<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>ATTAC 92</title>
	<link>https://92.site.attac.org/</link>
	<description>Association pour la Taxation des Transactions financi&#232;res et l'Action Citoyenne.
Comit&#233; Local ATTAC dans les Hauts-de-Seine.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://92.site.attac.org/spip.php?id_auteur=2&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>ATTAC 92</title>
		<url>https://92.site.attac.org/local/cache-vignettes/L144xH264/siteon0-3713d.png?1767607396</url>
		<link>https://92.site.attac.org/</link>
		<height>264</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : La politique mon&#233;taire : l'emploi sacrifi&#233; &#224; la lutte contre l'inflation</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article752</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article752</guid>
		<dc:date>2005-04-29T16:21:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La politique mon&#233;taire : &lt;br class='autobr' /&gt;
l'emploi sacrifi&#233; &#224; la lutte contre l'inflation &lt;br class='autobr' /&gt;
18 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
La projet de trait&#233; constitutionnel reprend les dispositions du trait&#233; de Maastricht (1992) relatives &#224; l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM). L'euro, monnaie unique, de douze des vingt-cinq pays de l'Union, et la politique mon&#233;taire de la zone euro ont compl&#233;t&#233; &#224; partir du 1er janvier 1999 (1er janvier 2001 pour la Gr&#232;ce) le march&#233; unique ou march&#233; int&#233;rieur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet de trait&#233; constitutionnel...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La politique mon&#233;taire : &lt;br /&gt;
l'emploi sacrifi&#233; &#224; la lutte contre l'inflation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;18 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La projet de trait&#233; constitutionnel reprend les dispositions du trait&#233; de Maastricht (1992) relatives &#224; l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire (UEM). L'euro, monnaie unique, de douze des vingt-cinq pays de l'Union, et la politique mon&#233;taire de la zone euro ont compl&#233;t&#233; &#224; partir du 1er janvier 1999 (1er janvier 2001 pour la Gr&#232;ce) le march&#233; unique ou march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de trait&#233; constitutionnel confirme la tr&#232;s grande importance et le caract&#232;re &#233;minemment antid&#233;mocratique de la politique mon&#233;taire (I-30 ; III-185 &#224; III-191 ; III-382 et III-383).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois ses dirigeants nomm&#233;s pour huit ans, la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) est totalement ind&#233;pendante du pouvoir politique. Elle ne peut &#234;tre ni influenc&#233;e, ni contr&#244;l&#233;e, ni sanctionn&#233;e, et &#233;chappe ainsi &#224; tout contr&#244;le d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif essentiel de la BCE est la stabilit&#233; des prix. Elle ne se pr&#233;occupe ni de la croissance, ni de l'emploi (I-30-2), &#224; la diff&#233;rence d'autres banques centrales, comme la Federal Reserve Bank (maintenir le mot &#171; Bank &#187;) des Etats-Unis dont l'objectif est double : stabilit&#233; des prix et croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage massif dans les Etats membres de l'Union europ&#233;enne s'explique largement par la politique mon&#233;taire et la politique de change de l'euro. Plusieurs m&#233;canismes pervers y contribuent que la Constitution confirme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE m&#232;ne des politiques g&#233;n&#233;ralement restrictives fond&#233;e sur l'obsession d'un &#171; taux d'inflation inf&#233;rieur (&#224; 2%), mais proche de 2% &#187;, son objectif essentiel. Ceci se traduit par des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s qui d&#233;couragent l'investissement et contribuent &#224; faire monter le taux de change de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des Etats-Unis qui agissent sur le dollar pour stimuler leur &#233;conomie, la BCE a men&#233; durant les derniers ann&#233;es une politique de change dict&#233;e par les march&#233;s - une politique calamiteuse - qui a d&#233;stabilis&#233; l'&#233;conomie europ&#233;enne (appr&#233;ciation de l'euro pendant les p&#233;riodes de faible croissance, par exemple, ce qui a pour cons&#233;quence d'affaiblir encore la croissance et d'augmenter le ch&#244;mage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le stabilisateur des politiques budg&#233;taires et fiscales est r&#233;duit par les r&#232;gles pr&#233;cises et rigides du Pacte dit de stabilit&#233; et de croissance qui limite d&#233;ficit et dette publics &#224; 3 % et 60 % du PIB, respectivement. Le Pacte confirm&#233; par la Constitution a &#233;t&#233; qualifi&#233; d'absurde par l'ancien pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne, Romano Prodi. On nous demande n&#233;anmoins de le p&#233;renniser par notre vote au r&#233;f&#233;rendum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution ne devrait pas contenir des r&#232;gles de politique mon&#233;taire (et &#233;conomique). Aucune Constitution d&#233;mocratique ne l'a fait jusqu'ici. De plus ces r&#232;gles sont inadapt&#233;es. Elle l'&#233;taient d&#233;j&#224; lorsque le trait&#233; de Maastricht a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 : la &#171; grande inflation &#187; avait &#233;t&#233; ma&#238;tris&#233;e. Aujourd'hui, il s'agit de combattre l'instabilit&#233; du taux de change et des prix boursiers et, surtout, de lutter contre le ch&#244;mage par des politiques publiques et salariales expansionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au minimum, trois changements s'imposent :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il faut mettre fin &#224; l'ind&#233;pendance de la BCE qui doit &#234;tre soumise au pouvoir des instances &#233;lues ou repr&#233;sentatives, comme le Parlement et le Conseil, et ex&#233;cuter leurs d&#233;cisions de politique mon&#233;taire et de change. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les gouvernements des pays de l'Union doivent d&#233;finir une politique de change commune que le trait&#233; actuel autorise et non pas, comme aujourd'hui, renoncer &#224; leur pouvoir pour le donner enti&#232;rement &#224; la BCE. Cette politique doit &#234;tre favorable au plein emploi dans l'Union. Elle doit avoir pour but la coop&#233;ration mon&#233;taire avec les autres r&#233;gions du monde afin de r&#233;duire la possibilit&#233; des crises financi&#232;res et d'&#233;viter les d&#233;valuations comp&#233;titives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Redonner leur r&#244;le aux politiques budg&#233;taires nationales est &#233;galement une n&#233;cessit&#233;, pour deux raisons : compenser le biais d&#233;pressif de la politique mon&#233;taire et prendre en compte l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des &#233;conomies nationales, ce que la politique mon&#233;taire unique ne peut pas faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; De m&#234;me, une politique budg&#233;taire communautaire plus ambitieuse s'impose pour mutualiser les d&#233;penses d'infrastructures et accro&#238;tre les transferts entre r&#233;gions et pays membres. Ce qui n&#233;cessite une hausse du budget europ&#233;en aujourd'hui limit&#233; &#224; 1,24% du Revenu national brut de l'Union, soit 1,27% de son Produit int&#233;rieur brut (PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement de cap de la politique mon&#233;taire et &#233;conomique est indispensable pour lutter contre le ch&#244;mage et les in&#233;galit&#233;s. Il est totalement incompatible avec les dispositions de la Constitution qui font de la monnaie un moyen d'assurer la supr&#233;matie du march&#233;, et non une institution sociale au service d'une Union europ&#233;enne solidaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Commentaire Lecourieux : Les quatre contradictions de l'Union europ&#233;enne</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article751</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article751</guid>
		<dc:date>2005-04-29T15:51:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour une Union europ&#233;enne solidaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Les quatre contradictions de l'Union europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt;
18 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Union europ&#233;enne vit des contradictions. Le but de ce document est de rep&#233;rer quatre contradictions majeures. Tout projet europ&#233;en doit dire comment il g&#232;re ces contradictions et comment &#224; long terme il entend les d&#233;passer. &lt;br class='autobr' /&gt;
1. Union des Etats et Union des peuples &lt;br class='autobr' /&gt;
La Convention sur l'avenir de l'Europe vient de d&#233;finir l'Union europ&#233;enne comme &#034; Une Union d'Etats et de peuples qui...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour une Union europ&#233;enne solidaire &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les quatre contradictions de l'Union europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
18 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne vit des contradictions. Le but de ce document est de rep&#233;rer quatre contradictions majeures. Tout projet europ&#233;en doit dire comment il g&#232;re ces contradictions et comment &#224; long terme il entend les d&#233;passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Union des Etats et Union des peuples&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La Convention sur l'avenir de l'Europe vient de d&#233;finir l'Union europ&#233;enne comme &#034; Une Union d'Etats et de peuples qui coordonnent &#233;troitement leurs politiques et qui g&#232;rent sur le mode f&#233;d&#233;ral certaines comp&#233;tences communes &#034;.&lt;br /&gt;
La construction europ&#233;enne a &#233;t&#233; une construction &#233;tatique ; on peut m&#234;me dire diplomatique ; les r&#233;formes importantes de l'UE comme le march&#233; unique ou l'euro sont venues des Etats. Les peuples ont &#233;t&#233; tenus &#224; l'&#233;cart ; leur m&#233;connaissance du fonctionnement de l'Union et la place limit&#233;e que tient l'UE dans le d&#233;bat politique des Etats-membres en t&#233;moignent.&lt;br /&gt;
L'Union est d'abord une organisation internationale dont la r&#232;gle du jeu est d&#233;finie par cinq trait&#233;s (Rome, Acte unique de Luxembourg, Maastricht, Amsterdam et Nice). Ces trait&#233;s institutionnalisent un pouvoir intergouvernemental fort incarn&#233; par le Conseil des ministres. Le pouvoir f&#233;d&#233;ral ou quasi-f&#233;d&#233;ral est important et largement non contr&#244;l&#233; d&#233;mocratiquement (concurrence, monnaie et politique commerciale pour l'essentiel). L'essentiel de la d&#233;cision europ&#233;enne traduit des compromis entre Etats et non pas un int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral europ&#233;en. Le Parlement europ&#233;en et la Commission sont les institutions charg&#233;es de repr&#233;senter cet int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, ce bien commun europ&#233;en. Jusqu'&#224; pr&#233;sent elles ont toutes deux &#233;chou&#233; &#224; construire cet int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans une construction d&#233;mocratique qui associe les peuples de l'Union.&lt;br /&gt;
Pour r&#233;sumer les cons&#233;quences de cette premi&#232;re contradiction l'UE est actuellement une Union des Etats qui trouve des compromis entre des int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques et qui g&#232;re sur un mode f&#233;d&#233;ral qui s'est autonomis&#233; des comp&#233;tences communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Elargissement et approfondissement&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La construction europ&#233;enne est marqu&#233;e par un double d&#233;s&#233;quilibre qui touche &#224; la fois son espace g&#233;ographique (l'&#233;largissement) et son contenu politique (l'int&#233;gration europ&#233;enne appel&#233; aussi l'approfondissement).&lt;br /&gt;
Six, sept changements successifs, voire plus, ont ou vont modifier les fronti&#232;res de l'Union en trente-cinq ans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Danemark, Irlande et Royaume-Uni en 1972 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gr&#232;ce en 1979 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Espagne et Portugal en 1985 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autriche, Finlande et Su&#232;de en 1995 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Chypre, Tch&#233;quie, Estonie, Hongrie, Lettonie, &lt;br /&gt;Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie et Slov&#233;nie en 2004 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bulgarie et Roumanie en 2007 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; et &#233;ventuellement Turquie, Balkans, Caucase, Ukraine, etc.&lt;br /&gt;
La question de l'adh&#233;sion de la Norv&#232;ge, de la Suisse et de l'Islande reste ouverte.&lt;br /&gt;
Par ailleurs l'approfondissement de l'Union met en &#339;uvre un d&#233;s&#233;quilibre de contenu politique. La construction est et reste inachev&#233;e ; chaque r&#233;forme importante appelle donc une autre r&#233;forme pour la compl&#233;ter ; par exemple, l'euro appelle une politique sociale, budg&#233;taire et fiscale commune.&lt;br /&gt;
L'&#233;largissement recule l'av&#232;nement d'un espace politique partag&#233; qui serait le fondement m&#234;me d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne ; la d&#233;mocratie requiert en effet un espace g&#233;ographique born&#233; par des fronti&#232;res stables. De plus l'&#233;largissement par son h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; culturelle, sociale et &#233;conomique croissante rend probl&#233;matique &#224; la fois le d&#233;veloppement d'un sentiment commun d'appartenance &#224; l'Union, la construction d'un int&#233;r&#234;t europ&#233;en commun, voire les compromis n&#233;cessaires &#224; la mise en oeuvre de politiques communes autres que le march&#233; et l'euro.&lt;br /&gt;
Faute d'une volont&#233; politique forte de construire cet espace et de r&#233;duire cette h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; - ce qui supposerait une solidarit&#233; financi&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent - deux sc&#233;narios sont probables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'UE se transforme en une &#034; tr&#232;s grande Suisse &#034; fortement in&#233;galitaire &#224; la remorque des Etats-Unis ; - l'UE se coupe en deux : une &#034; grande Suisse &#034; et une Union o&#249; des choix politiques diff&#233;renci&#233;s sont encore possibles.&lt;br /&gt;
Pour r&#233;sumer les cons&#233;quences des deux premi&#232;res contradictions, l'UE est :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union des Etats qui trouve des compromis entre des int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques et qui g&#232;re sur un mode f&#233;d&#233;ral qui s'est autonomis&#233; des comp&#233;tences communes ; - une pseudo Union sans espace politique, sans identit&#233; autre que le march&#233; et l'euro ou une Union condamn&#233;e &#224; l'&#233;clatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Capitalisme et politique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Kenneth Arrow, concepteur de la th&#233;orie pure de l'&#233;conomie de march&#233; affirme : &#034; Le march&#233; n'est compatible avec aucun r&#233;gime politique, aucune forme de gouvernement, ni la d&#233;mocratie, ni l'oligarchie, ni la dictature &#034;. Le capitalisme veut la mort du march&#233; pur fond&#233; sur une concurrence construite et veut le triomphe de l'oligopole et du monopole ; il d&#233;veloppe une logique qui condamne elle aussi toute forme de gouvernement. Toute intervention politique ne peut que r&#233;duire l'efficacit&#233; &#233;conomique ; le capitalisme n'a besoin pour fonctionner que d'individus ; toute intrusion de la politique - lieu m&#234;me du collectif et du compromis entre des int&#233;r&#234;ts collectifs - ne peut que conduire &#224; une affectation non optimale des ressources et r&#233;duire donc l'accumulation du capital.&lt;br /&gt;
Le capitalisme d&#233;construit la politique entendue comme choix entre des options significativement diff&#233;rentes ; son id&#233;ologie (la doxa) d&#233;montre l'absurdit&#233; d'un tel choix ; son pouvoir cr&#233;e &#224; la fois les meilleures conditions de l'accumulation du capital et les conditions proprement politiques du d&#233;veloppement de l'id&#233;ologie.&lt;br /&gt;
L'UE comme les Etats-membres qui la composent devient &#034; entrepreneur pour &#034; et &#034; r&#233;parateur du &#034; capitalisme ; elle travaille en parfaite symbiose avec les lobbies capitalistes ; les &#233;lus, les fonctionnaires partagent avec les repr&#233;sentants du capital les m&#234;mes locaux, les m&#234;mes voyages, le m&#234;mes repas ; ils ont les m&#234;mes pratiques ; les premiers vont de renoncements en renoncements pour s'aligner sur les seconds.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'orientation capitaliste de l'UE n'est plus &#224; d&#233;montrer. Rappelons simplement deux faits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les trait&#233;s neutres sur la propri&#233;t&#233; du capital ont &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s dans la pratique depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 par les directives qui ont organis&#233; syst&#233;matiquement la lib&#233;ralisation (mise en concurrence), donc le d&#233;mant&#232;lement des services publics ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le budget de l'Union born&#233; au ridicule 1,27% du PIB par le trait&#233; de Maastricht est de fait inf&#233;rieur (1%) &#224; cette borne et limite ainsi l'ampleur de toute politique qui s'&#233;carterait du march&#233;.&lt;br /&gt;
Pour r&#233;sumer les cons&#233;quences des trois premi&#232;res contradictions, l'UE est :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union des Etats qui trouve des compromis entre des int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques et qui g&#232;re sur un mode f&#233;d&#233;ral qui s'est autonomis&#233; des comp&#233;tences communes ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une pseudo Union sans espace politique, sans identit&#233; autre que le march&#233; et l'euro ou une Union condamn&#233;e &#224; l'&#233;clatement ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union qui a choisi une soci&#233;t&#233; de march&#233; capitaliste derri&#232;re l'affirmation &#034; &#233;conomie de march&#233; ouverte &#034; et qui limite son r&#244;le politique &#224; celui d'entrepreneur du capital et d'&#233;ventuel r&#233;parateur de ses d&#233;g&#226;ts ; elle privil&#233;gie la r&#232;gle qui cr&#233;e les conditions de l'accumulation du capital au choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Force et justice&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&#034; Il est juste que ce qui est juste soit suivi, il est n&#233;cessaire [in&#233;vitable] que ce qui est le plus fort soit suivi. La justice sans la force est impuissante ; la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite parce qu'il y a toujours des m&#233;chants ; la force sans la justice est accus&#233;e. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force ; et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste.&lt;br /&gt;
La justice est sujette &#224; dispute [discussion], la force est reconnaissable et sans dispute. Ainsi on n'a pu donner la force &#224; la justice, parce que la force a contredit la justice et a dit que c'&#233;tait elle qui &#233;tait juste. Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste f&#251;t fort, on a fait que ce qui est fort f&#251;t juste. &#034; - Blaise Pascal - Les Pens&#233;es - 1657&lt;br /&gt;
Dans un monde marqu&#233; par l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, par des menaces int&#233;gristes identitaires et r&#233;gressives, l'UE a deux tentations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#234;tre un caniche des Etats-Unis dans le cadre de la Guerre sans limites ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; se placer dans l'&#034; au-del&#224; de la puissance &#034;. Cette seconde conception promeut trois id&#233;es que la violence et la complexit&#233; du monde viennent sans cesse contredire : - un droit international dat&#233; et sans sanction ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le capitalisme sous le vocable &#034; libre-&#233;change &#034; continuellement ni&#233; par les pays du Nord (dont l'UE) qui maintiennent leurs protections vis-&#224;-vis du Sud ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un multilat&#233;ralisme qui s'appuie sur des organisations internationales pens&#233;es dans les ann&#233;es 1940 et recouvre des rapports brutaux de domination. La boucle est boucl&#233;e. L'UE n'a pas de politique int&#233;rieure autre que celle de mettre en oeuvre une soci&#233;t&#233; de march&#233; capitaliste. Elle ne peut donc avoir de politique ext&#233;rieure ind&#233;pendante. C'est donc l'&#233;chec constat&#233; de la Politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; commune (PESC) et de la Politique europ&#233;enne de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense (PESD).&lt;br /&gt;
