;rieurs vou&#233;s &#224; la lib&#233;ralisation des services publics donnerait &#224; ces orientations une plus grande autorit&#233; juridique et l&#233;gitimit&#233; politique, et le combat pour des services publics porteurs d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral en serait tr&#232;s affaibli. C'est l'une de nos raisons, parmi bien d'autres, d'en appeler &#224; un sursaut. Le r&#233;f&#233;rendum en donne une occasion, il n'y en aura pas beaucoup d'autres avant longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et selon nous, ce n'est pas l'article III-122, pr&#233;voyant la possibilit&#233; d'une loi europ&#233;enne permettant aux SIEG d'accomplir leurs missions, et pr&#233;sent&#233; par des partisans de gauche du &#171; oui &#187; comme une avanc&#233;e, qui modifierait cette situation. D'une part, cette possibilit&#233; n'est pas exclue dans les trait&#233;s actuels, de sorte que l'avanc&#233;e est mince, voire inexistante. Il s'agit en fait d'une simple confirmation de la possibilit&#233; de lois europ&#233;ennes &#224; l'initiative exclusive de la Commission europ&#233;enne. D'autre part et surtout, c'est un rapport de forces plus favorable aux objectifs d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et &#224; l'Europe sociale qu'il faut b&#226;tir, en infligeant une &lt;i&gt;claque&lt;/i&gt; aux id&#233;es lib&#233;rales. Le &#171; oui &#187; n'y contribuera pas, bien au contraire. Le &#171; non &#187; n'est pas une garantie, mais c'est une fen&#234;tre ouverte dans une &lt;i&gt;maison des services publics&lt;/i&gt; en danger de mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Contre les recettes lib&#233;rales, les moyens existent d'une politique de sant&#233; publique efficace et &#233;galitaire</title>
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		<dc:date>2004-06-20T20:53:10Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Autres groupes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retranscription d'une intervention au &#171; Club Marianne &#187; de Villeneuve d'Ascq, le 28 mai 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon intervention portera sur trois questions : &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Est-ce que 9 % &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ? &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Est-ce que le fameux &#034;trou&#034; de l'assurance maladie est d'abord li&#233; &#224; une surconsommation de soins et &#224; des gaspillages, de sorte que la seule solution serait de lib&#233;raliser plus pour responsabiliser plus, en demandant...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique5" rel="directory"&gt;M&#233;diath&#232;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Autres groupes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Retranscription d'une intervention au &#171; Club Marianne &#187; de Villeneuve d'Ascq, le 28 mai 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon intervention portera sur trois questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Est-ce que 9 % &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Est-ce que le fameux &#034;trou&#034; de l'assurance maladie est d'abord li&#233; &#224; une surconsommation de soins et &#224; des gaspillages, de sorte que la seule solution serait de lib&#233;raliser plus pour responsabiliser plus, en demandant aux patients de payer de leur poche ce qui est consid&#233;r&#233; comme excessif, pour les inciter &#224; consommer moins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Que peut-on proposer comme r&#233;formes n&#233;cessaires pour am&#233;liorer le syst&#232;me et le rendre plus efficace en termes de sant&#233; publique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. Premi&#232;re question : 9 &#224; 10 % de la richesse nationale consacr&#233;e aux d&#233;penses de sant&#233;, est-ce que c'est