Pour r&#233;sumer les cons&#233;quences des quatre contradictions, l'UE est :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union des Etats qui trouve des compromis entre des int&#233;r&#234;ts &#233;tatiques et qui g&#232;re sur un mode f&#233;d&#233;ral qui s'est autonomis&#233; des comp&#233;tences communes ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une pseudo Union sans espace politique, sans identit&#233; autre que le march&#233; ou une Union condamn&#233;e &#224; l'&#233;clatement ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union qui a choisi une soci&#233;t&#233; de march&#233; capitaliste derri&#232;re l'affirmation &#034; &#233;conomie de march&#233; ouverte &#034; et qui limite son r&#244;le politique &#224; celui d'entrepreneur du capital et d'&#233;ventuel r&#233;parateur de ses d&#233;g&#226;ts ; elle privil&#233;gie la r&#232;gle qui cr&#233;e les conditions de l'accumulation du capital au choix politique &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une Union qui ne peut avoir de politique ext&#233;rieure ind&#233;pendante ; se refusant &#224; &#234;tre juste, elle ne peut pas &#234;tre forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : Les reculs de la Constitution europ&#233;enne par rapport au trait&#233; de Nice</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article742</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article742</guid>
		<dc:date>2005-04-28T15:35:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les reculs de la Constitution europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt;
par rapport au trait&#233; de Nice &lt;br class='autobr' /&gt;
12 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Version provisoire &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; La Constitution europ&#233;enne ne comporte que des avanc&#233;es. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Le ch&#339;ur des ouistes, PS, Verts, UMP, UDF &lt;br class='autobr' /&gt; A noter. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme &#171; trait&#233; de Nice &#187; d&#233;signe ici le Trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne (TUE) et le Trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne (TCE) tels qu'ils sont entr&#233;s en vigueur, pour une dur&#233;e illimit&#233;e, sauf abrogation, le 1er f&#233;vrier 2003 pour les Quinze (appel&#233;s &#171; ...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les reculs de la Constitution europ&#233;enne&lt;br /&gt;
par rapport au trait&#233; de Nice&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;12 avril 2005 &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Version provisoire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; La Constitution europ&#233;enne ne comporte que des avanc&#233;es. &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Le ch&#339;ur des ouistes, PS, Verts, UMP, UDF&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A noter. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le terme &#171; trait&#233; de Nice &#187; d&#233;signe ici le Trait&#233; sur l'Union europ&#233;enne (TUE) et le Trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne (TCE) tels qu'ils sont entr&#233;s en vigueur, pour une dur&#233;e illimit&#233;e, sauf abrogation, le 1er f&#233;vrier 2003 pour les Quinze (appel&#233;s &#171; versions consolid&#233;es &#224; la suite de Nice &#187;) et tels qu'ils s'appliquent aux Vingt-Cinq depuis avril 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document est un r&#233;sum&#233; des reculs principaux sous la forme d'une liste ; les reculs sont donn&#233;s sans aucun commentaire ; un document plus &#171; savant &#187;, plus exhaustif et plus explicatif fera la comparaison d&#233;taill&#233;e du trait&#233; de Nice et de la Constitution europ&#233;enne ; ce document sera disponible avant la fin d'avril 2005.&lt;br /&gt;
Un document disponible aussi &#224; la fin d'avril fera aussi la liste des avanc&#233;es (&#171; une alouette &#187;) de la Constitution par rapport au trait&#233; de Nice ; ce document donnera aussi une qualification de chacune de ces avanc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br /&gt;
Il convient de noter que la Conf&#233;rence intergouvernmentale (CIG) qui a suivi la Convention sur l'avenir de l'Europe a supprim&#233; la citation de Thucydide, propos&#233;e en exergue de la Constitution europ&#233;enne par la Convention : &#171; Notre Constitution... est appel&#233;e d&#233;mocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorit&#233;, mais du plus grand nombre &#187;. La CIG a proc&#233;d&#233; &#224; d'autres modifications du texte de la Convention. Ces modifications qui sont presque toutes des reculs feront l'objet d'un autre document. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Liste des reculs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le pr&#233;ambule du Trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne (TCE), partie du trait&#233; de Nice, &#171; assignait [aux Etats membres] pour but essentiel &#224; leurs efforts l'am&#233;lioration constante des conditions de vie et d'emploi de leurs peuples &#187;. La formulation du pr&#233;ambule de la Constitution europ&#233;enne qui s'en rapproche le plus &#171; Convaincu que l'Europe... &#187; est en recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il convient de noter que la Conf&#233;rence intergouvernmentale (CIG) qui a suivi la Convention sur l'avenir de l'Europe a supprim&#233; la citation de Thucydide, propos&#233;e en exergue de la Constitution europ&#233;enne par la Convention : &#171; Notre Constitution... est appel&#233;e d&#233;mocratie parce que le pouvoir est entre les mains non d'une minorit&#233;, mais du plus grand nombre. La CIG a proc&#233;d&#233; &#224; d'autres modifications du texte de la Convention qui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La sanctuarisation plus forte des politiques n&#233;olib&#233;rales (partie III essentiellement) par l'autorit&#233; juridique sup&#233;rieure de la Constitution par rapport &#224; l'autorit&#233; du trait&#233; de Nice.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le primat du droit de l'Union est affirm&#233; dans la Constitution (I-6) alors qu'il ne l'est pas dans le trait&#233; de Nice.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le dialogue r&#233;gulier entre l'Union et les &#201;glises (I-52) est absent du trait&#233; de Nice.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le triumvirat (pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en, ministre des affaires &#233;trang&#232;res, pr&#233;sident de la Commission) ajoute &#224; la confusion des pouvoirs et est un d&#233;ni du principe de s&#233;paration des pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La libert&#233; de manifester sa religion [...] individuellement ou collectivement, en public [...], par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites &#187; (II-70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Certains domaines qui passent &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e tels que la libre circulation des travailleurs, les nouvelles missions et statut de la BCE, la culture, le statut et si&#232;ge de l'Agence de l'armement, la comp&#233;tence de la Cour de justice en mati&#232;re de propri&#233;t&#233; intellectuelle constituent autant de menaces n&#233;olib&#233;rales compte tenu de la trajectoire actuelle de l'Union europ&#233;enne. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La composition de la Commission avant et apr&#232;s 2014 est en recul par rapport &#224; la situation qui pr&#233;valait jusqu'&#224; 2004 : deux commissaires pour les &#034;grands pays&#034;, un pour les petits.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La composition de la Commission apr&#232;s 2014 dite &#034;Commission r&#233;duite&#034; prive un pays comme la France d'un commissaire &#224; droit de vote pendant cinq ann&#233;es sur quinze. Elle r&#233;duit volens nolens l'influence de la France dans l'Union.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les SIEG ne sont plus une valeur de l'Union (III-122) alors que les SIEG sont une valeur de l'Union dans le trait&#233; de Nice.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'extension de la majorit&#233; qualifi&#233;e pour les professions m&#233;dicales, param&#233;dicales et pharmaceutiques (III-141) est une menace (cf. la directive Bolkestein).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'extension du pouvoir de la Commission d&#233;sormais charg&#233;e de promouvoir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral de l'Union (I-26) alors qu'elle n'a aucune l&#233;gitimit&#233; pour ce faire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'extension des d&#233;l&#233;gations de comp&#233;tence non contr&#244;l&#233;es d&#233;mocratiquement dans les domaines sensibles de l'asile et de l'immigration. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La suppression de la clause permettant de suspendre temporairement l'espace sans fronti&#232;res dit de Schengen. Cette clause de sauvegarde existe dans le trait&#233; de Nice. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans le cadre de la politique commerciale commune, sauf s'il y a atteinte &#224; la diversit&#233; culturelle et linguisitique, la Constitution supprime l'exception culturelle et audiovisuelle (III-315) que le trait&#233; de Nice maintient.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Toujours dans le cadre de la politique commerciale commune, et sauf perturbation grave, la Constitution europ&#233;enne supprime l'unanimit&#233; dans les domaines de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et des services sociaux (III-315).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La suppression progressive des restrictions aux investissements &#233;trangers directs (AMI) et la r&#233;duction de tout obstacle au libre-&#233;change mondial (adjonction de la mention &#034;et autres&#034; qui n'est pas pr&#233;sente dans le trait&#233; de Nice) (III-314)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le trait&#233; de Nice n'indique pas la compatibilit&#233; obligatoire de la d&#233;fense europ&#233;enne commue avec l'OTAN qui est consacr&#233;e comme fondement de la d&#233;fense collective et de sa mise en oeuvre (I-41).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La Constitution europ&#233;enne fait de la Cour de justice des Communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) une Cour de Justice de l'Union, v&#233;ritable Cour supr&#234;me comp&#233;tente dans presque tous les domaines. Le trait&#233; de Nice limite ses comp&#233;tences par l'existence des trois piliers. &lt;br /&gt;
A noter : les trois piliers du trait&#233; de Nice sont : le pilier communautaire ; le deuxi&#232;me pilier concerne la politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; commune ; le troisi&#232;me concerne la justice et les affaires int&#233;rieures hors asile et immigration, deux domaines qui sont dans le premier pilier. Les deux derniers piliers du trait&#233; de Nice sont intergouvernementaux et &#233;chappent, dans ce trait&#233;, &#224; la comp&#233;tence de la Cour de Justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Lecourieux&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Annexe&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Reculs impliqu&#233;s par l'inclusion de la Charte des droits fondamentaux dans la Constitution europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A noter. &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il peut para&#238;tre paradoxal, voire provocateur, d'inclure certains aspects de la Charte des droits fondamentaux dans un document qui entend lister les reculs de la Constitution europ&#233;enne par rapport au trait&#233; de Nice. L'autorit&#233; juridique - une norme constitutionnelle - qu'acquiert la Charte par son inclusion dans la Constitution d'une part affaiblit les textes qui n'ont pas la m&#234;me autorit&#233; et qui lui sont sup&#233;rieurs en mati&#232;re de droit, et d'autre part menace les droits qui ne figurent pas dans cette Charte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Charte des droits fondamentaux, partie II de la Constitution, ne reconna&#238;t pas certains droits essentiels des &#234;tres humains&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Citons parmi les droits non reconnus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le droit au travail pourtant inscrit dans la d&#233;claration universelle des droits de l'homme du 10 d&#233;cembre 1948 et dans la Constitution fran&#231;aise de 1958 ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; un revenu minimum ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'&#233;galit&#233; salariale (&#224; travail &#233;gal, salaire &#233;gal) ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; une pension de retraite (la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs du 9 d&#233;cembre 1989 garantit &#171; le droit de b&#233;n&#233;ficier, au moment de la retraite, de ressources assurant un niveau de vie d&#233;cent &#187;) ;&lt;br /&gt;
le droit aux allocations de ch&#244;mage ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; un logement convenable ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; des services publics de qualit&#233; (seul le droit d'acc&#232;s est reconnu dans l'article II-96 tel qu'il est pr&#233;vu dans les l&#233;gislations et pratiques nationales ; ne figurent ni la liste des domaines concern&#233;s, ni les principes que les services publics doivent respecter) ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'&#233;ducation tout au long de la vie ;&lt;br /&gt;
le droit de gr&#232;ve transnational ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'avortement ;&lt;br /&gt;
le droit d'&#234;tre soign&#233; en cas d'urgence (qui devrait &#234;tre accord&#233; &#224; tout &#234;tre humain, f&#251;t-il clandestin) ;&lt;br /&gt;
le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; aux &#233;lections municipales des r&#233;sidents &#233;trangers &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des v&#339;ux pieux qui ne sont pas des droits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre on trouve beaucoup de v&#339;ux pieux dans la Charte des droits fondamentaux : &#171; Le droit d'acc&#232;s aux prestations de s&#233;curit&#233; sociale et aux services sociaux &#187;, &#171; le droit de travailler &#187;, &#171; le droit des personnes &#226;g&#233;es &#224; mener une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; participer &#224; la vie sociale et culturelle &#187;, &#171; le principe du d&#233;veloppement durable &#187; et &#171; le niveau &#233;lev&#233; de protection des consommateurs &#187; sont quelques-uns des nombreuses p&#233;titions de principe qui &#233;maillent la Charte des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mieux ce sont des objectifs g&#233;n&#233;raux. Au pire ce sont des v&#339;ux pieux voire des tromperies. Ce ne sont en tout cas pas des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple entre &#171; mille &#187;... L'article II-96 de la Charte des droits fondamentaux stipule : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s aux services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral tel qu'il est pr&#233;vu par les l&#233;gislations et pratiques nationales, conform&#233;ment &#224; la Constitution, afin de promouvoir la coh&#233;sion sociale et territoriale de l'Union. &#187; &lt;br /&gt;
On est impressionn&#233; ! Enfin, un droit ! &lt;br /&gt;
Mais il faut lire le volume II de la Constitution que peu de personnes liront. C'est, en tout cas &#224; l'&#233;vidence, le pari qui est fait ! &lt;br /&gt;
La D&#233;claration n&#176; 12 (60 pages) de ce volume II est enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; la Charte des droits fondamentaux ; elle a, comme les 47 autres D&#233;clarations de la Constitution, valeur interpr&#233;tative du projet de trait&#233; constitutionnel ; en quelque sorte elle fournit, comme les autres D&#233;clarations, le &#171; dictionnaire &#187;, les clefs pour interpr&#233;ter les pr&#233;tendus &#171; droits fondamentaux &#187;. &lt;br /&gt;
Que dit-elle de l'article II-96 ? &lt;br /&gt;
Elle l&#232;ve toute ambigu&#239;t&#233; : &#171; Cet article [II-96] (...) ne cr&#233;e pas de droit nouveau. &#187; Constitution pour l'Europe, Office des publications officielles des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, volume II, page 416, juillet 2004. &lt;br /&gt;
Nous voil&#224; d&#251;ment averti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes manipul&#233;s et tromp&#233;s si nous ne lisons pas le volume II de la Constitution. Rappelons que ce volume II qui contient 36 Protocoles, 2 Annexes et 48 D&#233;clarations fait &#224; lui seul, dans cette version officielle de la Constitution, 460 pages. Il convient d'y ajouter les 350 pages du volume I dans la m&#234;me &#233;dition !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution pr&#233;cise dans son article II-112-5 qu'aucun des &#171; principes &#187;, aucun des v&#339;ux pieux, ne peut pas &#234;tre invoqu&#233; devant le juge et que seuls peuvent l'&#234;tre les actes l&#233;gislatifs qui en d&#233;riveraient &#233;ventuellement (II-112-5). Ces &#171; principes &#187;, ces v&#339;ux pieux concernent essentiellement les domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux principes fondamentaux du droit sont malmen&#233;s, voire ni&#233;s, ici :&lt;br /&gt;
l'indivisibilit&#233; des droits qui accorde la m&#234;me valeur aux droits civils et politiques d'un c&#244;t&#233;, &#233;conomiques, sociaux et culturels de l'autre ;&lt;br /&gt;
la &#171; justicialit&#233; &#187; qui permet de sanctionner la violation d'un droit aupr&#232;s du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Constitution d&#233;construit l'universalit&#233; des droits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution introduit un principe radicalement contraire &#224; l'universalit&#233; qui implique que les droits soient reconnus &#224; tous. Certains droits sont r&#233;serv&#233;s aux r&#233;sidents ou aux seuls citoyens de l'Union. Ainsi l'article II-75 garantit-il des &#171; conditions de travail &#233;quivalentes &#187; aux non ressortissants de l'Union, ce qui ne garantit en rien l'&#233;galit&#233; des droits. Il en est de m&#234;me du droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; aux &#233;lections municipales qui est r&#233;serv&#233; aux seuls citoyens de l'Union et n'est donc pas accord&#233; aux r&#233;sidents &#233;trangers &#224; l'Union (article II-100).&lt;br /&gt;
La Constitution s'&#233;carte de l'id&#233;e d'un &#234;tre humain universel et introduit des cat&#233;gories. On en d&#233;nombre pas moins de treize : cat&#233;gories politique, administrative, &#233;conomique, etc. Les entreprises et les m&#233;dias sont mis sur le m&#234;me plan que l'&#234;tre humain. Les cat&#233;gories sont tant&#244;t favoris&#233;es, tant&#244;t d&#233;favoris&#233;es. Ainsi le comble du ridicule est-il atteint avec l'article II-85 relatifs aux droits des personnes &#226;g&#233;es : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte le droit des personnes &#226;g&#233;es &#224; mener une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; participer &#224; la vie sociale et culturelle &#187;. Les autres personnes - non &#226;g&#233;es - n'ont sans doute pas droit &#224; une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; une participation &#224; la vie sociale et culturelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Constitution est en recul par rapport aux autres textes relatifs aux droits fondamentaux&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
La Charte des droits fondamentaux qui est maintenant la partie II de la Constitution europ&#233;enne est, par ce fait m&#234;me, le texte de r&#233;f&#233;rence de l'Union europ&#233;enne en mati&#232;re de droits fondamentaux. Elle d&#233;value donc les autres textes par rapport auxquels elle est en recul et notamment :&lt;br /&gt;
la d&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789,&lt;br /&gt;
la d&#233;claration universelle des droits de l'homme du 10 d&#233;cembre 1948,&lt;br /&gt;
la convention europ&#233;enne des droits de l'homme du 4 novembre 1950,&lt;br /&gt;
la charte sociale europ&#233;enne du Conseil de l'Europe du 18 octobre 1961,&lt;br /&gt;
le pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels du 16 d&#233;cembre 1966,&lt;br /&gt;
la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs du 9 d&#233;cembre 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons mentionner ici tous les reculs de la Constitution par rapport &#224; ces textes. Mentionnons quelques absences inqui&#233;tantes par rapport &#224; la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 :&lt;br /&gt;
interdiction d'arrestation et de d&#233;tention arbitraires ;&lt;br /&gt;
droit de pouvoir jouir des arts, de la culture et des progr&#232;s scientifiques ;&lt;br /&gt;
droit de pouvoir prendre part &#224; la direction des affaires publiques et de pouvoir acc&#233;der aux fonctions publiques ;&lt;br /&gt;
mention que la volont&#233; du peuple est le fondement de l'autorit&#233; des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les personnes au m&#234;me niveau que les services, les marchandises et les capitaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;ambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union (partie II de la Constitution) on trouve la phrase qui fournit la clef de &#171; l'illusion des droits fondamentaux dans la Constitution europ&#233;enne &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Union cherche &#224; promouvoir un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc essayer de comprendre ce qu'est cette Charte des droits fondamentaux ? La r&#233;ponse nous est fournie dans cette seule phrase qui figure dans son pr&#233;ambule et qui, sans barguigner, place les personnes au m&#234;me niveau que les services, les marchandises et les capitaux. Tout est dit !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : L'Europe, espace pertinent face &#224; la mondialisation</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article738</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article738</guid>
		<dc:date>2005-04-28T13:21:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Europe, espace pertinent face &#224; la mondialisation &lt;br class='autobr' /&gt;
11 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Figure nouvelle du capitalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
La mondialisation actuelle est avant tout une figure nouvelle du capitalisme (1). Elle est caract&#233;ris&#233;e par une marchandisation sans limites, la dictature de la finance, le primat du droit des affaires sur les autres droits, la puissance des entreprises globales et de leurs r&#233;seaux, la domination comme principe de n&#233;gociation internationale, sous couvert de multilat&#233;ralisme. La technologie...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Europe, espace pertinent face &#224; la mondialisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;11 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Figure nouvelle du capitalisme &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation actuelle est avant tout une figure nouvelle du capitalisme (1). Elle est caract&#233;ris&#233;e par une marchandisation sans limites, la dictature de la finance, le primat du droit des affaires sur les autres droits, la puissance des entreprises globales et de leurs r&#233;seaux, la domination comme principe de n&#233;gociation internationale, sous couvert de multilat&#233;ralisme. La technologie lui donne la ma&#238;trise du temps et de l'espace et la capacit&#233; de &lt;strong&gt; &lt;i&gt;d&#233;territorialiser&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; les activit&#233;s humaines qui &#233;chappent ainsi &#224; toute souverainet&#233;. La mondialisation ruse avec le concept de concurrence et ne r&#234;ve que d'oligopoles et de monopoles. C'est une machine &#224; produire des in&#233;galit&#233;s sans pr&#233;c&#233;dent. Elle nie l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle consid&#232;re la plan&#232;te comme une variable d'ajustement. Elle pratique &#224; l'envi la novlangue. Elle n'a qu'un but, l'accumulation sans fin du capital. &#171; Plus les march&#233;s sont grands, mieux l'&#233;conome de march&#233; combine &#233;conomies d'&#233;chelle et concurrence, et donc plus elle est efficiente. Avec les nouvelles technologies de l'information et de la communication, nous nous approchons davantage des march&#233;s purs et parfaits des manuels. &#187; (2)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, une id&#233;ologie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;La mondialisation actuelle &#233;vite soigneusement de se pr&#233;senter comme une id&#233;ologie et pr&#233;tend &#234;tre un &#233;tat de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mondialisation actuelle s'appuie sur la doxa n&#233;o-lib&#233;rale qui, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, a impos&#233; sa pr&#233;f&#233;rence en faveur d'une politique orient&#233;e vers l'offre. Elle pr&#233;conise la subordination inconditionnelle de l'Etat aux imp&#233;ratifs d'une int&#233;gration sociale cens&#233;e s'effectuer par le biais des march&#233;s &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, et recommande un Etat entrepreneur qui renonce &#224; toute ambition de lib&#233;rer la force de travail de son statut de marchandise, en cong&#233;diant, d'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, toute pr&#233;tention de l'Etat &#224; prot&#233;ger la soci&#233;t&#233;.&lt;br /&gt;
L'Etat engag&#233; dans le syst&#232;me &#233;conomique transnational doit renvoyer ses citoyens &#224; l'exercice des libert&#233;s n&#233;gatives assur&#233;es par la concurrence mondiale et se contenter pour l'essentiel de mettre froidement &#224; disposition les infrastructures qui rendent un lieu de production attractif du point de vue de la rentabilit&#233;, tout en favorisant l'activit&#233; des entreprises.&lt;br /&gt;
Supposons qu'une &#233;conomie mondiale soit parfaitement lib&#233;ralis&#233;e, tous les facteurs de production (y compris la main-d'&#339;uvre) b&#233;n&#233;ficiant d'une mobilit&#233; illimit&#233;e, et qu'un jour s'&#233;tablisse l'&#233;quilibre promis des lieux de production et d'une division du travail sym&#233;trique. M&#234;me dans cette situation, il faudrait accepter pendant une p&#233;riode transitoire, tant &#224; l'&#233;chelle nationale qu'&#224; celle de la plan&#232;te, non seulement l'augmentation radicale des in&#233;galit&#233;s et la fragmentation sociale, mais encore la d&#233;pravation des crit&#232;res moraux et des infrastructures culturelles. On peut donc se demander combien de temps il faudra pour traverser &lt;strong&gt; &lt;i&gt;la vall&#233;e de larmes&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; et quels sont les sacrifices requis : combien de destins marginalis&#233;s resteront au bord de la route, combien de conqu&#234;tes de la civilisation seront &#224; tout jamais perdues et livr&#233;es &#224; la destruction cr&#233;atrice. &#187; (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs certains tenants de la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale l'admettent de plus en plus : &#171; [La mondialisation est] in&#233;quitable, car, d'un certain point de vue, elle se nourrit de la diff&#233;rence, des choix individuels, ce qui rend plus forts les plus forts et plus faibles les plus faibles en valeur relative. &#187; (4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est une question tout aussi inqui&#233;tante qui se pose quant &#224; l'avenir de la d&#233;mocratie. Car les proc&#233;dures et les dispositifs d&#233;mocratiques, gr&#226;ce auxquels les citoyens peuvent pr&#233;tendre exercer une influence politique sur leurs conditions sociales de vie, ne peuvent plus durer lorsque l'Etat national est priv&#233; de ses fonctions et de sa libert&#233; d'action sans qu'aucune fonction &#233;quivalente ne soit assur&#233;e au niveau supranational. &#187; (5)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin du politique et de l'histoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;Pour les postmodernes, la flexibilit&#233; nouvelle des soci&#233;t&#233;s nagu&#232;re organis&#233;es sous la forme de l'Etat national entra&#238;ne la fin du politique : une politique &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te est d&#233;sormais impossible en raison du d&#233;clin des Etats classiques et de l'apparition d'une soci&#233;t&#233; mondiale aux r&#233;seaux anarchiques. &lt;br /&gt;
Pour les n&#233;o-lib&#233;raux, toutes les fonctions de r&#233;gulation sont confi&#233;es au march&#233; ; il n'est pas souhaitable d'imposer un cadre politique &#224; l'&#233;conomie mondiale d&#233;r&#233;gul&#233;e. &lt;br /&gt;
Pour les deux, les mondes v&#233;cus des individus et des petits groupes se diss&#233;minent dans des r&#233;seaux mondiaux et ne sont coordonn&#233;s qu'au niveau de leurs fonctions, au lieu de se recouper sur la voie de l'int&#233;gration sociale pour former des unit&#233;s politiques.&lt;br /&gt;
Se pr&#233;sentant comme un &#233;tat de nature et non pas pour ce qu'elle est, &lt;strong&gt; &lt;i&gt;une id&#233;ologie&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, la mondialisation actuelle obscurcit le d&#233;bat public et veut le d&#233;truire. Elle veut la fin de la citoyennet&#233;, de l'histoire et de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe pertinente&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;On peut observer que de nouveaux risques, qui ne respectent aucune fronti&#232;re, surgissent du fait de l'atteinte port&#233;e aux cycles &#233;cologiques et du fait de la fragilit&#233; des installations de haute technologie. Par ailleurs les fronti&#232;res sont poreuses pour le terrorisme, la criminalit&#233; organis&#233;e, le trafic de drogues et d'armes. Cette &#233;volution peut laisser penser que l'Europe est une dimension d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;e. Les grandes questions &#233;thiques, les probl&#232;mes internationaux de sant&#233;, les in&#233;galit&#233;s entre Nord et Sud, l'impasse &#233;cologique (d&#233;veloppement durable, pollution et r&#233;chauffement de la plan&#232;te), les mouvements migratoires, la finance mondialis&#233;e et ses d&#233;rives criminelles, l'Internet, les march&#233;s r&#233;ellement mondiaux de biens et de services, le fonctionnement des entreprises globales, nombre de probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense sont autant de questions globales qui appellent des r&#233;ponses, pour partie, mondiales. Au total, il est facile de lister une vingtaine de domaines de cette nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;o-lib&#233;raux ont tout int&#233;r&#234;t &#224; nous faire croire que la mondialisation actuelle, fait de nature, est plus achev&#233;e qu'elle ne l'est r&#233;ellement, pour nous faire mieux accepter des contraintes de plus en plus nombreuses. &#171; La plupart des questions deviennent globales. &#187; (6) Ils veulent que cette affirmation devienne autor&#233;alisatrice. Mais, en fait, la mondialisation est partielle et contradictoire. La &lt;strong&gt; &lt;i&gt;cit&#233; universelle&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt; &lt;i&gt;le village plan&#233;taire&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; n'existent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En proportion du PIB mondial, le commerce mondial n'a retrouv&#233; son niveau de 1914 qu'en 1973. Le niveau moyen d'implantation des firmes &#224; l'ext&#233;rieur de leur pays d'origine est encore modeste : en 1990, l'investissement direct &#224; l'&#233;tranger ne repr&#233;sentait que 1% du PIB mondial ; la part de la production des entreprises japonaises, allemandes et am&#233;ricaines &#224; l'&#233;tranger &#233;taient respectivement de 6%, 17% et 20%. &lt;br /&gt;
Les flux migratoires sont tr&#232;s limit&#233;s et s'inscrivent, pour l'essentiel, dans le cadre des anciens rapports coloniaux ou de voisinage. M&#234;me dans l'UE, o&#249; la libert&#233; de circulation est &#233;tablie depuis plus de quarante ans, il y a moins de trois millions de personnes travaillant de fa&#231;on permanente dans un autre Etat membre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept m&#234;me de village plan&#233;taire est porteur de contradictions : les &lt;strong&gt; &lt;i&gt;villageois de ce village &lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;ne se connaissent pas, ne partagent pas la m&#234;me culture, ne vivent pas &#224; la &lt;strong&gt; &lt;i&gt;m&#234;me heure&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt; ; il n'y a pas de communaut&#233; mondiale ; le paysan chinois, malien ou am&#233;ricain ne vivent pas dans le m&#234;me village. Certes un sentiment libertaire salue l'ouverture des fronti&#232;res territoriales et sociales comme une double &#233;mancipation vis-&#224;-vis de la r&#233;glementation &#233;tatique et des comportements impos&#233;s par la collectivit&#233; nationale. Mais le monde est polaris&#233; entre Nord et Sud, entre pauvres et riches, au sein de r&#233;gions telles que l'UE, l'ALENA, le Mercosour. L'UE repr&#233;sente la zone la plus int&#233;gr&#233;e du point de vue institutionnel, commercial et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une Union europ&#233;enne solidaire &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surgissement de ces probl&#232;mes mondiaux fait appara&#238;tre des questions redoutables dont beaucoup tournent autour de la notion de l&#233;gitimit&#233; des institutions et organisations - une crise ontologique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; d'un nombre important d'organisations gouvernementales internationales, certaines ONG ont accru leur influence. Mais les nouvelles formes de coop&#233;ration internationale ne disposent pas d'une l&#233;gitimation qui satisfait aux exigences des proc&#233;dures institutionnalis&#233;es au niveau de l'Etat national, aux exigences d&#233;mocratiques minimales. Pour r&#233;sumer, on peut affirmer qu'un gouvernement mondial est encore pour longtemps largement introuvable, m&#234;me si la gouvernance mondiale doit &#234;tre refond&#233;e sur des bases qui ne soient plus celles du monde des 1940, le monde de Bretton Woods.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE est un lieu de puissance &#233;conomique majeure, capable, grosso modo, de satisfaire ses besoins. Ses d&#233;pendances essentielles concernent l'&#233;lectronique et les ressources &#233;nerg&#233;tiques et mini&#232;res. Les &#233;changes intra-europ&#233;ens des Etats membres repr&#233;sentent 65% de leurs &#233;changes internationaux. La d&#233;pendance de l'UE est donc, bien s&#251;r, tr&#232;s inf&#233;rieure &#224; celle des Etats qui la constituent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une Union europ&#233;enne solidaire ne se couperait pas du monde, mais ferait d&#233;cro&#238;tre encore la d&#233;pendance de l'UE vis-&#224;-vis du march&#233; mondial, pour accro&#238;tre ses marges de man&#339;uvre internes. L'UE offre un cadre dans lequel il serait possible de ressaisir de la souverainet&#233; et donc de la d&#233;mocratie. Cette Europe dont nous avons besoin n'est pas celle qui se construit aujourd'hui. &#171; Pour l'ordre politique et social de l'Europe, la mondialisation repr&#233;sente le principal d&#233;fi. On peut penser que la solution r&#233;side dans la r&#233;gulation par la politique des march&#233;s qui &#233;chappent &#224; l'influence des Etats nations. A moins que l'absence de tout diagnostic &#233;clairant sur notre &#233;poque ne laisse les catastrophes &#234;tre la seule mani&#232;re que nous ayons d'apprendre. &#187; (7)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Lecourieux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
1. A c&#244;t&#233; de cette nouvelle figure, il y a Le Nouvel esprit du capitalisme, Luc Boltanski et &lt;br /&gt; Eve Chiapello, Gallimard, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Pascal Lamy, Les moyens d'action &#233;conomique de l'Europe, Esprit, juillet 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. J&#252;rgen Habermas, Apr&#232;s l'Etat nation, Fayard, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Pascal Lamy, Les moyens d'action &#233;conomique de l'Europe, Esprit, juillet 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. J&#252;rgen Habermas, Apr&#232;s l'Etat nation, Fayard, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Pascal Lamy, Les moyens &#233;conomiques de l'Europe, Esprit, juillet 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. J&#252;rgen Habermas, Apr&#232;s l'Etat nation, Fayard, 2000.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://92.site.attac.org/IMG/rtf/35_-_Mondialisation_-_11-04-05.rtf" length="19339" type="application/rtf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : Quelques-uns des articles sc&#233;l&#233;rats de la Constitution europ&#233;enne</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article736</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article736</guid>
		<dc:date>2005-04-28T10:23:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelques-uns des articles sc&#233;l&#233;rats &lt;br class='autobr' /&gt;
de la Constitution europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt;
10 avril 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#233;pris des &#233;lecteurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Article III-128 : &#171; Les langues dans lesquelles tout citoyen de l'Union a le droit de s'adresser aux institutions ou organes en vertu de l'article I-10, paragraphe 2, point d), et de recevoir une r&#233;ponse, sont celles &#233;num&#233;r&#233;es &#224; l'article IV-448, paragraphe 1. Les institutions et organes vis&#233;s &#224; l'article I-10, paragraphe 2, point d), sont ceux &#233;num&#233;r&#233;s &#224; l'article I-19, paragraphe 1,...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelques-uns des articles sc&#233;l&#233;rats &lt;br /&gt;
de la Constitution europ&#233;enne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;10 avril 2005&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;pris des &#233;lecteurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article III-128 : &#171; Les langues dans lesquelles tout citoyen de l'Union a le droit de s'adresser aux institutions ou organes en vertu de l'article I-10, paragraphe 2, point d), et de recevoir une r&#233;ponse, sont celles &#233;num&#233;r&#233;es &#224; l'article IV-448, paragraphe 1. Les institutions et organes vis&#233;s &#224; l'article I-10, paragraphe 2, point d), sont ceux &#233;num&#233;r&#233;s &#224; l'article I-19, paragraphe 1, second alin&#233;a, et aux articles I-30, I-31 et I-32, ainsi que le m&#233;diateur europ&#233;en. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-192 : Le Comit&#233; &#233;conomique et financier a pour mission de formuler des avis et de suivre la situation &#233;conomique et financi&#232;re... &#171; sans pr&#233;judice de l'article III-344, de contribuer &#224; la pr&#233;paration des travaux du Conseil vis&#233;s &#224; l'article III-159, &#224; l'article III-179, paragraphe 2,3,4 et 6, aux articles III-180, III-183, III-184, &#224; l'article III-185, paragraphe 6, &#224; l'article III-186, paragraphe 2, &#224; l'article III-187, paragraphe 3 et 4, aux articles III-191, III-196, &#224; l'article III-198, paragraphe 2 et 3, &#224; l'article III-201, &#224; l'article III-202, paragraphes 2 et 3, et aux article III-322 et III-326 [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-436.2 : &#171; Le Conseil, sur proposition de la Commission, peut adopter &#224; l'unanimit&#233; une d&#233;cision europ&#233;enne modifiant la liste du 15 avril 1958 des produits auxquels les dispositions du paragraphe 1, point b), s'appliquent. &#187; Paragraphe 1 b) : &#171; Tout &#201;tat membre peut prendre les mesures qu'il estime n&#233;cessaires &#224; la protection des int&#233;r&#234;ts essentiels de sa s&#233;curit&#233; et qui se rapportent &#224; la production ou au commerce d'armes, de munitions et de mat&#233;riel de guerre ; ces mesures ne doivent pas alt&#233;rer les conditions de la concurrence dans le march&#233; int&#233;rieur en ce qui concerne les produits non destin&#233;s &#224; des fins sp&#233;cifiquement militaires. &#187;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Droits fondamentaux, la Grande illusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;ambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union : &#171; L'Union cherche &#224; promouvoir un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article II-75-1 : &#171; Toute personne a le droit de travailler et d'exercer une profession librement choisie ou accept&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article II-85 : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte le droit des personnes &#226;g&#233;es &#224; mener une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; participer &#224; la vie sociale et culturelle &#187;. Les autres personnes - non &#226;g&#233;es - n'ont sans doute pas droit &#224; une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; une participation &#224; la vie sociale et culturelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article II-96 : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s aux services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral tel qu'il est pr&#233;vu par les l&#233;gislations et pratiques nationales, conform&#233;ment &#224; la Constitution, afin de promouvoir la coh&#233;sion sociale et territoriale de l'Union. &#187; D&#233;claration n&#176; 12 : &#171; Cet article [II-96] (...) ne cr&#233;e pas de droit nouveau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article II-112-2 : &#171; Les droits reconnus par la pr&#233;sente Charte qui font l'objet de dispositions dans d'autres parties de la Constitution s'exercent dans des conditions et limites y d&#233;finies. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; avez-vous mis la d&#233;mocratie ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de 2014 la Commission ne comprend plus que des repr&#233;sentants &#171; correspondant aux deux tiers du nombre des Etats membres &#187; (I-26-6). &#171; Les membres de la Commission sont s&#233;lectionn&#233;s parmi les ressortissants des Etats membres selon un syst&#232;me de rotation &#233;gale entre les Etats membres. &#187; (I-26-6) La France est donc priv&#233; d'un commissaire ayant un droit de vote pendant cinq ann&#233;es sur quinze !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne exerce un pouvoir l&#233;gislatif par la quasi-exclusivit&#233; qu'elle d&#233;tient de proposer des actes l&#233;gislatifs (I-26-2). Elle a &#233;galement un pouvoir l&#233;gislatif par les actes d'ex&#233;cution (I-37). Elle exerce aussi un pouvoir ex&#233;cutif : le budget, les programmes, les diverses initiatives, la repr&#233;sentation ext&#233;rieure de l'Union, les accords inter-institutionnels (I-26-1). La Commission exerce enfin un pouvoir judiciaire : &#171; Elle veille &#224; l'application de la Constitution ainsi que des mesures adopt&#233;es par les institutions en vertu de celle-ci. &#187; (I-26-1 et III-360). La Commission europ&#233;enne cumule donc les trois pouvoirs fondamentaux qu'elle exerce conjointement avec les autres institutions de l'Union. Exorbitant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parlement europ&#233;en est priv&#233; des deux droits fondamentaux de tout Parlement : proposer la loi et lever l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article I-43 : &#171; L'Union mobilise tous les instruments &#224; sa disposition, y compris les moyens militaires mis &#224; sa disposition par les Etats membres, pour [...] porter assistance &#224; un Etat membre sur son territoire, &#224; la demande de ses autorit&#233;s politiques, en cas de catastrophe [...] d'origine humaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des citoyens par millions soumis &#224; l'ill&#233;gitime &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-47-4 : &#171; Des citoyens de l'Union, au nombre d'un million au moins, ressortissants d'un nombre significatif d'Etats membres peuvent prendre l'initiative d'inviter la Commission, dans le cadre de ses attributions, &#224; soumettre une proposition appropri&#233;e sur des questions pour lesquelles ces citoyens consid&#232;rent qu'un acte juridique de l'Union est n&#233;cessaire aux fins d'application de la Constitution [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;March&#233; et libre-&#233;changisme mondial , nous voil&#224; !