insupportable sur le plan &#233;conomique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est clairement n&#233;gative. Bien entendu, l&#224; comme ailleurs, il n'y a aucune raison de laisser se produire certains gaspillages, par exemple certaines surconsommations de m&#233;dicaments ou d'actes (j'y reviendrai). Mais la forte progression de la part des d&#233;penses de sant&#233; dans le PIB depuis 1960 (en 1960, 3,5 % du PIB, actuellement entre 9 et 10 %) est un ph&#233;nom&#232;ne que l'on trouve dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, pour quatre raisons qui n'ont rien &#224; voir avec des gaspillages :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Plus un pays est riche, plus on y consid&#232;re que la sant&#233; est un facteur majeur de bien-&#234;tre, souvent cit&#233; en t&#234;te dans les enqu&#234;tes d'opinion, et faisant partie par ailleurs de droits universels, reconnus par exemple par la D&#233;claration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Les progr&#232;s de la m&#233;decine et des soins ont un co&#251;t croissant. Parvenir &#224; ce que les gens vivent plus vieux et en bonne forme passe par des traitements de pathologies plus lourdes qu'on ne soignait pas auparavant, ou qu'on soignait moins bien. L'esp&#233;rance de vie en France &#233;tait de 68 ans en 1954. Elle est actuellement de 79 ans. Onze ans de gains d'esp&#233;rance de vie en un demi-si&#232;cle, c'est &#233;norme. Mais la cons&#233;quence est que la majeure partie des d&#233;penses de sant&#233; est d&#233;sormais concentr&#233;e sur une petite fraction de personnes, celles qui sont les plus malades &#224; un moment donn&#233; : 60 % des d&#233;penses de sant&#233; vont &#224; 5 % de la population, et en particulier aux personnes en fin de vie. Chaque ann&#233;e d'esp&#233;rance de vie gagn&#233;e co&#251;te plus cher, mais ces ann&#233;es gagn&#233;es sont consid&#233;r&#233;es comme pr&#233;cieuses : co&#251;teuse certes, mais pr&#233;cieuses. Et &#224; moins de d&#233;cider qu'il faut laisser tomber l'objectif de mieux vivre plus longtemps, ou qu'il faut pratiquer l'euthanasie des personnes fragiles, ou qu'il faut soigner moins bien, on peut s'attendre &#224; une tendance durable &#224; la progression de la part des d&#233;penses de sant&#233;. Il est certain que quelques bonnes canicules avec des maisons de retraite sans moyens feraient baisser les d&#233;penses de sant&#233;, mais je ne crois pas que les Fran&#231;ais souhaitent cela...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Une autre raison majeure de la croissance des d&#233;penses de sant&#233;, ind&#233;pendamment de la progression de la &#171; demande de soins &#187;, tient au fait que ce secteur fait partie de ce qu'on appelle les &#171; services relationnels &#187;, c'est-&#224;-dire des activit&#233;s o&#249; le travail inclut une part importante et probablement incompressible de relations directes avec les patients (consultations, soins personnels...). Cette dimension du travail n'est pas m&#233;canisable ni automatisable, on ne peut pas y r&#233;aliser des gains de productivit&#233; sur un mode industriel en rempla&#231;ant le travail humain par des machines &#224; diagnostic et &#224; soins personnels, sauf dans des proportions limit&#233;es. Cette caract&#233;ristique implique que les prix relatifs de tels services augmentent par rapport aux prix des biens ou des services o&#249; l'on peut r&#233;aliser des gains de productivit&#233;. La sant&#233; n'est pas la seule &#224; &#234;tre concern&#233;e par de telles hausses &#171; normales &#187; de prix relatifs, c'est-&#224;-dire par une inflation plus forte que la moyenne en longue p&#233;riode. C'est par exemple le cas du spectacle vivant (on n'a pas r&#233;alis&#233; de gains de productivit&#233; dans l'interpr&#233;tation d'un quatuor de Mozart depuis deux si&#232;cle), de l'aide &#224; domicile aux personnes &#226;g&#233;es, des cr&#234;ches, de l'enseignement en d&#233;pit des discours sur la possibilit&#233; de supprimer les enseignants pour les remplacer par des ordinateurs... et de bien d'autres services relationnels ou non automatisables, dont beaucoup sont des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Pourquoi faudrait-il se f&#233;liciter de la forte croissance &#233;conomique de certains secteurs &#233;conomiques, par exemple dans les nouvelles technologies, dans les loisirs, les industries de luxe, le boom des 4x4 et des piscines priv&#233;es, et d&#233;plorer la forte croissance &#233;conomique d'un secteur aussi essentiel pour le bien-&#234;tre et pour l'emploi. ? La r&#233;ponse est au bout de la question : c'est parce qu'il y a des financements publics &#224; la cl&#233;, et que, pour la pens&#233;e lib&#233;rale, le financement public est un co&#251;t, et rien qu'un co&#251;t. Or c'est &#233;conomiquement faux. Les d&#233;penses publiques, y compris en mati&#232;re de sant&#233;, participent autant que les autres au dynamisme &#233;conomique et &#224; l'emploi, et par exemple les pays qui ont le plus haut niveau de d&#233;penses publiques du monde (les pays scandinaves) n'ont pas moins de dynamisme &#233;conomique, et ils ont moins de ch&#244;mage. Un haut niveau de d&#233;penses sociales, et notamment de d&#233;penses de sant&#233;, ce n'est pas un fardeau, c'est une bonne chose aussi bien pour l'&#233;conomie que pour le bien-&#234;tre. Ce n'est une mauvaise chose que pour les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, qui ne peuvent pas alors faire du profit sur cet &#233;norme &#171; march&#233; &#187; potentiel o&#249; il est plus facile qu'ailleurs de faire payer aux gens (au moins &#224; ceux qui en ont les moyens) des prix &#233;lev&#233;s, notamment parce qu'ils consid&#232;rent que la sant&#233; est un besoin vital &#171; qui n'a pas de prix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pour ces raisons et pour d'autres, il est assez normal, et &#224; bien des &#233;gards il est sain, qu'il y ait une progression de la part des d&#233;penses publiques de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. Le &#171; trou &#187; et les gaspillages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question suivante : mais peut-on se payer une telle progression en maintenant un haut niveau de financement public, au nom d'un droit ? Est-ce qu'il n'y a pas quand m&#234;me un trou &#233;norme li&#233; &#224; des exc&#232;s, gaspillages et surconsommations ? Est-il normal que la protection sociale finance des gaspillages ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse : il y a, ici comme ailleurs, des exc&#232;s et des gaspillages, mais ce n'est pas cela qui explique qu'on soit pass&#233; de 3,5 % &#224; 9,6 % du PIB depuis 1960, ne serait-ce que parce que des gaspillages et des exc&#232;s existaient d&#233;j&#224; il y a vingt ou trente ans. Et d'ailleurs, puisqu'on parle de gaspillages, et il faut le faire, il est clair les principaux ne sont pas li&#233;s aux comportements des patients, mais essentiellement &#224; deux facteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les strat&#233;gies de lobbies priv&#233;s et lib&#233;raux : le lobby pharmaceutique, le lobby des cliniques priv&#233;es, le lobby des assureurs, le lobby d'une fraction des praticiens lib&#233;raux. Tous ont int&#233;r&#234;t &#224; des comportements d&#233;pensiers et gaspilleurs. J'en reparlerai dans le cas &#171; exemplaire &#187; des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le syst&#232;me actuel de r&#233;mun&#233;ration &#224; l'acte curatif, et surtout de d&#233;valorisation des activit&#233;s de pr&#233;vention, de d&#233;pistage et d'&#233;ducation. M&#234;me la tr&#232;s lib&#233;rale OCDE estime, dans son rapport 2003 &#171; Panorama de la sant&#233; &#187;, que &#171; la pr&#233;vention est un des facteurs essentiels de la ma&#238;trise des co&#251;ts &#187;. Or la France y consacre moins de 3% de ses d&#233;penses de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ob&#233;sit&#233;, par exemple, conduit &#224; une surconsommation m&#233;dicale qui est &#233;norme aux &#201;tats-Unis, qui progresse en France et qui co&#251;te de plus en plus cher, mais c'est une &#171; &#233;pid&#233;mie sociale &#187; largement li&#233;e aux in&#233;galit&#233;s sociales ainsi qu'au marketing agressif de l'industrie agro-alimentaire et de la restauration rapide, &#224; nouveau des lobbies priv&#233;s. Or, dans les projets de r&#233;forme actuels, comme on ne veut pas toucher aux int&#233;r&#234;ts priv&#233;s ni aux in&#233;galit&#233;s de sant&#233; (sauf pour les renforcer), on ne risque pas de r&#233;duire les vraies sources de gaspillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la privatisation, c'est une source majeure de gaspillage et d'exclusion. L'exemple am&#233;ricain, avec plus de 14 % du PIB de d&#233;penses de sant&#233; en 2003, est effarant : plus on privatise, plus les d&#233;penses explosent, sauf que ce sont les patients, et en particulier les plus modestes, qui trinquent, et les groupes d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s qui empochent la mise. 20 % des Am&#233;ricains (43 millions) n'ont aucune couverture sociale (ce qu'admet John Kerry). En France, cela ferait 12 millions de personnes. Privatiser c'est &#224; la fois exclure et gaspiller. R&#233;mun&#233;rer des actionnaires et d&#233;penser des sommes folles en marketing pour conqu&#233;rir des clients, ce que font les assureurs, les h&#244;pitaux priv&#233;s et les firmes pharmaceutiques (qui, aux &#201;tats-Unis, d&#233;pensent &#224; elles seules 2,6 milliards de dollars par an en publicit&#233; dans les journaux et &#224; la t&#233;l&#233;vision), co&#251;te beaucoup plus que les modestes frais de gestion des Caisses d'Assurance Maladie en France. Globalement, les frais de gestion de la s&#233;cu ne repr&#233;sentaient que 3,9 % des d&#233;penses totales de protection sociale en 2002 (d&#233;penses de 467 milliards d'euros), et cette proportion a baiss&#233; depuis 1990. Aux &#201;tats-Unis, entre 1997 et 2001, les prix moyens des m&#233;dicaments ont augment&#233; de 50 %, et la progression des primes d'assurance priv&#233;e de sant&#233; n'est pas moins spectaculaire (+ 13,6 % en 2003, apr&#232;s deux ann&#233;es de progression &#224; deux chiffres...)[1] . On estime que les d&#233;penses de sant&#233; am&#233;ricaines pourraient atteindre plus de 17 % du PIB en 2012 (dont plus de la moiti&#233; de d&#233;penses priv&#233;es), dans un pays qui ne vient pourtant qu'au 25&#232;me rang mondial en termes d'esp&#233;rance de vie : 76,9 ans en 2001, contre 78 &#224; 81 ans dans 21 pays, dont la France (79 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut maintenant r&#233;pondre &#224; la question : le trou, quel trou ? On s'aper&#231;oit alors d'une chose : c'est un trou enti&#232;rement fabriqu&#233; par les politiques &#233;conomiques lib&#233;rales pour faire passer la pilule de l'aust&#233;rit&#233;, pour casser la solidarit&#233; qui est au coeur de la protection sociale, et pour favoriser tout ce qui est lucratif. Le trou, parlons-en, en quelques chiffres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. D'abord, en 2000 et 2001, comme le ch&#244;mage et la pauvret&#233; ont recul&#233;, la s&#233;curit&#233; sociale &#233;tait b&#233;n&#233;ficiaire, et tr&#232;s largement (autour de 11 milliards d'euros d'exc&#233;dent). Le trou de la s&#233;cu, c'est donc aussi l'indice du retour du ch&#244;mage de masse, de la pauvret&#233; et des in&#233;galit&#233;s. &#192; c&#244;t&#233; de cela, les fameux gaspillages sont tr&#232;s relatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Mais