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-3-2 : &#171; L'Union offre &#224; ses citoyens un espace de libert&#233;, de s&#233;curit&#233; et de justice sans fronti&#232;res int&#233;rieures, et un march&#233; int&#233;rieur o&#249; la concurrence est libre et non fauss&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article I-4 : &#171; La libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement, sont garantis par l'Union et &#224; l'int&#233;rieur de l'Union, conform&#233;ment &#224; la Constitution. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-131 : &#171; Les Etats membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions n&#233;cessaires pour &#233;viter que le fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur ne soit affect&#233; par les mesures qu'un Etat membre peut &#234;tre appel&#233; &#224; prendre en cas de troubles int&#233;rieurs graves affectant l'ordre public, en cas de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-148 : &#171; Les Etats membres s'efforcent de proc&#233;der &#224; la lib&#233;ralisation des services au-del&#224; de la mesure qui est obligatoire [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;III-151-6-a &#171; La Commission s'inspire de la n&#233;cessit&#233; de promouvoir les &#233;changes commerciaux entre les Etats membres et les pays tiers [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-209 : &#171; [...] L'Union et les Etats membres agissent en tenant compte de la diversit&#233; des pratiques nationales, en particulier dans le domaine des relations conventionnelles, ainsi que de la n&#233;cessit&#233; de maintenir la comp&#233;titivit&#233; de l'&#233;conomie de l'Union. Ils estiment qu'une telle &#233;volution [r&#233;f&#233;rence aux objectifs mentionn&#233;s] r&#233;sultera tant du fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur, qui favorisera l'harmonisation des syst&#232;mes sociaux, que des proc&#233;dures pr&#233;vues par la Constitution et du rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-227-1 : &#171; La politique agricole commune a pour but : a) d'accro&#238;tre la productivit&#233; de l'agriculture en d&#233;veloppant le progr&#232;s technique et en assurant le d&#233;veloppement rationnel de la production agricole ainsi qu'un emploi optimum des facteurs de production, notamment de la main-d'&#339;uvre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-314 : &#171; Par l'&#233;tablissement d'une union douani&#232;re conform&#233;ment &#224; l'article III-151, l'Union contribue, dans l'int&#233;r&#234;t commun, au d&#233;veloppement harmonieux du commerce mondial, &#224; la suppression progressive des restrictions aux &#233;changes internationaux et aux investissements &#233;trangers directs, ainsi qu'&#224; la r&#233;duction des barri&#232;res douani&#232;res et autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;UE et BCE, caniches de la finance mondialis&#233;e &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-30-2 et I-30-3 : &#171; [...] L'objectif principal du Syst&#232;me europ&#233;en de banques centrales est la stabilit&#233; des prix [...] [La BCE] est ind&#233;pendante dans l'exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances [...] &#187; L'article III-188, pire encore, indique clairement que la BCE ne peut &#234;tre ni influenc&#233;e, ni contr&#244;l&#233;e, ni sanctionn&#233;e par quiconque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-156 : &#171; [...] Les restrictions tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-157-2 : &#171; Le Parlement europ&#233;en et le Conseil s'efforcent de r&#233;aliser l'objectif de libre circulation des capitaux entre Etats membres et pays tiers, dans la plus large mesure possible [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-157-3 : &#171; [Par d&#233;rogation &#224; la libre circulation des capitaux] seule une loi ou loi-cadre europ&#233;enne du Conseil peut &#233;tablir des mesures qui constituent un recul dans le droit de l'Union en ce qui concerne la lib&#233;ralisation des mouvements de capitaux &#224; destination ou en provenance des pays tiers. Le Conseil statue &#224; l'unanimit&#233;, apr&#232;s consultation du Parlement europ&#233;en &#187; Pas de vote du Parlement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-178 : &#171; [...] Les Etats membres et l'Union agissent dans le respect du principe d'une &#233;conomie ouverte o&#249; la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources [conform&#233;ment aux principes mon&#233;taristes d&#233;finis &#224; l'article III-177] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-181 : &#171; Il est interdit &#224; la Banque centrale europ&#233;enne et aux banques centrales des Etats membres [...] d'accorder des d&#233;couverts ou, tout autre type de cr&#233;dit aux institutions, organes ou organismes de l'Union [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute restriction au mouvement des capitaux est interdite aussi bien entre les Etats membres que vis-&#224;-vis des Etats ext&#233;rieurs &#224; l'Union (III-156). Le Parlement europ&#233;en et le Conseil n'ont pas le choix : ils s'efforcent de r&#233;aliser l'objectif de circulation des capitaux (III-157-2). Tout contr&#244;le du mouvement des capitaux est tax&#233; de &#171; recul &#187; et ne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; que par une loi-cadre europ&#233;enne vot&#233;e &#224; l'unanimit&#233; du Conseil ; le Parlement europ&#233;en n'est que consult&#233; (III-157-3). Cela signifie notamment que toute&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#212; Pacte stupide, tu es sanctifi&#233; !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article III-184-1 : &#171; Les Etats membres &#233;vitent les d&#233;ficits publics excessifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-184-3 : &#171; La Commission surveille [...] pour d&#233;celer les erreurs manifestes [des Etats membres] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte de stabilit&#233; (d&#233;ficit et dette publique par rapport au PIB) et la proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif - v&#233;ritable harc&#232;lement - sont d&#233;crits dans le tr&#232;s long article III-184 qui ne comporte pas moins de treize sous articles et est plus long, &#224; lui seul, que les six articles qui traitent de la politique de l'emploi de l'Union (III-203 &#224; III-208) !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Services publics d&#233;mantel&#233;s par la guerre de tous contre tous&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article III-166-2 : &#171; Les entreprises charg&#233;es de la gestion de services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomiques g&#233;n&#233;ral [services publics marchands] ou pr&#233;sentant le caract&#232;re d'un monopole fiscal sont soumises aux dispositions de la Constitution, notamment aux r&#232;gles de la concurrence dans la mesure o&#249; l'application de ces dispositions ne fait pas &#233;chec &#224; l'accomplissement en droit ou en fait de la mission particuli&#232;re qui leur a &#233;t&#233; impartie. Le d&#233;veloppement des &#233;changes ne doit pas &#234;tre affect&#233; dans une mesure contraire aux int&#233;r&#234;ts de l'Union. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-167 : &#171; [...] sont incompatibles avec le march&#233; int&#233;rieur [...] les aides accord&#233;es par les Etats membres ou au moyen de ressources d'Etat sous quelque forme que ce soit qui faussent ou menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bolkestein pour le 30 mai 2005 ? Tout d&#233;pend de nous !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article III-137 : &#171; [...] les restrictions &#224; la libert&#233; d'&#233;tablissement des ressortissants d'un Etat membre sur le territoire d'un autre Etat membre sont interdites. Cette interdiction s'&#233;tend &#233;galement aux restrictions &#224; la cr&#233;ation d'agences, de succursales ou de filiales, par les ressortissants d'un Etat membre &#233;tablis sur le territoire d'un Etat membre [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-138 : &#171; La loi-cadre europ&#233;enne &#233;tablit les mesures pour r&#233;aliser la libert&#233; d'&#233;tablissement dans une activit&#233; d&#233;termin&#233;e (...) la libert&#233; d'&#233;tablissement constitue une contribution particuli&#232;rement utile au d&#233;veloppement de la production (...) [la loi-cadre &#233;limine] celles des proc&#233;dures et pratiques administratives d&#233;coulant soit de la l&#233;gislation interne, soit d'accords ant&#233;rieurement conclus entre les &#201;tats membres, dont le maintien ferait obstacle &#224; la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article III-144 : &#171; [...] les restrictions &#224; la libre prestation des services &#224; l'int&#233;rieur de l'Union sont interdites &#224; l'&#233;gard des ressortissants des Etats membres &#233;tablis dans un Etat membre autre que celui du destinataire de la prestation [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Unanimit&#233; du Conseil : paralysie et concurrence entre les Etats&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les ressources financi&#232;res propres de l'Union (I-54-3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre financier pluriannuel des d&#233;penses de l'Union (I-55-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libre circulation des personnes (passeports, cartes d'identit&#233;, titres de s&#233;jour, s&#233;curit&#233; sociale et protection sociale des non ressortissants, etc.) (III-125-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extension des droits de citoyennet&#233; de l'Union (III-129).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aides des Etats membres compatibles avec le march&#233; int&#233;rieur (III-168-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'harmonisation fiscale : taxes sur le chiffre d'affaires, droits d'accises et autres imp&#244;ts indirects (III-171).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'harmonisation l&#233;gislative, r&#233;glementaire et administrative des Etats membres qui a une incidence sur le march&#233; int&#233;rieur (III-173).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le protocole sur les d&#233;ficits excessifs (III-184-13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;curit&#233; sociale et la protection sociale des travailleurs ; la protection des travailleurs en cas de r&#233;siliation du contrat de travail ; la repr&#233;sentation et la d&#233;fense collective des travailleurs et des employeurs ; les conditions d'emploi des ressortissants des pays tiers se trouvant en s&#233;jour r&#233;gulier sur le territoire de l'Union (III-210-3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre des accords entre partenaires sociaux dans les domaines qui requi&#232;rent l'unanimit&#233; (III-212-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonds structurel et de coh&#233;sion (majorit&#233; qualifi&#233;e seulement &#224; partir de 2007) (III-223-2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'environnement pour ce qui est des mesures affectant la fiscalit&#233;, l'am&#233;nagement du territoire, les ressources hydriques et l'affectation des sols (III-234-2). Une clause passerelle permet au Conseil de d&#233;cider &#224; l'unanimit&#233; de passer au vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e (III-234-2).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le social soumis au capital&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article III-210-2-b : &#171; Dans les domaines [suivants : l'am&#233;lioration du milieu de travail, les conditions de travail, la s&#233;curit&#233; sociale et la protection des travailleurs, l'information et la consultation des travailleurs, la repr&#233;sentation et la d&#233;fense collective des int&#233;r&#234;ts des travailleurs, les conditions d'emploi des ressortissants des pays tiers, l'int&#233;gration des personnes eclues du march&#233; du travail, l'&#233;galit&#233; entre femmes et hommes] la loi-cadre europ&#233;enne peut &#233;tablir des prescriptions minimales applicables progressivement [...] Elle &#233;vite d'imposer des contraintes administratives, financi&#232;res et juridiques telles qu'elles contrarieraient la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement des petites et moyennes entreprises. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Militarisation tous azimuts &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-41-3 : &#171; [...] Les Etats membres s'engagent &#224; am&#233;liorer progressivement leurs capacit&#233;s militaires. Il est institu&#233; une Agence dans le domaine du d&#233;veloppement des capacit&#233;s de d&#233;fense, de la recherche, des acquisitions et de l'armement (l'Agence europ&#233;enne de d&#233;fense) pour identifier les besoins op&#233;rationnels, promouvoir des mesures pour les satisfaire, contribuer &#224; identifier et, le cas &#233;ch&#233;ant, mettre en &#339;uvre toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la d&#233;fense, participer &#224; la d&#233;finition d'une politique europ&#233;enne des capacit&#233;s et de l'armement, ainsi que pour assister le Conseil dans l'&#233;valuation de l'am&#233;lioration des capacit&#233;s militaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-308 introduit un cloisonnement entre la PESC et les autres politiques. Cela permet-il de faire &#233;chapper la PESC, donc le syst&#232;me militaro-industriel, aux r&#232;gles de la concurrence qui interdisent les aides des Etats membres ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Parlement europ&#233;en : politique &#233;trang&#232;re ? Connais pas !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'article III-419-2 ouvre la possibilit&#233; de coop&#233;rations renforc&#233;es pour la Politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; commune. La demande des Etats membres est adress&#233;e au Conseil, au ministre des affaires &#233;trang&#232;res et &#224; la Commission europ&#233;enne. Le ministre des affaires &#233;trang&#232;res et la Commission donnent leur avis au Conseil. &#171; La demande est &#233;galement transmise au Parlement europ&#233;en pour information. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;fense commune renvoy&#233;e aux calendes grecques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-41-2 : &#171; [...] La politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense commune inclut la d&#233;finition progressive d'une politique de d&#233;fense commune de l'Union ; Elle conduira &#224; une d&#233;fense commune d&#232;s lors que le Conseil europ&#233;en, statuant &#224; l'unanimit&#233; en aura d&#233;cid&#233; ainsi [...] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La soumission &#224; l'OTAN et aux Etats-Unis d'Am&#233;rique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article I-41-7 : &#171; Au cas o&#249; un Etat membre serait l'objet d'une agression arm&#233;e sur son territoire, les autres Etats membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir conform&#233;ment &#224; l'article 51 de la charte des Nations unies [...] Les engagements et la coop&#233;ration dans [le domaine de la politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense commune] demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'OTAN, qui reste, pour les Etats qui en sont membres, le fondement de leur d&#233;fense collective et l'instance de sa mise en &#339;uvre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Double unanimit&#233; des 25, 30 et plus.. gouvernements et peuples : une Constitution cadenass&#233;e pour 50 ans (VGE)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Article IV-443-3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une Conf&#233;rence des repr&#233;sentants des gouvernements est convoqu&#233;e par le pr&#233;sident du Conseil en vue d'arr&#234;ter d'un commun accord les modifications &#224; apporter au pr&#233;sent trait&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les modifications entrent en vigueur apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ratifi&#233;es par tous les Etats membres conform&#233;ment &#224; leurs r&#232;gles constitutionnelles respectives. &#187; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://92.site.attac.org/IMG/rtf/35_-_Mondialisation_-_11-04-05-2.rtf" length="19339" type="application/rtf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : Constitution europ&#233;enne : &#034;Une alouette d'avanc&#233;es, un cheval de lib&#233;ralisme&#034;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article735</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article735</guid>
		<dc:date>2005-04-28T10:08:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;20 000 signes environ &lt;br class='autobr' /&gt;
Une alouette d'avanc&#233;es, un cheval de lib&#233;ralisme &lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#8220; Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#8221;, que nous d&#233;signerons indiff&#233;remment ci-apr&#232;s comme &#8220; trait&#233; constitutionnel &#8221; ou comme &#8220; Constitution &#8221; - les guillemets signalant l'incertitude juridique du texte et l'absence de tout processus constituant d&#233;mocratique -, comporte un pr&#233;ambule, quatre parties, 36 protocoles, 2 annexes et 50 d&#233;clarations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux termes de l'article IV-442, les protocoles et...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;20 000 signes environ
&lt;p&gt;Une alouette d'avanc&#233;es, un cheval de lib&#233;ralisme&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le &#8220; Trait&#233; &#233;tablissant une Constitution pour l'Europe &#8221;, que nous d&#233;signerons indiff&#233;remment ci-apr&#232;s comme &#8220; trait&#233; constitutionnel &#8221; ou comme &#8220; Constitution &#8221; - les guillemets signalant l'incertitude juridique du texte et l'absence de tout processus constituant d&#233;mocratique -, comporte un pr&#233;ambule, quatre parties, 36 protocoles, 2 annexes et 50 d&#233;clarations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux termes de l'article IV-442, les protocoles et annexes font partie int&#233;grante de la &#8220; Constitution &#8221;, et ont donc la m&#234;me valeur contraignante qu'elle. Les d&#233;clarations, en revanche, n'ont pas en principe cette valeur contraignante. Elles constituent, pour les Etats membres pris individuellement ou collectivement, autant d'explications des d&#233;cisions prises ou d'appr&#233;ciations sur l'&#233;volution de telle ou telle disposition du texte.&lt;br /&gt;
La &#8220; Constitution &#8221; comprend 448 articles num&#233;rot&#233;s, en continu, en chiffres arabes, mais r&#233;partis en quatre parties mentionn&#233;es en chiffres romains (I, II, III et IV). Elle va donc de l'article I-1 &#224; l'article IV-448. &lt;br /&gt;
La partie I (60 articles, de I-1 &#224; I-60) rassemble les principales dispositions relatives &#224; l'appartenance &#224; l'Union, &#224; sa d&#233;finition, &#224; ses valeurs et objectifs, &#224; la distribution des comp&#233;tences entre les Etats membres et elle, &#224; ses institutions, &#224; ses instruments d'action, aux &#8220; coop&#233;rations renforc&#233;es &#8221; qu'elle autorise et &#224; son cadre financier. C'est la seule des 4 parties qui s'apparente peu prou &#224; une Constitution nationale.&lt;br /&gt;
La partie II (54 articles, de II-61 &#224; II-114) reprend, en le &#8220; constitutionnalisant &#8221;, le texte de la Charte des droits fondamentaux proclam&#233;e lors du Conseil europ&#233;en (c'est-&#224;-dire du Sommet des chefs d'Etat ou de gouvernement europ&#233;ens) de Nice (d&#233;cembre 2000), ainsi que ses r&#232;gles d'interpr&#233;tation et d'application. Nous verrons plus loin qu'elle n'apporte aucun droit nouveau, ni ne mentionne certains droits d&#233;j&#224; acquis au niveau national et qu'en outre, elle ne comporte aucune obligation vis-&#224;-vis des l&#233;gislations nationales.&lt;br /&gt;
La partie III (322 articles, de III-115 &#224; III- 436) repr&#233;sente les trois quarts du trait&#233;. Il s'agit d'un r&#233;capitulatif des politiques europ&#233;ennes et des m&#233;canismes institutionnels qui les r&#233;gissent tels qu'ils ont &#233;t&#233; inscrits dans le Trait&#233; de Rome &#233;tablissant la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE), le 1er janvier 1958, et modifi&#233;s par l'Acte unique (juillet 1987) et le Trait&#233; de Maastricht &#233;tablissant l'Union europ&#233;enne (novembre 1993) et les suivants. Rappelons que la plupart de ces politiques n'ont, depuis Maastricht, jamais &#233;t&#233; soumises au suffrage universel direct et qu'il est donc demand&#233; aux &#233;lectrices et aux &#233;lecteurs de les approuver r&#233;trospectivement. Cette &#8220; Constitution &#8221; pr&#233;tend ainsi donner un caract&#232;re &#8220; constitutionnel &#8221; &#224; des politiques hautement contestables, en un mot &#224; sanctuariser le mod&#232;le &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral et donc &#224; vider de sens toute volont&#233; d'alternance qui ne s'inscrirait pas dans ce carcan.&lt;br /&gt;