surtout, le d&#233;ficit de l'assurance maladie c'est selon les estimations entre 11 et 14 milliards d'euros en 2003. Cela peut sembler &#233;norme. Or tout montre qu'on a d&#233;lib&#233;r&#233;ment cr&#233;&#233; ce d&#233;ficit en privant l'&#201;tat et la s&#233;curit&#233; sociale de recettes au nom de principes lib&#233;raux. Premier chiffre : depuis 1998, le total des baisses d'imp&#244;ts directs et indirects d&#233;cid&#233;es d'abord par la gauche, puis par la droite, cela fait 30 milliards d'euros de moins par an dans les caisses publiques, soit plus de deux trous de l'assurance maladie. Second chiffre : depuis 1992, le total des baisses de cotisations patronales sur les salaires repr&#233;sente 20 milliards d'euros de moins par an dans les caisses de la s&#233;curit&#233; sociale : un trou et demi ! Si encore ces baisses de cotisations avaient permis de cr&#233;er beaucoup d'emplois, on pourrait admettre, mais ce n'est nullement le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me et dernier chiffre : la richesse nationale, la valeur ajout&#233;e nationale, est divis&#233;e en une part de salaires et cotisations sociales, et une part de profits. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80, la part des salaires directs et indirects n'a cess&#233; de diminuer, et celle du profit d'augmenter. En gros, les profits sont pass&#233;s de 23-24 % &#224; 31-32 % de la valeur ajout&#233;e nationale. 7 &#224; 8 % de la valeur ajout&#233;e nationale transf&#233;r&#233;e des salaires aux profits ! Or savez-vous combien repr&#233;sente seulement 1 % de la valeur ajout&#233;e nationale actuelle ? 14 milliards d'euros, tout juste ! On a donc transf&#233;r&#233; des salaires aux profits 7 &#224; 8 fois le trou actuel de l'assurance maladie ! Plus de 100 milliards d'euros. La strat&#233;gie du n&#233;olib&#233;ralisme vise essentiellement &#224; augmenter le plus possible la part de la richesse qui va au profit, et la part des activit&#233;s &#233;conomiques qui va au secteur priv&#233; lucratif. C'est tr&#232;s exactement l'objectif de l'OMC et de l'AGCS. Cette strat&#233;gie a incontestablement gagn&#233; des points au cours de cette p&#233;riode, apr&#232;s en avoir perdu dans les ann&#233;es 70. Mais, ce faisant, elle a creus&#233; aussi bien le trou de l'assurance maladie que le trou des retraites et celui de l'UNEDIC. Voil&#224; donc pour ce fameux trou. Il n'a pratiquement rien &#224; voir avec les comportements des patients. C'est un trou fabriqu&#233; par des strat&#233;gies de r&#233;partition entre salaires et profits, de fiscalit&#233; et de cotisations sociales, et de politiques salariales qui ont vu le retour en masse des emplois dits non qualifi&#233;s, les moins pay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. Des r&#233;formes n&#233;cessaires... &#224; l'oppos&#233; de celles qui se pr&#233;parent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mots seulement pour terminer sur le type de r&#233;forme qu'ATTAC propose et met en d&#233;bat en relation &#233;troite avec de nombreux syndicats. Je me limite &#224; cinq points parmi beaucoup d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Il faut faire progresser les recettes publiques avant tout, et pour cela il suffirait de r&#233;cup&#233;rer, dans le partage des richesses, une partie du terrain perdu en vingt ans pour qu'il n'y ait plus le moindre trou. Le probl&#232;me de la s&#233;cu est d'abord un probl&#232;me de partage des richesses. Comment ? Il y a sur ce point d&#233;bat entre ceux qui pr&#233;f&#233;reraient une hausse des cotisations patronales, un &#233;largissement de l'assiette des cotisations, pouvant aller jusqu'&#224; l'assiette de la valeur ajout&#233;e, la taxation des flux financiers, le recours &#224; l'imp&#244;t progressif sur le revenu... Mais en r&#233;alit&#233; quelle que soit la solution (et des solutions