La partie IV (de IV-4337 &#224; IV-448) est intitul&#233;e &#8220; Dispositions g&#233;n&#233;rales et finales &#8221;. Elle stipule que les trait&#233;s ant&#233;rieurs, y compris celui de 1951 instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne du charbon et de l'acier (CECA), mais pas le trait&#233; Euratom, sont abrog&#233;s. Elle pr&#233;cise que le trait&#233; constitutionnel ne pourra entrer en vigueur que s'il est ratifi&#233; par tous les Etats membres (IV-447). La d&#233;claration n&#176; 30 m&#233;nage cependant une marge de man&#339;uvre : &#8220; Si, au bout de deux ans apr&#232;s signature, les 4/5 des Etats membres seulement l'ont ratifi&#233;, le Conseil europ&#233;en se saisit de la question. Cette partie pr&#233;voit &#233;galement que toute r&#233;vision devra se faire &#224; l'unanimit&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.- Un trait&#233; d'une port&#233;e historique &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il faut prendre conscience de l'importance historique du trait&#233; constitutionnel europ&#233;en adopt&#233; le 18 juin 2004 par le Conseil europ&#233;en, sign&#233; &#224; Rome le 29 octobre de la m&#234;me ann&#233;e et soumis &#224; r&#233;f&#233;rendum en France le 29 mai 2005. Il est &#224; 90 % issu des travaux de la Convention pour l'avenir de l'Europe pr&#233;sid&#233;e par Val&#233;ry Giscard d'Estaing, et qui s'est r&#233;unie de f&#233;vrier 2002 &#224; juillet 2003. Trois des quatre parties de cette &#8220; Constitution &#8221; avaient &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es au Conseil europ&#233;en de Thessalonique de juin 2003. La partie manquante (la partie III) consacr&#233;e aux politiques de l'Union avait &#233;t&#233; termin&#233;e apr&#232;s ce Sommet et seulement rendue publique dans sa totalit&#233; le 3 septembre 2003. Or c'est bien, et de loin, comme on l'a vu, la plus importante puisqu'elle comprend 322 des 448 articles du document final, et surtout parce qu'elle concerne les principes et lignes directrices des politiques men&#233;es par l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il fallait s'y attendre, cette partie a &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233;ment occult&#233;e dans les grands m&#233;dias et par les chefs des partis de gouvernement qui, en revanche, sont tr&#232;s prolixes sur les questions institutionnelles trait&#233;es dans les autres parties. Sans n&#233;gliger l'importance de ces questions, la nature m&#234;me du projet europ&#233;en semble autrement plus cruciale. On peut la r&#233;sumer en une interrogation : y a-t-il place ou non pour une Europe non soumise aux dogmes lib&#233;raux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, la &#8220; Constitution &#8221; ne fait que rassembler et revalider l'ensemble des bases et des politiques de la construction europ&#233;enne, telle qu'elle a &#233;t&#233; mise en place par les trait&#233;s successifs : Rome (1957), Acte unique (1986), Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2000). Avec ce nouveau trait&#233;, les Etats, les Parlements et les peuples (l&#224; o&#249; sera organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum) seront convi&#233;s &#224; donner leur blanc seing aux politiques conduites jusqu'&#224; ce jour, plus particuli&#232;rement depuis l'Acte unique et &#171; Maastricht &#187;. Seront ainsi grav&#233;es dans le marbre d'une &#8220; Constitution &#8221; des orientations id&#233;ologiques qui ne pourront plus ensuite &#234;tre remises en cause puisque, l'unanimit&#233; des Vingt-Cinq &#233;tant requise, il rel&#232;ve de la vue de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se pronon&#231;ant sur ce texte, les citoyens ou les Parlements fixeront le cadre contraignant des politiques europ&#233;ennes, et donc nationales, puisque pr&#232;s des trois quarts des lois vot&#233;es par les Parlements et des d&#233;crets pris par les gouvernements ne sont aujourd'hui que la transposition de d&#233;cisions prises au niveau communautaire. Il pourra bien avoir des alternances politiques dans tel ou tel pays, mais elles ne pourront s'exercer que dans le respect des normes du trait&#233;, ce qui exclut toute alternative de caract&#232;re &#233;conomique, budg&#233;taire et mon&#233;taire en rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.- De menus espaces pour des dynamiques sociales&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Compte tenu de son caract&#232;re &#8220; constitutionnel &#8221; et des orientations qu'il imprimera &#224; la construction europ&#233;enne pour au moins une g&#233;n&#233;ration, le trait&#233; doit faire l'objet d'une appr&#233;ciation d'ensemble. Chacun (e) doit faire la part entre, d'un c&#244;t&#233;, ce qu'il comporte de contraintes impossibles &#224; modifier et, d'un autre c&#244;t&#233;, ce qu'il laisse &#233;ventuellement subsister comme espaces pour la cr&#233;ation de dynamiques sociales visant &#224; promouvoir une Europe autre que celle du lib&#233;ralisme. Tel qu'il est sorti des travaux de la conf&#233;rence intergouvernementale qui a pris le relais de la Convention, force est de constater qu'il ressemble &#224; la recette classique du p&#226;t&#233; d'alouette : une alouette d'espaces pour des dynamiques sociales et un cheval de lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons n&#233;anmoins en quoi consiste cette alouette dont certains imputent la taille minuscule &#224; l'absence de mobilisation des mouvements sociaux au moment de la Convention, et dont d'autres consid&#232;rent qu'elle n'avait de toute mani&#232;re aucune chance d'&#234;tre plus grasse, compte tenu du verrouillage du dispositif conventionnel largement domin&#233; par les forces lib&#233;rales. Cinq avanc&#233;es du document de la Convention peuvent &#234;tre signal&#233;es :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une concr&#233;tisation du principe de subsidiarit&#233; avec la possibilit&#233;, pour un tiers des Parlements nationaux (soit 9 sur 25), d'obliger la Commission europ&#233;enne &#224; r&#233;examiner l'une de ses propositions au Conseil, ou au Conseil et au Parlement lorsqu'il s'agit d'un domaine relevant de la cod&#233;cision (protocole n&#176; 1). Avec cependant une r&#233;serve importante : la Commission peut maintenir sa proposition et le litige est port&#233; devant la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le droit d'initiative : un million de citoyens d'Europe peuvent inviter la Commission &#224; soumettre une proposition d'acte juridique (article I-47). L&#224; aussi, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t symbolique, des r&#233;serves importantes : d'abord, la p&#233;tition doit &#234;tre n&#233;cessaire &#224; l'application de la Constitution, ce qui renvoie au contenu de cette derni&#232;re ; ensuite, la Commission, si elle donne suite, n'a aucunement l'obligation de reprendre le contenu de l'invitation qui lui est adress&#233;e dans la proposition qu'elle soumettra au Conseil et au Parlement. La Commission reste le filtre obligatoire entre les p&#233;titionnaires et les institutions issues directement ou indirectement du suffrage universel que sont le Parlement et le Conseil ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la tr&#232;s sensible augmentation du nombre de domaines relevant de la cod&#233;cision entre le Parlement et le Conseil ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la publicit&#233; des s&#233;ances du Conseil (article I-24) lorsqu'il d&#233;lib&#232;re sur une proposition l&#233;gislative ;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la possibilit&#233;, pour un Etat, de se retirer de l'UE (article I-60), ce qui &#233;tait impossible dans le cadre des trait&#233;s actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.- La primaut&#233; de la &#8220; concurrence libre et non fauss&#233;e &#8221;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'identit&#233; de l'UE est d&#233;finie, d'une part, dans le titre I de la premi&#232;re partie, par ses valeurs et ses objectifs, et, d'autre part, par la Charte des droits fondamentaux incorpor&#233;e au projet de trait&#233; constitutionnel dont elle forme la partie II. D&#232;s d&#233;cembre 2000 (Conseil europ&#233;en de Nice), Attac avait &#233;labor&#233; une critique de fond de ce texte qui avait conduit l'association &#224; en d&#233;noncer la faiblesse insigne. La deuxi&#232;me partie de ce livre explicite et prolonge ces critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; institutionnalise la &#8220; concurrence libre et non fauss&#233;e &#8221; comme voie essentielle d'allocation des ressources. Pour marteler ce dogme, il rappelle &#224; plusieurs reprises que la politique &#233;conomique est conduite &#034; conform&#233;ment au respect du principe d'une &#233;conomie de march&#233; o&#249; la concurrence est libre &#034;. Toutes les autres politiques sont subordonn&#233;es &#224; ce principe. Ainsi des services publics (services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral dans le jargon communautaire). Ils ne sont plus une valeur de l'Union et ne figurent pas non plus dans ses objectifs : ils sont seulement &#233;voqu&#233;s dans la partie III (les politiques), mais uniquement tol&#233;r&#233;s dans le cadre contraignant du respect de la concurrence, menac&#233;s de saisine de la Cour de justice en cas de &#034; situation privil&#233;gi&#233;e &#034; sur le &#034; march&#233; &#034;, et renvoy&#233;s sans autre forme de proc&#232;s &#224; l'&#233;laboration d'une loi europ&#233;enne devant les r&#233;gir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses autres dispositions marquent le caract&#232;re outrageusement lib&#233;ral du texte. On en citera ici seulement une : l'article III-156 qui interdit, pour r&#233;aliser le march&#233; unique, toute restriction &#8220; tant aux mouvements de capitaux qu'aux paiements entre les Etats membres, et entre les Etats membres et les pays tiers &#8221;. Il faut un vote &#224; l'unanimit&#233; du Conseil pour y d&#233;roger (article III-157). Or plusieurs commissaires (dont le d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre Frits Bolkestein, membre de la Commission Prodi) ont d&#233;j&#224; indiqu&#233; qu'&#224; leurs yeux, la taxe Tobin &#233;tait en contradiction avec cette lib&#233;ralisation. Est-ce &#224; dire qu'au cas o&#249; plusieurs pays, voire tous sauf un, envisageraient de la mettre en &#339;uvre, elle serait bloqu&#233;e &#224; ce simple niveau &#8220; constitutionnel &#8221; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.- Un persistant d&#233;ficit d&#233;mocratique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le trait&#233; stabilise et clarifie les comp&#233;tences de l'UE et des Etats, en particulier en ce qui concerne les proc&#233;dures de d&#233;cision &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e ou &#224; l'unanimit&#233;, le r&#244;le de la pr&#233;sidence et de la Commission.&lt;br /&gt;
Pour prendre une d&#233;cision &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e, il faudra r&#233;unir au moins 55 % des Etats, comprenant au minimum 15 d'entre eux et repr&#233;sentant au moins 65 % de la population de l'Union. Mais seulement &#224; compter du 1er novembre 2009 ! Pour ces clauses, le trait&#233; de Nice restera en effet en vigueur jusqu'&#224; cette date (protocole n&#176; 34). Cette majorit&#233; qualifi&#233; est &#233;tendue &#224; pr&#232;s d'une quarantaine de nouveaux domaines. Une douzaine de domaines majeurs sont cependant encore r&#233;gis par la r&#232;gle de l'unanimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la discussion du trait&#233; de Nice, Attac avait exig&#233; le maintien de cette proc&#233;dure de vote pour la culture, l'&#233;ducation, la sant&#233; et les services sociaux, et le trait&#233; l'avait effectivement pr&#233;serv&#233;e. La &#8220; Constitution &#8221; maintient ce principe (article III-315) pour le commerce des services culturels et audiovisuels, ainsi que pour le commerce des services sociaux, d'&#233;ducation et de sant&#233;. Mais elle l'assortit cependant de conditions draconiennes : il appartiendra &#224; un Etat membre qui revendiquerait un vote &#224; l'unanimit&#233; de faire la preuve, dans le premier cas, que des accords commerciaux &#8220; risquent de porter atteinte &#224; la diversit&#233; culturelle et linguistique de l'union &#8221; et, dans le second cas qu'ils &#8220; perturbent gravement l'organisation de ces services au niveau national et portent atteinte &#224; la responsabilit&#233; des Etats membres pour la fourniture de ces services &#8221;. En d'autres termes, la charge de la preuve incombera aux Etats, sans que l'on sache qui arbitrerait en cas de conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de la r&#232;gle de l'unanimit&#233;, certains font valoir qu'elle garantit le blocage, notamment en termes de politiques fiscales et sociales, pour lesquelles toute avanc&#233;e est rendue impossible en raison des pr&#233;visibles v&#233;tos luxembourgeois, britanniques, irlandais ou autres. Le dumping social et fiscal continuera donc. D'autres, tout en &#233;tant d'accord avec ce constat pour les secteurs en question, se f&#233;licitent que l'unanimit&#233; ait &#233;t&#233; maintenue, m&#234;me dans des conditions pr&#233;caires, dans les domaines pr&#233;cit&#233;s. Faute de quoi, il se trouvera toujours facilement, surtout dans une UE &#224; 25, une majorit&#233; qualifi&#233;e pour &#034; lib&#233;raliser &#034; davantage. &lt;br /&gt;
=&gt; &#231;a ne va pas, ce paragraphe, dans le cas des dispositions fiscales et sociales ! On ne peut pas en rester l&#224; ! Justement, le probl&#232;me est qu'en la mati&#232;re nous n'avons jamais rien gagn&#233; : depuis des ann&#233;es, on recule malgr&#233; l'unanimit&#233;... Il faut donc pr&#233;ciser que nous sommes pour lever l'unanimit&#233;, mais qu'il faut (comme l'indique Michel Husson) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; d&#233;finir les minima sociaux (salaire minimum ou revenu minimum) en % du PIB par t&#234;te dans chaque pays &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; accompagner ce type de r&#232;gle d'une norme de progression salariale selon laquelle le pouvoir d'achat du travail doit augmenter au m&#234;me rythme que la productivit&#233; du travail &#187;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; lever les interdictions explicites de l'harmonisation pour ne pas en rester aux &#171; normes minimales applicables &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres modifications institutionnelles pr&#233;vues par la &#8220; Constitution &#8221; peuvent &#234;tre signal&#233;es ici, bien qu'elles n'affectent pas n&#233;cessairement les politiques de l'Union. Par exemple, la pr&#233;sidence tournante de six mois de l'UE est remplac&#233;e par la d&#233;signation d'un pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en &#233;lu pour deux ans et demi, mandat renouvelable une fois. Le nombre des membres de la Commission sera r&#233;duit &#224; quinze en 2014 : un pr&#233;sident, &#233;lu par le Parlement europ&#233;en sur proposition du Conseil ; un ministre des affaires &#233;trang&#232;res (&#233;galement vice-pr&#233;sident de la Commission) nomm&#233; par le Conseil europ&#233;en, et treize autres commissaires choisis par rotation, et de mani&#232;re strictement &#233;galitaire, entre les Etats membres. Le pr&#233;sident du Conseil europ&#233;en (aux pouvoirs limit&#233;s), le pr&#233;sident de la Commission et le ministre des affaires &#233;trang&#232;res constitueront un triumvirat de fait, source de rivalit&#233;s et de confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau dispositif p&#234;che, pratiquement autant que le pr&#233;c&#233;dent, par son absence de d&#233;mocratie. Il y a toujours cumul du pouvoir l&#233;gislatif et du pouvoir ex&#233;cutif entre les mains du Conseil des ministres de l'Union. La Commission conserve la quasi-exclusivit&#233; de l'initiative l&#233;gislative ; le contr&#244;le des d&#233;cisions relatives aux comp&#233;tences exclusives de l'UE (mon&#233;taire, commerciale et de la concurrence) demeure peu ou pas assur&#233; par le Parlement europ&#233;en ; les &#034; coop&#233;rations renforc&#233;es &#034; entre Etats voulant aller plus vite et plus loin dans la mise en place de politiques communes peuvent &#234;tre emp&#234;ch&#233;es par des Etats membres voulant s'en tenir &#224; l'&#233;cart, puisque elle doivent &#234;tre d&#233;cid&#233;es &#224; l'unanimit&#233;. Par ailleurs, ces coop&#233;rations doivent regrouper un tiers des Etats membres, soit actuellement 9, ce qui est rel&#232;ve pratiquement de la mission impossible (article I-44).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; est &#233;galement tr&#232;s insuffisant sur les dispositions relatives aux pouvoirs des syndicats et des associations dans l'Union. Compte tenu de la disproportion entre leurs moyens et ceux du patronat, la primaut&#233; de fait du lobbying des entreprises est maintenue. A contrario, les Eglises font une entr&#233;e remarqu&#233;e dans la &#8220; Constitution &#8221;, ce qui porte gravement atteinte au principe de la&#239;cit&#233; : le &#034; dialogue &#034; r&#233;gulier avec elles est institutionnalis&#233; (article I-52). Enfin il n'y a aucune ouverture sur une citoyennet&#233; de r&#233;sidence : la citoyennet&#233; de l'Union continue d'impliquer la nationalit&#233; d'un Etat membre (article I- 10), ce qui exclue des millions de r&#233;sidents en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.- La rel&#233;gation du politique&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;La &#034; coordination des politiques &#233;conomiques et de l'emploi&#034; maintient les instruments actuels de la zone euro : la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), les Grandes orientations de politique &#233;conomique (GOPE) et le Pacte de stabilit&#233; et de croissance. L'ind&#233;pendance de la BCE &#224; l'&#233;gard des gouvernements et des &#233;lus, et la mission unique qui lui est assign&#233;e - la stabilit&#233; des prix - alors que, par exemple, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine a aussi pour mission de favoriser la croissance, sont &#8220; constitutionnalis&#233;s &#8221;. Aucune autorit&#233; ne peut sanctionner la BCE, aucune majorit&#233; ne peut la contr&#244;ler. Les d&#233;cisions sur la fiscalit&#233; requi&#232;rent l'unanimit&#233; du Conseil des ministres et promettent un bel avenir au dumping fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220; Constitution &#8221; cr&#233;e un &#034; espace de libert&#233;, de justice et de s&#233;curit&#233; &#034;. C'est la seule innovation majeure de caract&#232;re politique de ce projet. La coop&#233;ration en mati&#232;re p&#233;nale et la coop&#233;ration op&#233;rationnelle entre les polices requi&#232;rent l'unanimit&#233; du Conseil des ministres. La cr&#233;ation d'un parquet europ&#233;en pour les crimes et d&#233;lits &#034; communautaires &#034; est renvoy&#233;e &lt;i&gt;sine die&lt;/i&gt; &#224; une d&#233;cision prise &#224; l'unanimit&#233; (article III-274). Sans pr&#233;juger des fins poursuivies, la mise en &#339;uvre de cet &#034; espace &#8221; s'annonce donc lente et limit&#233;e dans ses ambitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.- Avec l'OTAN, toujours pas d'Europe europ&#233;enne&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Malgr&#233; des rabibochages de fa&#231;ade &#224; l'occasion du r&#233;cent voyage de George W. Bush en Europe, la guerre en Irak a montr&#233; l'&#233;tat de d&#233;sunion des gouvernements sur le point cardinal de la relation avec les Etats-Unis d'Am&#233;rique. Dans le texte de la &#8220; Constitution &#8221;, l'OTAN est consacr&#233;e comme partie constitutive de l'identit&#233; de l'UE, alors qu'elle comprend deux Etats non europ&#233;ens (Etats-Unis et Canada), que certains membres de l'UE n'en font pas partie (Autriche, Chypre, Finlande, Irlande, Malte, Su&#232;de), et que trois de ses membres europ&#233;ens ne font pas partie de l'UE (Islande, Norv&#232;ge, Turquie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de s&#233;curit&#233; et la d&#233;fense commune doit rester compatible (article I-41) avec la politique arr&#234;t&#233;e dans le cadre de l'OTAN : elle sera mise en &#339;uvre chaque fois que le Conseil europ&#233;en &#034; en aura d&#233;cid&#233; &#034; (&#224; l'unanimit&#233;), en respectant &#034; les obligations d&#233;coulant du trait&#233; de l'Atlantique nord pour certains Etats membres qui consid&#232;rent que leur d&#233;fense commune est r&#233;alis&#233;e dans le cadre de l'OTAN &#034;. Cette clause donne &#224; Washington, via l'OTAN, un droit de veto sur la politique &#233;trang&#232;re et de d&#233;fense europ&#233;enne. Le secr&#233;taire &#224; la d&#233;fense am&#233;ricain, Donald Rumsfeld, exprimait cr&#251;ment cette r&#233;alit&#233; lorsqu'il d&#233;clarait : &#034; L'Europe c'est l'OTAN &#034;. A cet &#233;gard, une Europe &#224; 25 sera encore moins europ&#233;enne que celle &#224; 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat n'est pas tranch&#233; sur la l&#233;gitimit&#233; et m&#234;me la faisabilit&#233; d'une politique &#233;trang&#232;re europ&#233;enne &#034; autonome &#034; par rapport &#224; celle des Etats membres. Les discussions &#224; venir porteront en particulier sur le concept m&#234;me de &#034; puissance &#034;, celle-ci n'&#233;tant nullement r&#233;ductible &#224; la capacit&#233; militaire, comme les Etats-Unis en font l'exp&#233;rience en Irak. C'est le contenu de ce que les Anglo-Saxons appellent le &#034; soft power &#034; (capacit&#233; de n&#233;gociation, de coop&#233;ration, de maintien de la paix, etc.) qui pourra &#234;tre explor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le trait&#233; constitutionnel, on est aux antipodes de la n&#233;cessaire &#034; autre Europe &#034;, porteuse d'un projet &#233;mancipateur pour elle-m&#234;me et pour les autres pays, en premier lieu ceux du Sud.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://92.site.attac.org/IMG/rtf/BC_pbti_d_alouette.rtf" length="45128" type="application/rtf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : Le d&#233;mant&#232;lement programm&#233; des services publics</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article486</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article486</guid>
		<dc:date>2005-04-15T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Service public</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fiche argumentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;mant&#232;lement programm&#233; des services publics &lt;br class='autobr' /&gt;
28 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
La Constitution n'utilise pas le terme &#171; services publics &#187; mais celui de &#171; services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral (SIEG) &#187; Il y a toutefois une seule exception qui est aussi une des nombreuses &#171; perles &#187; de la Constitution ; l'article III-238 relatif aux transports stipule : &#171; Sont compatibles avec la Constitution les aides qui r&#233;pondent aux besoins de la coordination des transports ou qui correspondent au...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot46" rel="tag"&gt;Service public&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fiche argumentaire&lt;/i&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le d&#233;mant&#232;lement programm&#233; des services publics&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;28 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution n'utilise pas le terme &#171; services publics &#187; mais celui de &#171; services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral (SIEG) &#187; Il y a toutefois une seule exception qui est aussi une des nombreuses &#171; perles &#187; de la Constitution ; l'article III-238 relatif aux transports stipule : &#171; Sont compatibles avec la Constitution les aides qui r&#233;pondent aux besoins de la coordination des transports ou qui correspondent au remboursement de certaines servitudes inh&#233;rentes au service public. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne utilise les deux termes &#171; services d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (SIG) &#187; et &#171; services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral &#187; (SIEG). Les SIG comprennent deux cat&#233;gories de services que les Etats membres consid&#232;rent comme &#233;tant d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et soumettent &#224; des obligations de service public. Ces deux cat&#233;gories sont : les services non marchands (SIG non marchands) et les SIG marchands appel&#233;s services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral (SIEG). Les SIG non marchands et les SIEG ne sont r&#233;ellement d&#233;finis nulle part, ni dans les documents de l'Union europ&#233;enne, ni dans le droit communautaire. La Cour de justice des Communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) donne une d&#233;finition extensive des SIEG, &#171; toute activit&#233; qui consiste &#224; offrir des biens et des services sur un march&#233; donn&#233; constituant une activit&#233; &#233;conomique. &#187; Faute de d&#233;finition la fronti&#232;re entre SIG non marchands et SIEG n'est, elle non plus, pas d&#233;finie ; elle perd m&#234;me sa pertinence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution ignore les SIG non marchands et ne leur apporte donc aucun fondement juridique, aucune garantie de droit. La Constitution mentionne uniquement les SIEG, et seulement dans deux de ses 448 articles (II-96 et III-122) sans donner la d&#233;finition de ce terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trente ans d'ignorance... et de tranquillit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trente ans la Communaut&#233; europ&#233;enne a consid&#233;r&#233; que les services publics relevaient de la comp&#233;tence des Etats membres. Le march&#233; commun pr&#233;voyait bien la libre circulation des services, mais la Communaut&#233; europ&#233;enne n'a pas l&#233;gif&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lancement du processus de lib&#233;ralisation&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le trait&#233; dit de l'Acte unique (1986) marque une rupture. L'un de ses objectifs est la r&#233;alisation du projet de march&#233; int&#233;rieur avant le 1er janvier 1993 (article 8A du Trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne - TCE), notamment &#224; travers la mise en &#339;uvre des &#171; quatre libert&#233;s &#187; : libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. Dans le milieu des ann&#233;es 1980 s'engage donc un vaste processus progressif de lib&#233;ralisation des services publics, secteur par secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter, les trois notions distinctes qui ne sont certes pas ind&#233;pendantes :&lt;br /&gt;
la lib&#233;ralisation qui est la mise en concurrence ;&lt;br /&gt;
la r&#233;glementation - d&#233;r&#233;glementation qui fixe les conditions s'appliquant aux SIEG, et sert, au total, les objectifs lib&#233;raux en d&#233;finissant un &#171; service universel &#187; au rabais ;&lt;br /&gt;
la privatisation totale ou partielle qui concerne le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Communaut&#233; et, plus tard, l'Union europ&#233;enne ne se pr&#233;occupent pas, dans les trait&#233;s et les actes l&#233;gislatifs, de la propri&#233;t&#233; du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis le milieu des ann&#233;es 1980 la lib&#233;ralisation des services publics est l'alpha et l'om&#233;ga de la Commission et de l'Union&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directives (lois europ&#233;ennes) adopt&#233;es depuis plus de quinze ans nous &#233;clairent sur les politiques de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les grands services publics en r&#233;seaux comme les transports, l'&#233;lectricit&#233;, le gaz, les t&#233;l&#233;communications, la lib&#233;ralisation (ouverture &#224; la concurrence) a conduit l'Union europ&#233;enne &#224; reconna&#238;tre la n&#233;cessit&#233; d'assurer l'acc&#232;s &#224; un certain nombre de services, jug&#233;s essentiels, par la d&#233;finition d'un service minimum (appel&#233; &#171; service universel &#187;). Ce service minimum n'est qu'un filet de s&#233;curit&#233; et n'assure pas l'&#233;galit&#233; d'acc&#232;s et de traitement de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les directives (lois) r&#233;alisent la lib&#233;ralisation de tous les grands secteurs en organisant la concurrence des entreprises priv&#233;es. Voici quelques exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; t&#233;l&#233;communications : lib&#233;ralisation tr&#232;s importante en janvier 1998 ; cinq nouvelles directives pour limiter la domination de l'op&#233;rateur historique ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; postes : lib&#233;ralisation des envois de plus de 350 g, soit 3% du march&#233; en 1998 ; lib&#233;ralisation des envois de plus de 50 g en 2006 (20% du march&#233;) ; lib&#233;ralisation totale en 2009 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; transports a&#233;riens lib&#233;ralis&#233;s entre 1987 et 1997 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; transports maritimes lib&#233;ralis&#233;s entre 1986 et 2001 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; transports routiers - &#224; l'origine tr&#232;s lib&#233;raux - totalement lib&#233;ralis&#233;s entre 1986 et 1998 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; transports fluviaux lib&#233;ralis&#233;s entre 1994 et 2000 ; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Transport ferroviaire lib&#233;ralis&#233; &#224; partir de 1991 en plusieurs s&#233;ries successives de textes (directives et - ou r&#232;glements) que l'Union a d&#233;nomm&#233;es ensuite &#171; paquets ferroviaires &#187; : premier paquet en 2001 (fret international pour tout op&#233;rateur sur les lignes importantes) ; deuxi&#232;me paquet en 2004 (fret international sur l'ensemble des r&#233;seaux, puis cabotage) ; troisi&#232;me paquet encore en discussion actuellement (voyageurs internationaux, puis cabotage des voyageurs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;lectricit&#233; lib&#233;ralis&#233;e entre 2000 et 2003. &lt;br /&gt;
Les cons&#233;quences concr&#232;tes de ces lib&#233;ralisations sont les suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises priv&#233;es se limitent aux parties les plus rentables. &lt;br /&gt;
Cette concurrence dans les seuls segments rentables appauvrit les services publics (&#171; les op&#233;rateurs historiques &#187;) qui r&#233;agissent notamment en r&#233;duisant la qualit&#233; de leur service et la couverture du territoire.&lt;br /&gt;
Les gouvernements constatent alors que les services publics ne sont pas efficaces et les privatisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La reconnaissance des SIEG comme valeur de l'Union europ&#233;enne en 1997, un progr&#232;s timide d&#233;sormais abandonn&#233; par la Constitution&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre le trait&#233; d'Amsterdam (1997) pour que l'UE &#171; reconnaisse la place qu'occupent les SIEG parmi les valeurs de l'Union &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une jurisprudence insuffisante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jurisprudence de la Cour de justice des Communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) reconna&#238;t, notamment par les arr&#234;ts &#171; Corbeau &#187; (1993) et &#171; Commune d'Amelo &#187; (1994), la limitation de la concurrence pour la satisfaction de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Plus r&#233;cemment avec l'arr&#234;t Altmark (2003), la Cour de justice admet les subventions publiques pour des obligations des SIEG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ces arr&#234;ts n'ont pas form&#233; une jurisprudence suffisante pour bloquer la vague de lib&#233;ralisation et surtout, ils ne renversent pas la charge de la preuve. C'est aux services publics de faire en permanence la preuve qu'ils ne sont pas un obstacle au d&#233;veloppement des &#233;changes dans l'Union, ce point restant le crit&#232;re principal d'appr&#233;ciation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La Constitution confirme la lib&#233;ralisation de tous les services &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation de tous les services est affirm&#233;e (III-147). En mati&#232;re de lib&#233;ralisation &#171; la loi-cadre europ&#233;enne [...] porte en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; sur tous les services qui interviennent d'une fa&#231;on directe dans les co&#251;ts de production &#187; (III-147). La quasi-totalit&#233; des services publics sont donc concern&#233;s. Mais ce &#171; en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; &#187; signifie que les autres services publics ne sont pas exclus. Les Etats membres sont encourag&#233;s &#224; lib&#233;raliser plus que ce qui est obligatoire (III-148).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Constitution ne reconna&#238;t plus les SIEG comme valeur de l'Union, ne retient pas les SIEG parmi les objectifs de l'Union et soumet les SIEG aux r&#232;gles de la concurrence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution &#171; reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s aux SIEG tel qu'il est pr&#233;vu par les l&#233;gislations et pratiques nationales &#187; (II-96), ce qui n'apporte pas de garantie nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution reconna&#238;t la place des SIEG (III-122). Les SIEG sont soumis &#224; toutes les r&#232;gles de la concurrence (III-161 &#224; 169) ; la seule restriction est que ces r&#232;gles &#171; ne fassent pas &#233;chec &#224; l'accomplissement de leur mission &#187; (III-166). Tout ceci est une reprise du trait&#233; actuel. Il y a dans la Constitution europ&#233;enne deux nouveaut&#233;s v&#233;ritables par rapport au trait&#233; en vigueur actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les SIEG ne sont plus reconnus, contrairement au trait&#233; d'Amsterdam, comme une des valeurs de l'Union (I-2) ; ils ne figurent pas, non plus, parmi les objectifs de l'Union (I-3) ; la mention : &#171; [...] tous dans l'Union leur attribuent une valeur [...] &#187; (III-122) n'a &#233;videmment pas la m&#234;me signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article III-122 confirme explicitement la possibilit&#233; du droit positif par la mention : &#171; [...] la loi europ&#233;enne &#233;tablit [les] principes et fixe [les] conditions [qui leur permettent d'accomplir leurs missions] [...] &#187;. A noter que les &#171; principes &#187; et les &#171; conditions &#187; ne sont d&#233;finis nulle part dans la Constitution. Nous disons &#171; confirme la possibilit&#233; &#187; et non pas &#171; ouvre la possibilit&#233; &#187; car, de fait et malgr&#233; le fondement juridique probl&#233;matique des SIEG dans les trait&#233;s actuels, cette possibilit&#233; de l&#233;gif&#233;rer est ouverte dans la pratique par le trait&#233; actuellement en vigueur. Le travail de l'Union durant les derni&#232;res ann&#233;es en est un t&#233;moignage (r&#233;glementation de l'Union sur les SIEG, livres vert et blanc sur les SIG ; directive cadre sur les SIEG demand&#233;e par le Conseil europ&#233;en des 15 et 16 mars 2002 &#224; la Commission, directive maintenant abandonn&#233;e, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Union l&#233;gif&#232;re sur les SIEG la Commission aura l'exclusivit&#233; de la proposition de loi europ&#233;enne, le Conseil statuera &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e (I-26), le Parlement statuera &#224; la majorit&#233; simple (cod&#233;cision), la proc&#233;dure l&#233;gislative ordinaire s'appliquera (III-396). &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Que signifie la confirmation de la possibilit&#233; de l&#233;gif&#233;rer pour les SIEG ? &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Dans le cadre des r&#232;gles de la concurrence, la Constitution europ&#233;enne, comme les trait&#233;s pr&#233;c&#233;dents, interdit aux Etats membres toute aide aux services publics qui &#171; fausse ou menace de fausser la concurrence &#187; (III-167), la seule restriction &#233;tant que ces r&#232;gles &#171; ne fassent pas &#233;chec &#224; l'accomplissement de leur mission &#187; (III-166). &lt;br /&gt;
Si l'Union l&#233;gif&#232;re sur les SIEG, soit les lois europ&#233;ennes stipuleront donc explicitement le principe de proportionnalit&#233; des aides, soit les lois europ&#233;ennes seront soumises &#224; ce principe. Ce principe exige que toute aide apport&#233;e par les Etats membres aux SIEG n'exc&#232;de pas ce qui est requis pour la r&#233;alisation des missions de service public. Toute aide est &#233;valu&#233;e et contr&#244;l&#233;e par la Commission conform&#233;ment &#224; une proc&#233;dure d&#233;crite &#224; l'article III-168. En cas de litige &#171; la Commission ou tout autre Etat membre peut saisir directement la Cour de justice &#187; (III-168) qui tranche. C'est donc le pouvoir des juges &#224; partir d'un droit lib&#233;ral qui aura le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, EDF a &#233;t&#233; condamn&#233;e par la Cour de justice pour la garantie qu'elle avait obtenue de l'Etat fran&#231;ais pour certains de ses emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : l'Europe sociale introuvable</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article464</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article464</guid>
		<dc:date>2005-04-13T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>
		<dc:subject>Social</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Argumentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe sociale introuvable &lt;br class='autobr' /&gt;
28 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ch&#244;mage massif dans l'Union europ&#233;enne &lt;br class='autobr' /&gt;
Le ch&#244;mage, la pauvret&#233; et l'exclusion sociale frappent l'Union europ&#233;enne. Avec un taux de ch&#244;mage de 14,6%, en juillet 2003, les dix pays entrants ont une situation encore plus d&#233;grad&#233;e que les Quinze (8,1%). La Pologne (38 millions d'habitants) a, en 2003, un taux de ch&#244;mage de 20%. Le ch&#244;mage touche tout particuli&#232;rement les jeunes (15% en moyenne dans l'UE et 41% en Pologne). &lt;br class='autobr' /&gt;
La...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Social&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Argumentaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Europe sociale introuvable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;28 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le ch&#244;mage massif dans l'Union europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ch&#244;mage, la pauvret&#233; et l'exclusion sociale frappent l'Union europ&#233;enne. Avec un taux de ch&#244;mage de 14,6%, en juillet 2003, les dix pays entrants ont une situation encore plus d&#233;grad&#233;e que les Quinze (8,1%). La Pologne (38 millions d'habitants) a, en 2003, un taux de ch&#244;mage de 20%. Le ch&#244;mage touche tout particuli&#232;rement les jeunes (15% en moyenne dans l'UE et 41% en Pologne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique sociale et de l'emploi de l'Union n'est absolument pas &#224; la hauteur de ce d&#233;fi. Voici quelles en sont les grandes lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des moyens d&#233;risoires pour lutter contre le ch&#244;mage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e le Conseil europ&#233;en adopte des priorit&#233;s communes qui sont traduites en objectifs individuels pour chaque Etat membre. Mais ces objectifs ne sont que des &#171; objectifs &#187; et les plans d'action des Etats membres ne sont pas contraignants. Ceci montre le peu d'importance que l'Union et les Etats membres attachent &#224; la r&#233;duction du ch&#244;mage et est tout &#224; fait condamnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds social europ&#233;en a un budget d'environ dix milliards d'euros par an pour la p&#233;riode 2000 - 2006 (soit 10% du budget de l'Union, soit environ 1 pour mille du Produit int&#233;rieur brut des Etats membres) pour d&#233;velopper les comp&#233;tences professionnelles et les aptitudes sociales. Parmi ces dix milliards d'euros, trois sont r&#233;serv&#233;s au programme EQUAL qui lutte contre la discrimination et l'in&#233;galit&#233;. Ces sommes sont tout &#224; fait n&#233;gligeables par rapport aux probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique sociale de l'Union est condamn&#233;e par les politiques lib&#233;rales : march&#233; int&#233;rieur, concurrence, monnaie et politiques budg&#233;taires &lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Pour d&#233;crire la politique sociale et ses effets concrets sur la vie quotidienne des habitants il faut la replacer dans l'ensemble des politiques lib&#233;rales men&#233;es par l'Union et d&#233;crire les cons&#233;quences de ces politiques et des d&#233;cisions prises pour le march&#233; int&#233;rieur, la concurrence, la monnaie et les budgets de l'Union europ&#233;enne et des Etats membres. Ces questions sont abord&#233;es partiellement dans ce livre, mais d&#233;passent le cadre de ce chapitre qui s'en tient strictement &#224; ce que l'Union appelle la politique sociale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Une action sur les normes minimales au travail tr&#232;s limit&#233;es et des r&#233;sultats r&#233;gressifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action r&#233;gulatrice de l'Union en mati&#232;re de normes minimales relatives au travail est tr&#232;s modeste. Elle se limite aux conditions de travail, &#224; la sant&#233; et &#224; la s&#233;curit&#233; au travail (lire &#171; Le recul des conditions de travail dans l'Union europ&#233;enne &#187;). Elle consiste aussi &#224; encourager les n&#233;gociations entre employeurs et syndicats. Quels sont les r&#233;sultats concrets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cong&#233; parental, sous une forme neutre, s'adresse dans la r&#233;alit&#233; uniquement aux m&#232;res et accro&#238;t par ses modalit&#233;s les discriminations sur le march&#233; du travail.&lt;br /&gt;
Le travail &#224; temps partiel a &#233;t&#233; pr&#233;tendument d&#233;cid&#233; pour r&#233;pondre aux besoins des femmes ; il est souvent assorti d'all&#232;gements de cotisations pour les entreprises. 80% des salari&#233;s &#224; temps partiel sont des femmes. Le temps partiel profite aux entreprises qui, souvent, l'imposent. Il est dans la quasi-totalit&#233; des cas tr&#232;s d&#233;favorables aux salari&#233;es (salaire, retraite et ch&#244;mage partiels).&lt;br /&gt;
Le temps de travail fait l'objet d'un d&#233;veloppement ci-apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interdiction des discriminations au travail : droits formels largement inappliqu&#233;s &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression des luttes sociales, l'Union a banni - il faut l'en cr&#233;diter - la discrimination au travail fond&#233;e sur le sexe, l'origine raciale ou ethnique, le handicap, l'orientation sexuelle, l'&#226;ge, la religion et les convictions. Le droit de travailler o&#249; l'on veut dans l'Union est garanti. &lt;br /&gt;
Il faut noter que l'&#233;galit&#233; formelle entre les hommes et les femmes dans le droit communautaire a &#233;t&#233; le r&#233;sultat de la r&#233;flexion et de l'action des mouvements f&#233;ministes des ann&#233;es 1970. &lt;br /&gt;