mixtes sont possibles), ce qui compte est de savoir si le r&#233;sultat conduit bien &#224; d&#233;placer le curseur de la r&#233;partition de la richesse nationale en direction des salaires et des cotisations sociales, en assurant &#224; tous des soins de qualit&#233;, sur une base fortement redistributive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Mais il ne suffit pas de r&#233;fl&#233;chir sur le plan comptable, m&#234;me si c'est n&#233;cessaire. Il faut penser syst&#232;me de sant&#233; et pas seulement syst&#232;me de soins. Cela veut dire accorder un poids beaucoup plus important &#224; la pr&#233;vention, au d&#233;pistage, &#224; la m&#233;decine scolaire, du travail, &#224; l'&#233;ducation sanitaire, &#224; contrer les lobbies d&#233;pensiers. Ce serait &#233;conomiquement efficace : on pourrait mieux soigner pour le m&#234;me prix et mieux se porter. Et on pourrait (et probablement on devrait) d&#233;penser plus, car les besoins insatisfaits restent &#233;normes, en d&#233;pensant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le fait de penser en termes de syst&#232;me de sant&#233; devrait conduire &#224; des politiques de r&#233;duction d'in&#233;galit&#233;s de sant&#233;, souvent fond&#233;es sur des in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques et sociales et &#224; des in&#233;galit&#233;s de conditions de travail. Des in&#233;galit&#233;s qui co&#251;tent cher, ind&#233;pendamment du jugement moral que l'on peut porter sur elles. Dans la derni&#232;re version du BIP 40 (Barom&#232;tre des In&#233;galit&#233;s et de la Pauvret&#233;), les statisticiens qui ont mis au point cet outil s&#233;rieux et remarquable font un constat effarant : en 1970, l'esp&#233;rance de vie des cadres &#233;tait sup&#233;rieure de 5,5 ans &#224; celle des ouvriers qualifi&#233;s. L'&#233;cart devait se r&#233;duire un peu jusqu'en 1982, o&#249; il &#233;tait de 4,8 ans. Il n'a cess&#233; de progresser depuis, pour atteindre 8 ans en 2002 ! Bravo ceux qui nous disent que les in&#233;galit&#233;s se sont fortement r&#233;duites en France depuis 30 ans ! En tout cas pas en mati&#232;re de sant&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Il faut aussi sans doute r&#233;fl&#233;chir aux effets pervers du syst&#232;me de r&#233;mun&#233;ration fond&#233;e uniquement sur le paiement &#224; l'acte, car il ne risque pas de favoriser la pr&#233;vention et il a parfois tendance &#224; faire marcher la machine &#224; acte d'une fa&#231;on ind&#233;fendable. De m&#234;me, on ne peut accepter une situation de quasi-libert&#233; d'installation qui fait que, selon les d&#233;partements, le nombre de sp&#233;cialistes par habitant varie de 1 &#224; 4, ce qui conduit &#233;videmment certains &#224; se rattraper sur les actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Il est tout &#224; fait possible d'avoir une assurance maladie obligatoire qui rembourse 100 % des soins utiles, sans assurance maladie suppl&#233;mentaire. Ce n'est pas utopique du tout. Cela fonctionne d&#233;j&#224; presque ainsi en Alsace et Moselle, sur la base d'une cotisation suppl&#233;mentaire sur les salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Il faut cr&#233;er un tr&#232;s gros p&#244;le public de recherche pharmaceutique, pour ne pas laisser l'industrie pharmaceutique d&#233;cider de ce qui doit &#234;tre d&#233;velopp&#233;, fixer des prix exorbitants, et se d&#233;sint&#233;resser de certaines maladies sur une base de pure rentabilit&#233;. Il faut lire &#224; ce sujet le livre &#233;difiant de Philippe Pignarre, Les grand secrets de l'industrie pharmaceutique, &#224; La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le quotidien Voltaire du 24 mai 2004 fournit les sources am&#233;ricaines de ces chiffres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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