Mais concr&#232;tement les discriminations continuent d'exister dans l'Union europ&#233;enne : la vraie question est que ces droits ne demeurent pas th&#233;oriques et qu'ils soient r&#233;ellement effectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'harmonisation sociale de l'Union remise aux calendes grecques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encadrement et l'organisation des relations de travail (droit du travail, conventions collectives, etc.) restent donc dans une tr&#232;s large mesure le domaine de comp&#233;tence et d'action des Etats membres et la convergence des garanties n'est pas &#224; l'ordre du jour, faute de volont&#233; politique. L'harmonisation sociale de l'Union n'est pas pour demain, et la Constitution qui ne cesse de r&#233;p&#233;ter &#171; &#224; l'exclusion de toute harmonisation &#187; la repousse encore !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La redistribution des richesses impossible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le budget total de l'Union est fort modeste ; il repr&#233;sentait environ 1% du Produit national brut (PIB), soit 99,52 milliards d'euros en 2004. Il n'est pas pr&#233;vu de l'augmenter. Ce &#171; 1% &#187; doit &#234;tre compar&#233; aux 35 &#224; 50% du PIB que consacrent les Etats membres au financement de &#171; l'Etat providence &#187; et des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel du budget de l'Union est absorb&#233; par la Politique agricole commune (45% en 2004) et les fonds structurels r&#233;gionaux (35% en 2004). En dehors de ces deux politiques dont l'effet quant &#224; la redistribution des richesses m&#233;riterait une analyse critique qui d&#233;passe le cadre ce livre, ce qui reste du budget (20%) interdit &#224; l'Union europ&#233;enne toute politique de redistribution, m&#234;me modeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les finances de l'Union font l'objet des articles I-53 &#224; I-56 et II-402 &#224; 415. Le Conseil statue &#224; l'unanimit&#233; &#224; la fois sur les recettes ou ressources propres (I-54) et sur les d&#233;penses (I-55). Le Parlement europ&#233;en ne vote pas les recettes, mais n'est que consult&#233; (III-412-2). Il est ainsi priv&#233; du pouvoir de lever l'imp&#244;t. Il est aussi, mais c'est une autres histoire, priv&#233; du pouvoir de proposer la loi (I-26-2). Deux pouvoirs fondamentaux de tout Parlement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une protection sociale formelle et limit&#233;e qui nie la dimension collective du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel de l'action sociale de l'Union consiste donc en des formes de protection individuelle des personnes au travail par le moyen du droit. La Cour de justice des communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) a jou&#233; un r&#244;le dans la lutte contre la discrimination dans le droit du travail. Des directives ont fait progresser l'&#233;galit&#233; entre hommes et femmes, la lutte contre le harc&#232;lement au travail et la justice prud'homale. Ce sont des acquis formels qui peinent &#224; se traduire dans les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne voit donc le travailleur plus comme un individu sp&#233;cifique dans l'entreprise que comme le membre d'une collectivit&#233; ou a fortiori d'une classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les marchandages entre les Etats membres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re sociale la d&#233;cision est l'objet de marchandages opportunistes, dossier par dossier. Dernier cas en date, l'&#233;chec du chantier sur le travail temporaire est significatif. L'Allemagne s'est rang&#233;e au c&#244;t&#233; du Royaume-Uni et s'est oppos&#233;e &#224; une meilleure protection des int&#233;rimaires parce qu'en contrepartie le Royaume-Uni a soutenu sa position sur les fusions et acquisitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La politique sociale dans la Constitution : pas de progr&#232;s par rapport au trait&#233; de Nice&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique sociale est d&#233;crite dans la partie III, articles III-209 &#224; III-219. Il convient de noter que la Constitution europ&#233;enne reprend presque en totalit&#233; les dispositions des trait&#233;s actuels. En effet le groupe de travail sur l'Europe sociale de la Convention s'est s&#233;par&#233;, d&#233;but 2003, sur un constat d'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'harmonisation sociale tir&#233;e vers le bas par le march&#233; int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'article III-209 affirme les objectifs louables suivants : promotion de l'emploi, am&#233;lioration des conditions de vie et de travail, protection sociale, dialogue social, niveau d'emploi &#233;lev&#233;, lutte contre les exclusions. &lt;br /&gt;
L'article III-209 stipule ensuite : &#171; [...] L'Union et les Etats membres agissent en tenant compte de la diversit&#233; des pratiques nationales, en particulier dans le domaine des relations conventionnelles, ainsi que de la n&#233;cessit&#233; de maintenir la comp&#233;titivit&#233; de l'&#233;conomie de l'Union. Ils estiment qu'une telle &#233;volution [r&#233;f&#233;rence aux objectifs mentionn&#233;s] r&#233;sultera tant du fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur, qui favorisera l'harmonisation des syst&#232;mes sociaux, que des proc&#233;dures pr&#233;vues par la Constitution et du rapprochement des dispositions l&#233;gislatives, r&#233;glementaires et administratives des Etats membres. &#187; &lt;br /&gt;
Mais l'article III-210-2a &#171; exclut toute harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires des Etats membres &#187; par la loi et la loi-cadre europ&#233;enne. C'est donc le &#171; fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur &#187; qui non pas &#171; favorisera &#187; l'harmonisation des syst&#232;mes sociaux, mais les tirera vers le bas (cf. infra, le chapitre sur la concurrence entre les Etats membres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution ne s'applique ni aux r&#233;mun&#233;rations, ni au droit d'association, ni au droit de gr&#232;ve, ni au droit de lock-out (III-210-6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;cision &#224; l'unanimit&#233; condamne l'Union &#224; l'impuissance sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les domaines suivants le Conseil statue &#224; l'unanimit&#233; (III-210-3) :&lt;br /&gt;
la s&#233;curit&#233; sociale et la protection sociale des travailleurs ;&lt;br /&gt;
la protection des travailleurs en cas de r&#233;siliation du contrat de travail ;&lt;br /&gt;
la repr&#233;sentation et la d&#233;fense collective des travailleurs [...] ;&lt;br /&gt;
les conditions d'emploi des ressortissants des pays tiers [...].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une coop&#233;ration entre les Etats membres excluant l'harmonisation ou une coop&#233;ration en trompe l'&#339;il&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; La loi ou la loi-cadre europ&#233;enne peut &#233;tablir des mesures destin&#233;es &#224; encourager la coop&#233;ration entre Etats membres [...] &#224; l'exclusion de toute harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires des Etats membres. &#187; (III-210-2a) Une coop&#233;ration entre les Etats membres qui exclut toute harmonisation des dispositions l&#233;gislatives et r&#233;glementaires : c'est un trompe-l'&#339;il, un oxymore ? En tout cas cela marque les grandes limites de cette coop&#233;ration, surtout si l'on prend en compte les autres dispositions de la Constitution qui ont des cons&#233;quences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La possibilit&#233; de normes minimales de travail et de protection sociale est s&#233;v&#232;rement encadr&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La loi-cadre europ&#233;enne peut &#233;tablir des prescriptions minimales applicables progressivement [...] Elle &#233;vite d'imposer des contraintes administratives, financi&#232;res et juridiques telles qu'elles contrarieraient la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement des petites et moyennes entreprises. &#187; (III-210-2-b)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les demandes timides de la Conf&#233;d&#233;ration des syndicats n'ont pas &#233;t&#233; retenues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le titre &#171; Une Union sociale avec une gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne &#187; la Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats (CES) faisait les sept demandes suivantes :&lt;br /&gt;
&#233;conomie de march&#233; sociale dans les objectifs de l'Union ;&lt;br /&gt;
plein emploi dans les objectifs de l'Union ;&lt;br /&gt;
gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne ;&lt;br /&gt;
d&#233;veloppement &#233;conomique et social durable ;&lt;br /&gt;
int&#233;gration de l'emploi dans les grandes orientations de politique &#233;conomique ;&lt;br /&gt;
vote &#224; la majorit&#233; qualifi&#233;e dans le domaine fiscal ;&lt;br /&gt;
croissance, investissement, emploi et pas seulement stabilit&#233; des prix comme objectifs de la banque centrale europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;conomie sociale de march&#233; &#187; est d&#233;clar&#233;e aussit&#244;t &#171; hautement comp&#233;titive &#187; ; elle &#171; tend au plein emploi &#187; [...] &#187; (I-3-3). Voici pour les deux premi&#232;res demandes. Les cinq autres n'ont pas &#233;t&#233; retenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : L'illusion des droits fondamentaux dans la Constitution europ&#233;enne</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article465</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article465</guid>
		<dc:date>2005-04-13T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fiche argumentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
L'illusion des droits fondamentaux &lt;br class='autobr' /&gt; 28 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt; Les partisans de la Constitution europ&#233;enne vantent l'int&#233;gration de la Charte des droits fondamentaux, adopt&#233;e au Conseil europ&#233;en de Nice en d&#233;cembre 2000, dans la partie II de la Constitution, et affirment qu'elle garantit les droits fondamentaux des citoyens de l'Union europ&#233;enne. Qu'en est-il exactement ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La Charte des droits fondamentaux, partie II de la Constitution, ne reconna&#238;t pas certains droits essentiels...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Fiche argumentaire&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'illusion des droits fondamentaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;28 mars 2005&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partisans de la Constitution europ&#233;enne vantent l'int&#233;gration de la Charte des droits fondamentaux, adopt&#233;e au Conseil europ&#233;en de Nice en d&#233;cembre 2000, dans la partie II de la Constitution, et affirment qu'elle garantit les droits fondamentaux des citoyens de l'Union europ&#233;enne. Qu'en est-il exactement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte des droits fondamentaux, partie II de la Constitution, ne reconna&#238;t pas certains droits essentiels des &#234;tres humains&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Citons parmi les droits non reconnus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;le droit au travail pourtant inscrit dans la d&#233;claration universelle des droits de l'homme du 10 d&#233;cembre 1948 et dans la Constitution fran&#231;aise de 1958 ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; un revenu minimum ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'&#233;galit&#233; salariale (&#224; travail &#233;gal, salaire &#233;gal) ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; une pension de retraite (la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs du 9 d&#233;cembre 1989 garantit &#171; le droit de b&#233;n&#233;ficier, au moment de la retraite, de ressources assurant un niveau de vie d&#233;cent &#187;) ;&lt;br /&gt;
le droit aux allocations de ch&#244;mage ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; un logement convenable ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; des services publics de qualit&#233; (seul le droit d'acc&#232;s est reconnu dans l'article II-96 tel qu'il est pr&#233;vu dans les l&#233;gislations et pratiques nationales ; ne figurent ni la liste des domaines concern&#233;s, ni les principes que les services publics doivent respecter) ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'&#233;ducation tout au long de la vie ;&lt;br /&gt;
le droit de gr&#232;ve transnational ;&lt;br /&gt;
le droit &#224; l'avortement ;&lt;br /&gt;
le droit d'&#234;tre soign&#233; en cas d'urgence (qui devrait &#234;tre accord&#233; &#224; tout &#234;tre humain, f&#251;t-il clandestin) ;&lt;br /&gt;
le droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; aux &#233;lections municipales des r&#233;sidents &#233;trangers &#224; l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des v&#339;ux pieux qui ne sont pas des droits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre on trouve beaucoup de v&#339;ux pieux dans la Charte des droits fondamentaux : &#171; Le droit d'acc&#232;s aux prestations de s&#233;curit&#233; sociale et aux services sociaux &#187;, &#171; le droit de travailler &#187;, &#171; le droit des personnes &#226;g&#233;es &#224; mener une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; participer &#224; la vie sociale et culturelle &#187;, &#171; le principe du d&#233;veloppement durable &#187; et &#171; le niveau &#233;lev&#233; de protection des consommateurs &#187; sont quelques-uns des nombreuses p&#233;titions de principe qui &#233;maillent la Charte des droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mieux ce sont des objectifs g&#233;n&#233;raux. Au pire ce sont des v&#339;ux pieux voire des tromperies. Ce ne sont en tout cas pas des droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple entre &#171; mille &#187;... L'article II-96 de la Charte des droits fondamentaux stipule : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte l'acc&#232;s aux services d'int&#233;r&#234;t &#233;conomique g&#233;n&#233;ral tel qu'il est pr&#233;vu par les l&#233;gislations et pratiques nationales, conform&#233;ment &#224; la Constitution, afin de promouvoir la coh&#233;sion sociale et territoriale de l'Union. &#187; &lt;br /&gt;
On est impressionn&#233; ! Enfin, un droit ! &lt;br /&gt;
Mais il faut lire le volume II de la Constitution que peu de personnes liront. C'est, en tout cas &#224; l'&#233;vidence, le pari qui est fait ! &lt;br /&gt;
La D&#233;claration n&#176; 12 (60 pages) de ce volume II est enti&#232;rement consacr&#233;e &#224; la Charte des droits fondamentaux ; elle a, comme les 47 autres D&#233;clarations de la Constitution, valeur interpr&#233;tative du projet de trait&#233; constitutionnel ; en quelque sorte elle fournit, comme les autres D&#233;clarations, le &#171; dictionnaire &#187;, les clefs pour interpr&#233;ter les pr&#233;tendus &#171; droits fondamentaux &#187;. &lt;br /&gt;
Que dit-elle de l'article II-96 ? &lt;br /&gt;
Elle l&#232;ve toute ambigu&#239;t&#233; : &#171; Cet article [II-96] (...) ne cr&#233;e pas de droit nouveau. &#187; Constitution pour l'Europe, Office des publications officielles des Communaut&#233;s europ&#233;ennes, volume II, page 416, juillet 2004. &lt;br /&gt;
Nous voil&#224; d&#251;ment averti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes manipul&#233;s et tromp&#233;s si nous ne lisons pas le volume II de la Constitution. Rappelons que ce volume II qui contient 36 Protocoles, 2 Annexes et 48 D&#233;clarations fait &#224; lui seul, dans cette version officielle de la Constitution, 460 pages. Il convient d'y ajouter les 350 pages du volume I dans la m&#234;me &#233;dition !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution pr&#233;cise dans son article II-112-5 qu'aucun des &#171; principes &#187;, aucun des v&#339;ux pieux, ne peut pas &#234;tre invoqu&#233; devant le juge et que seuls peuvent l'&#234;tre les actes l&#233;gislatifs qui en d&#233;riveraient &#233;ventuellement (II-112-5). Ces &#171; principes &#187;, ces v&#339;ux pieux concernent essentiellement les domaines &#233;conomiques, sociaux et culturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux principes fondamentaux du droit sont malmen&#233;s, voire ni&#233;s, ici :&lt;br /&gt;
l'indivisibilit&#233; des droits qui accorde la m&#234;me valeur aux droits civils et politiques d'un c&#244;t&#233;, &#233;conomiques, sociaux et culturels de l'autre ;&lt;br /&gt;
la &#171; justicialit&#233; &#187; qui permet de sanctionner la violation d'un droit aupr&#232;s du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dispositions limit&#233;es &#224; la mise en oeuvre du droit de l'Union et aux comp&#233;tences de l'Union&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression &#171; Charte des droits fondamentaux &#187; laisse penser que le champ d'application de ces &#171; droits &#187; est tr&#232;s large. Il n'en est rien. L'article II-111 indique que les dispositions de la Charte ne s'appliquent qu'aux institutions de l'Union et aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en &#339;uvre le droit de l'Union. Il est indiqu&#233; que la Charte ne modifie ni le champ d'application de ce droit, ni les comp&#233;tences de l'Union. La Cour de Justice des communaut&#233;s europ&#233;ennes (CJCE) ne devient pas le protecteur des droits &#233;nonc&#233;s dans la Charte. Elle ne l'est que dans la double limite des comp&#233;tences de l'Union et de la mise en &#339;uvre du droit de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interpr&#233;tation des &#171; droits &#187; limit&#233;e par le droit et les pratiques des Etats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la Charte reconna&#238;t des droits fondamentaux, ceux-ci &#171; doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;s en harmonie avec les traditions nationales &#187; (article II-112-4). &#171; Les l&#233;gislations et pratiques nationales doivent &#234;tre pleinement prises en compte &#187; (article II-112-6). C'est la seule exception explicite au principe de la primaut&#233; de la Constitution europ&#233;enne et du droit de l'Union sur le droit des Etats membres (article I-6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article II-94 est un exemple caract&#233;ristique : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte le droit d'acc&#232;s aux prestations de s&#233;curit&#233; sociale et aux services sociaux [...] selon les r&#232;gles &#233;tablies par le droit de l'Union et les l&#233;gislations et pratiques nationales. &#187; Ceci ne garantit ni le niveau des prestations, ni m&#234;me l'existence de ces services. L'article II-70-2 est un autre exemple : &#171; Le droit &#224; l'objection de conscience est reconnu selon les lois nationales qui en r&#233;gissent l'exercice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte ne cr&#233;e aucun droit social europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une interpr&#233;tation des &#171; droits &#187; limit&#233;e par la D&#233;claration n&#176;12 annex&#233;e &#224; la Constitution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;ambule de la Charte des droits fondamentaux stipule : &#171; La Charte sera interpr&#233;t&#233;e par les juridictions de l'Union et des Etats membres en prenant d&#251;ment en consid&#233;ration les explications &#233;tablies sous l'autorit&#233; du praesidium de la Convention qui a &#233;labor&#233; la Charte et mises &#224; jour sous la responsabilit&#233; du praesidium de la Convention europ&#233;enne. &#187; Ces limitations - soixante pages dans la version des Journaux officiels - figurent dans la D&#233;claration n&#176;12 annex&#233;e &#224; la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; droits fondamentaux &#187; conditionn&#233;s et limit&#233;s par toutes les autres dispositions de la Constitution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut citer in extenso l'article II-112-2 tant il relativise l'interpr&#233;tation des quelques droits r&#233;els qui restent apr&#232;s les limites qui viennent d'&#234;tre mentionn&#233;es ci-dessus : &#171; Les droits reconnus par la pr&#233;sente Charte qui font l'objet de dispositions dans d'autres parties de la Constitution s'exercent dans des conditions et limites y d&#233;finies. &#187; Ce qui veut dire, en langage courant, que les droits sont subordonn&#233;s dans leur exercice aux conditions et limites fix&#233;es par toutes les autres dispositions de la Constitution. On ne saurait marquer plus clairement la subordination de l'&#234;tre humain aux marchandises, services et capitaux. C'est un comble dans une Charte des droits fondamentaux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution d&#233;construit l'universalit&#233; des droits&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution introduit un principe radicalement contraire &#224; l'universalit&#233; qui implique que les droits soient reconnus &#224; tous. Certains droits sont r&#233;serv&#233;s aux r&#233;sidents ou aux seuls citoyens de l'Union. Ainsi l'article II-75 garantit-il des &#171; conditions de travail &#233;quivalentes &#187; aux non ressortissants de l'Union, ce qui ne garantit en rien l'&#233;galit&#233; des droits. Il en est de m&#234;me du droit de vote et d'&#233;ligibilit&#233; aux &#233;lections municipales qui est r&#233;serv&#233; aux seuls citoyens de l'Union et n'est donc pas accord&#233; aux r&#233;sidents &#233;trangers &#224; l'Union (article II-100).&lt;br /&gt;
La Constitution s'&#233;carte de l'id&#233;e d'un &#234;tre humain universel et introduit des cat&#233;gories. On en d&#233;nombre pas moins de treize : cat&#233;gories politique, administrative, &#233;conomique, etc. Les entreprises et les m&#233;dias sont mis sur le m&#234;me plan que l'&#234;tre humain. Les cat&#233;gories sont tant&#244;t favoris&#233;es, tant&#244;t d&#233;favoris&#233;es. Ainsi le comble du ridicule est-il atteint avec l'article II-85 relatifs aux droits des personnes &#226;g&#233;es : &#171; L'Union reconna&#238;t et respecte le droit des personnes &#226;g&#233;es &#224; mener une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; participer &#224; la vie sociale et culturelle &#187;. Les autres personnes - non &#226;g&#233;es - n'ont sans doute pas droit &#224; une vie digne et ind&#233;pendante et &#224; une participation &#224; la vie sociale et culturelle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution est en recul par rapport aux autres textes relatifs aux droits fondamentaux&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
La Charte des droits fondamentaux qui est maintenant la partie II de la Constitution europ&#233;enne est, par ce fait m&#234;me, le texte de r&#233;f&#233;rence de l'Union europ&#233;enne en mati&#232;re de droits fondamentaux. Elle d&#233;value donc les autres textes par rapport auxquels elle est en recul et notamment :&lt;br /&gt;
la d&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen du 26 ao&#251;t 1789,&lt;br /&gt;
la d&#233;claration universelle des droits de l'homme du 10 d&#233;cembre 1948,&lt;br /&gt;
la convention europ&#233;enne des droits de l'homme du 4 novembre 1950,&lt;br /&gt;
la charte sociale europ&#233;enne du Conseil de l'Europe du 18 octobre 1961,&lt;br /&gt;
le pacte international relatif aux droits &#233;conomiques, sociaux et culturels du 16 d&#233;cembre 1966,&lt;br /&gt;
la charte communautaire des droits sociaux fondamentaux des travailleurs du 9 d&#233;cembre 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons mentionner ici tous les reculs de la Constitution par rapport &#224; ces textes. Mentionnons quelques absences inqui&#233;tantes par rapport &#224; la D&#233;claration universelle des droits de l'homme de 1948 :&lt;br /&gt;
interdiction d'arrestation et de d&#233;tention arbitraires ;&lt;br /&gt;
droit de pouvoir jouir des arts, de la culture et des progr&#232;s scientifiques ;&lt;br /&gt;
droit de pouvoir prendre part &#224; la direction des affaires publiques et de pouvoir acc&#233;der aux fonctions publiques ;&lt;br /&gt;
mention que la volont&#233; du peuple est le fondement de l'autorit&#233; des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les personnes au m&#234;me niveau que les services, les marchandises et les capitaux &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;ambule de la Charte des droits fondamentaux de l'Union (partie II de la Constitution) on trouve la phrase qui fournit la clef de &#171; l'illusion des droits fondamentaux dans la Constitution europ&#233;enne &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Union cherche &#224; promouvoir un d&#233;veloppement &#233;quilibr&#233; et durable et assure la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux, ainsi que la libert&#233; d'&#233;tablissement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc essayer de comprendre ce qu'est cette Charte des droits fondamentaux ? La r&#233;ponse nous est fournie dans cette seule phrase qui figure dans son pr&#233;ambule et qui, sans barguigner, place les personnes au m&#234;me niveau que les services, les marchandises et les capitaux. Tout est dit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Alain Lecourieux&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argumentaire Lecourieux : Le lib&#233;ralisme &#171; constitutionnalis&#233; &#187;</title>
		<link>https://92.site.attac.org/spip.php?article466</link>
		<guid isPermaLink="true">https://92.site.attac.org/spip.php?article466</guid>
		<dc:date>2005-04-13T22:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Lecourieux</dc:creator>


		<dc:subject>Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Lib&#233;ralisme</dc:subject>
		<dc:subject> Attac - Conseil Scientifique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Argumentaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Le lib&#233;ralisme &#171; constitutionnalis&#233; &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
28 mars 2005 &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce chapitre nous identifions les politiques lib&#233;rales principales qui sont inscrites dans la Constitution. Il n'y a aucun commentaire (ou presque) si ce n'est les titres des paragraphes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le march&#233; int&#233;rieur (et ext&#233;rieur), c&#339;ur du dispositif lib&#233;ral &lt;br class='autobr' /&gt;
Le march&#233; int&#233;rieur occupe une place consid&#233;rable : dans la seule partie III quarante-sept articles y sont directement consacr&#233;s (III-130 &#224; III-176). C'est un espace...&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;2005 - Constitution europ&#233;enne &amp; r&#233;f&#233;rendum&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;Asni&#232;res, Bois Col., Clichy, Genevilliers, Levallois, Villeneuve la Gar.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;Lib&#233;ralisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://92.site.attac.org/spip.php?mot40" rel="tag"&gt; Attac - Conseil Scientifique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Argumentaire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le lib&#233;ralisme &#171; constitutionnalis&#233; &#187;&lt;br /&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;28 mars 2005&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chapitre nous identifions les politiques lib&#233;rales principales qui sont inscrites dans la Constitution. Il n'y a aucun commentaire (ou presque) si ce n'est les titres des paragraphes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le march&#233; int&#233;rieur (et ext&#233;rieur), c&#339;ur du dispositif lib&#233;ral &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; int&#233;rieur occupe une place consid&#233;rable : dans la seule partie III quarante-sept articles y sont directement consacr&#233;s (III-130 &#224; III-176). C'est un espace sans fronti&#232;res int&#233;rieures dans lequel la libre circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux est assur&#233;e (III-130). Les &#233;carts de d&#233;veloppement (III-130) aussi bien que la guerre (III-131) ne doivent pas le perturber. La Commission ou tout Etat membre peut saisir directement la Cour de Justice de toute perturbation pr&#233;sum&#233;e (III-132), sans utiliser la proc&#233;dure de saisine normale, plus lente (III-360 et 361) ; la Cour de justice statue alors &#224; huis clos (III-132).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; int&#233;rieur ou l'h&#233;g&#233;monie du &#171; tout march&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif premier assign&#233; &#224; la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE) par le Trait&#233; de Rome de 1957 est l'&#233;tablissement d'un march&#233; commun, &#224; l'int&#233;rieur duquel est garantie la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux (article 2). Le march&#233; commun comprend l'union douani&#232;re et les quatre libert&#233;s de circulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif d'un &#171; espace sans fronti&#232;res int&#233;rieures &#187; est adopt&#233; dans le Trait&#233; de l'Acte unique europ&#233;en (AUE) en 1986 : ce march&#233; int&#233;rieur doit &#234;tre r&#233;alis&#233; avant le 1er janvier 1993 (art. 8A du Trait&#233; instituant la Communaut&#233; europ&#233;enne - TCE) ; pour ce faire l'AUE &#233;tend le vote &#224; la majorit&#233; du Conseil &#224; la plupart des domaines li&#233;s &#224; l'ach&#232;vement du march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse le Conseil continue de statuer &#224; l'unanimit&#233; dans des domaines-clefs ce qui bloque les politiques qui pourraient limiter l'h&#233;g&#233;monie du march&#233; : capacit&#233;s financi&#232;res de l'Union, politique soci&#233;tale, politique sociale, politique fiscale, politique environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; int&#233;rieur implique le respect des r&#232;gles de la concurrence et l'interdiction des aides des Etats membres. Les entreprises publiques sont &#233;galement soumises &#224; ces r&#232;gles (art. 86 - TCE). Les march&#233;s publics qui repr&#233;sentent plus de 10% du produit int&#233;rieur brut (PIB) de l'Union font partie du march&#233; int&#233;rieur : directives 97/52/CE et 98/4/CE. Ces directives (lois europ&#233;ennes) ont &#233;t&#233; r&#233;vis&#233;es pour prendre en compte l'accord sur les march&#233;s publics de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Elles visent &#224; assurer d'une part la transparence des appels d'offres en d&#233;finissant des seuils financiers au-del&#224; desquels ces appels d'offres doivent &#234;tre publi&#233;s au Journal officiel et d'autre part une s&#233;lection &#233;quitable des candidats selon des crit&#232;res techniques et objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective globale le rapprochement et l'harmonisation des l&#233;gislations des Etats membres et le principe de reconnaissance mutuelle (lire &#171; La Constitution organise la concurrence au profit du monde des affaires &#187;) le d&#233;veloppement occupent une place centrale. D&#232;s lors tout produit et service fabriqu&#233; et vendu dans un Etat membre doit &#234;tre accept&#233; dans tout autre Etat membre. Une tr&#232;s grande partie des 40 000 pages de droit communautaire est consacr&#233;e au march&#233; int&#233;rieur : on ne compte plus les directives (lois europ&#233;ennes), la jurisprudence et autres actes juridiques et non juridiques de l'Union qui y sont d&#233;di&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le Trait&#233; de l'Acte unique europ&#233;en (AUE) marque l'adh&#233;sion de la Communaut&#233; europ&#233;enne (aujourd'hui l'Union europ&#233;enne) &#224; l'id&#233;ologie de Margaret Thatcher et Ronald Reagan sur un point cardinal : les services publics. La r&#233;alisation du march&#233; int&#233;rieur est marqu&#233;e par le lancement du processus de lib&#233;ralisation massive de ces services (lire &#171; Le d&#233;mant&#232;lement programm&#233; des services publics &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; int&#233;rieur devient ext&#233;rieur et comprend les prestataires de service ressortissants d'un Etat tiers (par exemple les entreprises &#233;trang&#232;res &#224; l'Union europ&#233;enne) et &#233;tablis &#224; l'int&#233;rieur de l'Union (III-144).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lib&#233;ralisation est affirm&#233;e comme politique unique : lib&#233;ralisation des services des banques et des assurances (III-146), lib&#233;ralisation de tous les services (III-147). En mati&#232;re de lib&#233;ralisation la loi-cadre europ&#233;enne porte, en g&#233;n&#233;ral, par priorit&#233; sur tous les services qui interviennent d'une fa&#231;on directe dans les co&#251;ts de production (III-147). Ce qui veut dire que les autres services ne sont pas exclus. Les Etats membres sont encourag&#233;s &#224; lib&#233;raliser plus que ce qui est obligatoire (III-148).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mise en &#339;uvre du march&#233; int&#233;rieur la Commission promeut non seulement les &#233;changes commerciaux entre les Etats membres mais aussi les &#233;changes avec les pays ext&#233;rieurs &#224; l'Union europ&#233;enne (III-151-6-a). Le march&#233; int&#233;rieur devient ext&#233;rieur, mondial. Les n&#233;cessit&#233;s d'approvisionnement de l'Union en mati&#232;res premi&#232;res et demi-produits ne doivent pas fausser le march&#233; int&#233;rieur (III-151-6-c).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute restriction au mouvement des capitaux est interdite aussi bien entre les Etats membres que vis-&#224;-vis des Etats ext&#233;rieurs &#224; l'Union (III-156). Le Parlement europ&#233;en et le Conseil n'ont pas le choix : ils s'efforcent de r&#233;aliser l'objectif de circulation des capitaux (III-157-2). Tout contr&#244;le du mouvement des capitaux est tax&#233; de &#171; recul &#187; et ne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; que par une loi-cadre europ&#233;enne vot&#233;e &#224; l'unanimit&#233; du Conseil ; le Parlement europ&#233;en n'est que consult&#233; (III-157-3). Cela signifie notamment que toute taxe sur le march&#233; des changes (taxe Tobin par exemple) ou toute autre taxe mondiale, comme celles propos&#233;es par Jacques Chirac &#224; l'Assembl&#233;e des Nations-Unies de vient quasiment impossible &#224; mettre en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#232;gles de la concurrence constituent le moteur du march&#233; int&#233;rieur (III-161 &#224; III-169). La concurrence est &#224; g&#233;om&#233;trie variable : tout ce qui est interdit aux entreprises est permis &#224; ces m&#234;mes entreprises quand cela &#171; contribue &#224; am&#233;liorer la production ou la distribution des produits ou &#224; promouvoir le progr&#232;s technique ou &#233;conomique, tout en r&#233;servant aux utilisateurs une part &#233;quitable du profit qui en r&#233;sulte &#187; (III-161-3) ! Les services publics marchands, les entreprises publiques et les entreprises b&#233;n&#233;ficiant de droits sp&#233;ciaux ou exclusifs sont soumis aux r&#232;gles de la concurrence (III-166) (lire &#171; Le d&#233;mant&#232;lement programm&#233;e des services publics &#187;). Toute aide de l'Etat sous quelque forme que ce soit qui fausse ou menace de fausser la concurrence est interdite (III-167) ; les quelques d&#233;rogations qui sont octroy&#233;es (III-167) ne permettent pas, par exemple, de mener une politique industrielle (III-279).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique &#233;conomique encadr&#233;e strictement par le pacte dit de stabilit&#233; et de croissance, et la politique mon&#233;taire soustraite au contr&#244;le et &#224; la d&#233;cision politiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principe premier de la politique &#233;conomique et mon&#233;taire est celui d'une &#233;conomie de march&#233; ouverte o&#249; la concurrence est libre (III-177). Ce principe est affirm&#233; deux fois dans le m&#234;me article. Paradoxe ! Il n'est pas indiqu&#233; que la concurrence n'est pas fauss&#233;e ! Il est sous-entendu que seule la concurrence favorise une allocation efficace des ressources (III-178). La politique mon&#233;taire et de change a comme objectif prioritaire la stabilit&#233; des prix et, comme objectif accessoire, le soutien des politiques &#233;conomiques de l'Union (I-30 et III-177).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats membres &#233;vitent les d&#233;ficits publics excessifs (III-184-1) et la Commission d&#233;c&#232;le leurs erreurs manifestes (III-184-2). Le pacte de stabilit&#233; (d&#233;ficit et dette publique par rapport au PIB) et la proc&#233;dure de d&#233;ficit excessif - v&#233;ritable harc&#232;lement - sont d&#233;crits dans le tr&#232;s long article III-184 qui ne comporte pas moins de treize sous articles et est plus long, &#224; lui seul, que les six articles qui traitent de la politique de l'emploi de l'Union (III-203 &#224; III-208) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque centrale europ&#233;enne est totalement ind&#233;pendante dans l'exercice de ses pouvoirs et la gestion de ses finances (I-30). Ni contr&#244;l&#233;e, ni sanctionn&#233;e (III-188), elle adopte n&#233;anmoins des r&#232;glements europ&#233;ens (I-35-2), des d&#233;cisions europ&#233;ennes, des recommandations et des avis (III-190-1) qu'elle peut ou non rendre publics (III-190-2). Le r&#232;glement europ&#233;en est un acte non l&#233;gislatif de port&#233;e g&#233;n&#233;rale pour la mise en &#339;uvre des actes l&#233;gislatifs : il s'impose aux Etats membres (I-33). La d&#233;cision europ&#233;enne est un acte non l&#233;gislatif obligatoire - pour les Etats membres - dans tous ses &#233;l&#233;ments (I-33).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule la l&#233;galit&#233; des actes de la Banque centrale europ&#233;enne, autres que les recommandations et les avis (donc les r&#232;glements et les d&#233;cisions) est contr&#244;l&#233;e par la Cour de justice (III-365). On a eu peur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique agricole productiviste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Constitution consid&#232;re que les produits agricoles comprennent &#171; les produits du sol, de l'&#233;levage et de la p&#234;cherie, ainsi que les produits de premi&#232;re transformation qui sont en rapport direct avec ces produits. &#187; (III-225)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier objectif de la politique agricole commune est &#171; d'accro&#238;tre la productivit&#233; de l'agriculture &#187; (III-227). La pr&#233;servation, la protection et l'am&#233;lioration de l'environnement ne font pas partie des objectifs de la politique agricole commune : pas un mot ne leur est consacr&#233; dans les huit articles .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien aux r&#233;seaux transeurop&#233;ens sous r&#233;serve de leur viabilit&#233; &#233;conomique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union contribue &#224; l'&#233;tablissement et au d&#233;veloppement de r&#233;seaux transeurop&#233;ens dans les secteurs des infrastructures du transport, des t&#233;l&#233;communications et de l'&#233;nergie (III-246). L'Union peut soutenir des projets d'int&#233;r&#234;t commun soutenus par les Etats membres sous forme d'&#233;tudes de faisabilit&#233;, de garanties d'emprunt et de bonification d'int&#233;r&#234;ts ; elle peut &#233;galement contribuer au financement, dans les Etats membres de projets sp&#233;cifiques en mati&#232;re d'infrastructure des transports par le biais du Fonds de coh&#233;sion. L'action de l'Union tient compte de la viabilit&#233; &#233;conomique des projets (III-247).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un espace europ&#233;en de recherche appliqu&#233;e surtout favorable aux entreprises priv&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but poursuivi est le d&#233;veloppement de la comp&#233;titivit&#233; (III-248-1). L'Union encourage les entreprises, y compris les petites et moyennes entreprises, les centres de recherche et les universit&#233;s dans leurs efforts de recherche et de d&#233;veloppement technologique de haute qualit&#233;. Elle soutient leurs efforts de coop&#233;ration, en visant tout particuli&#232;rement &#224; permettre aux chercheurs de coop&#233;rer librement au-del&#224; des fronti&#232;res et aux entreprises d'exploiter les potentialit&#233;s du march&#233; int&#233;rieur &#224; la faveur notamment de l'ouverture des march&#233;s publics nationaux (III-248). La recherche fondamentale est totalement ignor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier objectif pour l'&#233;nergie : le march&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de l'Union dans le domaine de l'&#233;nergie vise &#224; assurer le fonctionnement du march&#233; de l'&#233;nergie (III-256). Or il s'agit d'un double non-sens &#233;conomique et environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'&#233;lectricit&#233;. Nous pourrions en prendre d'autres. L'&#233;lectricit&#233; ne se stocke pas ; sa production et sa consommation sont simultan&#233;es ; la production doit, &#224; tout moment, s'adapter &#224; la consommation. Le march&#233; n'est pas compatible avec la satisfaction des besoins des usagers et, plus g&#233;n&#233;ralement, avec les missions du service public de l'&#233;lectricit&#233; comme en t&#233;moigne le bilan actuel des lib&#233;ralisation dans ce secteur. Qu'il s'agisse des Etats-Unis (Californie notamment)), de l'Espagne ou de bien d'autres pays (et notamment des pays du Sud) les r&#233;sultats des lib&#233;ralisations sont catastrophiques : pannes g&#233;antes, coupures, hausse des prix pour nous en tenir &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier objectif pour la coop&#233;ration judiciaire civile : le march&#233; int&#233;rieur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union d&#233;veloppe une coop&#233;ration judiciaire civile par la loi ou la loi-cadre europ&#233;enne notamment lorsque cela est n&#233;cessaire au bon fonctionnement du march&#233; int&#233;rieur (III-269).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;ralisation et libre-&#233;change mondial&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce mondial libre et &#233;quitable est un des objectifs de l'Union (I-3-4). L'Union encourage l'int&#233;gration de tous les pays dans l'&#233;conomie mondiale, y compris par la suppression progressive des obstacles au commerce international (III-292-1-e et III-314) et aux investissements &#233;trangers directs (III-314). Elle promeut l'uniformisation des mesures de lib&#233;ralisation (III-315).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'engagement &#224; d&#233;velopper les capacit&#233;s militaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats membres s'engagent &#224; am&#233;liorer progressivement leurs capacit&#233;s militaires. Il est install&#233; une Agence dans le domaine du d&#233;veloppement des capacit&#233;s de d&#233;fense, de la recherche, des acquisitions et de l'armement (I-41 et III-311).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;pendance de la politique de s&#233;curit&#233; et de d&#233;fense commune de l'Union vis-&#224;-vis de l'OTAN et des Etats-Unis est une des critiques importantes qu'il convient de faire &#224; propos de la Constitution. Cette d&#233;pendance s'&#233;tend &#224; la Politique &#233;trang&#232;re et de s&#233;curit&#233; commune (PESC). Ces deux points importants sortent du cadre de ce livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cour de justice n'est pas comp&#233;tente en mati&#232;re de r&#233;pression&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
La Cour de justice n'est pas comp&#233;tente pour v&#233;rifier la validit&#233; et la proportionnalit&#233; d'op&#233;rations men&#233;es par la police ou d'autres services r&#233;pressifs dans un Etat membre, ni pour statuer sur l'exercice des responsabilit&#233;s qui incombent aux Etats membres pour le maintien de l'ordre public et la sauvegarde de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure (III-377).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A noter&lt;/strong&gt;. Ces deux derniers points (capacit&#233;s militaires et absence de comp&#233;tence de la Cour en mati&#232;re de r&#233;pression) valent d'&#234;tre mentionn&#233;s &#224; cause des choix politiques qu'ils impliquent et prescrivent. Ils ne ressortissent pas directement au caract&#232;re socialement r&#233;gressif de la Constitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/strong&gt;Alain Lecourieux&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
